Chapitre 14 · 10 min de lecture · 13 min d’écoute
La prière et la Parole de Dieu (suite)
« Il y a quelques années, un homme voyageait dans les contrées sauvages du Kentucky. Il portait sur lui une forte somme d’argent et il était bien armé. Un soir, il fit halte dans une cabane de rondins, mais l’allure rude des hommes qui allaient et venaient dans cette demeure l’inquiétait beaucoup. Il se retira de bonne heure, mais non pour dormir. À minuit, il entendit les chiens aboyer avec fureur, puis le bruit de quelqu’un qui entrait dans la cabane. Regardant par une fente entre les planches de sa chambre, il vit un inconnu qui tenait un fusil à la main. Un autre homme était assis devant le feu. Le voyageur en conclut qu’ils projetaient de le dévaliser, et il se prépara à défendre sa personne et son bien. Bientôt le nouveau venu prit un exemplaire de la Bible, lut un chapitre à haute voix, puis s’agenouilla et pria. Le voyageur chassa ses craintes, rangea son revolver et se recoucha, pour dormir paisiblement jusqu’au lever du jour. Et tout cela parce qu’il y avait une Bible dans la cabane, et que son propriétaire était un homme de prière. » — Le pasteur F. F. Shoup.
LA PRIÈRE a tout à voir avec le succès de la prédication de la Parole. C’est ce que Paul enseigne clairement dans cette demande, si connue et si pressante, qu’il adressait aux Thessaloniciens :
« Au reste, frères, priez pour nous, afin que la parole du Seigneur se répande et soit glorifiée. »
La prière ouvre le chemin à la Parole de Dieu pour qu’elle coure sans obstacle ni entrave, et elle crée l’atmosphère favorable dans laquelle la Parole accomplit son dessein. La prière met des roues sous la Parole de Dieu, et donne des ailes à l’ange du Seigneur, « ayant un Évangile éternel, pour l’annoncer aux habitants de la terre, à toute nation, à toute tribu, à toute langue, et à tout peuple. » La prière est d’un grand secours à la Parole du Seigneur.
La parabole du semeur est une remarquable étude sur la prédication : elle en montre les effets divers et décrit la diversité des auditeurs. Les auditeurs du bord du chemin sont légion. Le sol n’a été préparé ni par une réflexion préalable ni par la prière ; en conséquence, le diable enlève sans peine la semence (qui est la Parole de Dieu) et, dissipant toute bonne impression, rend vain le travail du semeur. Personne ne croira un seul instant qu’une si grande part des semailles d’aujourd’hui resterait sans fruit, si seulement les auditeurs préparaient d’avance le terrain de leur cœur par la prière et la méditation.
Il en va de même des auditeurs semblables au sol pierreux et de ceux semblables au sol couvert d’épines. Bien que la Parole se loge dans leur cœur et commence à germer, tout est pourtant perdu, principalement parce qu’il n’y a ensuite ni prière, ni vigilance, ni culture. Les auditeurs semblables à la bonne terre tirent profit des semailles, simplement parce que leur esprit a été préparé à recevoir la semence, et qu’après avoir entendu, ils ont cultivé par l’exercice de la prière la semence déposée dans leur cœur. Tout cela donne un relief particulier à la conclusion de cette saisissante parabole : « Prenez donc garde à la manière dont vous écoutez. » Et pour que nous prenions garde à la manière dont nous écoutons, il est nécessaire de nous appliquer continuellement à la prière.
Il faut que nous croyions que, sous la Parole de Dieu, il y a la prière, et que c’est de la prière que dépendra son succès final. Dans le livre d’Ésaïe, nous lisons :
« Ainsi en est-il de ma parole, qui sort de ma bouche: Elle ne retourne point à moi sans effet, Sans avoir exécuté ma volonté Et accompli mes desseins. »
Dans le Psaume 19, David exalte la Parole de Dieu par six affirmations à son sujet. Elle restaure l’âme, rend sage l’ignorant, réjouit le cœur, éclaire les yeux, subsiste éternellement, et elle est entièrement vraie et juste. La Parole de Dieu est parfaite, sûre, droite, pure. Elle sonde les cœurs et, en même temps, elle les purifie par son effet. Il n’est donc pas surprenant qu’après avoir considéré la profonde spiritualité de la Parole de Dieu, son pouvoir de sonder la nature intérieure de l’homme et sa profonde pureté, le psalmiste termine son exposé par ce passage :
« Qui connaît ses égarements? » Puis il prie de cette manière : « Pardonne-moi ceux que j’ignore. Préserve aussi ton serviteur des orgueilleux; Qu’ils ne dominent point sur moi! Reçois favorablement les paroles de ma bouche Et les sentiments de mon cœur, O Éternel, mon rocher et mon libérateur! »
Jacques reconnaît la profonde spiritualité de la Parole, et la puissance de salut qui lui est inhérente, dans l’exhortation suivante :
« C’est pourquoi, rejetant toute souillure et tout excès de malice, recevez avec douceur la parole qui a été plantée en vous, et qui peut sauver vos âmes. »
Et Pierre parle dans le même sens lorsqu’il décrit la puissance de salut de la Parole de Dieu :
« Ayant été régénérés, non par une semence corruptible, mais par une semence incorruptible, par la parole vivante et permanente de Dieu. »
Non seulement Pierre parle d’être régénéré par la Parole incorruptible de Dieu, mais il nous apprend que, pour croître dans la grâce, nous devons être comme des enfants nouveau-nés, désirant le « lait pur de la Parole », ou nous en nourrissant.
Cela ne veut pas dire, cependant, que la simple forme des mots, tels qu’ils se présentent dans la Bible, possède en elle-même une efficacité salvatrice. Mais la Parole de Dieu, qu’on s’en souvienne, est imprégnée du Saint-Esprit. Et de même qu’il y a un élément divin dans les paroles de l’Écriture, de même ce même élément divin se trouve dans toute vraie prédication de la Parole, qui peut sauver et convertir l’âme.
La prière fait toujours naître l’amour de la Parole de Dieu, et pousse les gens à la lire. La prière conduit les gens à obéir à la Parole de Dieu, et met dans le cœur qui obéit une joie ineffable. Les gens qui prient et les gens qui lisent la Bible sont de la même espèce. Le Dieu de la Bible et le Dieu de la prière ne font qu’un. Dieu parle à l’homme dans la Bible ; l’homme parle à Dieu dans la prière. On lit la Bible pour découvrir la volonté de Dieu ; on prie pour recevoir la force d’accomplir cette volonté. La lecture de la Bible et la prière sont les traits distinctifs de ceux qui s’efforcent de connaître Dieu et de lui plaire. Et de même que la prière fait naître l’amour des Écritures et pousse les gens à lire la Bible, de même aussi la prière amène les hommes et les femmes à fréquenter la maison de Dieu pour y entendre l’explication des Écritures. Aller à l’église est étroitement lié à la Bible, non pas tant parce que la Bible nous met en garde : « N’abandonnons pas notre assemblée, comme c’est la coutume de quelques-uns », mais parce que dans la maison de Dieu, le ministre que Dieu a choisi annonce sa Parole à des hommes mourants, explique les Écritures et en applique les enseignements à ses auditeurs. Et la prière fait germer, chez ceux qui la pratiquent, la résolution de ne pas délaisser la maison de Dieu.
La prière engendre une conscience fidèle au culte, un cœur qui aime l’Église, un esprit qui la soutient. Ce sont les gens de prière qui se font un devoir de conscience d’assister à la prédication de la Parole ; qui prennent plaisir à sa lecture et à son explication ; qui la soutiennent de leur influence et de leurs biens. La prière exalte la Parole de Dieu et lui donne la prééminence dans l’estime de ceux qui invoquent fidèlement et de tout leur cœur le nom du Seigneur.
La prière tire sa vie même de la Bible, et n’a aucun point d’appui en dehors de la garantie des Écritures. Son existence même et son caractère dépendent de la révélation faite par Dieu à l’homme dans sa sainte Parole. La prière, à son tour, exalte cette même révélation et tourne les hommes vers cette Parole. La nature, la nécessité et le caractère universel de la prière reposent sur la Parole de Dieu.
Le Psaume 119 est un répertoire de la Parole de Dieu. À trois ou quatre exceptions près, chaque verset contient un mot qui désigne ou situe la Parole de Dieu. Très souvent, l’auteur éclate en supplications, priant à plusieurs reprises : « Enseigne-moi tes statuts! » Il est si profondément frappé par les merveilles de la Parole de Dieu, et par le besoin d’une illumination divine pour voir et comprendre les choses merveilleuses qui y sont rapportées, qu’il prie avec ferveur :
« Ouvre mes yeux, pour que je contemple Les merveilles de ta loi! »
Du début à la fin de ce psaume merveilleux, la prière et la Parole de Dieu sont entrelacées. Presque tous les aspects de la Parole de Dieu sont abordés par cet auteur inspiré. Le psalmiste était si pleinement convaincu de la profonde puissance spirituelle de la Parole de Dieu qu’il fait cette déclaration :
« Je serre ta parole dans mon cœur, Afin de ne pas pécher contre toi. »
Le psalmiste trouvait là sa protection contre le péché. En gardant la Parole de Dieu cachée dans son cœur, en laissant tout son être s’imprégner entièrement de cette Parole, en se plaçant complètement sous son influence bienfaisante et pleine de grâce, il était rendu capable d’aller et de venir sur la terre, à l’abri des attaques du Malin, et fortifié contre son penchant à s’écarter du chemin.
Nous trouvons, de plus, la puissance de la prière pour créer un véritable amour des Écritures, et pour mettre dans l’homme une nature qui prendra plaisir à la Parole. Dans un saint ravissement, il s’écrie : « Combien j’aime ta loi! Elle est tout le jour l’objet de ma méditation. » Et encore : « Que tes paroles sont douces à mon palais, Plus que le miel à ma bouche! »
Voulons-nous avoir du goût pour la Parole de Dieu ? Alors appliquons-nous continuellement à la prière. Celui qui veut avoir le cœur à la lecture de la Bible ne doit pas, n’ose pas, oublier de prier. L’homme dont on peut dire : « Il trouve son plaisir dans la loi de l’Éternel », est l’homme qui peut dire en vérité : « Je trouve mon plaisir à me rendre au lieu de la prière. » Nul n’aime la Bible s’il n’aime prier. Nul n’aime prier s’il ne trouve son plaisir dans la loi du Seigneur.
Notre Seigneur était un homme de prière, et il exaltait la Parole de Dieu, citant souvent les Écritures. Tout au long de sa vie terrestre, Jésus a observé le sabbat, fréquenté la synagogue et lu la Parole de Dieu, et il a mêlé la prière à toutes ces choses :
« Il se rendit à Nazareth, où il avait été élevé, et, selon sa coutume, il entra dans la synagogue le jour du sabbat. Il se leva pour faire la lecture. »
Disons-le ici : rien n’est plus essentiel à une vie remplie de l’Esprit que ces deux choses, la lecture de la Bible et la prière secrète ; rien n’aide davantage à croître dans la grâce, à tirer de la vie chrétienne la joie la plus grande, à s’affermir dans les voies de la paix éternelle. Négliger ces devoirs d’une importance capitale annonce la maigreur de l’âme, la perte de la joie, l’absence de paix, la sécheresse de l’esprit, le déclin de tout ce qui touche à la vie spirituelle. Négliger ces choses prépare la voie à l’apostasie, et donne au Malin un avantage qu’il ne risque guère de laisser passer. Lire régulièrement la Parole de Dieu, et prier habituellement dans le lieu secret du Très-Haut, place l’homme là où il est absolument à l’abri des attaques de l’ennemi des âmes, et lui garantit le salut et la victoire finale, par la puissance victorieuse de l’Agneau.
Chapitre 14 terminé
La prière et la Parole de Dieu (suite)