Des hommes de prière
Charles Finney (1792 – 1875)

Chapitre 9 · 5 min de lecture · 7 min d’écoute

Charles Finney (1792 – 1875)

Qui était-il ?

Charles Grandison Finney naquit le 29 août 1792 à Warren, dans le Connecticut. Il grandit sur la frontière américaine, dans le nord de l’État de New York, reçut peu d’instruction formelle et se forma au métier d’avocat. En étudiant le droit, il remarqua combien les manuels juridiques citaient souvent la Bible. Il s’en procura une pour vérifier les références — et la Bible s’empara de lui.

Après des mois de lutte intérieure, Finney se donna à Christ le 10 octobre 1821, au cours d’une conversion profonde et bouleversante, dans les bois proches de chez lui. Le soir même, il fut baptisé du Saint-Esprit, une expérience qu’il décrivit comme « vague après vague d’amour liquide ». Il renonça aussitôt à sa carrière d’avocat et se mit à prêcher.

Finney exerça son ministère de prédicateur de réveil de 1825 à 1835, et les fruits en furent extraordinaires. Des villes entières furent bouleversées. Des tavernes fermèrent. La criminalité recula. Partout où il prêchait, la réforme sociale suivait. Sa campagne la plus célèbre eut lieu à Rochester, dans l’État de New York, en 1830 – 31 : on estime que dix mille personnes s’y convertirent, et le caractère même de la ville en fut transformé.

En 1835, Finney rejoignit le corps enseignant de l’Oberlin College, dans l’Ohio, un établissement pionnier qui admettait à la fois les femmes et les Afro-Américains. Il en fut le deuxième président de 1851 à 1865. Il écrivit un ouvrage qui fit date, les Leçons sur les réveils religieux (Lectures on Revivals of Religion), qui a suscité plus de réveils que presque tout autre livre hormis la Bible, et dont Dieu se servit pour allumer le réveil gallois des années 1840 et bien d’autres encore. Il mourut en 1875, à l’âge de 82 ans, et il est considéré comme le père du revivalisme moderne.

Un grand exaucement

Le réveil de Rochester, en 1830 – 31, demeure le plus grand exaucement de tout le ministère de Finney. Avant la campagne, l’intercesseur de Finney — le remarquable « Père Nash » (Daniel Nash) — l’avait devancé de plusieurs jours dans la ville ; il y avait loué une petite pièce sombre et passait des journées entières face contre terre devant Dieu, pleurant, jeûnant et criant à lui pour les âmes.

Lorsque Finney arriva et commença à prêcher, l’Esprit de Dieu agit avec une puissance extraordinaire. Un pasteur éminent, converti lors des réunions de Rochester, en fit ce récit : « Toute la population était remuée. La religion était le sujet de conversation à la maison, dans la boutique, au bureau et dans la rue. Le seul théâtre de la ville fut transformé en écurie de louage ; le seul cirque, en fabrique de savon et de chandelles. Les débits de rhum fermèrent ; le sabbat était honoré ; les sanctuaires étaient remplis d’adorateurs joyeux. »

Plus de dix mille personnes se convertirent véritablement au cours de cette seule campagne. Finney lui-même attribua tout à la prière — aux intercessions cachées du Père Nash, à la prière des croyants de la ville et à la préparation fervente de son propre cœur avant même qu’il ouvre la bouche pour prêcher.

Textes clés

Luc 11:13 — « Si donc, méchants comme vous l’êtes, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, à combien plus forte raison le Père céleste donnera-t-il le Saint-Esprit à ceux qui le lui demandent. »

Ésaïe 44:3 — « Je répandrai mon esprit sur ta race, Et ma bénédiction sur tes rejetons. »

Actes 2:17 — « Dans les derniers jours, dit Dieu, je répandrai de mon Esprit sur toute chair; Vos fils et vos filles prophétiseront, Vos jeunes gens auront des visions, Et vos vieillards auront des songes. »

Ses paroles sur la prière

« On peut s’attendre à un réveil lorsque les chrétiens ont un esprit de prière pour le réveil — lorsqu’ils prient comme si leur cœur y était tout entier attaché ; lorsqu’ils vont çà et là en exhalant par des gémissements le désir de leur cœur ; lorsqu’ils connaissent un véritable travail d’enfantement de l’âme. »

« Rien ne contribue davantage à cimenter les cœurs des chrétiens que de prier ensemble. Jamais ils ne s’aiment autant que lorsqu’ils voient chacun épancher son cœur devant les autres dans la prière. »

« Il était très courant de voir des chrétiens, chaque fois qu’ils se rencontraient, en quelque lieu que ce fût, se jeter à genoux pour prier au lieu d’engager la conversation. »

« À quoi nous servent nos Bibles, si nous ne saisissons pas leurs précieuses promesses pour en faire le fondement de notre foi lorsque nous demandons la bénédiction de Dieu ? »

« Si vous vous sentez fortement poussé à désirer une bénédiction, vous devez y voir l’indice que Dieu est disposé à accorder cette bénédiction précise ; vous êtes donc tenu de le croire. »

La prière et la Parole de Dieu

« Dieu dit qu’il est plus disposé à donner son Saint-Esprit à ceux qui le lui demandent que des parents ne le sont à donner du pain à leurs enfants. Nous sommes donc tenus de croire que nous le recevrons lorsque nous le demanderons. Vous n’avez aucun droit d’y glisser un “si” et de dire : “Seigneur, si c’est ta volonté, donne-nous ton Saint-Esprit.” C’est là insulter Dieu. »

« La prière est un maillon essentiel de la chaîne des causes qui conduisent à un réveil. La vérité seule ne produira jamais cet effet sans l’Esprit de Dieu, et cet Esprit est donné en réponse à la prière. »

La prière et le Saint-Esprit

« Soyez remplis de son Esprit, et il vous donnera bien assez de sujets de prière. Il vous donnera autant d’esprit de prière que votre corps aura la force d’en porter. »

« Mais comme je me retournais pour aller m’asseoir près du feu, je reçus un puissant baptême du Saint-Esprit. Sans que je m’y attende, sans avoir jamais eu la pensée qu’une telle chose existât pour moi, le Saint-Esprit descendit sur moi d’une manière qui semblait me traverser, corps et âme. Je sentais cette impression, comme une onde électrique, me traverser de part en part. En vérité, elle semblait venir par vagues successives d’amour liquide. »

« La prière n’est pas l’ennemie du travail ; elle ne paralyse pas l’action. Elle agit puissamment ; la prière elle-même est la plus grande des œuvres. »

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