Fidèle dans les petites choses
Un don joyeux, régulier et discret

Chapitre 15 · 7 min de lecture · 9 min d’écoute

Un don joyeux, régulier et discret

L’apôtre Paul a donné un jour sur le don un enseignement qui a marqué l’Église depuis. Il se trouve dans une lettre adressée à une Église qui ne donnait pas bien.

Au début, les Corinthiens s’étaient enthousiasmés pour la collecte en faveur de Jérusalem, mais leur enthousiasme s’était éteint. Paul ne les a pas grondés. Il leur a enseigné trois choses sur la manière de donner : généreusement, joyeusement et volontairement.

« Retenez ceci : qui sème chichement moissonnera chichement ; qui sème généreusement moissonnera généreusement. Que chacun de vous donne le montant qu’il a fixé dans son cœur, non à regret ni par obligation. Dieu aime qui donne de bon cœur. Dieu a le pouvoir de faire abonder pour vous toute grâce, pour qu’en toutes choses et en tout temps vous ayez tout ce qu’il vous faut, et qu’il vous en reste en abondance pour toute œuvre bonne. » (2 Corinthiens 9:6-8)

Généreusement

Paul commence par une image tirée des champs. Le cultivateur qui sème seulement quelques graines aura une petite récolte. Celui qui sème généreusement en aura une grande. Donner, c’est comme semer. Ce n’est pas jeter son argent par les fenêtres. C’est le planter.

Le livre des Proverbes dit la même chose, d’une manière qui semble à l’envers :

« L’un donne largement et s’enrichit encore ; l’autre garde ce qu’il devrait donner et finit dans le besoin. La personne généreuse prospérera, et celui qui désaltère les autres sera lui-même désaltéré. » (Proverbes 11:24-25)

Le monde dit qu’on devient riche en gardant. Dieu dit qu’on devient vraiment riche en donnant. Encore une fois, ce n’est pas une formule pour gagner de l’argent. Mais c’est un principe que Dieu a inscrit dans Son monde : les gens généreux sont désaltérés, et les avares se dessèchent.

Joyeusement

« Dieu aime qui donne de bon cœur. » Les traductions plus anciennes disent « celui qui donne avec joie ». Dieu ne veut pas de notre argent s’il vient avec une mine renfrognée. Il ne manque pas de moyens. Ce qu’Il veut, c’est notre cœur, et la joie est le signe que le cœur y est.

Cela ne veut pas dire que vous devez vous sentir heureux chaque fois que vous donnez. Parfois, donner est un acte d’obéissance qui coûte, et la joie vient plus tard. Mais cela veut dire que le don ne doit jamais nous être arraché par la culpabilité, la pression ou la manipulation. « Non à regret ni par obligation », dit Paul.

Comment devenir quelqu’un qui donne de bon cœur ? Souvenez-vous du chapitre 4 : « Vous connaissez la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ. » Le don joyeux jaillit d’un cœur qui sait combien il a reçu. Paul termine ce passage par ces mots : « Grâce soit rendue à Dieu pour Son don, qu’aucune parole ne peut décrire ! » (2 Corinthiens 9:15). La gratitude est le sol où pousse le don joyeux.

Jésus Lui-même a dit : « Donner rend plus heureux que recevoir » (Actes 20:35). Paul cite cette parole, qui n’est pas rapportée dans les Évangiles, devant les anciens d’Éphèse. Donner n’est pas une perte. C’est une bénédiction, souvent plus grande que celle de recevoir.

Volontairement et délibérément

« Que chacun de vous donne le montant qu’il a fixé dans son cœur ». Le don devrait être décidé à l’avance, avec réflexion et dans la prière. Il ne devrait pas être une impulsion provoquée par un appel aux émotions, ni une chose faite après coup. Paul leur avait demandé de mettre de l’argent de côté chaque semaine (1 Corinthiens 16:2), afin qu’à son arrivée il n’y ait pas besoin d’une collecte de dernière minute.

C’est l’une des choses les plus pratiques que vous puissiez faire. Décidez ce que vous donnerez, régulièrement, et donnez-le régulièrement. Vous serez alors libre de répondre aussi à des besoins particuliers, avec ce que vous aurez prévu de garder en réserve. George Müller avertissait que donner seulement par impulsion est une perte :

« Si vous négligez de donner par habitude, de donner régulièrement, de donner par principe et sur une base scripturaire, et que vous vous en remettiez seulement au sentiment et à l’impulsion, ou à des circonstances particulièrement émouvantes, vous y perdrez assurément. »

Discrètement

Jésus a ajouté une qualité de plus : le secret.

« Prenez garde de ne pas faire étalage de votre justice pour que les autres la voient. Sinon, votre Père qui est dans les cieux n’aura pas de récompense pour vous. Quand donc tu donnes aux pauvres, ne le fais pas annoncer à son de trompe, comme le font les hypocrites dans les synagogues et dans les rues pour recevoir les éloges des autres. En vérité, je vous le dis, ils ont déjà été entièrement payés. Mais toi, quand tu donnes, fais-le si discrètement que ta main gauche ne sache pas ce que fait ta main droite. Ainsi ton don restera caché, et ton Père, qui voit ce qui est caché, te le rendra. » (Matthieu 6:1-4)

Remarquez ce que Jésus dit de ceux qui donnent pour se faire voir : « ils ont déjà été entièrement payés ». Si vous donnez pour être vu, vous obtiendrez exactement ce que vous vouliez : être vu. C’est tout ce que vous obtiendrez. Mais si vous donnez discrètement, votre Père le voit, et Il vous récompensera.

Cela ne veut pas dire que tout don doit être anonyme. L’Église primitive savait que Barnabas avait vendu un champ et en avait donné l’argent. Parfois, le don est public, et un exemple peut en inspirer d’autres. La question est celle du motif. Est-ce que je donne pour être vu des hommes, ou de Dieu ?

George Müller s’était fait une règle de ne pas publier le nom de ceux qui donnaient pour les orphelinats. Ses rapports annuels indiquaient la somme et la date de chaque don, mais pas le donateur. Il voulait que la gloire revienne à Dieu seul.

Dieu pourvoit aux besoins de celui qui donne

Ne manquez pas la fin de l’enseignement de Paul : « Dieu a le pouvoir de faire abonder pour vous toute grâce, pour qu’en toutes choses et en tout temps vous ayez tout ce qu’il vous faut, et qu’il vous en reste en abondance pour toute œuvre bonne » (2 Corinthiens 9:8). Et quelques versets plus loin : « Vous serez enrichis de toutes les manières pour pouvoir être généreux de toutes les manières » (2 Corinthiens 9:11).

Voici le but de ce que Dieu nous accorde. Il nous donne pour que nous puissions donner aux autres. Nous ne sommes pas des réservoirs où la bénédiction s’accumule. Nous sommes des canaux par lesquels elle s’écoule.

Une voix du passé

Charles Spurgeon, réfléchissant à la manière dont Dieu traite les gens généreux, a écrit :

« Les hommes confient des sommes de plus en plus grandes aux bons intendants, et il en est souvent ainsi avec le Seigneur : Il donne par charretées à ceux qui donnent par boisseaux. »

Il a ajouté une parole d’équilibre : « Là où la richesse n’est pas accordée, le Seigneur fait du peu beaucoup par le contentement qu’éprouve le cœur sanctifié dans une part dont la dîme a été consacrée au Seigneur. »

Et A. B. Simpson a vu la raison la plus profonde de toutes :

« Voilà pourquoi le Maître nous enseigne à donner: car donner, c’est aimer, et l’amour n’est qu’un autre nom de la vie. »

A. B. Simpson, Des jours du ciel sur la terre

À pratiquer cette semaine

Faites cette semaine un don en secret. Donnez quelque chose, de l’argent, un repas, une carte-cadeau, un sac de courses, à quelqu’un dans le besoin, et ne le dites à personne. N’en parlez pas à vos amis, ne publiez rien à ce sujet. Que cela reste seulement entre vous et votre Père.

Pour les groupes

  • Quelle est la différence entre donner de bon cœur et donner sous la pression ? Comment les Églises peuvent-elles éviter de manipuler les gens pour qu’ils donnent ?
  • Lisez Proverbes 11:24-25. Comment avez-vous vu ce principe à l’œuvre ?
  • Pourquoi pensez-vous que Jésus a tant insisté sur le fait de donner en secret ?
  • Que signifie le fait que Dieu nous donne pour que nous puissions donner aux autres ?

Chapitre 15 terminé

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