Mary Slessor (Pour ados)
Les samedis soir

Chapitre 1 · 4 min de lecture · 5 min d’écoute

Les samedis soir

« Comme un père a compassion de ses enfants, L’Éternel a compassion de ceux qui le craignent. » — Psaume 103:13

Mary Mitchell Slessor naquit le 2 décembre 1848 à Gilcomston, aux portes d’Aberdeen, en Écosse. Sa mère, qui s’appelait Mary elle aussi, était une femme douce, à la foi profonde et paisible. Son Église venait de lancer une mission très loin de là, en Afrique de l’Ouest, dans un endroit appelé Calabar, et elle en suivait toutes les nouvelles. On lisait ces récits à voix haute à la maison, et on en parlait ensemble. « C’est d’elle que je tiens mon enthousiasme missionnaire, et pour Calabar en particulier », dit Mary bien des années plus tard.

Son père, Robert, était un cordonnier qui passait d’un emploi à l’autre. Et Robert Slessor buvait. Il perdit son travail et, en 1859, la famille partit vers le sud, à Dundee, une ville d’usines, dans l’espoir qu’il pourrait prendre un nouveau départ là où personne ne le connaissait. On vendit les meubles pour payer le déménagement. Cela ne servit à rien. Chaque sou sur lequel il pouvait mettre la main partait dans la boisson.

Alors la mère de Mary, qui n’était pas robuste, alla travailler à l’usine. Mary, encore enfant, était envoyée chez le prêteur sur gages avec des paquets. Elle y courait par les ruelles les plus tranquilles, pour que ses amis de l’église ne la voient pas. Chaque samedi soir, une fois les plus petits couchés, la mère et la fille restaient assises à coudre en silence, guettant le bruit de pas mal assurés dans l’escalier, et priant de temps en temps pour calmer leur cœur. Quand il rentrait, il lui arrivait de jeter au feu le souper dont elles s’étaient privées pour qu’il ait de quoi manger. Parfois, on mettait Mary à la porte, et elle errait seule dans le noir, en pleurant.

La famille cachait tout cela. Le dimanche, à l’église, peu de familles avaient l’air plus rayonnantes. Mary ne parla presque jamais de son père le reste de sa vie. Ce souvenir la rendit timide et lui donna peur de parler en public. Il fit aussi d’elle, pensait son premier biographe, une ardente défenseuse des enfants et de tous les faibles.

Pourtant, Mary n’était pas une enfant morose. Elle se souvenait d’elle-même comme d’« une lassie sauvage ». Sa foi commença le jour où une vieille veuve de son immeuble fit entrer quelques filles qui avaient froid, leur montra son feu et les avertit qu’un feu bien pire attendait les âmes qui refusaient de se tourner vers le Christ. Cette image empêcha Mary de dormir la nuit, et elle « se repentit et crut ». C’est la peur qui l’amena jusqu’à la porte. Mais à l’intérieur, elle trouva un royaume d’amour, et elle n’essaya jamais d’y faire entrer quelqu’un d’autre par la peur.

Son père mourut en 1870, quand elle avait vingt et un ans. Des années plus tard, elle écrivit une chose qu’elle disait rarement sur sa propre vie :

« Je sais ce que c’est que de prier pendant de longues années sans jamais recevoir la réponse. J’ai dû prier pour mon père. Mais je connais si bien mon Père céleste que je peux le lui laisser, pour ce qui est de la paternité d’ici-bas. »

Voilà le cœur honnête de ce chapitre. Elle pria pendant des années, et son père ne changea pas. Elle ne fit pas semblant du contraire. Mais elle trouva un autre Père, celui du psaume en haut de cette page, qui a compassion de la faiblesse au lieu de la mépriser.

Peut-être que chez toi aussi, il y a un secret que ta famille se donne beaucoup de mal à cacher : l’alcool, la colère, l’argent qui ne tient jamais jusqu’à la fin de la semaine. Si c’est le cas, entends bien ceci. Ce n’est pas ta faute, et tu n’es pas seul à vivre ça. Garder le secret, ce n’est pas ton rôle. Si tu n’es pas en sécurité chez toi, parles-en à un adulte de confiance : un professeur, un pasteur, quelqu’un de ta famille, un médecin, ou une ligne d’écoute là où tu habites. La mère de Mary priait, et elle faisait aussi tenir ses enfants debout. Les deux comptent.

Une chose à faire cette semaine : note une prière que tu fais depuis longtemps sans voir de réponse. En dessous, écris les mots de Mary : « Je peux le lui laisser. » Puis dis honnêtement à Dieu ce que tu ressens. Si quelque chose n’est pas sûr chez toi, parles-en cette semaine à un adulte de confiance.

Questions pour réfléchir

Réfléchis d’abord, puis touche une question pour voir une façon d’y répondre.

Comment était la vie de Mary à la maison, à Dundee ?

Son père buvait l’argent de la famille. Sa mère travaillait à l’usine, Mary courait chez le prêteur sur gages, et le samedi soir, elles attendaient avec crainte qu’il rentre.

Sa prière pour son père a-t-elle été exaucée ?

Non. Il n’a jamais changé, et elle l’a dit honnêtement. Elle a appris à confier à son Père céleste ce qu’elle ne pouvait pas comprendre.

Comment la conversion de Mary a-t-elle marqué sa façon de parler de Dieu aux autres ?

C’est d’abord la peur qui l’a amenée à la foi, mais elle y a trouvé un royaume d’amour ; alors elle n’a jamais essayé d’y pousser quelqu’un par la peur. Elle attirait plutôt les gens par la bonté.

Chapitre 1 terminé

Les samedis soir

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