La nécessité de la prière
La prière et la maison de Dieu

Chapitre 15 · 10 min de lecture · 13 min d’écoute

La prière et la maison de Dieu

« Et qu’il m’est cher, le puissant “Amen”, Qui résonne dans la demeure bénie — Qui s’enfle, retombe, puis s’enfle encore, Meurt sur les murs — mais vit auprès de Dieu ! »

LA PRIÈRE est liée aux lieux, aux temps, aux occasions et aux circonstances. Elle a affaire à Dieu et à tout ce qui se rapporte à Dieu, et elle entretient une relation intime et particulière avec sa maison. Une église est un lieu sacré, mis à part de tout usage profane et séculier, pour l’adoration de Dieu. Comme l’adoration est prière, la maison de Dieu est un lieu mis à part pour l’adoration. Ce n’est pas un lieu ordinaire ; c’est là que Dieu habite, là qu’il rencontre son peuple, et il prend plaisir à l’adoration de ses saints.

La prière est toujours à sa place dans la maison de Dieu. Quand la prière y devient une étrangère, cette maison cesse tout à fait d’être la maison de Dieu. Notre Seigneur a mis un accent particulier sur ce qu’était l’Église lorsqu’il chassa du Temple ceux qui vendaient et qui achetaient, reprenant les paroles d’Ésaïe : « Il est écrit: Ma maison sera appelée une maison de prière. » Il donne à la prière la prééminence ; elle est ce qui domine tout le reste dans la maison de Dieu. Ceux qui mettent la prière de côté ou cherchent à la diminuer, et lui donnent une place secondaire, pervertissent l’Église de Dieu, et en font quelque chose de moindre et d’autre que ce qu’elle a été destinée à être.

La prière est parfaitement chez elle dans la maison de Dieu. Elle n’y est pas une étrangère, ni une simple invitée ; elle y a sa place. Elle a une affinité particulière avec ce lieu, et elle y possède en outre un droit divin, puisqu’elle y a été établie par une institution et une approbation divines.

La chambre intérieure est un lieu sacré pour l’adoration personnelle. La maison de Dieu est un lieu saint pour l’adoration commune. Le cabinet de prière est pour la prière individuelle. La maison de Dieu est pour la prière mutuelle, la prière concertée, la prière unie. Pourtant, même dans la maison de Dieu, il y a l’élément de l’adoration privée, puisque le peuple de Dieu doit l’adorer et le prier personnellement, même dans le culte public. L’Église est faite pour la prière unie de croyants qui sont frères, et pourtant chacun personnellement.

La vie, la puissance et la gloire de l’Église, c’est la prière. La vie de ses membres dépend de la prière, et la présence de Dieu est obtenue et retenue par la prière. Le lieu même est rendu sacré par son ministère. Sans elle, l’Église est sans vie et sans puissance. Sans elle, même le bâtiment n’est rien de plus, rien d’autre, que n’importe quelle autre construction. La prière change jusqu’aux briques, au mortier et au bois de charpente en un sanctuaire, en un lieu très saint où habite la Shekina. Elle le sépare, dans son esprit et dans sa destination, de tous les autres édifices. La prière confère au bâtiment un caractère sacré particulier, le sanctifie, le met à part pour Dieu, le préserve de toutes les affaires ordinaires et mondaines.

Avec la prière, quand même on supposerait que la maison de Dieu manque de tout le reste, elle devient un sanctuaire divin. Ainsi le Tabernacle, transporté de lieu en lieu, devenait le lieu très saint, parce que la prière s’y trouvait. Sans la prière, le bâtiment peut être coûteux, parfait dans tous ses aménagements, admirablement situé et agréable à l’œil, mais il retombe au niveau humain, sans rien de divin en lui, et il est à égalité avec tous les autres bâtiments.

Sans la prière, une église est comme un corps sans esprit ; c’est une chose morte, inanimée. Une église où il y a la prière a Dieu en elle. Quand la prière est mise de côté, Dieu est mis hors la loi. Quand la prière devient un exercice inhabituel, alors Dieu lui-même y est un étranger.

Puisque la maison de Dieu est une maison de prière, l’intention divine est que les gens quittent leurs foyers et aillent le rencontrer dans sa propre maison. Le bâtiment est mis à part spécialement pour la prière, et comme Dieu a fait la promesse particulière d’y rencontrer son peuple, c’est le devoir de celui-ci de s’y rendre, et précisément dans ce but. La prière devrait être le principal attrait pour tous les fidèles qui fréquentent l’église avec un esprit spirituel. Tout en reconnaissant que la prédication de la Parole a une place importante dans la maison de Dieu, la prière en est pourtant le trait dominant et distinctif. Non que tous les autres lieux soient coupables ou mauvais, en eux-mêmes ou dans leurs usages. Mais ils sont séculiers et humains, et n’ont en eux aucune pensée particulière de Dieu. L’Église est, par essence, religieuse et divine. Le travail propre aux autres lieux se fait sans référence particulière à Dieu. Il n’y est pas expressément reconnu, ni invoqué. Dans l’Église, au contraire, Dieu est reconnu, et rien ne se fait sans lui. La prière est la seule marque distinctive de la maison de Dieu. De même que la prière distingue les chrétiens de ceux qui ne le sont pas, de même la prière distingue la maison de Dieu de toutes les autres maisons. C’est un lieu où les croyants fidèles rencontrent leur Seigneur.

Puisque la maison de Dieu est, avant tout, une maison de prière, la prière devrait entrer dans tout ce qui s’y entreprend et en être le fondement. La prière appartient à toute espèce d’œuvre qui relève de l’Église de Dieu. Comme la maison de Dieu est une maison où s’accomplit l’œuvre de la prière, elle est aussi un lieu où s’accomplit l’œuvre qui consiste à faire, de gens qui ne prient pas, des gens qui prient. La maison de Dieu est un atelier divin, et l’œuvre de la prière s’y poursuit. Ou bien la maison de Dieu est une école divine, où l’on enseigne la leçon de la prière ; où les hommes et les femmes apprennent à prier, et où ils reçoivent leur diplôme, à l’école de la prière.

Toute église qui se dit la maison de Dieu, et qui n’exalte pas la prière ; qui ne place pas la prière au premier rang de ses activités ; qui n’enseigne pas la grande leçon de la prière, devrait soit changer son enseignement pour le conformer au modèle divin, soit donner à son bâtiment un autre nom que celui de maison de prière.

Dans une page précédente, nous avons évoqué la découverte du livre de la loi du Seigneur donnée à Moïse. Depuis combien de temps ce livre se trouvait là, nous l’ignorons. Mais quand la nouvelle de sa découverte fut portée à Josias, il déchira ses vêtements et fut profondément troublé. Il déplora l’abandon de la Parole de Dieu, et il vit, comme une conséquence naturelle, l’iniquité qui abondait dans tout le pays.

Alors Josias pensa à Dieu, et il ordonna au sacrificateur Hilkija d’aller consulter le Seigneur. Un tel abandon de la parole de la Loi était une chose trop grave pour être traitée à la légère : il fallait consulter Dieu, et que le roi lui-même et la nation montrent leur repentance :

« Allez, consultez l’Éternel pour moi et pour ce qui reste en Israël et en Juda, au sujet des paroles de ce livre qu’on a trouvé; car grande est la colère de l’Éternel qui s’est répandue sur nous, parce que nos pères n’ont point observé la parole de l’Éternel et n’ont point mis en pratique tout ce qui est écrit dans ce livre. »

Mais ce n’était pas tout. Josias était résolu à susciter un réveil de la religion dans son royaume ; aussi le voyons-nous rassembler dans ce but tous les anciens de Jérusalem et de Juda. Quand ils furent réunis, le roi monta à la maison du Seigneur, et lut lui-même toutes les paroles du livre de l’alliance qu’on avait trouvé dans la maison du Seigneur.

Pour ce roi juste, la Parole de Dieu avait une grande importance. Il l’estimait à sa juste valeur, et tenait sa connaissance pour une chose si grave qu’elle exigeait qu’il consulte Dieu par la prière à son sujet, et qu’elle justifiait le rassemblement des notables de son royaume, afin qu’eux-mêmes, avec lui, soient instruits par le Livre de Dieu au sujet de la Loi de Dieu.

Lorsque Esdras, revenu de Babylone, cherchait à reconstruire sa nation, le peuple lui-même était conscient de la situation, et, en une occasion, les sacrificateurs, les Lévites et le peuple s’assemblèrent comme un seul homme devant la porte des eaux.

« Ils dirent à Esdras, le scribe, d’apporter le livre de la loi de Moïse, prescrite par l’Éternel à Israël. Et le sacrificateur Esdras apporta la loi devant l’assemblée, composée d’hommes et de femmes et de tous ceux qui étaient capables de l’entendre. Esdras lut dans le livre depuis le matin jusqu’au milieu du jour, sur la place qui est devant la porte des eaux. Tout le peuple fut attentif à la lecture du livre de la loi. »

Ce fut en Juda le jour de la lecture de la Bible, un véritable réveil de l’étude des Écritures. Les chefs lurent la loi devant le peuple, dont les oreilles étaient avides d’entendre ce que Dieu avait à lui dire par le livre de la loi. Mais ce ne fut pas seulement un jour de lecture de la Bible. Ce fut un moment où se fit une véritable prédication, comme l’indique le passage suivant :

« Ils lisaient distinctement dans le livre de la loi de Dieu, et ils en donnaient le sens pour faire comprendre ce qu’ils avaient lu. »

Voilà donc la définition scripturaire de la prédication. On ne saurait en donner de meilleure. Lire la Parole de Dieu distinctement, la lire de telle sorte que le peuple puisse entendre et comprendre les mots lus ; ne pas marmonner les mots, ni la lire à mi-voix ou de façon indistincte, mais hardiment et clairement : telle fut la méthode suivie à Jérusalem en ce jour favorable. De plus, le sens des mots fut rendu clair dans l’assemblée tenue devant la porte des eaux ; le peuple reçut une prédication explicative de haute qualité. C’était là la vraie prédication, une prédication dont on a cruellement besoin aujourd’hui, pour que la Parole de Dieu produise l’effet voulu sur le cœur des gens. Cette assemblée de Jérusalem renferme assurément une leçon que tous les prédicateurs d’aujourd’hui devraient apprendre et mettre en pratique.

Personne ayant quelque connaissance des faits ne niera la rareté relative de la prédication explicative dans l’effort de la chaire aujourd’hui. Et personne, aimerions-nous du moins le croire, ne fera autre chose que déplorer ce manque. La prédication thématique, la prédication polémique, la prédication historique, et d’autres formes de production homilétique ont, on le suppose, leurs usages légitimes et opportuns. Mais la prédication explicative, l’exposition de la Parole de Dieu dans la prière, est la prédication qui est la prédication, l’effort de la chaire par excellence.

Pour y réussir, toutefois, un prédicateur doit nécessairement être un homme de prière. Pour chaque heure passée dans le fauteuil de son cabinet d’étude, il lui faudra en passer deux à genoux. Pour chaque heure qu’il consacre à se débattre avec un passage obscur de la sainte Écriture, il doit en avoir deux où on le trouve en train de lutter avec Dieu. La prière et la prédication ; la prédication et la prière ! On ne peut les séparer. L’ancien cri était : « A tes tentes, Israël! » Le cri moderne devrait être : « À genoux, ô prédicateurs, à genoux ! »

Page 1 / 1 · 10 min restantes dans le chapitre
Précédent