Chapitre 1 · 4 min de lecture · 5 min d’écoute
Préface de l’éditeur
AVANT-PROPOS DE L’ÉDITEUR
John Bunyan naquit à Elstow, près de Bedford, en Angleterre, à l’automne de l’an 1628, premier des trois enfants de Thomas et Margaret Bunyan. Le registre de la paroisse indique qu’il fut baptisé le 30 novembre 1628.
Dans Grâce abondante, Bunyan dit de sa naissance qu’elle était « d’une lignée basse et sans importance ». Il avait un mépris particulier pour la maison de son père ; elle était à ses yeux « du rang le plus vil et le plus méprisé de toutes les familles du pays ».
Sir Walter Scott pensait que John Bunyan était d’ascendance tsigane, parce que son père était chaudronnier ambulant, un réparateur de pots et de casseroles. Mais les historiens voient plutôt dans ce métier quelque chose comme celui de « forgeron de village ». Les Bunyan n’étaient pas des vagabonds ; ils possédaient de la terre, mais ils étaient de souche paysanne.
La scolarité de Bunyan fut de courte durée, et il ne tarda pas à aider son père et à apprendre lui-même le métier. Le jour de ses seize ans, Bunyan s’engagea dans la New Model Army de Cromwell, ce qui le mit en contact avec le mouvement puritain. Après ce passage sous les armes, il s’établit comme chaudronnier (« dinandier ») et se maria à l’âge de vingt ans.
En 1653, Bunyan rejoignit l’Église libre puritaine de Bedford, et en 1657 il reçut sa première charge de « prédicateur des champs ». Il y avait alors des dizaines d’hommes, la plupart peu instruits, qui prêchaient à des auditoires non conformistes dans toute l’Angleterre. Avec la restauration de Charles II sur le trône, ces prédicateurs devinrent suspects et passibles d’arrestation. Refusant de cesser de prêcher, Bunyan fut arrêté en 1660 et emprisonné pendant plus de onze ans.
Grâce abondante pour le premier des pécheurs, écrit au cours de cet emprisonnement, est l’autobiographie spirituelle de Bunyan, le chaudronnier ambulant devenu prédicateur et auteur éminent. L’ouvrage appartient au même genre que les Confessions d’Augustin et l’Imitation de Jésus-Christ de Thomas a Kempis. Ce n’est pas un récit détaillé des premières années de Bunyan, car il nous apprend très peu de chose de sa jeunesse, de son instruction, de ses années sous les armes et de ses mariages.
Écrit en 1666, Grâce abondante retrace le cheminement spirituel de Bunyan, depuis une vie profane remplie de jurons, de blasphèmes et de profanation du sabbat, jusqu’à une nouvelle création en Jésus-Christ. Certains commentateurs de la vie et de l’œuvre de Bunyan estiment qu’il a parlé de ses jeunes années avec trop de sévérité. George Offor, éditeur d’un recueil des œuvres de Bunyan en trois volumes, fait cette remarque :
Des hommes savants ont exprimé de grandes divergences d’opinion sur la question de savoir s’il faut prendre au pied de la lettre le récit que Bunyan fait de lui-même, quant à sa mauvaise conduite avant sa conversion, ou s’il se regarde à travers un verre qui grossit ses mauvaises habitudes. Nul ne peut douter de sa parfaite honnêteté. Il raconte simplement ses défauts aussi bien que ses qualités rédemptrices ; et son récit ne paraît pas exagéré.
Grâce abondante est une autobiographie qui commence dans la culpabilité et le désespoir et qui s’achève sur un cœur « plein de consolation », un cœur reconnaissant pour une « grâce abondante ».
Ceux qui ont lu à la fois Grâce abondante et Le Voyage du pèlerin s’apercevront que Le Voyage du pèlerin est, dans une large mesure, la même vie que celle que décrit Grâce abondante, mais sous forme d’allégorie plutôt que de récit direct. George Offor le souligne lorsqu’il cite un certain Dr Cheever :
En lisant « Grâce abondante », on est prêt à dire à chaque pas : Voici le futur auteur du « Voyage du pèlerin ». C’est comme si l’on se tenait auprès d’un grand sculpteur dont on connaîtrait le dessein, et qu’on suivît chaque mouvement de son ciseau ; si bien qu’à chaque coup, quelque nouveau trait de la beauté à venir apparaît clairement.
Ernest W. Bacon, dans une biographie récente fondée sur les dernières recherches historiques, fait la même observation :
Les expériences qu’il [Bunyan] rapporte dans Grâce abondante se retrouvent dans les personnages du Voyage du pèlerin, et il ne fait guère de doute qu’il n’aurait pu écrire la grande allégorie s’il n’avait pas fait lui-même l’expérience de la miséricorde salvatrice de Dieu racontée dans l’autobiographie. Ce livre possède une vitalité impérissable et une éternelle jeunesse ; c’est un témoignage de l’expérience puritaine qui n’a jamais été surpassé, et un stimulant spirituel d’une grande valeur.
Hugh Martin résume ainsi l’importance de Grâce abondante :
Grâce abondante compte parmi les plus grands récits des voies de Dieu envers l’âme humaine ; il mérite d’être placé sur le rayon à côté de trésors tels que les Confessions d’Augustin, l’Appel sérieux de Law, l’Autobiographie de Baxter et le récit que fit Wesley de son propre combat spirituel.
Chapitre 1 terminé
Préface de l’éditeur