Une foi toujours grandissante
La justice

Chapitre 8 · 14 min de lecture · 18 min d’écoute

La justice

Il est écrit de notre Seigneur béni : « Tu as aimé la justice, et tu as haï l’iniquité; c’est pourquoi, ô Dieu, ton Dieu t’a oint d’une huile de joie au-dessus de tes égaux. » Le dessein de Dieu, c’est que nous aussi, habités par l’Esprit de son Fils, nous aimions la justice et haïssions l’iniquité. Je vois qu’il y a pour nous en Jésus-Christ une place où nous ne sommes plus sous la condamnation, mais où les cieux nous sont toujours ouverts. Je vois que Dieu ouvre devant nous un domaine de vie divine où les possibilités sont sans bornes, où la puissance est illimitée, où les ressources sont incalculables, où nous avons la victoire sur toute la puissance du diable. Je crois que, lorsque nous sommes remplis du désir d’avancer dans cette vie de vraie sainteté, ne désirant que la gloire de Dieu, rien ne peut entraver notre véritable progrès.

Pierre commence sa deuxième épître par ces mots : « Simon Pierre, serviteur et apôtre de Jésus-Christ, à ceux qui ont reçu en partage une foi du même prix que la nôtre, par la justice de notre Dieu et du Sauveur Jésus-Christ. » C’est par la foi que nous comprenons que nous avons une union bénie et glorieuse avec notre Seigneur ressuscité. Quand il était sur la terre, Jésus nous a dit : « Je suis dans le Père, et le Père est en moi. » « Le Père qui demeure en moi, c’est lui qui fait les œuvres. » Et il a prié son Père, non seulement pour ses disciples, mais pour ceux qui croiraient en lui par leur parole : « Afin que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et comme je suis en toi, afin qu’eux aussi soient un en nous, pour que le monde croie que tu m’as envoyé. » Oh ! quel héritage est le nôtre quand la nature même, la justice même, la puissance même du Père et du Fils deviennent une réalité en nous ! Tel est le dessein de Dieu, et si, par la foi, nous saisissons ce dessein, nous aurons toujours conscience que celui qui est en nous est plus grand que celui qui est dans le monde. Toute l’Écriture a pour but de nous faire avancer jusqu’à ces hauteurs merveilleuses et bénies de la foi, où notre expérience constante est la manifestation de la vie et de la puissance de Dieu à travers nous.

Pierre poursuit, écrivant à ceux qui ont reçu en partage une foi du même prix : « Que la grâce et la paix vous soient multipliées par la connaissance de Dieu et de Jésus notre Seigneur! » Nous ne pouvons avoir cette grâce et cette paix multipliées qu’en vivant dans le domaine de la foi. Abraham est parvenu à devenir l’ami de Dieu sur aucune autre base que celle-ci : il a cru Dieu. Il a cru Dieu, et Dieu le lui a imputé à justice. La justice lui a été imputée pour aucune autre raison que celle-ci : il a cru Dieu. Cela peut-il être vrai de quelqu’un d’autre ? Oui, toute personne au monde qui est sauvée par la foi est bénie avec Abraham le croyant. La promesse qu’il a reçue parce qu’il a cru Dieu, c’est qu’en lui toutes les familles de la terre seraient bénies. Quand nous croyons Dieu, on ne peut savoir où s’arrêtera la bénédiction de notre foi.

Certains sont paralysés parce que, lorsqu’on prie pour eux, ce qu’ils attendent n’arrive pas le soir même. Ils disent qu’ils croient, mais on voit bien qu’ils sont en réalité dans le tumulte de l’incrédulité. Abraham a cru Dieu. On l’entend dire à Sara : « Sara, il n’y a pas de vie en toi et il n’y a rien en moi, mais Dieu nous a promis un fils et je crois Dieu. » Et cette foi-là fait la joie de notre Père qui est dans les cieux.

Un jour, je tenais une réunion à Bury, dans le Lancashire, en Angleterre. Il y avait là une jeune femme venue d’un endroit appelé Ramsbottom pour être guérie d’un goitre. Avant de partir, elle avait dit : « Maman, je vais être guérie de ce goitre. » À la fin d’une réunion, elle s’avança et l’on pria pour elle. À la réunion suivante, elle se leva et témoigna qu’elle avait été merveilleusement guérie, et elle dit : « Je serai si heureuse d’aller dire à maman que j’ai été merveilleusement guérie. » Elle rentra chez elle et témoigna de sa merveilleuse guérison, et l’année suivante, lors de la convention, elle revint. À vue humaine, le goitre semblait tout aussi gros qu’avant ; mais cette jeune femme croyait Dieu, et elle fut bientôt debout pour rendre son témoignage, disant : « J’étais ici l’an dernier et le Seigneur m’a merveilleusement guérie. Je veux vous dire que cette année a été la plus belle de ma vie. » Elle sembla grandement bénie dans cette réunion, et elle rentra chez elle pour témoigner plus fort que jamais que le Seigneur l’avait guérie. Elle croyait Dieu. La troisième année, elle était de nouveau à la réunion, et certains, en la regardant, dirent : « Comme ce goitre a grossi ! » Mais quand vint le moment des témoignages, elle se leva et témoigna : « Il y a deux ans, le Seigneur m’a glorieusement guérie d’un goitre. Oh ! j’ai eu une guérison des plus merveilleuses. C’est magnifique d’être guérie par la puissance de Dieu. » Ce jour-là, quelqu’un lui fit des reproches et lui dit : « Les gens vont croire que tu as quelque chose qui ne va pas. Pourquoi ne te regardes-tu pas dans la glace ? Tu verras que ton goitre est plus gros que jamais. » Cette brave femme alla trouver le Seigneur à ce sujet et lui dit : « Seigneur, tu m’as si merveilleusement guérie il y a deux ans. Ne veux-tu pas montrer à tout le monde que tu m’as guérie ? » Elle s’endormit paisiblement ce soir-là, croyant toujours Dieu, et quand elle descendit le lendemain, il n’y avait plus ni trace ni marque de ce goitre.

La parole de Dieu est d’éternité en éternité. Sa parole ne peut faillir. La parole de Dieu est vraie, et quand nous nous reposons sur sa vérité, quels puissants résultats nous pouvons obtenir ! La foi ne se regarde jamais dans la glace. La foi a un miroir où elle peut regarder : c’est le miroir de la loi parfaite, la loi de la liberté. « Mais celui qui aura plongé les regards dans la loi parfaite, la loi de la liberté, et qui aura persévéré, n’étant pas un auditeur oublieux, mais se mettant à l’œuvre, celui-là sera heureux dans son activité. » Pour l’homme qui plonge ses regards dans cette loi parfaite de Dieu, toutes les ténèbres sont dissipées, et il voit qu’il a tout pleinement en Christ. Il n’y a pas de ténèbres dans la foi. Il n’y a de ténèbres que dans la nature. Les ténèbres n’existent que lorsque le naturel est mis à la place du divin.

Ce n’est pas seulement la grâce qui nous est multipliée par la connaissance de Dieu et de Jésus-Christ, mais aussi la paix. Si nous connaissons vraiment notre Dieu, et Jésus-Christ qu’il a envoyé, la paix nous sera multipliée même au milieu des fournaises multipliées de dix mille Nebucadnetsar. Elle nous sera multipliée même si l’on nous jette dans la fosse aux lions, et nous vivrons dans la joie au milieu de tout cela. Quelle était la différence entre Daniel et le roi, cette nuit où Daniel fut jeté dans la fosse aux lions ? Daniel savait, mais le roi tâtonnait. Le roi revint le lendemain matin et s’écria : « Daniel, serviteur du Dieu vivant, ton Dieu, que tu sers avec persévérance, a-t-il pu te délivrer des lions? » Daniel répondit : « Mon Dieu a envoyé son ange et fermé la gueule des lions. » La chose était faite. Elle avait été faite quand Daniel avait prié, ses fenêtres ouvertes vers le ciel. Toutes nos victoires sont remportées avant que nous allions au combat. La prière nous relie à notre Dieu merveilleux, notre Dieu qui surabonde, notre Dieu qui multiplie. Oh ! je l’aime ! Il est si merveilleux !

Vous remarquerez, en lisant ces deux premiers versets du premier chapitre de la deuxième épître de Pierre, que cette grâce et cette paix sont multipliées par la connaissance de Dieu, mais que d’abord notre foi vient par la justice de Dieu. Remarquez que la justice vient en premier, et la connaissance ensuite. Il ne peut en être autrement. Si vous attendez une révélation de Dieu en dehors de la sainteté, vous n’aurez qu’un mélange. La sainteté ouvre la porte à tous les trésors de Dieu. Il doit d’abord nous amener au point où, comme notre Seigneur, nous aimons la justice et haïssons l’iniquité, avant de nous ouvrir ces bons trésors. Si nous avons conçu l’iniquité dans notre cœur, le Seigneur ne nous exaucera pas, et c’est seulement lorsque nous sommes rendus justes, purs et saints par le précieux sang du Fils de Dieu que nous pouvons entrer dans cette vie de sainteté et de justice dans le Fils. C’est la justice de notre Seigneur lui-même rendue réelle en nous, tandis que notre foi s’appuie sur lui.

Après que j’eus été baptisé du Saint-Esprit, le Seigneur me donna une révélation bénie. Je vis Adam et Ève chassés du jardin à cause de leur désobéissance, incapables de manger de l’arbre de vie, car les chérubins à l’épée flamboyante les tenaient éloignés de cet arbre. Quand je fus baptisé, je vis que j’avais commencé à manger de cet arbre de vie, et je vis que l’épée flamboyante était tout autour. Elle était là pour tenir le diable à distance. Oh ! quels privilèges sont les nôtres quand nous sommes nés de Dieu ! Avec quelle merveille il nous garde, de sorte que le malin ne nous touche pas ! Je vois en Dieu une place où Satan n’ose pas venir. Cachés en Dieu. Et il nous invite tous à venir partager ce merveilleux lieu caché où notre vie est cachée avec Christ en Dieu, où nous demeurons sous l’abri du Très-Haut et reposons à l’ombre du Tout-Puissant. Dieu a cette place pour vous dans ce domaine béni de la grâce.

Pierre poursuit : « Comme sa divine puissance nous a donné tout ce qui contribue à la vie et à la piété, au moyen de la connaissance de celui qui nous a appelés par sa propre gloire et par sa vertu. » Dieu nous appelle à ce domaine de gloire et de vertu où, en nous nourrissant de ses grandes et précieuses promesses, nous devenons participants de la nature divine. La foi est la ferme assurance des choses qu’on espère, ici même, dans cette vie. C’est ici même que Dieu veut que nous participions à sa nature divine. Ce n’est rien de moins que la vie du Seigneur lui-même, communiquée et coulant dans tout notre être, de sorte que notre corps même est vivifié, que chaque tissu, chaque goutte de sang, nos os, nos jointures et nos moelles reçoivent cette vie divine. Je crois que le Seigneur veut que cette vie divine coule jusque dans notre corps naturel, cette loi de l’esprit de vie en Jésus-Christ qui nous affranchit de la loi du péché et de la mort. Dieu veut affermir notre foi pour que nous saisissions cette vie divine, cette nature divine du Fils de Dieu, afin que notre esprit, notre âme et notre corps soient sanctifiés tout entiers et conservés jusqu’à l’avènement du Seigneur Jésus-Christ.

Quand cette femme fut guérie de sa perte de sang, Jésus sentit qu’une force était sortie de lui. La foi de la femme avait saisi, et cette puissance lui fut communiquée ; aussitôt, tout l’être de la femme fut rempli de vie à déborder, et sa faiblesse disparut. La communication de cette puissance produit tout ce dont vous avez besoin ; mais elle ne vient que lorsque notre foi s’avance pour la recevoir. La foi, c’est la victoire. Si tu peux croire, cela est à toi.

J’ai souffert pendant de nombreuses années d’hémorroïdes, au point que tout mon corps était complètement affaibli ; le sang jaillissait de moi. Un jour, poussé à bout, je pris une fiole d’huile et je m’oignis moi-même. Je dis au Seigneur : « Fais ce que tu veux, et vite. » Je fus guéri à l’instant même. Dieu veut que nous ayons une foi agissante, qui ose croire Dieu. Il existe quelque chose qui ressemble à la foi, une apparence de foi, mais la vraie foi croit Dieu jusqu’au bout.

Quelle était la différence entre Zacharie et Marie ? L’ange vint à Zacharie et lui dit : « Ta femme Élisabeth t’enfantera un fils. » Zacharie se trouvait là, dans le lieu saint, mais il se mit à mettre ce message en doute, disant : « Je suis vieux, et ma femme est avancée en âge. » Gabriel le reprit pour son incrédulité et lui dit : « Tu seras muet, et tu ne pourras parler jusqu’au jour où ces choses arriveront, parce que tu n’as pas cru à mes paroles. » Mais remarquez le contraste quand l’ange vint à Marie. Elle dit : « Marie dit: Je suis la servante du Seigneur; qu’il me soit fait selon ta parole! » Et Élisabeth salua Marie par ces mots : « Heureuse celle qui a cru, parce que les choses qui lui ont été dites de la part du Seigneur auront leur accomplissement. » Dieu voudrait que nous saisissions sa parole de la même manière. Il voudrait que nous venions avec l’audace de la foi, déclarant : « Tu l’as promis, Seigneur. Maintenant, fais-le. » Dieu se réjouit quand nous manifestons une foi qui le tient à sa parole. Pouvons-nous en arriver là ?

Le Seigneur nous a appelés à cette gloire et à cette vertu ; et, à mesure que notre foi le saisit, nous verrons cela se manifester. Je me souviens d’un jour où je tenais une réunion en plein air. Mon oncle vint à cette réunion et me dit : « Tante Marie aimerait voir Smith avant de mourir. » J’allai la voir, et elle était bel et bien mourante. Je dis : « Seigneur, ne peux-tu pas faire quelque chose ? » Tout ce que je fis, ce fut d’étendre les mains et de les poser sur elle. Il sembla qu’il y eut une communication immédiate de la gloire et de la vertu du Seigneur. Tante Marie s’écria : « Ça se répand dans tout mon corps ! » Et ce jour-là, elle fut parfaitement guérie.

Un jour que je prêchais, un homme amena un garçon tout enveloppé de bandages. Le garçon portait des appareils de fer, il lui était impossible de marcher, et on eut de la peine à l’amener jusqu’à l’estrade. On le fit passer par-dessus environ six rangées de sièges. La puissance du Seigneur était là pour guérir, et elle pénétra l’enfant au moment où je posai les mains sur lui. L’enfant s’écria : « Papa, ça se répand dans tout mon corps ! » On déshabilla le garçon, et on ne trouva plus rien d’imparfait en lui.

Le Seigneur voudrait que nous soyons des épîtres vivantes de sa Parole. Jésus est la Parole, il est la puissance en nous, et son désir est d’accomplir en nous et par nous son bon plaisir. Nous devons croire qu’il est en nous. Des possibilités sans bornes s’ouvrent à nous si nous osons agir en Dieu et osons croire que la merveilleuse vertu de notre Christ vivant se manifestera à travers nous quand nous imposerons les mains aux malades en son nom.

Les grandes et précieuses promesses de la Parole nous sont données afin que nous devenions participants de la nature divine. Je sens que le Saint-Esprit est attristé à notre sujet parce que, connaissant ces choses, nous n’accomplissons pas de plus grands exploits pour Dieu. Le Saint-Esprit ne nous montre-t-il pas des portes grandes ouvertes ? Ne laisserons-nous pas Dieu nous conduire vers de plus grandes choses ? Ne croirons-nous pas que Dieu nous conduira vers de plus grandes manifestations de sa puissance ? Son appel pour nous, c’est d’oublier ce qui est en arrière, de nous porter vers ce qui est en avant et de courir vers le but, pour remporter le prix de la vocation céleste de Dieu en Jésus-Christ.

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