Chapitre 2 · 5 min de lecture · 6 min d’écoute
Introduction
Un cordial divin
Nous savons, du reste, que toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appelés selon son dessein.
Romains 8:28.
Introduction
SI toute l’Écriture est le festin de l’âme, comme le disait Ambroise, alors Romains 8 peut être un plat de ce festin, et par sa douce variété il peut grandement rafraîchir et ranimer le cœur du peuple de Dieu. Dans les versets précédents, l’apôtre s’était avancé à travers les grandes doctrines de la justification et de l’adoption, mystères si ardus et si profonds que, sans le secours et la conduite de l’Esprit, il aurait bientôt pu perdre pied. Dans ce verset, l’apôtre fait vibrer cette douce corde de la consolation : « Nous savons, du reste, que toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu. » Pas un mot qui n’ait son poids ; c’est pourquoi je recueillerai chaque parcelle de cet or, afin que rien ne se perde.
Dans le texte, il y a trois branches générales.
Premièrement, un glorieux privilège. Toutes choses concourent au bien.
Deuxièmement, les personnes qui ont part à ce privilège. Elles sont doublement désignées. Elles aiment Dieu, elles sont appelées.
Troisièmement, l’origine et la source de cette vocation efficace, exprimées en ces mots : « selon son dessein. »
Premièrement, le glorieux privilège. Il y a ici deux choses à considérer. 1. La certitude du privilège — « Nous savons ». 2. L’excellence du privilège — « toutes choses concourent au bien ».
1. La certitude du privilège : « Nous savons. » Ce n’est pas une chose chancelante ou douteuse. L’apôtre ne dit pas : Nous espérons, ou : Nous conjecturons ; c’est comme un article de notre credo : Nous savons que toutes choses concourent au bien. Remarquez donc que les vérités de l’Évangile sont évidentes et infaillibles.
Un chrétien peut parvenir non pas simplement à une vague opinion, mais à la certitude de ce qu’il croit. Comme les axiomes et les aphorismes sont évidents pour la raison, ainsi les vérités de la religion sont évidentes pour la foi. « Nous savons », dit l’apôtre. Bien qu’un chrétien n’ait pas une connaissance parfaite des mystères de l’Évangile, il en a pourtant une connaissance certaine. « nous voyons au moyen d’un miroir, d’une manière obscure » (1 Corinthiens 13:12) : nous n’avons donc pas la perfection de la connaissance ; mais « nous contemplons, le visage découvert » (2 Corinthiens 3:18) : nous avons donc la certitude. L’Esprit de Dieu imprime les vérités célestes sur le cœur comme avec une pointe de diamant. Un chrétien peut savoir infailliblement qu’il y a du mal dans le péché et de la beauté dans la sainteté. Il peut savoir qu’il est dans l’état de grâce. « Nous savons que nous sommes passés de la mort à la vie » (1 Jean 3:14).
Il peut savoir qu’il ira au ciel. « Nous savons que, si cette tente où nous habitons sur la terre est détruite, nous avons dans le ciel un édifice qui est l’ouvrage de Dieu, une demeure éternelle qui n’a pas été faite de main d’homme » (2 Corinthiens 5:1). Le Seigneur ne laisse pas son peuple dans l’incertitude en matière de salut. L’apôtre dit : Nous savons. Nous sommes parvenus à une sainte assurance. Nous avons à la fois l’Esprit de Dieu et notre propre expérience pour y apposer leur sceau.
Ne nous reposons donc pas dans le scepticisme ou dans les doutes, mais travaillons à parvenir à la certitude dans les choses de la religion. Comme le disait cette femme martyre : « Je ne sais pas disputer pour Christ, mais je sais brûler pour Christ. » Dieu sait si nous ne serons pas appelés à rendre témoignage à sa vérité ; il nous importe donc d’y être bien fondés et affermis. Si nous sommes des chrétiens qui doutent, nous serons des chrétiens qui chancellent. D’où vient l’apostasie, sinon de l’incrédulité ? Les hommes commencent par mettre la vérité en question, puis ils tombent loin de la vérité. Oh ! suppliez l’Esprit de Dieu non seulement de vous oindre, mais encore de vous sceller (2 Corinthiens 1:22).
2. L’excellence du privilège, « toutes choses concourent au bien. »
C’est comme le bâton de Jacob dans la main de la foi : avec lui nous pouvons marcher joyeusement jusqu’à la montagne de Dieu. Qu’est-ce qui nous satisfera ou nous rendra contents, si ceci ne le fait pas ? Toutes choses concourent au bien. Cette expression « concourent » se rapporte à la médecine. Plusieurs ingrédients vénéneux, mis ensemble et dosés par l’art de l’apothicaire, font un remède souverain et concourent au bien du malade. Ainsi toutes les dispensations de Dieu, divinement dosées et sanctifiées, concourent au plus grand bien des saints. Celui qui aime Dieu et qui est appelé selon son dessein peut être pleinement assuré que toute chose au monde tournera à son bien. Voilà le cordial du chrétien, qui peut le réchauffer et le rendre semblable à Jonathan : quand il eut goûté le miel au bout du bâton, « ses yeux furent éclaircis » (1 Samuel 14:27). Pourquoi un chrétien se détruirait-il lui-même ? Pourquoi se tuerait-il de soucis, quand toutes choses concourront doucement, oui, conspireront à son bien ? Voici ce qui ressort du texte : toutes les diverses manières dont Dieu agit envers ses enfants tournent, par une providence particulière, à leur bien. « Tous les sentiers de l’Éternel sont miséricorde et fidélité, Pour ceux qui gardent son alliance » (Psaume 25:10). Si chaque sentier renferme de la miséricorde, alors il concourt au bien.
Chapitre 2 terminé
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