Les enseignements clés de Gareth Evans
Tenir la main du Père

Chapitre 5 · 8 min de lecture · 11 min d’écoute

Tenir la main du Père

Car je suis l’Éternel, ton Dieu, Qui fortifie ta droite, Qui te dis: Ne crains rien, Je viens à ton secours. ÉSAÏE 41:13

Si la foi n’est pas quelque chose que nous produisons, qu’est-elle donc ? La réponse d’Evans, donnée dans « Il tient mes lendemains », dans « Les pierres de gué » et dans sa prédication « La foi » (Faith), est l’un des points les plus caractéristiques de son enseignement. La foi, telle qu’il la définit, c’est Dieu lui-même qui touche le cœur humain et l’oriente vers sa volonté. L’initiative revient toujours à Dieu ; l’obéissance qui y répond nous revient. La foi se voit donc, non à la force avec laquelle nous croyons, mais à la manière dont nous répondons.

Son image préférée pour le dire n’est pas celle d’un héros qui déplace des montagnes, mais celle d’un petit enfant qui marche sur le trottoir en tenant la main de son père.

Des exemples, non des héros

Le raisonnement commence par une surprise. Si l’on vous demandait de choisir des personnages bibliques pour illustrer la marche par la foi, suggère Evans, vous prendriez peut-être Daniel, ou Élie, ou Caleb. Or, quand Paul, Jacques et l’auteur de l’épître aux Hébreux choisissent leurs exemples, ces noms manquent. On y trouve à la place Abraham, qui fit deux fois passer sa femme pour sa sœur afin de sauver sa peau ; Sara, qui rit de la promesse de Dieu ; Jacob, un trompeur ; Moïse, qui avait tué un homme ; et, plus étonnant que tout, Rahab la prostituée, une menteuse qui trahit sa propre ville.

C’est par la foi que Rahab la prostituée ne périt pas avec les rebelles, parce qu’elle avait reçu les espions avec bienveillance. HÉBREUX 11:31

Certains appellent Hébreux 11 le chapitre des héros de la foi. Evans n’y voit aucun héros. Il y voit des gens ordinaires, pleins de défauts, que Dieu a conduits par bien des chemins différents pour accomplir ses desseins. Les uns ont conquis des royaumes ; d’autres ont été sciés en deux. Les uns ont échappé à l’épée ; d’autres sont morts par elle. Si la foi consistait à croire très fort, ce chapitre n’aurait aucun sens. Mais si la foi, c’est Dieu qui agit en quelqu’un et cette personne qui se laisse faire, alors tout s’éclaire, et cela signifie que n’importe qui, si faible soit-il, peut commencer dès aujourd’hui à marcher par la foi.

Le même schéma se retrouve dans les Évangiles. Evans remarque que Jésus n’a loué la foi que de six personnes, désignées par leur nom ou par un épisode, et que ses choix sont tout aussi surprenants : un centenier romain, une femme atteinte d’une longue perte de sang et rituellement impure, une mère cananéenne, l’aveugle Bartimée, une pécheresse qui oignit ses pieds, et un lépreux samaritain qui revint rendre grâces.

Lorsque Jésus entendit ces paroles, il admira le centenier, et, se tournant vers la foule qui le suivait, il dit: Je vous le dis, même en Israël je n’ai pas trouvé une aussi grande foi. LUC 7:9

Trois au moins n’étaient pas juifs, plusieurs étaient impurs, et tous étaient pécheurs. Ce qu’ils avaient en commun, soutient Evans, c’est que chacun a répondu par l’obéissance à un témoignage intérieur : le centenier a reconnu l’autorité de Jésus, la femme a tendu la main pour toucher son vêtement sans que personne le lui ait appris, la Cananéenne et Bartimée ont vu en lui le Fils de David, le lépreux est revenu adorer. Dans chaque cas, dit-il, la foi s’est manifestée et accomplie dans l’obéissance.

La révélation, puis l’obéissance

Evans retrouve la même séquence dans la grande confession de Pierre à Césarée de Philippe. Jésus dit à Pierre que ce ne sont pas la chair et le sang qui lui ont révélé qui est le Christ, mais le Père qui est dans les cieux. La révélation vient d’abord, de Dieu ; la confession et l’obéissance suivent. Le rocher sur lequel le Christ bâtit son Église, suggère Evans, n’est pas le tempérament impulsif de Pierre, mais une foi de cette nature : l’initiative de Dieu, à laquelle l’homme répond.

Noé est son exemple le plus clair dans l’Ancien Testament. Il n’était pas difficile de croire Dieu quand il parlait ; ce qui fit de Noé un homme de foi, c’est qu’il exécuta tout ce que Dieu lui avait ordonné, en construisant un bateau pour un déluge qu’il n’avait jamais vu.

C’est ce que fit Noé: il exécuta tout ce que Dieu lui avait ordonné. GENÈSE 6:22

De même, Abraham partit sans savoir où il allait. Il ne discuta pas, il ne négocia pas. Il obéit.

La main d’un Père

C’est ici qu’intervient l’image de l’enfant chère à Evans. La marche par la foi, dit-il, est une soumission quotidienne à la volonté de Dieu, à la fois à ce qu’il a révélé dans l’Écriture et à ce qu’il ne nous a pas encore révélé. C’est un petit enfant qui garde sa main dans celle de son père. L’enfant ne sait pas si la promenade du jour s’achèvera à la confiserie ou chez le dentiste. Evans ajoute, avec un sourire, que si nous allons souvent à la confiserie de la vie, le Père devra certainement nous emmener de temps en temps chez le dentiste. Parfois un ballon rebondit sur la chaussée, l’enfant lâche la main et court après, et le grand danger arrive sur lui à toute allure. Mais bien avant qu’il n’arrive, le Père a ramené l’enfant sur le trottoir. Ce n’est pas la poigne de l’enfant qui le sauve, c’est celle du Père.

Cependant je suis toujours avec toi, Tu m’as saisi la main droite; Tu me conduiras par ton conseil, Puis tu me recevras dans la gloire. PSAUME 73:23–24

Telle est la conviction qui se tient derrière le titre de son livre sur la foi. L’avenir nous est caché, dit Evans de bien des manières et en bien des endroits, mais celui qui tient l’avenir ne nous est pas caché, et il nous tient la main.

Evans trouve aussi cette idée dans un verset qu’il aime, Galates 2:20, où la version King James parle de vivre par la foi du Fils de Dieu (Segond traduit « la foi au Fils de Dieu »). Il soutient que c’est la traduction correcte, et que Paul veut dire que le croyant vit par la foi même du Christ à l’œuvre en lui, et pas seulement par sa propre foi en Christ. Les spécialistes sont réellement partagés sur la manière de traduire l’expression de Paul, et les deux lectures ont une longue histoire ; le lecteur n’a pas besoin de trancher la question pour recevoir la vérité qu’Evans en tire, qui est clairement enseignée ailleurs. La vie chrétienne, c’est Christ qui vit en nous.

J’ai été crucifié avec Christ; et si je vis, ce n’est plus moi qui vis, c’est Christ qui vit en moi; si je vis maintenant dans la chair, je vis par la foi du Fils de Dieu, qui m’a aimé et qui s’est livré lui-même pour moi. GALATES 2:20

La foi et les œuvres réconciliées

Cette compréhension de la foi dissout aussi, pour Evans, la vieille tension entre Paul et Jacques. Il rappelle que Luther a parlé de Jacques avec un dédain resté célèbre. Mais si la foi est un cœur qui obéit quand Dieu le met en mouvement, alors Jacques dit simplement que là où il n’y a pas d’obéissance, il n’y a pas de foi : elle est morte. Paul dit que nous sommes justifiés par la foi, et non par les œuvres de la loi ; Jacques dit qu’une foi vivante se montre toujours dans ce que nous faisons. Les deux sont vrais.

Il en est ainsi de la foi: si elle n’a pas les œuvres, elle est morte en elle-même. JACQUES 2:17

Doux et malléables

Evans relie tout cela aux débonnaires, que Jésus a déclarés heureux. La douceur n’est pas de la faiblesse, mais une disposition à se laisser enseigner, l’argile qui cède à la main du potier. Voilà l’œuvre de la foi : un cœur si accordé à Dieu qu’il se met en mouvement quand Dieu se met en mouvement. Il ne parle pas d’entendre des voix ; la plupart du temps, le Père conduit sans bruit, par l’Écriture, par les circonstances et par le témoignage intérieur de son Esprit, comme le montre le chapitre suivant.

POUR RÉFLÉCHIR ET AGIR

1. Lisez Hébreux 11 d’une traite et dressez la liste des échecs des personnes qui y sont nommées. Que cette liste vous encourage : Dieu peut vous conduire, vous aussi.

2. Demandez-vous sur quel point, en ce moment, Dieu vous a clairement montré sa volonté sans que vous ayez encore obéi. Faites un pas d’obéissance cette semaine.

3. Imaginez-vous en enfant qui tient la main du Père. Où êtes-vous tenté de lâcher prise pour courir après quelque chose de l’autre côté de la rue ? Nommez-le devant lui.

4. Si vous êtes inquiet pour demain, notez une chose qui vous préoccupe et priez à son sujet, en remettant au Père la main qui la tient.

5. Demandez-vous si vous vous laissez enseigner. Demandez à quelqu’un qui vous connaît bien s’il est facile ou difficile de vous reprendre, et écoutez la réponse.

UNE PRIÈRE
Père, tu as choisi des menteurs, des intrigants et des étrangers pour en faire des exemples de foi, et tu m’as choisi. Merci de conduire des gens ordinaires.
Donne-moi un cœur doux et docile, malléable entre tes mains, prompt à obéir quand tu te mets en mouvement.
Quand je lâche ta main et que je cours après ce qui brille, ramène-moi avant que je ne sois écrasé, et pardonne-moi.
Mes lendemains me sont cachés, mais ils ne te sont pas cachés. Tiens ma main aujourd’hui. Amen.

Questions pour la réflexion

Comment Evans définit-il la foi dans ce chapitre ?

Comme Dieu lui-même qui touche le cœur humain et l’oriente vers sa volonté. L’initiative revient toujours à Dieu, et l’obéissance qui y répond nous revient ; la foi se voit donc, non à la force avec laquelle nous croyons, mais à la manière dont nous répondons.

Pourquoi Evans ne voit-il aucun héros en Hébreux 11 ?

Parce que les personnes qui y sont nommées sont ordinaires et pleines de défauts : Abraham fit passer sa femme pour sa sœur, Sara rit de la promesse de Dieu, Jacob fut un trompeur, Moïse avait tué un homme, et Rahab était une prostituée, une menteuse et une traîtresse. Les uns ont conquis des royaumes et d’autres ont été sciés en deux, ce qui n’a de sens que si la foi, c’est Dieu qui agit en quelqu’un et cette personne qui se laisse faire ; ainsi n’importe qui, si faible soit-il, peut commencer à marcher par la foi.

Selon Evans, qu’avaient en commun les six personnes dont Jésus a loué la foi ?

C’étaient des choix surprenants : plusieurs n’étaient pas juifs ou étaient impurs, et tous étaient pécheurs. Ce qu’ils partageaient, c’est que chacun a répondu par l’obéissance à un témoignage intérieur, comme le centenier qui reconnut l’autorité de Jésus ou le lépreux qui revint adorer ; dans chaque cas, la foi s’est manifestée et accomplie dans l’obéissance.

Qu’enseigne sur la marche par la foi l’image, chère à Evans, de l’enfant qui tient la main de son père ?

La marche par la foi est une soumission quotidienne à la volonté de Dieu, révélée et pas encore révélée, comme un enfant qui ne sait pas si la promenade s’achèvera à la confiserie ou chez le dentiste. Quand l’enfant lâche la main et court sur la chaussée après un ballon, le Père le ramène bien avant que le danger n’arrive, car ce n’est pas la poigne de l’enfant qui le sauve, c’est celle du Père.

Comment la conception de la foi chez Evans réconcilie-t-elle Paul et Jacques ?

Si la foi est un cœur qui obéit quand Dieu le met en mouvement, alors Jacques dit simplement que là où il n’y a pas d’obéissance, il n’y a pas de foi, car elle est morte. Paul dit que nous sommes justifiés par la foi, et non par les œuvres de la loi, et Jacques dit qu’une foi vivante se montre toujours dans ce que nous faisons ; les deux sont vrais.

Chapitre 5 terminé

Tenir la main du Père

Page 1 / 1 · 8 min restantes dans le chapitre
Précédent Suivant