Les enseignements clés d’Andrew Murray
Conclusion

Chapitre 19 · 6 min de lecture · 8 min d’écoute

Conclusion

C’est de lui, par lui, et pour lui que sont toutes choses. A lui la gloire dans tous les siècles! Amen! ROMAINS 11:36

Seize chapitres pourraient laisser croire qu’Andrew Murray a enseigné une foule de choses. Il n’en a enseigné qu’une, et tout le reste n’en est que l’application. Cette chose unique, la voici : une créature vit de ce qu’elle reçoit, et la vie chrétienne, c’est la vie même de Christ reçue instant après instant par la foi.

Suivez ce fil jusqu’au bout, et toute la forme apparaît. Demeurer, c’est le sarment qui reçoit la vie du cep. La taille du Vigneron fait de la place pour davantage de cette vie. L’humilité, c’est la créature qui consent à sa vraie place, et l’orgueil, c’est le refus de cette place. L’abandon consiste à rendre à Dieu ce qui lui appartient déjà, et à lui faire confiance pour accomplir ce que nous ne pouvons pas faire. L’impossible devient possible parce que c’est Dieu qui agit. L’Esprit est la vie de Christ en nous ; la sainteté est la présence du Saint ; l’obéissance est le chemin par lequel on goûte son amour ; l’amour est le premier fruit de tout cela. S’attendre à Dieu, c’est la dépendance devenue habitude. La chambre intérieure est le lieu où se noue le lien de la journée. La prière est la dépendance qui parle, et l’intercession est la dépendance qui se tend vers les autres. Une seule idée, une seule Personne, une seule vie.

Le danger de ce livre

Si vous avez lu jusqu’ici, vous courez un certain danger, et Murray aurait été le premier à le nommer. Le risque propre à tout enseignement sur la vie chrétienne profonde, c’est qu’il peut produire exactement le mal qu’il devait guérir. Un lecteur aperçoit les sommets — l’abandon absolu, une communion jamais interrompue, la prière de la foi, la vie remplie de l’Esprit — et entreprend de les atteindre à force d’efforts. Il prend une résolution, passe une bonne semaine, retombe, et recommence. L’enseignement qui devait le faire sortir de dessous la loi est devenu une nouvelle loi.

Murray connaissait bien ce danger. C’est pourquoi il a dit à l’homme inquiet venu le trouver qu’il vivait sous la loi et non sous la grâce. C’est pourquoi il enseignait que Dieu réclame notre abandon, l’opère et l’accepte. C’est pourquoi il priait, et apprenait aux autres à prier, pour que Dieu les rende disposés. La vie chrétienne profonde n’est pas un sommet à gravir. C’est un don à recevoir, et on le reçoit comme on reçoit tout le reste de la part de Dieu : en venant les mains vides.

Mettez en pratique la parole, et ne vous bornez pas à l’écouter, en vous trompant vous-mêmes par de faux raisonnements. JACQUES 1:22

Le conseil le plus simple que ce livre puisse donner est donc le même que dans les volumes qui l’accompagnent. Revenez au chapitre qui vous a le plus mis mal à l’aise, et non à celui que vous avez trouvé le plus intéressant. Prenez ses points d’application et travaillez-les lentement, pendant des mois. Puis passez au suivant.

Deux choses à emporter

D’abord, restez un sarment. Quoi que vous oubliiez de ces pages, souvenez-vous que vous ne pouvez rien faire sans Christ, et qu’on ne vous le demande pas. On vous demande de demeurer, de continuer à venir, de recevoir. Quand vous tombez, revenez aussitôt. Le cep n’a pas bougé.

Je suis le cep, vous êtes les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure porte beaucoup de fruit, car sans moi vous ne pouvez rien faire. JEAN 15:5

Ensuite, priez. Murray ne se satisferait d’aucun lecteur qui terminerait ce livre en admirant son enseignement sur la prière sans prier davantage qu’auparavant. Trouvez votre chambre intérieure. Attendez avant de parler. Priez de façon précise. Persévérez. Intercédez nommément pour les autres. Le Maître tient toujours son école ouverte, et la seule façon d’apprendre, c’est de s’y inscrire.

Un dernier mot sur l’homme

Nous avons été honnêtes sur ses limites. Son livre sur la guérison divine va au-delà de ce qu’autorise l’Écriture lorsqu’il présente la guérison sans recours à la médecine comme la voie supérieure, et dans sa manière de traiter la maladie et la volonté de Dieu ; il doit être lu avec les corrections exposées au chapitre treize. Son appel à l’abandon absolu et sa distinction entre chrétiens charnels et chrétiens spirituels en ont libéré beaucoup et en ont accablé quelques-uns, et les consciences scrupuleuses ont besoin d’entendre, à côté, la grâce qu’il prêchait lui-même. Ses paroles les plus audacieuses sur la prière ont besoin de l’équilibre que donne l’Écriture elle-même. Enfin, il était pasteur d’une Église de colons dans une société coloniale, et il ne s’est pas élevé au-dessus de tous les présupposés de son temps et de son milieu.

Rien de tout cela n’a été dit pour le diminuer. Cela a été dit parce que son propre enseignement l’exige. Un homme dont tout le message était que la créature n’a rien en elle-même et a tout en Dieu ne peut être honoré par la prétention qu’il aurait fait exception. Il aurait été le premier à dire que tout ce qu’il y avait de bon en lui, il l’avait reçu.

Non pas à nous, Éternel, non pas à nous, Mais à ton nom donne gloire, A cause de ta bonté, à cause de ta fidélité! PSAUME 115:1

Il mourut à Wellington en janvier 1917, dans sa quatre-vingt-neuvième année, alors que le monde était en guerre. Il avait vécu assez longtemps pour voir le réveil pour lequel son père avait prié, pour voir son Église se tourner vers la mission, et pour recevoir des lettres de lecteurs du monde entier qui avaient appris, grâce à ses petits livres, à demeurer et à prier. Il laissa des écoles, des missions et toute une rangée de livres, et il laissa aussi une prière qu’il avait écrite pour lui-même dans une saison difficile : Dieu l’avait conduit dans ce lieu étroit, il l’y garderait, il l’y instruirait, et il l’en ferait sortir en son temps. Ce n’est pas une mauvaise prière pour finir.

POUR RÉFLÉCHIR ET AGIR

1. Revenez au chapitre de ce livre qui vous a le plus mis mal à l’aise. Relisez-le, et choisissez un point d’application sur lequel travailler pendant un mois.

2. Demandez-vous si quelque chose dans ces pages est devenu pour vous une nouvelle loi. Si c’est le cas, apportez-le à Dieu et recevez-le de nouveau comme une grâce.

3. Établissez une pratique quotidienne de dépendance — une heure le matin, une pause avant le travail, une prière le soir — et tenez-la pendant trente jours.

4. Commencez une liste de personnes et de lieux pour lesquels prier nommément, et gardez-la là où vous la verrez.

5. Choisissez l’un des livres de Murray dans le Guide de lecture qui suit, et commencez-le cette semaine.

UNE PRIÈRE
Seigneur Jésus, j’ai lu ce qu’on dit de demeurer en toi, de l’abandon, de l’humilité et de la prière, et je suis capable de faire de tout cela un fardeau de plus. Garde-moi de cela.
Je suis un sarment. Fais que je reçoive simplement ta vie, jour après jour et instant après instant.
Enseigne-moi à prier. Prends-moi dans ton école, et ne me laisse pas la quitter.
Et comme tu as été fidèle à ton serviteur Andrew Murray dans chaque lieu étroit, sois fidèle envers moi, jusqu’à ce que je te voie face à face. Amen.
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