Comment réussir dans la vie chrétienne
Les fréquentations

Chapitre 12 · 5 min de lecture · 6 min d’écoute

Les fréquentations

Nos fréquentations contribuent pour beaucoup à former notre caractère. Les relations que nous nouons créent une atmosphère intellectuelle, morale et spirituelle que nous respirons sans cesse, et notre santé spirituelle en est favorisée ou entravée. Tout jeune chrétien devrait avoir quelques amis choisis avec sagesse, des amis intimes, avec qui il puisse parler librement. Recherchez pour vous-même quelques personnes à peu près de votre âge avec qui vous puissiez entretenir des relations intimes. Assurez-vous que ce sont des personnes spirituelles, au meilleur sens du mot : des personnes qui aiment étudier la Bible, des personnes qui aiment s’entretenir de sujets spirituels, des personnes qui savent prier et qui prient, des personnes qui travaillent réellement à amener d’autres âmes à Christ.

Ne vous inquiétez nullement de ce que certains chrétiens vous soient plus agréables que d’autres. Dieu nous a faits ainsi. Les uns sont attirés vers certaines personnes, les autres vers d’autres, et le fait que vous ne soyez pas attiré vers certains comme vous l’êtes vers d’autres ne prouve rien contre eux ni contre vous. Cultivez l’amitié de ceux dont l’amitié vous paraît profitable à votre propre vie spirituelle.

D’autre part, évitez les fréquentations que vous trouvez nuisibles spirituellement et moralement. Bien entendu, nous ne devons pas nous retirer entièrement des inconvertis, ni même des gens très mauvais. Nous devons souvent cultiver la connaissance de gens peu spirituels, et même de gens très mauvais, afin de les gagner à Christ ; mais nous devons toujours, dans de telles fréquentations, nous tenir sur nos gardes et nous souvenir sans cesse de chercher à les élever, sans quoi ils ne manqueront pas de nous entraîner vers le bas. Si vous constatez, malgré tous vos efforts, qu’une fréquentation quelconque nuit à votre propre vie spirituelle, renoncez-y. Certaines personnes sont entourées d’une telle atmosphère d’incrédulité, de cynisme, d’esprit de critique, d’impureté, de cupidité ou de quelque autre mal, qu’il est impossible de les fréquenter beaucoup sans en être contaminé. En pareil cas, le chemin de la sagesse est clair : cessez de les fréquenter beaucoup. Cessez même tout à fait de les fréquenter, sauf dans la mesure où il y a quelque espoir de leur venir en aide.

Mais il y a d’autres compagnies qui façonnent notre vie, outre celle des personnes vivantes. Les livres que nous lisons sont nos compagnons. Ils exercent une influence considérable, en bien ou en mal. Rien ne nous aidera davantage qu’un bon livre, et rien ne nous fera plus de mal qu’un mauvais livre. Parmi les livres les plus profitables figurent les biographies d’hommes de bien. Lisez et relisez la vie d’hommes aussi bons et aussi véritablement grands que Wesley, Finney et Moody. Nous vivons à une époque où les bonnes biographies abondent. Lisez-les. Les ouvrages d’histoire bien écrits sont de bons compagnons. Aucune étude n’est plus pratique et plus instructive que celle de l’histoire, et elle n’est pas seulement instructive, mais aussi spirituellement profitable, si seulement nous prenons soin d’y voir la main de Dieu, d’y voir le triomphe inévitable du bien et le châtiment inévitable du mal chez les individus comme chez les nations.

Quelques rares romans sont profitables, mais ici il faut se tenir très soigneusement sur ses gardes. Une grande partie de la littérature romanesque moderne est franchement pernicieuse du point de vue moral. Les romans qui ne sont pas franchement mauvais donnent du moins une fausse idée de la vie et rendent impropre à la vie telle qu’elle est réellement. La lecture abondante de romans est nuisible à l’esprit. Le lecteur invétéré de romans ruine sa faculté de penser avec rigueur et clarté. Le roman est si captivant qu’il tend toujours à chasser d’autres lectures plus profitables pour l’esprit et pour la morale. Nous devons être sur nos gardes même en lisant de la bonne littérature, de peur que le bon n’évince le meilleur, c’est-à-dire de peur que la meilleure littérature humaine n’évince ce qui est le meilleur de tout — le Livre de Dieu. Le Livre de Dieu, la Bible, doit toujours avoir la première place.

Il y a encore une autre sorte de compagnie qui exerce une influence considérable sur notre vie : c’est la compagnie des images. Les images que nous voyons chaque jour de notre vie, et celles que nous ne voyons qu’occasionnellement, ont un pouvoir considérable pour façonner notre vie. Une mère avait deux fils tendrement aimés. Son rêve et son ambition étaient que ces fils entrent dans le ministère, mais tous deux prirent la mer. Elle ne pouvait le comprendre, jusqu’au jour où un ami attira son attention sur le tableau d’un magnifique navire toutes voiles dehors, fendant l’océan, qui était accroché au-dessus de la cheminée de la salle à manger. Chaque jour de leur vie, ses garçons avaient contemplé ce tableau, en avaient été transportés ; ainsi était né en eux un amour invincible pour la mer, une aspiration vers elle, et c’est ce qui avait décidé de leur vie. Combien de tableaux, chefs-d’œuvre de l’art mais renfermant une suggestion mauvaise, ont lancé quelque jeune homme sur le chemin de la ruine ! Beaucoup de nos collections d’art sont si souillées d’images inconvenantes qu’il n’est pas prudent pour un jeune homme ou une jeune fille de les visiter. La pensée mauvaise qu’elles suggèrent peut ne durer qu’un instant, et pourtant Satan saura faire revenir cette image encore et encore et s’en servir pour nuire. Ne regardez pas un seul instant une image, si vantée soit-elle par les critiques d’art, qui souille votre imagination d’une suggestion mauvaise. Fuyez comme du poison toute peinture, toute gravure, toute eau-forte, toute photographie qui laisse une tache d’impureté dans votre esprit ; mais nourrissez votre âme des images qui vous rendent plus saint, plus bienveillant, plus compatissant et plus tendre.


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