Chapitre 15 · 7 min de lecture · 9 min d’écoute
S’élever comme l’aigle
Pareil à l’aigle qui éveille sa couvée, Voltige sur ses petits, Déploie ses ailes, les prend, Les porte sur ses plumes. L’Éternel seul a conduit son peuple. DEUTÉRONOME 32:11–12
Evans a observé les aigles sur les îles au large de l’île de Vancouver, portés par l’air qui monte presque sans un battement d’ailes, et cette image est devenue l’image maîtresse de son livre « S’élever comme l’aigle » et de plusieurs sermons. Dieu désire, dit-il, que son peuple prenne son envol. Pourtant beaucoup de croyants ressemblent plutôt à des poules de basse-cour, qui picorent avec contentement le grain des programmes d’Église, tandis que d’autres ont essayé de voler par leurs propres forces et se sont écrasés. Le livre demande pourquoi, et ce que l’on peut y faire.
Pourquoi si peu volent
Evans avance plusieurs raisons. Certains croyants portent des blessures de l’âme qui n’ont jamais été guéries, le sujet du chapitre précédent. Certains ont pris des décisions contraires aux principes de Dieu, et il cite en exemple les dettes et le mariage avec un incroyant. Certains n’ont tout simplement jamais appris qu’ils devaient voler ; ils se sont contentés d’être nourris chaque dimanche. Et d’autres ont eu les ailes rognées par des responsables qui dirigent l’Église comme une entreprise ou un fief, le pouvoir descendant du sommet vers la base, et qui découragent toute initiative susceptible de troubler l’ordre confortable des choses.
Ce dernier cas l’attriste tout particulièrement. Jésus a dit à ses disciples que les chefs des nations dominent sur leurs peuples, mais qu’il ne devait pas en être ainsi parmi eux.
Qu’il n’en soit pas de même pour vous. Mais que le plus grand parmi vous soit comme le plus petit, et celui qui gouverne comme celui qui sert. LUC 22:26
La vocation du pasteur, insiste Evans, n’est pas de trôner au sommet d’une pyramide mais de servir depuis la base, en formant les saints pour l’œuvre du ministère. Sa tâche est de leur apprendre à voler, non de bâtir des nids toujours plus grands pour les y garder.
Du fardeau à l’onction
Evans tire un schéma de l’histoire de la veuve du prophète en 2 Rois 4, dont les créanciers allaient prendre les deux fils comme esclaves. Il se sert de ce récit, il le dit ouvertement, comme d’une parabole plutôt que comme d’une exégèse. La veuve ne voyait que ténèbres, et Evans commence par notre façon de voir : nous-mêmes, le monde et Dieu. La fausse humilité qui se déclare un néant l’inquiète autant que l’orgueil ; chez un enfant de Dieu, suggère-t-il, ce langage frôle le reniement de ce que Dieu a fait.
La veuve portait aussi un lourd fardeau, et Evans croit que Dieu pose sur chaque croyant un souci particulier qui ne le quitte pas : pour les jeunes, pour les prisonniers, pour les pauvres, pour la prière. Il raconte comment, jeune enseignant en Allemagne, il a demandé à Dieu un fardeau pour la jeunesse, et comment, des années plus tard, il s’est retrouvé à la tête d’une œuvre de jeunesse qui a grandi au-delà de tout ce qu’il avait imaginé. Le fardeau que Dieu donne est léger, parce qu’on le porte sous son joug. Le fardeau qu’un autre pose sur nous est lourd.
Puis le prophète lui a demandé ce qu’elle avait à la maison.
Élisée lui dit: Que puis-je faire pour toi? Dis-moi, qu’as-tu à la maison? Elle répondit: Ta servante n’a rien du tout à la maison qu’un vase d’huile. 2 ROIS 4:2
Chaque croyant, dit Evans, a reçu le Saint-Esprit et des dons pour porter son fardeau, ainsi que des aptitudes naturelles dont Dieu peut se servir : Moïse avait un bâton, David une fronde, Pierre un filet, Paul sa citoyenneté romaine. Le fardeau, chaque croyant doit le nommer lui-même ; le don, mieux vaut qu’il soit reconnu et confirmé par d’autres. Le prophète a ensuite confié à la veuve une tâche qui semblait absurde, emprunter tous les vases vides et verser, et Evans pense que les responsables d’Église devraient de même aider chaque membre à trouver un ministère qui corresponde à son fardeau et à son don. Tandis qu’elle obéissait, l’huile ne cessait de couler. Voilà, pour lui, l’onction : Dieu qui appose son sceau sur un service obéissant, de sorte qu’il porte du fruit bien au-delà des capacités humaines, et le croyant commence à prendre son envol.
Libérer les aigles
Une grande partie du livre s’adresse aux pasteurs et aux anciens, et ses conseils sont concrets. Evans suggère que chaque réunion d’anciens comporte deux choses : la prière pour chercher la pensée de Dieu, et un moment pour se demander qui, dans l’assemblée, est prêt à être libéré pour le ministère. Les responsables devraient écouter les fardeaux des gens, les aider à les mettre en mots, chercher la confirmation de leurs dons, puis leur laisser la place de servir, avec une autorité, une responsabilité et une redevabilité clairement définies.
Comme de bons dispensateurs des diverses grâces de Dieu, que chacun de vous mette au service des autres le don qu’il a reçu. 1 PIERRE 4:10
Parmi ses histoires figure celle d’un homme porteur d’un fardeau pour la prière qui, une fois libéré pour l’enseigner, a aidé une petite assemblée à apprendre à s’attendre à Dieu et à grandir. Evans insiste : libérer les autres comporte des risques. Ils peuvent échouer et nous mettre dans l’embarras ; ils peuvent réussir et nous dépasser. Seuls des responsables assurés de leur propre appel peuvent le faire librement.
L’œuvre de Dieu à la manière de Dieu
Evans revient souvent à l’histoire de David transportant l’arche à Jérusalem. La première tentative, sur un char neuf tiré par des bœufs, copiait la méthode employée par les Philistins, et s’est terminée par une mort. C’est seulement quand David a consulté la loi et fait porter l’arche sur les épaules des Lévites, comme Moïse l’avait ordonné, que la présence de Dieu est entrée dans la ville au milieu des réjouissances.
Parce que vous n’y étiez pas la première fois, l’Éternel, notre Dieu, nous a frappés; car nous ne l’avons pas cherché selon la loi. 1 CHRONIQUES 15:13
La leçon, dit Evans, est simple : si vous voulez faire l’œuvre de Dieu, faites-la à la manière de Dieu. Une grande partie de l’Église, craint-il, a emprunté au monde ses méthodes de gestion, de marketing et de contrôle, et se demande pourquoi l’onction est absente.
Peser l’enseignement
L’image que donne Evans de l’Église comme un lieu où chaque membre est formé et libéré est profondément biblique, et ses mises en garde contre les responsables qui veulent tout contrôler viennent à point. Certaines de ses applications méritent d’être pesées. Ses paroles fortes sur les dettes et sur le mariage avec un incroyant sont des avertissements pastoraux, non des verdicts ; lui-même distingue un emprunt immobilier raisonnable d’un endettement inconsidéré, et l’Écriture montre clairement que Dieu peut se servir puissamment d’un croyant dont le conjoint ne croit pas encore. Sa conviction que des apôtres et des prophètes sont encore donnés à l’Église aujourd’hui est partagée par beaucoup et contestée par d’autres. Et son assurance que Dieu oindra tout ce qui est fait de la bonne manière doit être tenue ensemble avec son propre enseignement selon lequel l’onction est toujours un don souverain de Dieu.
POUR RÉFLÉCHIR ET AGIR
1. Quel fardeau Dieu a-t-il posé sur votre cœur ? Essayez de le décrire en une seule phrase claire.
2. Demandez à deux croyants mûrs quels dons ils voient en vous, et écoutez attentivement.
3. Demandez-vous si vous n’avez pas attendu que quelqu’un d’autre porte un fardeau que Dieu vous a confié. Faites un pas pour commencer.
4. Si vous exercez une responsabilité, quelle qu’elle soit, pensez à une personne que vous pourriez libérer pour le ministère cette année. Parlez avec elle de son fardeau.
5. Examinez un domaine de la vie de votre Église et demandez-vous honnêtement s’il est mené à la manière de Dieu ou à celle du monde.
UNE PRIÈRE
Seigneur, tu ne m’as pas fait pour rester à jamais dans le nid. Éveille-moi, comme l’aigle éveille sa couvée, et apprends-moi à voler.
Montre-moi le fardeau que tu m’as donné, le don que tu as mis dans ma main et le ministère que tu as préparé pour moi.
Fais de nos responsables des serviteurs qui libèrent au lieu de retenir, et fais de moi un serviteur à qui l’on peut confier la liberté.
Donne-nous de faire ton œuvre à ta manière, et répands ton huile sur tout ce que nous t’offrons. Amen.
Questions pour la réflexion
Pourquoi, selon Evans, si peu de croyants s’élèvent-ils comme l’aigle ?
Certains portent des blessures de l’âme non guéries ; certains ont pris des décisions contraires aux principes de Dieu, comme les dettes ou le mariage avec un incroyant ; certains n’ont jamais appris qu’ils devaient voler et se sont contentés d’être nourris chaque dimanche ; et d’autres ont eu les ailes rognées par des responsables qui dirigent l’Église comme une entreprise ou un fief. Ce dernier cas l’attriste tout particulièrement.
Quelle est, selon Evans, la vocation du pasteur, par contraste avec un leadership qui veut tout contrôler ?
Non pas trôner au sommet d’une pyramide, mais servir depuis la base, en formant les saints pour l’œuvre du ministère, puisque Jésus a dit que le plus grand parmi eux devait être comme celui qui sert. La tâche du pasteur est d’apprendre aux saints à voler, non de bâtir des nids toujours plus grands pour les y garder.
Comment Evans se sert-il de l’histoire de la veuve du prophète en 2 Rois 4 comme d’une parabole du ministère ?
Comme la veuve, chaque croyant porte un fardeau que Dieu pose sur son cœur, un fardeau léger parce qu’on le porte sous son joug, et chacun a quelque chose « à la maison » : l’Esprit, des dons et des aptitudes naturelles, comme le bâton de Moïse ou la fronde de David. Tandis qu’elle obéissait à la tâche apparemment absurde de verser dans des vases empruntés, l’huile ne cessait de couler, et c’est cela, pour Evans, l’onction : Dieu qui appose son sceau sur un service obéissant, de sorte qu’il porte du fruit bien au-delà des capacités humaines.
Quelle leçon Evans tire-t-il des deux tentatives de David pour transporter l’arche à Jérusalem ?
La première tentative, sur un char neuf qui copiait la méthode des Philistins, s’est terminée par une mort ; c’est seulement quand les Lévites ont porté l’arche sur leurs épaules, comme Moïse l’avait ordonné, que la présence de Dieu est entrée dans la ville au milieu des réjouissances. Si vous voulez faire l’œuvre de Dieu, faites-la à la manière de Dieu ; or une grande partie de l’Église a emprunté au monde ses méthodes de gestion, de marketing et de contrôle, et se demande pourquoi l’onction est absente.
Chapitre 15 terminé
S’élever comme l’aigle