George Müller de Bristol
Le temps du témoignage au monde entier

Chapitre 19 · 31 min de lecture · 41 min d’écoute

Le temps du témoignage au monde entier

LES vraies réponses de Dieu à la prière sont souvent des refus apparents. Sous la requête extérieure, il entend la voix du désir intérieur, et il répond à la pensée de l’Esprit plutôt qu’aux paroles imparfaites, et peut-être erronées, dans lesquelles l’aspiration cherche à s’exprimer. De plus, sa sagesse infinie voit qu’une bénédiction plus grande ne peut nous appartenir que si l’on nous refuse le bien moindre que nous recherchons ; aussi toute vraie prière se confie-t-elle en lui pour qu’il donne sa propre réponse, non selon notre voie ou notre temps, ni même selon le désir que nous avons exprimé, mais plutôt selon ses propres soupirs inexprimables au-dedans de nous, qu’il sait interpréter mieux que nous.

Monique, mère d’Augustin, supplia Dieu que son fils débauché n’allât pas à Rome, ce cloaque d’iniquité ; mais il lui fut permis d’y aller, et il entra ainsi en contact avec Ambroise, évêque de Milan, par qui il fut converti. Dieu accomplit le désir de la mère tout en refusant sa requête.

Cinq fois, au cours des huit premières années qui suivirent sa conversion, George Müller s’était offert comme missionnaire, et Dieu lui avait barré le chemin ; maintenant, à soixante-cinq ans, il allait lui permettre, en un sens dont il n’avait jamais rêvé, d’être missionnaire auprès du monde. Dès le début de son ministère, il avait été plus ou moins un prédicateur itinérant, passant un temps considérable à parcourir la Grande-Bretagne et le Continent ; mais à présent il devait aller dans les contrées lointaines et consacrer la majeure partie de dix-sept années à rendre témoignage au Dieu qui exauce la prière.

Ces vastes tournées missionnaires occupèrent le soir de la vie si utile de M. Müller, de 1875 à 1892. Elles s’étendirent, plus ou moins, à l’Europe, à l’Amérique, à l’Asie, à l’Afrique et à l’Australie ; et elles auraient suffi à elles seules à remplir l’œuvre d’une vie ordinaire.

Elles eurent une origine singulière. En 1874, contraint par la santé de Mme Müller de chercher un changement d’air, il prêchait dans l’île de Wight, quand un frère chrétien bien-aimé, pour qui il avait pris la parole et qui était lui-même un prédicateur de grande expérience, lui dit que « ce jour-là avait été le plus heureux de toute sa vie » ; et cette remarque, jointe à d’autres semblables qu’on lui avait faites auparavant, le persuada si fortement que le Seigneur allait se servir de lui pour aider les croyants hors de Bristol, qu’il résolut de ne plus borner à un seul lieu ses travaux dans la prédication et l’enseignement, mais d’aller partout où une porte s’ouvrirait à son témoignage.

En pesant cette question, il fut frappé par sept raisons ou motifs, qui le conduisirent à entreprendre ces tournées :

1. Prêcher l’Évangile dans sa simplicité, et surtout montrer que le salut repose, non sur les sentiments, ni même sur la foi, mais sur l’œuvre accomplie de Christ ; que la justification nous appartient dès l’instant où nous croyons, et que nous devons accepter et revendiquer notre place d’agréés en son bien-aimé, sans égard à nos états intérieurs de sentiment ou d’émotion.

2. Amener les croyants à connaître leur état de salut, et à saisir leur position en Christ, car un grand nombre, non seulement de disciples, mais même de prédicateurs et de pasteurs, étaient eux-mêmes dépourvus de toute paix et de toute joie réelles dans le Seigneur, et par conséquent incapables de conduire les autres dans la joie et la paix.

3. Ramener les croyants aux Écritures, afin qu’ils sondent la Parole et en découvrent les trésors cachés ; qu’ils éprouvent toutes choses à cette pierre de touche divine et ne retiennent que ce qui en soutient l’épreuve ; qu’ils en fassent chaque jour le sujet d’un examen méditatif et accompagné de prière, afin de la traduire en une obéissance quotidienne.

4. Développer entre tous les vrais croyants l’amour fraternel ; les amener à faire moins de cas des choses non essentielles sur lesquelles les disciples diffèrent, et à faire plus de cas des grandes vérités essentielles et fondamentales dans lesquelles tous les vrais croyants sont unis ; aider tous ceux qui aiment un seul Seigneur et se confient en lui à s’élever au-dessus des préjugés étroits de secte et des barrières qui s’opposent à la communion.

5. Fortifier la foi des croyants, en les encourageant à une confiance plus simple, et à une assurance plus réelle et plus inébranlable en Dieu, et en particulier dans les exaucements certains de la prière de la foi, fondés sur ses promesses précises.

6. Favoriser la séparation d’avec le monde et la mort à son égard, et accroître ainsi chez les enfants de Dieu les affections tournées vers le ciel ; tout en mettant en garde contre les excès et les extravagances fanatiques, telles que la perfection sans péché tant que l’on est dans la chair.

7. Et enfin fixer l’espérance des disciples sur la bienheureuse venue de notre Seigneur Jésus ; et, à ce propos, les instruire du vrai caractère et du véritable objet de l’économie présente, ainsi que de la relation de l’Église avec le monde en cette période où l’Épouse de Christ est rassemblée du milieu des nations.

Ces sept objets peuvent se résumer brièvement ainsi : le but de M. Müller était d’amener les pécheurs à croire au nom du Fils de Dieu, et ainsi à avoir la vie éternelle ; d’aider ceux qui ont ainsi cru à savoir qu’ils possèdent cette vie ; de leur apprendre à s’édifier eux-mêmes sur leur très sainte foi, en sondant avec diligence la parole de Dieu et en priant par le Saint-Esprit, de telle sorte que cette vie devienne de plus en plus une possession réelle et une possession consciente ; de développer entre tous les disciples l’unité de l’esprit et la charité, qui est le lien de la perfection, et de les aider à manifester cette vie devant le monde ; de les inciter à cultiver un caractère détaché du monde et spirituel, conforme à la vie de Dieu en eux ; de les conduire à la prière de la foi, qui est à la fois l’expression et l’épanouissement de la vie de foi ; et de diriger leur espérance vers l’apparition finale du Seigneur, afin qu’ils se purifient comme lui-même est pur, et qu’ils fassent valoir ses biens jusqu’à ce qu’il revienne. M. Müller se donnait ainsi à la double œuvre de l’évangélisation et de l’édification, sur une échelle à la mesure de son amour pour un monde qui périt, pratiquant le bien envers tous, selon que l’occasion s’en présentait, et surtout envers les frères en la foi.

De ces longs voyages missionnaires si remplis, il suffit de donner l’esquisse, ou une vue d’ensemble. Le 26 mars 1875 est une date importante, car elle en marque le point de départ. Lui-même l’appelle « le commencement de ses tournées missionnaires ».

De Bristol, il se rendit à Brighton, à Lewes et à Sunderland — prêchant, sur le chemin de Sunderland, devant un immense auditoire au Tabernacle métropolitain, à la demande de M. Spurgeon —, puis à Newcastle-on-Tyne, et revint à Londres, où il prit la parole à la conférence de Mildmay Park, au Tabernacle de Talbot Road et à « Edinburgh Castle ». Cette tournée prit fin le 5 juin, après soixante-dix allocutions publiques, en dix semaines environ.

Moins de six semaines s’étaient écoulées quand, le 14 août, commença la deuxième tournée, dont l’impulsion particulière fut le désir de prolonger l’œuvre de réveil de M. Moody et de M. Sankey. Leur court séjour en chaque lieu ne leur permettait pas de conduire les nouveaux convertis plus avant dans la connaissance et dans la grâce, et il semblait y avoir un appel à donner un enseignement propre à affermir ces nouveaux croyants dans la vie d’obéissance. M. Müller suivit donc ces évangélistes en Angleterre, en Irlande et en Écosse, demeurant en chaque lieu d’une à six semaines, et s’efforçant d’instruire et d’édifier ceux qui avaient été amenés à Christ. Parmi les lieux visités dans ce dessein en 1875, il y eut Londres ; puis Kilmarnock, Saltwater, Dundee, Perth, Glasgow, Kirkentilloch, en Écosse, et Dublin, en Irlande ; puis, rentrant en Angleterre, il alla à Leamington, Warwick, Kenilworth, Coventry, Rugby, etc. En certains endroits, notamment à Mildmay Park, à Dundee et à Glasgow, à Liverpool et à Dublin, les auditoires comptèrent de deux mille à six mille personnes, mais partout une riche bénédiction descendit d’en haut. Cette deuxième tournée se prolongea jusque dans l’année nouvelle, 1876, et comprit Liverpool, York, Kendal, Carlisle, Annan, Édimbourg, Arbroath, Montrose, Aberdeen et d’autres lieux ; et quand elle s’acheva en juillet, après avoir duré près de onze mois, M. Müller avait prêché au moins trois cent six fois, soit en moyenne environ une prédication par jour, sans compter les journées passées en voyage. Ces travaux furent si bien accueillis et si profitables qu’il reçut plus de cent invitations pressantes qu’il lui fut impossible d’accepter.

La troisième tournée eut lieu sur le Continent. Elle occupa la plus grande partie de l’année qui se termina le 26 mai 1877, et comprit Paris, divers lieux de Suisse, de Prusse et de Hollande, l’Alsace, le Wurtemberg, le pays de Bade, la Hesse-Darmstadt, etc. En tout, plus de trois cents allocutions furent données dans quelque soixante-dix villes et villages, où il avait été invité par lettre. Quand cette tournée prit fin, plus de soixante invitations écrites restaient sans suite, et M. Müller constata que, par son œuvre et par ses écrits, il était aussi bien connu dans les pays du Continent qu’il avait visités qu’en Angleterre.

Se tournant alors vers l’Amérique, la quatrième tournée s’étendit d’août 1877 à juin de l’année suivante. Depuis bien des années, les invitations lui venaient, de plus en plus fréquentes, des États-Unis et du Canada ; et leur insistance récente l’amena à y reconnaître l’appel de Dieu, d’autant plus qu’il songeait aux nombreux milliers d’Allemands établis de l’autre côté de l’Atlantique, qui, en l’entendant parler dans leur propre langue maternelle, redoubleraient de silence. (Actes 22:2.)

M. et Mme Müller, débarqués à Québec, gagnèrent de là les États-Unis, où, pendant dix mois, ses travaux s’étendirent sur une vaste région, comprenant les États de New York, du New Jersey, du Massachusetts, de Pennsylvanie, du Maryland, le district de Columbia, la Virginie, la Caroline du Sud, la Géorgie, la Floride, l’Alabama, la Louisiane et le Missouri. Ayant ainsi fait le tour du littoral atlantique, il passa sur la côte du Pacifique et visita au retour Salt Lake City, dans l’Utah — le centre même et la citadelle du mormonisme —, l’Illinois, l’Ohio, etc. Il parla fréquemment à de grandes assemblées d’Allemands et, dans les États du Sud, à la population de couleur ; mais aucune des occasions de servir qui lui furent offertes au cours de cette tournée ne lui parut aussi exaltante que les réunions répétées avec les ministres, les évangélistes, les pasteurs et les ouvriers chrétiens, et pour eux ; et, après celles-ci par ordre d’importance, ses entretiens avec de nombreux étudiants et professeurs dans les universités, les collèges, les séminaires de théologie et les autres établissements d’enseignement supérieur. Jeter le sel de l’Évangile dans les sources mêmes de l’influence sociale, là d’où jaillit la puissance, était pour lui un privilège des plus sacrés. Sa largeur d’esprit singulière, sa charité et son humilité attiraient à lui ceux-là mêmes qui pensaient autrement que lui, et toutes les dénominations chrétiennes s’unirent pour lui ouvrir l’accès du peuple. Au cours de cette tournée, il parla trois cents fois et parcourut près de dix mille milles ; plus de cent invitations durent être déclinées, faute de temps et de forces.

Après un séjour d’environ deux mois à Bristol, le 5 septembre 1878, sa femme et lui entreprirent la cinquième de ces tournées missionnaires. Cette fois, ce fut sur le Continent, où il exerça son ministère en anglais, en allemand et en français ; et en Espagne et en Italie, lorsque ces langues ne pouvaient servir, il parla par interprète. Le Seigneur ouvrit devant lui bien des portes, non seulement auprès des classes pauvres et humbles, mais aussi auprès des rangs moyens et élevés. Sur la Riviera, il eut accès auprès de nombreux membres de la noblesse et de l’aristocratie, venus de divers pays chercher la santé et le repos sous le climat égal de la Méditerranée, et à Menton, M. Spurgeon et lui eurent de doux entretiens. En Espagne, M. Müller eut la grande joie de voir de ses yeux les écoles entièrement soutenues par les fonds de l’Institution pour la connaissance des Écritures, et de constater que, dans des centaines de cas, des parents même papistes estimaient si fort ces écoles qu’ils continuaient d’y envoyer leurs enfants, en dépit des menaces comme des instances des prêtres romains. Il apprit en outre que les élèves lisaient souvent à leurs parents, à la maison, la parole de Dieu, et leur chantaient les cantiques évangéliques appris dans ces écoles, de sorte que l’influence exercée ne se bornait pas à son horizon apparent, de même que la lumière du soleil, diffusée ou réfractée, porte ses rayons lumineux bien au-delà de la course visible de l’astre du jour.

L’œuvre eut à lutter contre l’opposition du gouvernement. Lorsqu’un local fut ouvert pour la première fois à Madrid pour des réunions d’évangélisation, une enseigne fut placée au-dehors pour l’annoncer. Des ordres officiels prescrivirent de la recouvrir de peinture, de façon à en effacer l’inscription. Le peintre de l’enseigne, ne voulant ni défaire son propre ouvrage ni entraver l’œuvre de Dieu, la recouvrit de couleurs à l’eau, qui laissaient l’annonce primitive à demi visible et que les pluies auraient bientôt fait de laver ; sur quoi le gouvernement envoya son propre ouvrier barbouiller l’enseigne d’une épaisse couche de peinture à l’huile.

M. Müller, prêt à annoncer l’Évangile aussi à ceux qui étaient à Rome, sentit au-dedans de lui son esprit s’attrister et s’émouvoir, à la vue de cette ville entièrement livrée à l’idolâtrie — non une idolâtrie païenne, mais papale —, la Rome non des Césars, mais des papes. Pendant son séjour à Naples, il fit l’ascension du Vésuve. Ces masses de lave, qui semblaient d’un volume plus grand que la montagne elle-même, lui firent sentir la puissance de Dieu plus que tout ce qu’il avait jamais vu. Tandis qu’il contemplait ce cône fumant et songeait à la mort liquide qu’il avait vomie, il se dit en lui-même : « Que ne peut faire Dieu ! » Il avait déjà éprouvé quelque chose de sa toute-puissance dans l’amour et dans la grâce, mais il en voyait maintenant la manifestation dans le jugement et dans la colère. Sa visite aux vallées vaudoises, où tant de martyrs avaient souffert le bannissement et la prison, la perte de leurs biens et la perte de leur vie à cause de Jésus, le remua jusqu’au fond de son être et réveilla en lui l’esprit des martyrs.

Lorsqu’il arriva de nouveau à Bristol, le 18 juin 1879, il avait été absent neuf mois et douze jours, et avait prêché deux cent quatre-vingt-six fois, dans quarante-six villes. Après dix autres semaines à Bristol, sa femme et lui s’embarquèrent de nouveau pour l’Amérique, la dernière semaine d’août 1879, et débarquèrent à New York la première semaine de septembre. Ce séjour comprit les États situés entre l’océan Atlantique et la vallée du Mississippi — New York et le New Jersey, l’Ohio, l’Indiana, le Michigan et l’Illinois, le Wisconsin, l’Iowa, le Minnesota —, et, de London et Hamilton jusqu’à Québec, le Canada eut aussi sa part de la bénédiction. Ce séjour ne dura que deux cent soixante-douze jours, mais il prêcha trois cents fois, et dans plus de quarante villes. Plus de cent cinquante invitations écrites restaient encore sans réponse, et leur nombre croissait à mesure que se prolongeait son séjour. M. Müller en conclut donc avec assurance que le Seigneur l’appelait à revenir en Amérique, après un autre bref séjour à Bristol, où il jugeait nécessaire de passer chaque année quelque temps, pour rester en contact étroit avec l’œuvre de là-bas et décharger pour un temps M. et Mme Wright de leurs lourdes responsabilités.

Aussi, le 15 septembre 1880, quittant de nouveau Bristol, ces voyageurs s’embarquèrent le lendemain pour leur septième tournée missionnaire, et débarquèrent dix jours plus tard à Québec. M. Müller avait une aversion naturelle pour la mer, ayant beaucoup souffert du mal de mer lors de ses premières traversées vers le Continent ; mais il avait entrepris ces longs voyages, non pour son plaisir ou son profit, mais uniquement pour l’affaire de Dieu ; et il regardait comme une marque particulière de la bonté du Seigneur que, tandis qu’il était prêt à endurer n’importe quel inconfort ou à risquer sa vie pour l’amour de lui, il n’eût, dans ses six traversées de l’Atlantique, pas souffert le moins du monde, et que, durant ce voyage-ci en particulier, il eût été entièrement exempt de toute indisposition.

De Québec, il se rendit dans le Massachusetts, le Connecticut, l’État de New York, le New Jersey et la Pennsylvanie. Parmi les autres lieux d’un intérêt particulier figurèrent Boston, Plymouth — le lieu de débarquement des Pères pèlerins —, les collèges de Wellesley et de South Hadley — les grandes écoles d’enseignement supérieur pour les femmes —, et les centres situés plus à l’ouest, où il eut un si large accès auprès des Allemands. Cette tournée couvrit une région moins étendue que la précédente et ne dura que huit mois ; mais l’impression produite sur le peuple fut profonde et durable. Il avait parlé environ deux cent cinquante fois en tout ; et Mme Müller avait saisi de nombreuses occasions de s’entretenir personnellement avec des âmes en quête, et de distribuer des livres et des traités aux croyants comme aux incrédules. Elle avait aussi écrit pour son mari plus de sept cents lettres — ce qui à soi seul n’était pas une mince tâche, puisque cela représente en moyenne environ trois lettres par jour. Le 30 mai 1881, ils étaient de nouveau sur le sol britannique.

La huitième longue tournée de prédication, du 23 août 1881 au 30 mai 1882, fut consacrée au continent européen, où M. Müller se sentit de nouveau conduit par le bas état de la vie religieuse en Suisse et en Allemagne.

Ce séjour fut prolongé jusqu’en Terre sainte d’une manière remarquablement providentielle. Après avoir parlé à Alexandrie, au Caire et à Port-Saïd, il se rendit à Jaffa, puis à Jérusalem, le 28 novembre. D’un pied plein de respect, il foula le sol qu’avaient jadis foulé les pieds du Fils de Dieu, visitant avec une émotion profonde Gethsémané et Golgotha, et traversant le mont des Oliviers jusqu’à Béthanie, de là jusqu’à Bethléhem, puis revenant à Jaffa, et gagnant ainsi Haïfa, le mont Carmel et Beyrouth, Smyrne, Éphèse, Constantinople, Athènes, Brindisi, Rome et Florence. De nouveau, des mois furent remplis de services de toute sorte, dont le fruit n’apparaîtra qu’au jour du Seigneur Jésus, les allocutions étant faites en anglais, en allemand et en français, ou par traduction en arabe, en arménien, en turc et en grec moderne. La visite des curiosités ne fut jamais qu’accessoire au service plus élevé du Maître. Au cours de cette huitième tournée, qui dura quelque huit mois, M. Müller parla des centaines de fois, avec tous les signes d’autrefois de la bénédiction de Dieu sur ses semailles.

La neuvième tournée, du 8 août 1882 au 1er juin 1883, fut occupée par des travaux en Allemagne, en Autriche et en Russie, y compris la Bavière, la Hongrie, la Bohême, la Saxe et la Pologne. Ce fut pour lui une joie particulière de rendre témoignage à Kroppenstadt, son lieu de naissance, après une absence d’environ soixante-quatre ans. À Saint-Pétersbourg, tandis qu’il était l’hôte de la princesse Lieven, il rencontra dans sa demeure bien des personnes de haut rang et exerça son ministère auprès d’elles ; il commença aussi à tenir des réunions dans la maison du colonel Paschkoff, qui avait souffert non seulement la persécution, mais l’exil pour l’amour du Seigneur. Un jour qu’on lisait les Écritures à Buss avec sept pauvres Russes, un agent de police dispersa sans autre forme de procès la réunion et la petite compagnie. À Lodz, en Pologne, il reçut une lettre, au nom de presque toute la population, le suppliant de prolonger son séjour ; et ainsi les signes semblaient se multiplier, à mesure qu’il avançait, qu’il était dans le chemin du devoir et que Dieu était avec lui.

Le 26 septembre 1883 commença la dixième tournée, son visage étant cette fois tourné vers l’Orient. Près de soixante ans auparavant, il avait désiré aller aux Indes orientales comme missionnaire ; à présent le Seigneur lui permettait de réaliser ce désir d’une manière nouvelle et étrange, et l’Inde fut le vingt-troisième pays visité au cours de ses tournées. Il parcourut plus de 21 000 milles et parla plus de deux cents fois, à des missionnaires et à des ouvriers chrétiens, à des résidents européens, à des Eurasiens, à des hindous, à des musulmans, à des indigènes instruits, à des garçons et des filles indigènes de l’orphelinat de Colar, etc. Ainsi, dans sa soixante-dix-neuvième année, ce serviteur de Dieu était encore abondant en travaux, et dans toute son œuvre visiblement béni de Dieu.

Après quelques mois de prédication en Angleterre, en Écosse et au pays de Galles, le 19 novembre 1885, sa femme et lui partirent pour leur quatrième séjour aux États-Unis, et leur onzième grande tournée missionnaire. Passant jusqu’au Pacifique, ils se rendirent à Sydney, en Nouvelle-Galles du Sud, et, après sept mois en Australie, firent voile vers Java, puis vers la Chine, arrivant à Hong Kong le 12 septembre ; le Japon et les détroits de Malacca furent aussi compris dans ce séjour en Orient. Le retour en Angleterre se fit par Nice ; et, après avoir parcouru près de 38 000 milles, M. et Mme Müller arrivèrent chez eux en bonne santé le 14 juin 1887, ayant été absents plus d’un an et sept mois, durant lesquels M. Müller avait prêché chaque fois et partout où l’occasion lui en était donnée.

Moins de deux mois plus tard, le 12 août 1887, il fit voile pour l’Australie-Méridionale, la Tasmanie, la Nouvelle-Zélande, Ceylan et l’Inde. Cette douzième longue tournée s’acheva en mars 1890, après avoir couvert des milliers de milles. À un moment, la chaleur intense obligea M. Müller à quitter Calcutta, et, pendant le trajet en chemin de fer vers Darjeeling, sa femme craignit qu’il ne mourût. Mais il fut miséricordieusement épargné.

Ce fut au cours de cette tournée, au mois de janvier 1890, pendant qu’il était à Jubbulpore et prêchait avec un grand secours du Seigneur, que l’on remit à M. Müller une lettre d’un missionnaire d’Agra, à qui M. Wright avait envoyé un télégramme, apprenant à son beau-père la mort de sa chère Lydia. Pendant près de trente ans, elle avait travaillé gratuitement dans les maisons d’orphelins, et il serait difficile de combler ce vide ; mais pendant quatorze ans elle avait été pour son mari une compagne presque idéale, et pendant près de cinquante-huit ans le trésor inexprimable de son père — et c’étaient là deux autres vides qui ne pourraient jamais être comblés. Mais le cœur de M. Müller, comme celui de M. Wright, fut gardé dans le repos par la ferme assurance que, si mystérieuses que soient les voies de Dieu, toutes ses dispensations appartiennent à un seul mécanisme spirituel harmonieux, dont chaque pièce est parfaite, et où toutes choses concourent au bien. (Romains 8:28.)

Ce deuil soudain amena M. Müller à mettre fin à sa tournée missionnaire en Orient et à partir pour Bristol, afin de consoler M. Wright et de le décharger d’un surcroît de travail.

Après un intervalle de deux mois, M. et Mme Müller quittèrent une fois de plus leur foyer pour d’autres grands voyages missionnaires. Ils se rendirent sur le Continent et furent absents de juillet 1890 à mai 1892. Une année entière fut passée en Allemagne et en Hollande, en Autriche et en Italie. Cette absence comprit en réalité deux tournées, sans intervalle entre elles, et clôtura la série des grands voyages qui s’étendit sur dix-sept années.

Cet homme — de sa soixante-dixième à sa quatre-vingt-septième année —, à l’âge où la plupart des hommes se retirent de toute activité, avait voyagé dans quarante-deux pays et parcouru plus de deux cent mille milles, distance équivalant à près de huit fois le tour du globe ! Il estimait qu’au cours de ces dix-sept années il s’était adressé à plus de trois millions de personnes ; et, d’après tout ce que l’on peut recueillir des relations de ces tournées, nous estimons qu’il dut parler, hors de Bristol, entre cinq mille et six mille fois. Quelle sorte d’enseignement et de témoignage remplit ces tournées, ceux qui ont connu le prédicateur et le docteur n’ont pas besoin qu’on le leur dise. Pendant son séjour à Berlin, en 1891, il fit une allocution qui peut servir d’exemple des vérités vitales qu’il avait coutume de presser sur l’attention de ses condisciples. En voici un bref résumé :

Il insista d’abord sur ce que les croyants ne devraient jamais, même au milieu des plus grandes difficultés, se décourager, et il appuya sa position sur de solides raisons tirées de l’Écriture. Puis il leur montra que l’affaire principale de chaque jour est avant tout de chercher à être véritablement en repos et heureux en Dieu. Ensuite, il fit voir comment, d’après la parole de Dieu, tous les croyants sauvés peuvent connaître leur véritable position en Christ, et comment, dans des circonstances particulièrement embarrassantes, ils pourraient discerner la volonté de Dieu. Il exhorta ensuite les disciples à chercher avec une ardeur intense à connaître Dieu lui-même tel qu’il est révélé dans les saintes Écritures, et à prendre et à garder avec soin de pieuses habitudes d’étude méthodique de la Bible et de prière, de vie sainte et de libéralité consacrée. Il enseigna que Dieu seul est la part de l’âme qui la satisfait pleinement, et que nous devons être résolus à le posséder et à jouir de lui comme tel. Il termina en mettant en relief, comme le but unique, exclusif, absorbant de chaque jour, celui de glorifier Dieu par un entier abandon à sa volonté et à son service.

Dans toutes ces tournées missionnaires, encore, la fidélité de Dieu se vit de façon éclatante dans l’abondante satisfaction de chaque besoin. Les traversées en vapeur et les longs voyages en chemin de fer ; les séjours à l’hôtel, ordinairement préférés à l’hospitalité privée, qui gênait sérieusement les habitudes de dévotion personnelle, le travail public et le repos nécessaire — de telles dépenses exigeaient de lourds débours ; le nouveau genre de vie, désormais adopté pour l’amour du Seigneur, coûtait au moins trois fois autant que l’ancien ménage frugal ; et pourtant, en réponse à la prière et sans aucun appel au secours humain, le Seigneur fournit tout ce qui était nécessaire.

Accoutumé à guetter, pas à pas, de ces signes d’approbation divine qui l’enhardissaient à aller de l’avant, M. Müller rapporte comment, lorsqu’on lui envoya cent livres pour ses besoins personnels, il y reconnut un gage anticipé de son grand Pourvoyeur, « par lequel, écrit-il, Dieu voulait dire à mon propre cœur : “Je suis content de ton œuvre et de ton service en parcourant ces longues tournées missionnaires. J’en payerai les dépenses, et je te donne ici un échantillon de ce que je suis encore disposé à faire pour toi.” »

M. Müller rapporte spécialement deux autres faits en rapport avec ces tournées : d’abord, la manière dont Dieu, dans sa grâce, guida et garda l’œuvre de Bristol, en sorte qu’elle ne souffrit en rien de son absence ; et ensuite, le fait que ces voyages n’eurent aucun lien avec une collecte d’argent pour l’œuvre, ni même avec l’information du public à son sujet. Il ne fut fait aucune mention de l’Institution de Bristol, sauf sur demande pressante, et pas même toujours alors ; et jamais on ne fit de collecte pour elle. Des assertions trouvèrent place dans la presse, selon lesquelles de grosses sommes auraient été recueillies en Amérique ; mais leur fausseté est suffisamment démontrée par le fait que, lors de sa première tournée en Amérique, par exemple, le total de tous ces dons fut inférieur à soixante livres, soit pas plus des deux tiers de la dépense d’une seule journée aux maisons d’orphelins.

Ces tournées missionnaires ne furent pas toujours approuvées, même par les amis et les conseillers de M. Müller. En 1882, alors qu’on traversait de grandes difficultés et de grandes épreuves, surtout quant aux fonds, plus d’une personne vivement intéressée à l’Institution d’Ashley Down aurait voulu que le serviteur de Dieu mît fin à ses longues absences, car il lui semblait qu’elles étaient la cause principale de la diminution des fonds. Il était toujours ouvert aux conseils, mais il se réservait toujours une décision indépendante ; et, après avoir bien pesé la question, voici quelques-unes des raisons qui l’amenèrent à penser que l’œuvre de Dieu à Bristol n’exigeait pas sa présence personnelle :

1. Il avait observé, année après année, que, sous la direction pieuse et efficace de M. Wright et de son nombreux personnel d’aides, chaque branche de l’Institution pour la connaissance des Écritures s’était trouvée aussi saine et aussi féconde pendant ces absences que lorsque M. Müller était à Bristol.

2. L’approbation du Seigneur sur cette œuvre de témoignage plus étendu avait été, quant à la manière, décisive, et, quant à la mesure, abondante : ainsi dans l’ample provision des fonds pour ces tournées, dans les larges portes d’accès ouvertes, et dans le fruit abondant déjà manifeste en bénédiction pour des milliers d’âmes.

3. La forte impression faite sur son esprit que c’était là l’œuvre qui devait occuper « le soir de sa vie » allait s’approfondissant, et elle était confirmée par tant de signes de la direction de Dieu qu’il ne pouvait douter d’être conduit à la fois par la providence et par l’Esprit de Dieu.

4. Même absent, il n’était jamais sans communication avec les aides restés à Bristol. Généralement, il recevait au moins chaque semaine des nouvelles de M. Wright, et toutes les affaires qui requéraient son conseil lui étaient ainsi soumises par lettre ; la prière à Dieu était aussi efficace loin de Bristol que sur place ; et ses retours périodiques dans cette ville, pour quelques semaines ou quelques mois entre ces tournées, le maintenaient en contact étroit avec chaque département de l’œuvre.

5. La considération suprême, cependant, était celle-ci : supposer nécessaire que M. Müller fût lui-même présent pour que des ressources suffisantes soient fournies, c’était contredire directement les principes mêmes sur lesquels, et pour le maintien desquels, toute l’œuvre avait été commencée. La vraie confiance en Dieu est au-dessus des circonstances et des apparences. Et cela avait été démontré ; car, pendant la troisième année après le commencement de ces tournées, les recettes des divers départements de l’Institution pour la connaissance des Écritures furent plus élevées qu’elles ne l’avaient jamais été au cours des quarante-quatre années précédentes de son existence ; et c’est pourquoi, malgré les affectueux conseils de quelques donateurs et amis qui l’engageaient à rester chez lui, M. Müller s’en tint à son dessein et à ses principes, en partie pour démontrer que la présence d’aucun homme n’est indispensable à l’œuvre du Seigneur. « J’honorerai celui qui m’honore. » (1 Samuel 2:30.) Il considérait comme le plus grand honneur de sa vie de rendre à Dieu ce témoignage si étendu, et Dieu, en retour, honora son serviteur en lui faisant rendre ce témoignage.

Ce fut au cours de la première et de la deuxième de ces tournées américaines que l’auteur eut le privilège d’entrer en contact personnel avec M. Müller. Tandis que j’étais à San Francisco, en 1878, il devait parler le dimanche après-midi 12 mai à Oakland, de l’autre côté de la baie ; mais des objections de conscience contre les voyages inutiles le jour du Seigneur me firent volontairement perdre ce qui semblait alors l’unique occasion de voir et d’entendre un homme dont je suivais la carrière depuis plus de vingt ans, car il devait partir pour l’Est quelques jours avant moi et serait vraisemblablement toujours un peu en avance sur moi. Mais en arrivant à Ogden, où l’embranchement venant de Salt Lake City rejoint la grande ligne, M. et Mme Müller montèrent dans mon train, et nous voyageâmes ensemble jusqu’à Chicago. Je me présentai à lui, j’eus chaque jour avec lui des entretiens sur les choses divines, et, pendant mon séjour à Chicago, j’eus de nombreuses occasions de l’y entendre parler.

Les fruits de ce contact étroit et fréquent furent singulièrement bénis pour moi, et, à mon invitation, il vint à Detroit, dans le Michigan, lors de sa tournée suivante, et parla dans l’église presbytérienne de Fort Street, dont j’étais le pasteur, les dimanches 18 et 25 janvier 1880, ainsi que le lundi et le vendredi soir dans l’intervalle.

Outre ces occasions nombreuses et favorables, ainsi providentiellement offertes, d’entendre M. Müller et de m’entretenir avec lui, il eut la bonté de me recevoir pendant plusieurs jours dans mon cabinet de travail, une heure chaque fois, pour conférer sur les vérités plus profondes de la parole de Dieu et les expériences plus profondes de la vie chrétienne, sur lesquelles je désirais alors vivement plus de lumière. Par exemple, je désirais comprendre plus clairement l’enseignement de la Bible sur la venue du Seigneur. Je m’étais opposé avec beaucoup d’obstination à ce qu’on appelle la vue prémillénariste, et je lui exposai mes objections ; à toutes, il fit une seule réponse : « Mon frère bien-aimé, j’ai entendu tous vos arguments et toutes vos objections contre cette vue, mais ils ont un défaut fatal : pas un seul d’entre eux n’est fondé sur la parole de Dieu. Vous ne parviendrez jamais à la vérité sur aucune question de la révélation divine, à moins de mettre de côté vos préjugés et de demander simplement, comme un petit enfant, quel est le témoignage de l’Écriture. »

Avec patience et sagesse, il démêla l’écheveau embrouillé de ma perplexité et de mes difficultés, et m’aida à régler sur des principes bibliques toutes les questions dites d’opportunité. Au moment où il me quitta pour visiter d’autres villes, ses paroles se gravèrent dans ma mémoire. Je lui avais exprimé ma conviction croissante que le culte dans les églises avait perdu sa simplicité primitive ; que le système de la location des bancs était pernicieux ; que les traitements fixes pour les ministres de l’Évangile étaient non scripturaires ; que l’Église de Dieu ne devait être administrée que par des hommes remplis du Saint-Esprit, et que le devoir des chrétiens envers les masses qui ne fréquentent pas les églises était grossièrement négligé, etc. Il me dit solennellement : « Mon frère bien-aimé, le Seigneur vous a donné beaucoup de lumière sur ces questions, et il vous tiendra responsable en proportion de l’usage que vous en ferez. Si vous lui obéissez et marchez dans la lumière, vous en aurez davantage ; sinon, la lumière vous sera retirée. »

C’est une leçon singulière sur l’importance d’une langue ointe, que ces quarante mots tout simples, prononcés il y a plus de vingt ans, aient exercé une influence quotidienne sur la vie de celui à qui ils furent adressés. Au milieu des tentations subtiles de transiger avec les exigences du devoir et de faire taire la voix de la conscience, ou celle de l’Esprit de Dieu, et de suivre les traditions des hommes plutôt que la parole de Dieu, ces paroles de ce vénéré serviteur de Dieu me sont revenues à l’esprit avec une force toujours nouvelle. Nous risquons de perdre les privilèges qui ne sont pas employés pour Dieu, et d’obscurcir les convictions qui ne sont pas traduites en actes. La parole de Dieu pour nous est : « user ou perdre ». « On donnera à celui qui a, mais à celui qui n’a pas on ôtera même ce qu’il croit avoir. » L’espérance et la prière de celui qui écrit ces mémoires sont que la lecture de ces pages soit comme un entretien avec l’homme dont elles sont le mémorial, et que le témoignage rendu par George Müller devienne pour beaucoup de lecteurs une source de bénédictions indicibles pour toute leur vie.

Il n’est pas besoin de dire que traduire sa conviction en actes est un sacrifice coûteux. Cela peut rendre nécessaires des renoncements et des séparations qui laissent éprouver un étrange sentiment de privation et de solitude. Mais celui qui veut s’élever comme l’aigle jusqu’aux hautes régions où demeure un jour sans nuages, et vivre dans le soleil de Dieu, doit consentir à vivre une vie relativement solitaire. Aucun oiseau n’est aussi solitaire que l’aigle. Les aigles ne volent jamais en bandes : on n’en voit jamais qu’un, ou tout au plus deux à la fois, et ces deux-là sont un couple. Mais la vie vécue pour Dieu, si elle perd la compagnie des hommes, connaît la communion divine, et l’enfant de Dieu qui, comme son Maître, entreprend de faire « toujours ce qui lui est agréable » peut dire, comme son Maître : « Le Père ne m’a pas laissé seul. » « Je suis seul ; et pourtant je ne suis pas seul, car le Père est avec moi. » Quiconque suivra promptement toute lumière que Dieu lui donne, sans égard à l’opinion, à la coutume, à la tradition ou à l’approbation des hommes, apprendra le sens profond de ces paroles : « Connaissons, cherchons à connaître l’Éternel. »

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