Chapitre 39 · 5 min de lecture · 7 min d’écoute
Le témoignage de Mary R. Denman
La première fois que je vis cette sœur, Mme Amanda Smith, ce fut en 1870, à une époque où, ayant l’âme affamée, j’avais appris qu’un groupe de gens, appelés « chrétiens de la vie supérieure », tenaient des réunions dans les salles de l’U. C. J. G. de notre ville.
J’allai vers eux pour savoir s’ils avaient quelque chose qui convînt à mon cas. À la première réunion, j’entendis un frère raconter son expérience du repos de la foi que Dieu lui avait donné. Aussitôt je pensai que c’était justement ce qu’il me fallait. Je les suivis donc à l’une de leurs réunions du soir, qui se tenait dans l’église méthodiste de Franklin Street.
Dès le début de la réunion, une femme de couleur se leva et se mit à parler et à chanter. J’en fus outrée : qu’on permît à une femme de parler, et à une femme de couleur par-dessus le marché ! Il me semblait qu’on aurait dû la prier de s’asseoir. Mais bientôt je m’intéressai à ce qu’elle disait, je goûtai ses doux cantiques, et aussitôt je sentis que je voulais avoir la même foi que cette femme.
Dès lors je recherchai quelque chose du même genre, et je trouvai la réunion du docteur Palmer, Fifteenth Street, à New York. Là, j’entendis d’autres hommes et d’autres femmes raconter leur expérience, ce qui m’apprit beaucoup.
Enfin une femme de couleur, assise deux bancs plus loin que moi, vêtue d’une simple robe de Quakeresse, se leva (après qu’un homme venu de l’Ohio eut
pris la parole et remercié Dieu de la lumière qui était entrée dans son âme pendant cette réunion) et rendit grâces à Dieu de ce qu’il avait exaucé sa prière en lui donnant cette âme dans cette réunion.
J’ai souvent pensé depuis que c’était mon âme qui lui avait été donnée à ce moment-là, car, lorsqu’elle se fut assise, je sentis que je désirais ses prières ; et, mettant de côté tout mon préjugé (j’avais vécu bien des années dans le Sud) contre l’idée de demander à une personne de couleur de prier pour moi, je lui tendis la main et lui demandai ses prières. Elle se tourna vers moi, très froidement à ce qu’il me sembla, et dit : « Que voulez-vous ? »
Je m’étais consacrée plus complètement pendant cette réunion, et je savais maintenant exactement ce que je voulais ; je répondis donc : « Je veux la force physique pour faire la volonté de Dieu. » Elle dit : « Je prierai. » Et, pour la gloire de Dieu, je désire rendre ce témoignage que, depuis lors, j’ai eu davantage de force physique. Je ne savais pas alors que cette femme était celle-là même que j’avais entendue parler dans l’église de Franklin Street, car à cette époque elle n’avait pas encore renoncé à ses fers à repasser et à ses baquets, et elle portait sa tenue de blanchisseuse.
Lorsque je la vis pour la troisième fois, ce fut au camp-meeting de Sea Cliff, où je fus heureuse de lui dire comment ses prières pour moi avaient été exaucées.
Après avoir passé les dix jours de réunions sans recevoir le baptême du Saint-Esprit (ayant été élevée dans l’Église épiscopale, et ne comprenant pas le besoin particulier d’un cœur pur et de ce baptême particulier), le bon Seigneur fut très bon pour moi : il vint à moi pendant la nuit avec de profondes questions adressées à mon âme, auxquelles je ne pouvais répondre par mes propres forces ; et, sachant qu’Amanda Smith était dans la tente voisine et qu’elle venait de rentrer d’une réunion tardive, je l’appelai. Elle entra, s’agenouilla à côté de moi et me demanda quelle était ma peine. Elle pria avec moi et me fit pleinement comprendre que notre Père céleste ne me demanderait rien sans me donner la force de le faire, et que tout ce qu’il voulait de moi, c’était que je lui dise : « Je le veux. »
Quand j’eus bien compris cela, il me fallut toute ma force de volonté pour dire à Dieu : « Je le veux », car je savais que ce n’était pas une chose légère, puisque ce devait être « Je le veux » envers lui pour le reste de ma vie. Mais quand le « Je le veux » fut prononcé, la puissance vint, et elle chanta ce beau cantique :
« C’en est fait, le grand marché est conclu,
Je suis au Seigneur, et il est à moi. »
Je ne pourrai jamais dire la grande paix qui vint dans mon âme à ce moment-là, et qui est demeurée au fond de mon âme. La
surface peut être agitée, comme l’océan l’est souvent ; mais au-dessous de la surface, la paix impérissable demeure.
Cher lecteur, je suis heureuse de rendre témoignage à la puissance que Dieu a donnée à notre chère sœur Amanda pour amener des âmes à lui, et pour les aider à se tenir fermes devant lui, jusqu’à ce qu’il puisse achever en elles son œuvre de rédemption. Il ne fait point acception de personnes, et il est aussi disposé aujourd’hui à donner le baptême du Saint-Esprit à toute âme qui viendra à lui avec un cœur humble, qui lui demandera cette bénédiction et qui croira qu’il la donnera. Attendez-la. Elle viendra sûrement, et vous serez heureux. Quand vous en aurez fini avec la vieille vie chrétienne faite de hauts et de bas, où l’on pèche et où l’on se repent, vous regarderez à Jésus, d’instant en instant, pour être conduit par lui, ce qu’il fera sûrement ; et alors vous pourrez dire au tentateur quand il viendra (car il ne nous laissera jamais tant que nous serons dans le corps), avec les propres paroles de Jésus : « Arrière de moi, Satan! » Jésus ouvrira vos yeux spirituels quand il viendra habiter en vous, et vous distinguerez les tentations de Satan d’avec les bienheureuses directions du Saint-Esprit.
Respectueusement soumis, en priant Dieu de bénir ces quelques lignes.
MARY R. DENMAN, Newark (New Jersey).
Chapitre 39 terminé
Le témoignage de Mary R. Denman