Chapitre 6 · 1 h 4 min de lecture · 1 h 22 min d’écoute
Sermon IV
Ézéchiel 33:11.
Dis-leur: je suis vivant! Dit le Seigneur, l’Éternel, ce que je désire, ce n’est pas que le méchant meure, c’est qu’il change de conduite et qu’il vive. Revenez, revenez de votre mauvaise voie; et pourquoi mourriez-vous, maison d’Israël?
J’AI maintenant montré combien les commandements de Dieu sont raisonnables, et combien la désobéissance des méchants est déraisonnable. Si rien n’y fait, et que les hommes refusent encore de se convertir, il nous reste à examiner à qui en revient la faute, s’ils sont damnés. Et ceci m’amène à la dernière doctrine, qui est :
Doct. 7. Que si, après tout, ces hommes ne veulent pas se convertir, ce n’est pas la faute de Dieu s’ils sont condamnés, mais la leur, celle de leur propre obstination. Ils meurent parce qu’ils veulent mourir ; c’est-à-dire parce qu’ils ne veulent pas se convertir.
Si vous voulez aller en enfer, quel remède y a-t-il ? Dieu se déclare ici innocent de votre sang ; il ne retombera pas sur lui si vous êtes perdus. Un ministre négligent peut l’attirer sur lui-même ; et ceux qui vous encouragent dans le péché, ou ne vous en détournent pas, peuvent l’attirer sur eux ; mais soyez-en sûrs, il ne retombera pas sur Dieu. Le Seigneur dit, au sujet de sa vigne stérile, Ésaïe 5:2, 3, 4 : « Soyez juges entre moi et ma vigne! Qu’y avait-il encore à faire à ma vigne, Que je n’aie pas fait pour elle? Après l’avoir plantée dans un sol fertile, l’avoir entourée d’une clôture, en avoir ôté les pierres et y avoir mis les plants les plus choisis, » que devait-il faire de plus pour elle ? Il vous a faits hommes, et vous a doués de raison ; il vous a pourvus de tout le nécessaire extérieur, il vous a donné une loi juste et parfaite. Quand vous l’eûtes transgressée, et que vous vous fûtes perdus, il eut pitié de vous, et il envoya son Fils, par un miracle de miséricorde condescendante, mourir pour vous et être un sacrifice pour vos péchés ; et il « était en Christ, réconciliant le monde avec lui-même ». Le Seigneur Jésus vous a fait une donation de lui-même, et de la vie éternelle avec lui, à la seule condition que vous l’acceptiez et que vous reveniez. Sur cette condition raisonnable, il vous a offert le libre pardon de tous vos péchés ; il l’a écrit dans sa parole, l’a scellé par son Esprit, et vous l’a fait porter par ses ministres ; ils vous ont fait l’offre (bien des fois), et vous ont appelés à l’accepter et à vous convertir à Dieu. Ils vous ont suppliés en son nom, ils ont raisonné l’affaire avec vous, et répondu à toutes vos frivoles objections. Il vous a longtemps attendus, il a patienté jusqu’à ce que vous en eussiez le loisir, et il a souffert que vous l’outragiez en face. Il vous a miséricordieusement soutenus au milieu de vos péchés ; il vous a environnés de toutes sortes de grâces ; il y a aussi mêlé des afflictions, pour vous faire souvenir de votre folie et vous ramener à la raison ; et son Esprit a souvent lutté avec vos cœurs, et vous y a dit : « Reviens, pécheur, reviens à celui qui t’appelle : où vas-tu ? Que fais-tu ? Sais-tu quelle en sera la fin ? Jusqu’à quand haïras-tu tes amis, et aimeras-tu tes ennemis ? Quand donc lâcheras-tu tout, pour te convertir, te livrer à Dieu, et donner à ton Rédempteur la possession de ton âme ? Quand cela sera-t-il enfin ? » Ces instances ont été employées envers toi ; et quand tu as différé, on t’a pressé de te hâter, et Dieu t’a crié : « Aujourd’hui, tandis qu’on peut dire : Aujourd’hui, n’endurcis pas ton cœur. Pourquoi pas maintenant, sans plus de délai ? » La vie vous a été proposée, les joies du ciel vous ont été ouvertes dans l’Évangile ; leur certitude vous a été manifestée ; la certitude des tourments éternels des damnés vous a été déclarée. À moins d’avoir voulu voir de vos yeux le ciel et l’enfer, que pouviez-vous désirer de plus ? Christ a été, pour ainsi dire, peint comme crucifié sous vos yeux, Galates 3:1. On vous a dit cent fois que vous n’êtes que des hommes perdus jusqu’à ce que vous veniez à lui. Aussi souvent on vous a parlé du mal du péché, de la vanité du monde et de tous les plaisirs et de toutes les richesses qu’il peut offrir, de la brièveté et de l’incertitude de votre vie, et de la durée sans fin de la joie ou du tourment de la vie à venir. Tout cela, et plus encore, on vous l’a dit et redit, jusqu’à ce que vous fussiez las de l’entendre, et que vous en vinssiez à en faire d’autant moins de cas que vous l’aviez entendu plus souvent, comme le chien du forgeron, que l’habitude amène à dormir au bruit des marteaux, et quand les étincelles volent autour de ses oreilles ; et bien que tout cela ne vous ait pas convertis, vous êtes encore en vie, et vous pourriez obtenir miséricorde aujourd’hui même, si seulement vous aviez un cœur pour la recevoir. Et maintenant, que la raison elle-même soit juge : est-ce la faute de Dieu ou la vôtre, si après cela vous voulez rester inconvertis et être damnés ? Si vous mourez maintenant, c’est parce que vous voulez mourir. Que pourrait-on vous dire de plus ? ou quel moyen prendre qui eût plus de chances de réussir ? Pouvez-vous dire, et le prouver : « Nous aurions bien voulu être convertis et devenir de nouvelles créatures, mais nous ne le pouvions pas ; nous aurions bien voulu abandonner nos péchés, mais nous ne le pouvions pas ; nous aurions voulu changer de compagnie, de pensées et de discours, mais nous ne le pouvions pas » ? — Pourquoi ne le pouviez-vous pas, si vous le vouliez ? Qu’est-ce qui vous en empêchait, sinon la méchanceté de vos cœurs ? Qui vous a forcés à pécher ? ou qui vous a retenus de faire votre devoir ? N’aviez-vous pas le même enseignement, le même temps et la même liberté d’être pieux que vos voisins pieux ? Pourquoi donc n’auriez-vous pas pu être pieux aussi bien qu’eux ? Les portes de l’église vous étaient-elles fermées ? ou ne vous en teniez-vous pas éloignés vous-mêmes ? ou n’y restiez-vous pas assis à dormir, ou à écouter comme si vous n’entendiez pas ? Dieu a-t-il fait dans sa parole quelque exception contre vous, quand il a invité les pécheurs à revenir, et quand il a promis miséricorde à ceux qui reviennent ? A-t-il dit : « Je pardonnerai à tous ceux qui se repentent, excepté à toi » ? Vous a-t-il exclus de la liberté de son saint culte ? Vous a-t-il défendu de le prier, plus qu’aux autres ? Vous savez bien que non. Dieu ne vous a pas chassés loin de lui, mais c’est vous qui l’avez abandonné, et qui vous êtes enfuis. Et quand il vous a appelés à lui, vous n’avez pas voulu venir. — Si Dieu vous avait exceptés de la promesse et de l’offre générale de miséricorde, ou s’il vous avait dit : « Tenez-vous à l’écart ; je ne veux rien avoir à faire avec des gens comme vous ; ne me priez pas, car je ne vous écouterai pas ; vous aurez beau vous repentir et crier miséricorde, je n’en tiendrai aucun compte » ; — si Dieu ne vous avait laissé d’autre ressource que le désespoir, alors vous auriez eu une belle excuse. Vous auriez pu dire : « À quoi bon me repentir et me convertir, puisque cela ne servira de rien ? » — Mais tel n’était pas votre cas. Vous auriez pu avoir Christ pour Seigneur et Sauveur aussi bien que les autres, et vous ne l’avez pas voulu ; parce que vous ne vous sentiez pas assez malades pour avoir besoin du médecin, et que vous ne pouviez vous passer de votre maladie. Dans vos cœurs, vous avez dit, comme ces rebelles, Luc 19:14 : « Nous ne voulons pas que cet homme règne sur nous ». Christ « aurait voulu vous rassembler sous les ailes de son salut, et vous ne l’avez pas voulu », Matthieu 23:37. Quels désirs de votre bien le Seigneur n’a-t-il pas exprimés dans sa sainte parole ! Avec quelle compassion ne s’est-il pas penché sur vous, en disant : « Oh! Si mon peuple m’écoutait, Si Israël marchait dans mes voies! » Psaume 81:14. « Oh! S’ils avaient toujours ce même cœur pour me craindre et pour observer tous mes commandements, afin qu’ils fussent heureux à jamais, eux et leurs enfants! » Deutéronome 5:29. « S’ils étaient sages, voici ce qu’ils comprendraient, Et ils penseraient à ce qui leur arrivera. » Deutéronome 32:29. Il aurait été votre Dieu, et aurait fait pour vous tout ce que vos âmes pouvaient raisonnablement désirer ; mais vous avez aimé le monde et votre chair plus que lui, et c’est pourquoi vous n’avez pas voulu l’écouter ; vous lui avez fait des compliments, vous lui avez donné de grands titres ; mais quand il a fallu conclure, « vous n’avez point voulu de lui », Psaume 81:12, 13. « Il n’est donc pas étonnant qu’il vous ait livrés aux penchants de votre cœur, et que vous ayez suivi vos propres conseils. » — Il daigne raisonner, il plaide sa cause avec vous, et il vous demande : « Qu’y a-t-il en moi ou dans mon service, pour que vous soyez à ce point contre moi ? Quel mal t’ai-je fait, pécheur ? Ai-je mérité de ta part ce traitement si dur ? Je t’ai fait beaucoup de grâces ; pour laquelle me méprises-tu ainsi ? Est-ce moi, ou est-ce Satan, qui est votre ennemi ? Est-ce moi, ou est-ce ton moi charnel, qui voudrait te perdre ? Est-ce une vie sainte, ou une vie de péché, que tu as sujet de fuir ? Si tu es perdu, c’est toi qui te l’attires, en m’abandonnant, moi, l’Éternel, qui t’aurais sauvé », Jérémie 2:17. « Ta propre méchanceté ne te châtie-t-elle pas, et ton péché ne te reprend-il pas, afin que tu voies que c’est une chose mauvaise et amère de m’avoir abandonné ? » Jérémie 2:19. « Quelle iniquité avez-vous trouvée en moi, pour aller après des choses de néant, et m’abandonner ? » Jérémie 2:5, 6. Il appelle pour ainsi dire jusqu’aux créatures muettes à entendre le procès qu’il a contre vous, Michée 6:3, 4, 5 : « Écoutez, montagnes, le procès de l’Éternel, Et vous, solides fondements de la terre! Car l’Éternel a un procès avec son peuple, Il veut plaider avec Israël. Mon peuple, que t’ai-je fait? En quoi t’ai-je fatigué? Réponds-moi! Car je t’ai fait monter du pays d’Égypte, Je t’ai délivré de la maison de servitude, etc. » « Cieux, écoutez! Terre, prête l’oreille! Car l’Éternel parle. J’ai nourri et élevé des enfants, Mais ils se sont révoltés contre moi. Le bœuf connaît son possesseur, Et l’âne la crèche de son maître: Israël ne connaît rien, Mon peuple n’a point d’intelligence. Malheur à la nation pécheresse, au peuple chargé d’iniquités, A la race des méchants, etc. » Ésaïe 1:2, 3, 4. « Est-ce ainsi que vous récompensez l’Éternel, Peuple insensé et dépourvu de sagesse? N’est-il pas ton père, ton créateur? N’est-ce pas lui qui t’a formé, et qui t’a affermi? » Deutéronome 32:6. Quand il a vu que vous l’abandonniez, et cela pour rien, et que vous vous détourniez de votre Seigneur et de votre vie pour courir après la balle et les plumes du monde, il vous a fait voir votre folie, et vous a appelés à une occupation plus profitable, Ésaïe 55:1, 2, 3 : « Pourquoi pesez-vous de l’argent pour ce qui ne nourrit pas? Pourquoi travaillez-vous pour ce qui ne rassasie pas? Écoutez-moi donc, et vous mangerez ce qui est bon, Et votre âme se délectera de mets succulents. Prêtez l’oreille, et venez à moi, Écoutez, et votre âme vivra: Je traiterai avec vous une alliance éternelle, Pour rendre durables mes faveurs envers David. — Cherchez l’Éternel pendant qu’il se trouve; Invoquez-le, tandis qu’il est près. Que le méchant abandonne sa voie, Et l’homme d’iniquité ses pensées; Qu’il retourne à l’Éternel, qui aura pitié de lui, A notre Dieu, qui ne se lasse pas de pardonner. », v. 6, 7 ; et de même Ésaïe 1:16, 17, 18. Et quand vous n’avez pas voulu entendre, à quelles plaintes ne l’avez-vous pas réduit, lui qui vous impute tout cela comme votre obstination et votre entêtement ! — Jérémie 2:13 : « Cieux, soyez étonnés de cela; Frémissez d’épouvante et d’horreur! Dit l’Éternel. — Car mon peuple a commis un double péché: Ils m’ont abandonné, moi qui suis une source d’eau vive, Pour se creuser des citernes, des citernes crevassées, Qui ne retiennent pas l’eau. » — Bien des fois Christ vous a adressé cette libre invitation, Apocalypse 22:17 : « que celui qui a soif vienne; que celui qui veut, prenne de l’eau de la vie, gratuitement. » Mais, après toutes ses offres, vous l’avez réduit à se plaindre : « Ils ne veulent pas venir à moi pour avoir la vie », Jean 5:40. Il vous a invités à festoyer avec lui dans le royaume de sa grâce, et vous avez eu des excuses tirées de vos terres, de votre bétail et de vos affaires du monde ; et quand vous n’avez pas voulu venir, vous avez dit que vous ne le pouviez pas ; et vous l’avez provoqué à résoudre que vous ne goûteriez jamais de son souper, Luc 14:15, 24. Et à qui la faute maintenant, sinon à vous-mêmes ? et que pouvons-nous dire qui soit la cause principale de votre damnation, sinon votre propre volonté ? Vous voulez être damnés. Toute l’affaire est exposée par Christ lui-même, Proverbes 1, du verset 20 jusqu’à la fin : « La sagesse crie dans les rues, Elle élève sa voix dans les places: Elle crie à l’entrée des lieux bruyants; Jusqu’à quand, stupides, aimerez-vous la stupidité? Jusqu’à quand les moqueurs se plairont-ils à la moquerie, Et les insensés haïront-ils la science? Tournez-vous pour écouter mes réprimandes! Voici, je répandrai sur vous mon esprit, Je vous ferai connaître mes paroles… Puisque j’appelle et que vous résistez, Puisque j’étends ma main et que personne n’y prend garde, Puisque vous rejetez tous mes conseils, Et que vous n’aimez pas mes réprimandes, Moi aussi, je rirai quand vous serez dans le malheur, Je me moquerai quand la terreur vous saisira, Quand la terreur vous saisira comme une tempête, Et que le malheur vous enveloppera comme un tourbillon, Quand la détresse et l’angoisse fondront sur vous. Alors ils m’appelleront, et je ne répondrai pas; Ils me chercheront, et ils ne me trouveront pas. Parce qu’ils ont haï la science, Et qu’ils n’ont pas choisi la crainte de l’Éternel, Parce qu’ils n’ont point aimé mes conseils, Et qu’ils ont dédaigné toutes mes réprimandes, Ils se nourriront du fruit de leur voie, Et ils se rassasieront de leurs propres conseils, Car la résistance des stupides les tue, Et la sécurité des insensés les perd; Mais celui qui m’écoute reposera avec assurance, Il vivra tranquille et sans craindre aucun mal. » — J’ai jugé bon de vous réciter tout le texte en entier, parce qu’il montre si pleinement la cause de la perdition des méchants. Ce n’est pas que Dieu n’ait pas voulu les instruire, mais c’est qu’ils n’ont pas voulu apprendre. Ce n’est pas que Dieu n’ait pas voulu les appeler, mais c’est qu’ils n’ont pas voulu se tourner à sa réprimande. Leur obstination fait leur perte.
APPLICATION.
De ce qui a été dit, vous pouvez encore apprendre les choses suivantes :
1. Vous pouvez voir par là, non seulement quel blasphème et quelle impiété c’est de rejeter sur Dieu la faute de la perdition des hommes, mais encore combien ces misérables méchants sont mal placés pour porter une telle accusation contre leur Créateur. Ils crient contre Dieu, et disent qu’il ne leur donne pas la grâce, que ses menaces sont sévères, et à Dieu ne plaise que tous ceux qui ne sont ni convertis ni sanctifiés soient damnés ; et ils trouvent bien dur qu’un péché d’un moment soit puni d’une souffrance sans fin ; et s’ils sont damnés, disent-ils, ils n’y peuvent rien ; tandis que, pendant ce temps, ils s’affairent à leur propre perte, et vont jusqu’à couper la gorge à leur propre âme, sans qu’on puisse les persuader de retenir leurs mains. Ils trouveraient Dieu cruel s’il les damnait ; et cependant ils sont si cruels envers eux-mêmes qu’ils veulent courir dans le feu de l’enfer, quand Dieu leur a dit qu’il est tout près devant eux, et que ni supplications, ni menaces, ni rien de ce qu’on peut leur dire ne les arrête. Nous les voyons presque perdus ; leur vie insouciante, mondaine et charnelle nous dit qu’ils sont au pouvoir du diable ; nous savons que, s’ils meurent avant d’être convertis, le monde entier ne pourra les sauver ; et, connaissant l’incertitude de leur vie, nous craignons chaque jour qu’ils ne tombent dans le feu. Aussi les supplions-nous d’avoir pitié de leur propre âme, et de ne pas se perdre quand la miséricorde est à portée de main ; et ils ne veulent pas nous écouter. Nous les supplions de rejeter leur péché, de venir à Christ sans délai, et d’avoir quelque pitié d’eux-mêmes ; mais ils n’en veulent point avoir. Et pourtant ils pensent que Dieu serait cruel s’il les condamnait. Ô pécheurs obstinés et misérables ! Ce n’est pas Dieu qui est cruel envers vous ; c’est vous qui êtes cruels envers vous-mêmes. On vous dit qu’il faut vous convertir ou brûler, et pourtant vous ne vous convertissez pas. On vous dit que, si vous voulez à toute force garder vos péchés, vous garderez avec eux la malédiction de Dieu, et pourtant vous voulez les garder. On vous dit qu’il n’y a d’autre chemin vers le bonheur que la sainteté ; et pourtant vous ne voulez pas être saints. Que voudriez-vous que Dieu vous dise de plus ? Que voudriez-vous qu’il fît de sa miséricorde ? Il vous l’offre, et vous n’en voulez pas. Vous êtes dans le fossé du péché et de la misère, et il voudrait vous tendre la main pour vous en tirer, et vous refusez son secours ; il voudrait vous laver de vos péchés, et vous aimez mieux les garder. Vous aimez votre convoitise, vous aimez votre gourmandise, vos divertissements et votre ivrognerie, et vous ne voulez pas les lâcher. Voudriez-vous qu’il vous emmenât au ciel, que vous le vouliez ou non ? Ou voudriez-vous qu’il vous emmenât au ciel, vous et vos péchés ensemble ? Mais c’est une impossibilité : autant attendre qu’il change le soleil en ténèbres. Quoi ! un cœur charnel et non sanctifié dans le ciel ! cela ne se peut. « Il n’entrera chez elle rien de souillé », Apocalypse 21:27. « Car qu’y a-t-il de commun entre la lumière et les ténèbres? Quel accord y a-t-il entre Christ et Bélial? » 2 Corinthiens 6:14, 15. « Il a tendu ses mains tout le jour vers un peuple rebelle et contredisant », Romains 10:21. Que ferez-vous maintenant ? Crierez-vous à Dieu pour obtenir miséricorde ? Mais Dieu vous appelle à avoir pitié de vous-mêmes, et vous ne le voulez pas. Les ministres voient la coupe empoisonnée dans la main de l’ivrogne, et lui disent qu’elle contient du poison, et le prient d’avoir pitié de son âme et de s’abstenir ; et il ne veut pas nous écouter : il faut qu’il la boive, et il la boira ; il l’aime ; et c’est pourquoi, quand même l’enfer viendrait ensuite, il dit qu’il n’y peut rien. Que dire à de tels hommes ? Nous disons au mondain impie et insouciant que ce n’est pas une telle vie qui fera l’affaire, ni qui le conduira jamais au ciel. Si un ours était sur vos talons, vous presseriez le pas ; et quand la malédiction de Dieu est sur vos talons, quand Satan et l’enfer sont sur vos talons, ne bougerez-vous pas, et demanderez-vous : Pourquoi tout ce bruit ? Une âme immortelle ne vaut-elle pas davantage ? Oh ! ayez pitié de vous-mêmes ! Mais ils ne veulent avoir aucune pitié d’eux-mêmes, ni seulement faire attention à nous. Nous leur disons que la fin sera amère. Qui pourra demeurer avec le feu éternel ? Et pourtant ils ne veulent avoir aucune pitié d’eux-mêmes. Et pourtant ces pauvres misérables diront que Dieu est trop miséricordieux pour les condamner, alors que ce sont eux-mêmes qui, cruellement et sans pitié, courent à la condamnation ; et si nous allions à eux pour les supplier, nous ne pourrions les arrêter. Si nous tombions à genoux devant eux, nous ne pourrions les arrêter ; mais en enfer ils veulent aller, et pourtant ils ne veulent pas croire qu’ils y vont. Si nous les supplions, pour l’amour de Dieu qui les a faits et qui les conserve ; pour l’amour de Christ, qui est mort pour eux ; pour l’amour de leur pauvre âme, d’avoir pitié d’eux-mêmes, de ne pas aller plus loin sur le chemin de l’enfer, mais de venir à Christ pendant que ses bras sont ouverts, d’entrer dans l’état de vie pendant que la porte est ouverte, et de prendre maintenant la miséricorde pendant qu’on peut l’avoir ; ils ne se laissent pas persuader. Dussions-nous en mourir, nous ne pouvons même pas obtenir d’eux qu’ils réfléchissent de temps à autre à la chose, et qu’ils se convertissent. Et pourtant ils savent dire : « J’espère que Dieu sera miséricordieux. » N’avez-vous jamais considéré ce qu’il dit, Ésaïe 27:11 : « C’était un peuple sans intelligence: Aussi celui qui l’a fait n’a point eu pitié de lui, Celui qui l’a formé ne lui a point fait grâce. » Si un autre homme ne veut pas vous vêtir quand vous êtes nus, ni vous nourrir quand vous avez faim, vous direz qu’il est impitoyable. S’il vous jetait en prison, ou vous battait et vous tourmentait, vous diriez qu’il est impitoyable. Et pourtant vous ferez mille fois plus contre vous-mêmes, jusqu’à rejeter pour toujours votre âme et votre corps, sans jamais vous plaindre de votre propre dureté ! Bien plus, Dieu, qui vous a attendus tout ce temps avec sa miséricorde, doit passer pour impitoyable s’il vous punit après tout cela. À moins que le Dieu saint du ciel ne permette à ces misérables de fouler aux pieds le sang de son Fils, et, avec les Juifs, de lui cracher pour ainsi dire de nouveau au visage, d’outrager l’Esprit de grâce, de faire du péché un jeu et de la sainteté un objet de moquerie, et de faire moins de cas de la miséricorde qui sauve que de l’ordure de leurs plaisirs charnels ; et à moins qu’après tout cela il ne les sauve par la miséricorde même qu’ils ont rejetée et dont ils n’ont pas voulu, Dieu lui-même sera traité par eux d’impitoyable. — Mais il sera justifié quand il jugera, et il ne tiendra pas ou ne tombera pas au tribunal d’un ver pécheur. — Je sais que bien des chicanes particulières sont élevées par eux contre le Seigneur ; mais je ne m’arrêterai pas ici à y répondre en détail, l’ayant déjà fait dans mon Traité du jugement, auquel je les renvoie. Si la partie du monde qui dispute avait mis autant de soin à éviter le péché et la perdition qu’elle a mis d’ardeur à en rechercher la cause, et d’empressement à les imputer directement à Dieu, elle aurait exercé son esprit plus utilement, elle aurait moins offensé Dieu, et s’en serait mieux trouvée elle-même. Quand un monstre aussi hideux que le péché est en nous, quand une chose aussi lourde que le châtiment est sur nous, et une chose aussi effroyable que l’enfer devant nous, on penserait que la question serait facile à résoudre : à qui la faute ? Est-ce Dieu ou l’homme qui en est la cause principale et coupable ? Certains hommes sont des juges si indulgents envers eux-mêmes qu’ils sont plus prompts à accuser la perfection et la bonté infinies elles-mêmes que leur propre cœur, et ils imitent nos premiers parents, qui dirent : « Le serpent m’a séduite, et la femme que tu as mise auprès de moi m’a donné de l’arbre, et j’en ai mangé » ; — insinuant secrètement que Dieu en était la cause. Ainsi disent-ils : « L’intelligence que tu m’as donnée était incapable de discerner ; la volonté que tu m’as donnée était incapable de faire un meilleur choix ; les objets que tu as placés devant moi m’ont séduit ; la tentation que tu as permis qu’elle m’assaille a prévalu contre moi. » Et certains répugnent tant à penser que Dieu puisse faire une créature qui se détermine elle-même, qu’ils n’osent lui refuser ce qu’ils tiennent pour sa prérogative : être, dans chaque péché, le déterminant de la volonté, comme cause efficiente première, immédiate et physique. — Et beaucoup seraient contents de disculper Dieu d’une si grande part dans la cause du mal, s’ils pouvaient seulement concilier cela avec le fait qu’il est la cause principale du bien : comme si des vérités cessaient d’être des vérités dès que nous sommes incapables de les voir dans leur ordre et leur cohérence parfaits ; parce que nos esprits embrouillés ne peuvent les voir justement ensemble, ni assigner à chaque vérité sa place propre, nous prenons sur nous de conclure qu’il faut en rejeter quelques-unes. Tel est le fruit d’une orgueilleuse présomption ; quand les hommes ne reçoivent pas la vérité de Dieu comme un enfant sa leçon, dans une sainte soumission à l’omniscience de notre maître, mais en censeurs trop sages pour apprendre.
Object. Mais nous ne pouvons nous convertir nous-mêmes avant que Dieu nous convertisse : nous ne pouvons rien faire sans sa grâce ; cela ne dépend ni de celui qui veut, ni de celui qui court, mais de Dieu qui fait miséricorde.
Réponse. Dieu a deux degrés de miséricorde à montrer : la miséricorde de la conversion d’abord, et la miséricorde du salut en dernier. Cette dernière, il ne la donnera qu’à ceux qui veulent et qui courent, et il ne l’a promise qu’à eux. La première consiste à rendre bien disposés ceux qui ne le sont pas ; et bien que votre bonne volonté et vos efforts ne méritent pas sa grâce, votre refus obstiné mérite qu’elle vous soit refusée. Votre incapacité n’est autre que votre mauvaise volonté elle-même, qui n’excuse pas votre péché, mais le rend plus grand. Vous pourriez vous convertir si seulement vous le vouliez vraiment ; et si vos volontés elles-mêmes sont si corrompues que rien sinon une grâce efficace ne peut les mouvoir, vous avez d’autant plus de raison de rechercher cette grâce, de vous y soumettre, et de faire ce que vous pouvez dans l’usage des moyens, au lieu de la négliger ou de vous dresser contre elle. Faites d’abord ce dont vous êtes capables, et ensuite plaignez-vous de Dieu de ce qu’il vous refuse sa grâce, si vous en avez sujet.
Object. Mais vous semblez insinuer depuis le début que l’homme a le libre arbitre.
Rép. La dispute sur le libre arbitre est au-dessus de votre portée ; je ne vous en importunerai donc pas davantage maintenant, sinon pour vous dire ceci. Votre volonté est naturellement une faculté libre, c’est-à-dire qui se détermine elle-même ; mais elle est vicieusement inclinée, et rétive à faire le bien ; et c’est pourquoi nous voyons, par une triste expérience, qu’elle n’a pas une liberté morale vertueuse. Mais c’est sa méchanceté qui mérite le châtiment. Et je vous en prie, ne nous rendons pas fous avec des opinions. Mettez-vous vous-mêmes dans le cas. Si vous aviez un ennemi si malveillant qu’il se jetât sur vous et vous battît chaque fois qu’il vous rencontre, et qu’il ôtât la vie à vos enfants, l’excuseriez-vous parce qu’il dit : « Je n’ai pas le libre arbitre, c’est ma nature ; je ne puis faire autrement, à moins que Dieu ne me donne la grâce » ? Si vous aviez un serviteur qui vous vole, accepteriez-vous de lui une telle réponse ? Tout voleur et tout meurtrier pendu aux assises ne pourrait-il pas faire la même réponse : « Je n’ai pas le libre arbitre ; je ne puis changer mon propre cœur ! Que puis-je faire sans la grâce de Dieu ? » Et seront-ils pour autant acquittés ? Sinon, pourquoi donc penseriez-vous être acquittés pour toute une vie de péché contre le Seigneur ?
2. Vous pouvez aussi remarquer par là ces trois choses ensemble : 1. Quel subtil tentateur est Satan. 2. Quelle chose trompeuse est le péché. 3. Quelle folle créature est l’homme corrompu. Subtil tentateur en vérité, qui peut persuader la plus grande partie du monde d’aller volontairement dans le feu éternel, malgré tant d’avertissements et de raisons de s’en détourner ! Chose trompeuse en vérité que le péché, qui peut ensorceler tant de milliers d’hommes au point de leur faire céder la vie éternelle pour une chose si vile et si totalement indigne ! Folle créature en vérité que l’homme, qui se laisse frustrer de son salut pour rien, oui, pour un rien bien connu ; et cela par un ennemi, et un ennemi bien connu ! Vous croiriez impossible qu’un homme dans son bon sens se laissât persuader, pour une bagatelle, de se jeter dans le feu, ou dans l’eau, ou dans un puits de mine, au prix de sa vie. Et pourtant les hommes se laisseront entraîner à se jeter en enfer. Si votre vie naturelle était entre vos propres mains, de sorte que vous ne dussiez mourir que le jour où vous vous tueriez vous-mêmes, combien de temps vivraient la plupart d’entre vous ? Et pourtant, quand votre vie éternelle est à ce point entre vos mains, sous Dieu, que vous ne pouvez être perdus avant de vous perdre vous-mêmes, combien peu d’entre vous s’abstiendront de se perdre ! Ah ! quelle pauvre chose que l’homme ! Et quelle chose ensorcelante et abêtissante que le péché !
3. Vous pouvez aussi apprendre par là qu’il n’est pas bien étonnant que les méchants fassent obstacle aux autres sur le chemin du ciel, qu’ils voudraient avoir autant d’inconvertis qu’ils peuvent, et qu’ils cherchent à les entraîner dans le péché et à les y retenir ! Pouvez-vous attendre qu’ils aient pitié des autres, eux qui n’en ont aucune pour eux-mêmes ? et qu’ils hésitent beaucoup à perdre les autres, eux qui n’hésitent pas à se perdre eux-mêmes ? Ils ne font pas pis aux autres qu’ils ne se font à eux-mêmes.
4. Enfin, vous pouvez apprendre par là que le plus grand ennemi de l’homme, c’est lui-même ; et que le plus grand jugement qui puisse le frapper en cette vie, c’est d’être abandonné à lui-même ; que la grande œuvre que la grâce a à faire, c’est de nous sauver de nous-mêmes ; que les plus grandes accusations et les plus grandes plaintes des hommes devraient être contre eux-mêmes ; que la plus grande œuvre que nous ayons à faire nous-mêmes, c’est de nous résister à nous-mêmes ; et que le plus grand ennemi contre lequel nous devrions chaque jour prier, veiller et lutter, c’est notre propre cœur charnel et notre propre volonté ; et que la plus grande part de votre tâche, si vous voulez faire du bien aux autres et les aider à gagner le ciel, est de les sauver d’eux-mêmes, de leur intelligence aveuglée, de leur volonté corrompue, de leurs affections perverses, de leurs passions violentes et de leurs sens déréglés. Je ne fais que nommer toutes ces choses par souci de brièveté, et je les laisse à votre réflexion ultérieure.
EH BIEN, Messieurs, nous avons maintenant découvert le grand coupable et meurtrier des âmes (à savoir les hommes eux-mêmes, leur propre volonté) ; que reste-t-il, sinon que vous jugiez selon l’évidence, que vous confessiez cette grande iniquité devant le Seigneur, que vous en soyez humiliés, et que vous ne recommenciez plus ? À ces trois fins distinctement, j’ajouterai encore quelques mots. — 1. Pour vous convaincre davantage. 2. Pour vous humilier. Et 3. Pour vous réformer, s’il y a encore quelque espoir.
1. Nous connaissons assez la nature infiniment bienveillante de Dieu, qui est si disposé à faire le bien et qui prend plaisir à faire miséricorde, pour n’avoir aucune raison de le soupçonner d’être la cause coupable de notre mort, ni de le traiter de cruel : il a fait toutes choses bonnes, et il les conserve et les maintient toutes ; les yeux de tous espèrent en lui, et il leur donne la nourriture en son temps ; il ouvre sa main, et il rassasie à souhait tout ce qui a vie, Psaume 145:15, 16. Il est non seulement « juste dans toutes ses voies (et c’est pourquoi il agira avec justice), et saint dans toutes ses œuvres (et c’est pourquoi il n’est pas l’auteur du péché), mais il est aussi bon envers tous, Et ses compassions s’étendent sur toutes ses œuvres ». Psaume 145:17, 9. Mais quant à l’homme, nous savons que son esprit est ténébreux, sa volonté perverse, et que ses affections l’emportent si impétueusement qu’il est, par sa folie et sa corruption, tout disposé à une œuvre telle que sa propre destruction. Si vous voyiez un agneau gisant égorgé sur le chemin, soupçonneriez-vous plutôt la brebis ou le loup d’en être l’auteur, s’ils se tenaient là tous deux ? Ou si vous voyiez une maison forcée et ses habitants assassinés, soupçonneriez-vous plutôt le prince, ou le juge, qui est sage et juste et n’avait nul besoin de le faire, ou bien un voleur ou un meurtrier connu ? Je dis donc avec Jacques 1:13, 14, 15 : « Que personne, lorsqu’il est tenté, ne dise: C’est Dieu qui me tente. » Car Dieu ne peut être tenté par le mal, et il ne tente lui-même personne (pour l’entraîner au péché) ; mais chacun est tenté quand il est attiré et amorcé par sa propre convoitise. Puis la convoitise, lorsqu’elle a conçu, enfante le péché; et le péché, étant consommé, produit la mort. Vous voyez ici que le péché est l’enfant de votre propre convoitise, et qu’il ne faut pas en attribuer la paternité à Dieu ; et que la mort est l’enfant de votre propre péché, et le fruit qu’il vous rendra dès qu’il sera mûr. Vous avez en vous-mêmes un trésor de mal, comme l’araignée a son venin, d’où vous tirez du mal pour vous-mêmes, et filez des toiles qui empêtrent votre propre âme. Votre nature montre que c’est vous qui en êtes la cause.
2. Il est évident que vous êtes vos propres destructeurs, en ce que vous êtes si prompts à accueillir presque toutes les tentations qui vous sont offertes. Satan est à peine plus prompt à vous pousser à quelque mal que vous ne l’êtes à l’écouter et à faire ce qu’il veut de vous. S’il veut tenter votre intelligence par l’erreur et les préjugés, vous cédez. S’il veut vous empêcher de prendre de bonnes résolutions, c’est bientôt fait. S’il veut refroidir quelque bon désir ou quelque bonne affection, c’est bientôt fait. S’il veut allumer en vous quelque convoitise, quelques affections ou désirs vils, c’est bientôt fait. S’il veut vous pousser à de mauvaises pensées ou à de mauvaises actions, vous êtes si dociles qu’il n’a besoin ni de baguette ni d’éperon. S’il veut vous détourner des saintes pensées, des saintes paroles et des saintes voies, il en faut peu ; vous n’avez pas besoin de frein. Vous n’examinez pas ses suggestions, et vous ne leur résistez avec aucune résolution ; vous ne les chassez pas à mesure qu’il les jette en vous, et vous n’éteignez pas les étincelles qu’il s’efforce d’allumer ; mais vous faites cause commune avec lui, vous allez à sa rencontre à mi-chemin, vous embrassez ses idées, et vous le tentez de vous tenter. Et il lui est facile de prendre des poissons si avides, qui rôdent à la recherche d’un appât et mordent à l’hameçon nu.
3. Votre perdition vient évidemment de vous-mêmes, en ce que vous résistez à tout ce qui voudrait vous aider à être sauvés, vous faire du bien, ou vous empêcher de vous perdre. Dieu voudrait vous aider et vous sauver par sa parole, et vous lui résistez ; elle est trop stricte pour vous. Il voudrait vous sanctifier par son Esprit, et vous lui résistez et l’éteignez. Si quelqu’un vous reprend pour votre péché, vous lui sautez au visage avec de méchantes paroles ; et s’il veut vous attirer à une vie sainte et vous parler du danger où vous êtes, vous lui en savez peu de gré ; ou bien vous lui dites de s’occuper de lui-même, qu’il n’aura pas à répondre pour vous ; ou bien, au mieux, vous le congédiez avec un remerciement sans cœur, et vous ne voulez pas vous convertir quand vous êtes persuadés. Si les ministres voulaient vous instruire et vous aider en particulier, vous ne voulez pas aller à eux ; vos âmes non humiliées ne sentent guère le besoin de leur secours ; s’ils voulaient vous catéchiser, vous êtes trop vieux pour être catéchisés, bien que vous ne soyez pas trop vieux pour être ignorants et impies. Quoi qu’ils puissent vous dire pour votre bien, vous êtes si présomptueux et si sages à vos propres yeux (jusque dans les profondeurs de l’ignorance) que vous ne voulez tenir compte de rien qui ne s’accorde avec vos idées présentes ; mais vous contredisez vos maîtres, comme si vous étiez plus sages qu’eux ; vous résistez à tout ce qu’ils peuvent vous dire, par votre ignorance, votre obstination, vos folles chicanes, vos faux-fuyants et vos refus ingrats ; de sorte qu’aucun bien qui vous est offert ne peut trouver auprès de vous un accueil favorable.
4. De plus, il est manifeste que vous êtes vos propres destructeurs, en ce que vous tirez la matière de votre péché et de votre perdition du Dieu béni lui-même. Vous n’aimez pas les desseins de sa sagesse ; vous n’aimez pas sa justice, mais vous la prenez pour de la cruauté ; vous n’aimez pas sa sainteté, mais vous êtes prêts à penser qu’il est tel que vous, Psaume 50:21, et qu’il fait aussi peu de cas du péché que vous ; vous n’aimez pas sa vérité, mais vous voudriez que ses menaces, et même ses menaces péremptoires, se trouvent fausses. Et sa bonté, que vous semblez approuver le plus hautement, en partie vous lui résistez, en tant qu’elle voudrait vous conduire à la repentance, et en partie vous en abusez pour fortifier votre péché, comme si vous pouviez pécher librement parce que Dieu est miséricordieux, et parce que sa grâce abonde tant.
5. Bien plus, vous tirez la perdition du Rédempteur béni, et la mort du Seigneur de la vie lui-même ! Et rien ne vous enhardit davantage dans le péché que le fait que Christ est mort pour vous ; comme si maintenant le danger de mort était passé, et que vous pussiez vous risquer hardiment ; comme si Christ s’était fait le serviteur de Satan et de vos péchés, et devait vous servir pendant que vous l’outragez ; et parce qu’il est devenu le médecin des âmes, et qu’il peut sauver parfaitement ceux qui s’approchent de Dieu par lui, vous pensez qu’il doit vous laisser refuser son secours et jeter les remèdes, et qu’il doit vous sauver, que vous veniez à Dieu par lui ou non ; de sorte qu’une grande partie de vos péchés est occasionnée par votre présomption hardie sur la mort de Christ ; sans considérer qu’il est venu pour racheter son peuple de ses péchés, pour le sanctifier et en faire un peuple qui lui appartienne, et pour le conformer dans la sainteté à l’image de son Père céleste et de son chef. Matthieu 1:21. Tite 2:14. 1 Pierre 1:15, 16. — Colossiens 3:10, 11. Philippiens 3:9, 10.
6. Vous tirez aussi votre propre perdition de toutes les providences et de toutes les œuvres de Dieu. Quand vous pensez à sa prescience et à ses décrets éternels, c’est pour vous endurcir dans votre péché, ou pour remplir votre esprit de pensées querelleuses, comme si ses décrets pouvaient vous épargner la peine de la repentance et d’une vie sainte, ou bien étaient la cause du péché et de la mort. S’il vous afflige, vous murmurez ; s’il vous fait prospérer, vous l’oubliez d’autant plus, et vous êtes d’autant plus rétifs à penser à la vie à venir. Si les méchants prospèrent, vous oubliez la fin qui réglera tous les comptes ; et vous êtes prêts à penser qu’il vaut autant être méchant que pieux ; et ainsi vous tirez votre mort de tout.
7. Et vous faites de même de toutes les créatures et de toutes les grâces que Dieu vous accorde. Il vous les donne comme des gages de son amour et comme un équipement pour son service, et vous les tournez contre lui, pour le plaisir de votre chair. Vous mangez et vous buvez pour satisfaire votre appétit, et non pour la gloire de Dieu, ni pour vous rendre capables d’accomplir son œuvre. Vos vêtements, vous en abusez pour l’orgueil. Vos richesses détournent vos cœurs du ciel, Philippiens 3:18. Vos honneurs et les applaudissements vous enflent. Si vous avez richesse et force, cela vous rend plus assurés, et vous fait oublier votre fin. Bien plus, vous abusez même des grâces faites aux autres hommes, pour votre propre mal. Si vous voyez leurs honneurs et leur dignité, vous êtes poussés à l’envie. Si vous voyez leurs richesses, vous êtes prêts à les convoiter. Si vous regardez la beauté, vous êtes excités à la convoitise. Et c’est bien heureux si la piété elle-même ne vous offusque pas la vue.
8. Les dons mêmes que Dieu vous accorde, et les ordonnances de grâce qu’il a instituées pour son Église, vous les tournez en péché. Si vous avez de meilleures facultés que d’autres, vous devenez orgueilleux et présomptueux. Si vous n’avez que des dons communs, vous les prenez pour une grâce spéciale. Vous tenez le simple fait d’entendre votre devoir pour une si bonne œuvre, qu’elle devrait vous excuser de ne pas l’accomplir. Vos prières sont changées en péché, parce que vous gardez l’iniquité dans votre cœur, Psaume 66:18. « Et vous ne vous éloignez pas de l’iniquité quand vous invoquez le nom du Seigneur », 2 Timothée 2:19. « Vos prières sont une abomination, parce que vous détournez l’oreille pour ne pas écouter la loi », Proverbes 28:9 ; et vous êtes plus prompts à offrir le sacrifice des insensés (pensant rendre à Dieu quelque service particulier) qu’à écouter sa parole et à lui obéir, Ecclésiaste 4:17.
9. Bien plus, les personnes que vous fréquentez, et toutes leurs actions, vous en faites les occasions de votre péché et de votre perdition. S’ils vivent dans la crainte de Dieu, vous les haïssez. — S’ils vivent dans l’impiété, vous les imitez. Si les méchants sont nombreux, vous pensez pouvoir les suivre plus hardiment. Si les pieux sont peu nombreux, vous êtes d’autant plus enhardis à les mépriser. S’ils marchent avec exactitude, vous les trouvez trop scrupuleux ; si l’un d’eux tombe dans une tentation particulière, vous trébuchez sur lui, et vous vous détournez de la sainteté parce que d’autres ne sont qu’imparfaitement saints ; comme si vous étiez autorisés à vous rompre le cou, parce que quelques autres, par inattention, se sont foulé un tendon ou démis un os. Si un hypocrite se découvre, vous dites : ils sont tous pareils, et vous vous croyez aussi honnêtes qu’eux. Un homme qui fait profession de piété peut à peine glisser dans quelque faute que, parce qu’il s’est coupé le doigt, vous pensez pouvoir hardiment vous couper la gorge. Si les ministres vous parlent franchement, vous dites qu’ils invectivent. S’ils parlent avec douceur ou froideur, ou bien vous dormez sous leur prédication, ou bien vous n’êtes guère plus touchés que les bancs sur lesquels vous êtes assis. Si quelques erreurs se glissent dans l’Église, les uns les accueillent avidement, et les autres en font un reproche à la doctrine chrétienne, qui leur est pourtant le plus contraire. Et si nous voulions vous détourner de quelque ancienne erreur enracinée, qui ne peut alléguer que deux, ou trois, ou six, ou sept cents ans de coutume, vous êtes aussi offensés d’une proposition de réforme que si vous deviez y perdre la vie ; et vous tenez ferme aux vieilles erreurs, tout en criant contre les nouvelles. Il ne peut guère s’élever un différend entre les ministres de l’Évangile, sans que vous en tiriez votre propre mort. Et vous ne voulez pas entendre, ou du moins pas pratiquer, la doctrine incontestable de ceux d’entre eux qui ne s’accordent pas avec vos idées. L’un ne veut pas entendre un ministre parce qu’il dit l’oraison dominicale ; et un autre ne veut pas l’entendre parce qu’il ne s’en sert pas. L’un ne veut pas entendre ceux qui sont pour l’épiscopat ; et un autre ne veut pas entendre ceux qui sont contre. Et je pourrais ainsi vous montrer, dans bien d’autres cas, comment vous tournez tous ceux qui vous approchent à votre propre perdition ; tant il est clair que les impies sont leurs propres destructeurs, et que leur perdition vient d’eux-mêmes.
Il me semble maintenant qu’à la considération de ce qui a été dit, et en repassant vos propres voies, vous devriez réfléchir à ce que vous avez fait, et avoir honte et être profondément humiliés en vous en souvenant. Si vous ne l’êtes pas, je vous prie de considérer les vérités suivantes :
1. Être vos propres destructeurs, c’est pécher contre le principe le plus profond de votre nature, à savoir le principe de la conservation de soi. Toute chose désire naturellement sa propre félicité, son bien-être ou sa perfection, ou y incline. Et vous, vous appliquerez-vous à votre propre perte ? Quand il vous est commandé d’aimer votre prochain comme vous-mêmes, on suppose que vous vous aimez naturellement vous-mêmes. Mais si vous n’aimez pas votre prochain mieux que vous-mêmes, il semble que vous voudriez que le monde entier fût damné.
2. Combien vous contrariez vos propres intentions ! Je sais que vous n’avez pas l’intention de vous damner, alors même que vous vous procurez la damnation. Vous pensez ne faire que du bien à vous-mêmes, en satisfaisant les désirs de votre chair ; mais hélas ! ce n’est qu’une gorgée d’eau froide dans une fièvre brûlante, ou que l’action de gratter une dartre qui démange, ce qui accroît le mal et la douleur. Si vraiment vous voulez du plaisir, du profit ou de l’honneur, cherchez-les là où ils se trouvent, et ne les poursuivez pas sur le chemin de l’enfer.
3. Quel dommage que vous fassiez contre vous-mêmes ce que nul autre, sur la terre ou en enfer, ne peut faire ! Si le monde entier était ligué contre vous, ou si tous les démons de l’enfer étaient ligués contre vous, ils ne pourraient vous perdre sans vous-mêmes, ni vous faire pécher sinon par votre propre consentement. Et ferez-vous contre vous-mêmes ce que nul autre ne peut faire ? Vous avez des pensées de haine contre le diable, parce qu’il est votre ennemi et cherche votre perte. Et serez-vous pires que des démons envers vous-mêmes ? Or c’est bien là votre cas, si vous aviez un cœur pour le comprendre : quand vous courez au péché, que vous fuyez la piété, et que vous refusez de vous convertir à l’appel de Dieu, vous faites plus contre votre propre âme que les hommes ou les démons ne pourraient faire d’ailleurs. Et si vous vous appliquiez, et tendiez tout votre esprit à vous faire le plus grand mal possible, vous ne pourriez imaginer d’en faire un plus grand.
4. Vous êtes infidèles au dépôt que Dieu vous a confié. Il vous a confié dans une large mesure votre propre salut ; et trahirez-vous ce dépôt ? Il vous a chargés de garder votre cœur avec toute vigilance ; est-ce là le garder ? Proverbes 4:23.
5. Vous défendez même à tous les autres d’avoir pitié de vous, quand vous ne voulez avoir aucune pitié de vous-mêmes. — Si vous criez à Dieu au jour de votre malheur : miséricorde, miséricorde ! que pouvez-vous attendre, sinon qu’il vous repousse et vous dise : « Non, tu n’as pas voulu avoir pitié de toi-même : qui t’a attiré cela, sinon ta propre obstination ? » Et si vos frères vous voient éternellement dans la misère, comment auront-ils pitié de vous, qui avez été vos propres destructeurs, et n’avez pas voulu vous laisser détourner ?
6. Cela fera de vous éternellement vos propres bourreaux en enfer, de penser que vous vous êtes volontairement amenés vous-mêmes à cette misère. Ô quelle pensée torturante ce sera, à jamais, de vous dire que ce fut votre propre ouvrage ! — Que vous fûtes avertis de ce jour, et avertis encore, mais que rien n’y fit ! Que vous avez péché volontairement, et vous êtes volontairement détournés de Dieu ! Que vous aviez du temps aussi bien que d’autres, mais que vous en avez abusé ! Que vous aviez des maîtres aussi bien que d’autres, mais que vous avez refusé leurs instructions ! Vous aviez de saints exemples, mais vous ne les avez pas imités. On vous a offert Christ, la grâce et la gloire, aussi bien qu’aux autres ; mais vous aviez plus de goût pour votre plaisir charnel. Vous aviez en main de quoi acheter, mais vous n’aviez pas le cœur de l’employer, Proverbes 17:16. — Peut-il se faire que la pensée de votre folie présente ne vous tourmente pas ? Ô si vos yeux étaient ouverts pour voir ce que vous avez fait, en faisant tort volontairement à votre propre âme ! et si vous compreniez mieux ces paroles de Dieu, Proverbes 8:33, 34, 35, 36 : « Écoutez l’instruction, pour devenir sages, Ne la rejetez pas. Heureux l’homme qui m’écoute, Qui veille chaque jour à mes portes, Et qui en garde les poteaux! Car celui qui me trouve a trouvé la vie, Et il obtient la faveur de l’Éternel. Mais celui qui pèche contre moi nuit à son âme; Tous ceux qui me haïssent aiment la mort. »
Et maintenant que j’arrive à la conclusion de cet ouvrage, mon cœur est troublé à la pensée de la manière dont je vous quitterai, de peur qu’après cela la chair ne vous trompe encore, que le monde et le diable ne vous tiennent endormis, et que je ne vous laisse tels que je vous ai trouvés, jusqu’à ce que vous vous réveilliez en enfer. Bien que, dans mon souci de vos pauvres âmes, je craigne cela, connaissant l’obstination d’un cœur charnel, je puis pourtant dire avec le prophète Jérémie, 17:16 : « Je n’ai pas non plus désiré le jour du malheur, tu le sais » ; je n’ai pas, avec Jacques et Jean, désiré « que le feu descende du ciel » pour consumer ceux qui refusaient Jésus-Christ (Luc 9:54) ; mais c’est à prévenir le feu éternel que je me suis efforcé pendant tout ce temps ! Et ô, que ce fût un travail inutile ! Que Dieu et la conscience eussent bien voulu m’épargner cette peine, autant que certains d’entre vous l’auraient voulu ! — Chers amis ! il me répugne tant que vous mouriez dans le feu éternel et soyez exclus du ciel, s’il est possible de l’empêcher, que je vous demanderai encore une fois : que résolvez-vous maintenant ? Voulez-vous vous convertir, ou mourir ? Je vous regarde comme un médecin regarde son malade atteint d’une maladie dangereuse, et lui dit : « Bien que vous soyez très atteint, prenez seulement ce remède, et abstenez-vous seulement de ces quelques choses qui vous sont nuisibles, et j’ose vous garantir la vie ; mais si vous ne voulez pas le faire, vous n’êtes qu’un homme mort. » — Que penseriez-vous d’un tel homme, si le médecin et tous les amis qu’il a ne pouvaient le persuader de prendre un seul remède pour sauver sa vie, ou de s’abstenir d’une ou deux choses empoisonnées qui le tueraient ? — Tel est votre cas. Si loin que vous soyez allés dans le péché, convertissez-vous seulement maintenant, venez à Christ et prenez ses remèdes, et vos âmes vivront. Rejetez par la repentance vos péchés mortels, et ne retournez plus à ce vomissement empoisonné, et vous vous porterez bien. Encore, si c’était à vos corps que nous avions affaire, nous saurions en partie que faire pour vous : bien que vous n’y consentiez pas, on pourrait vous tenir ou vous lier pendant qu’on vous verserait le remède dans la gorge, et l’on pourrait tenir loin de vous les choses nuisibles. Mais pour vos âmes il ne peut en être ainsi ; nous ne pouvons vous convertir contre votre volonté. On ne transporte pas des fous au ciel enchaînés ; vous pouvez être condamnés contre votre volonté, parce que vous avez péché par votre volonté ; mais vous ne pouvez être sauvés contre votre volonté. La sagesse de Dieu a jugé bon de faire dépendre très largement le salut ou la perdition des hommes du choix de leur propre volonté ; de sorte que nul n’ira au ciel qui n’ait choisi le chemin du ciel, et que nul n’ira en enfer sans être forcé de dire : « J’ai ce que j’ai choisi ; c’est ma propre volonté qui m’a amené ici. » — Or, si je pouvais seulement vous amener à vouloir, à vouloir pleinement, résolument et d’une manière constante, l’œuvre serait plus qu’à moitié faite. — Et hélas ! faut-il que nous perdions nos amis, et qu’ils perdent leur Dieu, leur bonheur, leurs âmes, faute de cela ? Oh ! à Dieu ne plaise ! C’est une chose étrange pour moi que des hommes soient si inhumains et si stupides dans les plus grandes affaires, eux qui dans les moindres choses sont très polis, courtois et bons voisins. Pour autant que je sache, j’ai l’affection de tous, ou de presque tous mes voisins, au point que si j’envoyais à n’importe quel homme de la ville, de la paroisse ou du pays, pour lui demander un service raisonnable, il me l’accorderait ; et quand je viens leur demander la plus grande chose du monde, pour eux-mêmes et non pour moi, je ne puis obtenir de beaucoup d’entre eux qu’une audience patiente. Je ne sais si les gens pensent qu’un homme en chaire parle sérieusement ou non, et pense ce qu’il dit ; car je crois avoir peu de voisins qui, si j’étais assis familièrement avec eux à leur raconter ce que j’ai vu, ou fait, ou appris dans le monde, ne me croiraient et ne tiendraient compte de ce que je dis ; mais quand je leur dis, d’après la parole infaillible de Dieu, ce qu’ils verront et connaîtront eux-mêmes dans le monde à venir, ils montrent par leur vie ou qu’ils ne le croient pas, ou qu’ils n’en font pas grand cas. Si j’en rencontrais un sur le chemin et lui disais : Là-bas il y a un puits de mine, ou il y a des sables mouvants, ou des voleurs sont en embuscade pour vous ; je pourrais le persuader de faire un détour ; mais quand je leur dis que Satan est en embuscade pour eux, que le péché est pour eux un poison, et que l’enfer n’est pas une chose dont on plaisante, ils continuent comme s’ils ne m’entendaient pas. — En vérité, voisins, je suis aussi sérieux avec vous en chaire que je le suis dans n’importe quel entretien familier ; et si jamais vous voulez m’écouter, je vous en supplie, que ce soit ici. Je crois qu’il n’y a pas un homme parmi vous tous qui, si ma propre âme dépendait de votre volonté, ne voudrait la sauver (bien que je ne puisse promettre que vous quitteriez vos péchés pour cela). Si j’arrivais affamé ou nu à l’une de vos portes, ne me donneriez-vous pas plus qu’une tasse à boire pour me soulager ? J’en suis sûr ; s’il s’agissait de sauver ma vie, je sais que (certains d’entre vous) vous risqueriez la vôtre. Et pourtant, ne vous laisserez-vous pas supplier de renoncer à vos plaisirs sensuels pour votre propre salut ? Je vous déclare, Messieurs, que je mendie auprès de vous aujourd’hui, pour le salut de vos propres âmes, d’aussi bon cœur que je le ferais pour mon propre besoin, si j’étais forcé de venir mendier à vos portes. Et c’est pourquoi, si vous voulez m’écouter alors, écoutez-moi maintenant ; si vous voulez avoir pitié de moi alors, laissez-vous supplier maintenant d’avoir pitié de vous-mêmes. Je vous supplie encore, comme si c’était à genoux, d’écouter votre Rédempteur, et de vous convertir, afin de vivre. — Vous tous qui avez vécu jusqu’à ce jour dans l’ignorance, l’insouciance et la présomption ; vous tous qui avez été noyés dans les soucis du monde, et n’avez aucun goût pour Dieu et pour la gloire éternelle ; vous tous qui êtes esclaves de vos désirs charnels, des viandes et de la boisson, des divertissements et des convoitises ; et vous tous qui ne connaissez pas la nécessité de la sainteté, et n’avez jamais connu l’œuvre sanctifiante du Saint-Esprit en vos âmes ; qui n’avez jamais embrassé votre Rédempteur béni par une foi vivante, avec une intelligence admirative et reconnaissante de son amour ; et qui n’avez jamais senti pour Dieu et pour le ciel une plus haute estime et un amour plus cordial que pour votre prospérité charnelle et pour les choses d’ici-bas : je vous supplie instamment, non seulement pour l’amour de moi, mais pour l’amour du Seigneur et pour l’amour de vos âmes, de ne pas rester un jour de plus dans votre condition passée, mais de regarder autour de vous, et de crier à Dieu pour obtenir la grâce qui convertit, afin que vous deveniez de nouvelles créatures, et que vous échappiez aux fléaux qui sont tout près devant vous. Et si jamais vous voulez faire quelque chose pour moi, accordez-moi cette requête : détournez-vous de vos mauvaises voies, et vivez. Refusez-moi tout ce que je pourrai jamais vous demander pour moi-même, pourvu que vous m’accordiez ceci. Et si vous me refusez ceci, je ne me soucie de rien d’autre que vous pourriez m’accorder. Bien plus, si jamais vous voulez faire quelque chose à la requête du Seigneur qui vous a faits et rachetés, ne lui refusez pas ceci ; car si vous lui refusez ceci, il ne se soucie de rien de ce que vous pourriez lui accorder. Si jamais vous voulez qu’il entende vos prières, qu’il exauce vos requêtes et qu’il agisse pour vous à l’heure de la mort et au jour du jugement, ou dans quelqu’une de vos extrémités, ne refusez pas maintenant sa requête, au jour de votre prospérité. Ô croyez-le, la mort et le jugement, le ciel et l’enfer, sont tout autre chose quand vous en approchez qu’ils ne paraissent de loin à des yeux charnels. — Eh bien, quoique je ne puisse espérer aussi bien de tous, je veux espérer que certains d’entre vous se proposent à cette heure de se convertir et de vivre, et qu’ils sont prêts à dire : « À Dieu ne plaise que nous choisissions la perdition en refusant la conversion, comme nous l’avons fait jusqu’ici ! »
Si telles sont les pensées et les résolutions de vos cœurs, je vous indiquerai volontiers ce que vous avez à faire, et cela brièvement, afin que vous puissiez plus aisément vous en souvenir pour le mettre en pratique.
DIRECTION I
SI vous voulez être convertis et sauvés, appliquez-vous à comprendre la nécessité et la vraie nature de la conversion : pour quoi, de quoi, à quoi, et par quoi il vous faut vous convertir. Considérez dans quelle lamentable condition vous êtes jusqu’à l’heure de votre conversion, afin de sentir que ce n’est pas un état où l’on puisse se reposer. Vous êtes sous la culpabilité de tous les péchés que vous avez jamais commis, sous la colère de Dieu et la malédiction de sa loi ; vous êtes les esclaves du diable, et employés chaque jour à son œuvre contre le Seigneur, contre vous-mêmes et contre les autres ; vous êtes spirituellement morts et difformes, étant dépourvus de la vie sainte, de la nature et de l’image du Seigneur. Vous êtes impropres à toute œuvre sainte, et vous ne faites rien qui soit vraiment agréable à Dieu. Vous êtes sans aucune promesse ni assurance de sa protection, et vous vivez dans un danger continuel de sa justice, ne sachant à quelle heure vous pouvez être emportés en enfer, et tout à fait certains d’être damnés si vous mourez en cet état. Et rien de moins que la conversion ne peut l’empêcher. Toutes les civilités, toutes les réformes de conduite et toutes les vertus qui restent en deçà d’une vraie conversion ne procureront jamais le salut de vos âmes. Gardez sur vos cœurs le vrai sentiment de cette misère naturelle, et par conséquent de la nécessité de la conversion.
Et ensuite il vous faut comprendre ce que c’est qu’être converti : c’est avoir un cœur, une disposition nouvelle, et une conduite nouvelle.
Quest. 1. Pour quoi devons-nous nous convertir ?
Rép. Pour les fins suivantes, que vous pouvez atteindre : 1. Vous serez immédiatement faits membres vivants de Christ, et vous aurez part en lui ; vous serez renouvelés selon l’image de Dieu, ornés de toutes ses grâces, vivifiés d’une vie nouvelle et céleste, sauvés de la tyrannie de Satan et de la domination du péché ; vous serez justifiés de la malédiction de la loi, et vous aurez le pardon de tous les péchés de votre vie entière ; vous serez agréés de Dieu, faits ses fils, et vous aurez la liberté de l’appeler Père, et d’aller à lui par la prière dans tous vos besoins, avec la promesse d’être agréés ; vous aurez le Saint-Esprit qui habitera en vous, pour vous sanctifier et vous guider ; vous aurez part à la fraternité, à la communion et aux prières des saints ; vous serez rendus propres au service de Dieu, affranchis de la domination du péché, utiles et une bénédiction pour le lieu où vous vivez ; et vous aurez la promesse de la vie présente et de celle qui est à venir. Vous ne manquerez de rien de ce qui est vraiment bon pour vous, et vous serez rendus capables de supporter les afflictions nécessaires ; vous pourrez goûter quelque peu la communion avec Dieu dans l’Esprit, surtout dans toutes les saintes ordonnances, où Dieu prépare un festin pour vos âmes ; vous serez héritiers du ciel pendant que vous vivrez sur la terre, et vous pourrez entrevoir par la foi la gloire éternelle, et ainsi vivre et mourir en paix ; et vous ne serez jamais si bas que votre bonheur ne soit incomparablement plus grand que votre misère. — Combien est précieuse chacune de ces bénédictions, que je ne fais que nommer brièvement, et que vous pouvez recevoir en cette vie !
Et puis, 2. À la mort, vos âmes iront à Christ, et au jour du jugement, l’âme et le corps ensemble seront justifiés et glorifiés, et entreront dans la joie de votre Maître ; où votre bonheur consistera en ces points particuliers :
1. Vous serez vous-mêmes rendus parfaits : — vos corps mortels seront rendus immortels, et ce qui est corruptible revêtira l’incorruptibilité. Vous n’aurez plus faim, ni soif, vous ne serez plus las ni malades ; et vous n’aurez plus à craindre ni la honte, ni la douleur, ni la mort, ni l’enfer. Vos âmes seront parfaitement affranchies du péché, et parfaitement rendues propres à la connaissance, à l’amour et aux louanges du Seigneur.
2. Votre occupation sera de contempler votre glorieux Rédempteur, avec tous vos saints concitoyens du ciel ; de voir la gloire du Dieu souverainement béni, de l’aimer parfaitement, d’être aimés de lui, et de le louer éternellement.
3. Votre gloire contribuera à la gloire de la nouvelle Jérusalem, la cité du Dieu vivant ; ce qui est plus que d’avoir pour vous-mêmes une félicité particulière.
4. Votre gloire contribuera à la glorification de votre Rédempteur, qui sera éternellement magnifié et réjoui en vous, qui êtes le fruit du travail de son âme ; et cela est plus que votre propre glorification.
5. Et l’éternelle Majesté, le Dieu vivant, sera glorifiée dans votre gloire ; tant parce qu’il est magnifié par vos louanges, que parce qu’il vous communique de sa gloire et de sa bonté, et qu’il prend plaisir en vous et dans l’accomplissement de son œuvre glorieuse, dans la gloire de la nouvelle Jérusalem et de son Fils. Tout cela, le plus pauvre mendiant d’entre vous, s’il est converti, en jouira certainement et sans fin.
2. Vous voyez pour quoi il vous faut vous convertir ; ensuite il vous faut comprendre de quoi il vous faut vous détourner : et c’est, en un mot, de votre moi charnel, qui est la fin de tous les inconvertis. De la chair, qui voudrait être satisfaite avant Dieu, et qui voudrait toujours vous séduire ; du monde, qui est l’appât ; et du diable, qui est le pêcheur d’âmes et le séducteur. Et ainsi de tous les péchés connus et volontaires.
3. Ensuite il vous faut savoir vers quelle fin il vous faut vous tourner : et c’est vers Dieu comme votre fin, vers Christ comme le chemin qui mène au Père ; vers la sainteté, comme le chemin que Christ vous a assigné ; et vers l’usage de tous les secours et de tous les moyens de grâce que le Seigneur vous accorde.
4. Enfin, il vous faut savoir par quoi il vous faut vous convertir : et c’est par Christ, comme seul Rédempteur et Intercesseur ; par le Saint-Esprit, comme sanctificateur ; par la Parole, comme son instrument ou son moyen ; et par la foi et la repentance, comme les moyens et les devoirs à accomplir de votre part. Tout cela est de nécessité.
Direct. II. Si vous voulez être convertis et sauvés, livrez-vous beaucoup à une réflexion secrète et sérieuse. C’est l’irréflexion qui perd le monde. Retirez-vous souvent dans la solitude, et là, pensez à la fin pour laquelle vous avez été faits ; à la vie que vous avez menée ; au temps que vous avez perdu ; au péché que vous avez commis ; à l’amour, aux souffrances et à la plénitude de Christ ; au danger où vous êtes ; à la proximité de la mort et du jugement ; à la certitude et à l’excellence des joies du ciel ; à la certitude et à l’horreur des tourments de l’enfer, et à l’éternité des uns et des autres ; et à la nécessité de la conversion et d’une vie sainte. Trempez vos cœurs dans de telles considérations.
Direct. III Si vous voulez être convertis et sauvés, appliquez-vous à la parole de Dieu, qui est le moyen ordinaire. Lisez l’Écriture, ou écoutez-la lire, ainsi que d’autres saints écrits qui l’appliquent ; assistez constamment à la prédication publique de la parole. De même que Dieu veut éclairer le monde par le soleil, et non par lui seul sans le soleil, de même il veut convertir et sauver les hommes par ses ministres, qui sont les lumières du monde, Actes 26:17, 18. Matthieu 5:14. Quand il eut miraculeusement humilié Paul, il l’envoya à Ananias, Actes 9:10. Et quand il eut envoyé un ange à Corneille, ce ne fut que pour lui dire de faire venir Pierre, qui devait lui dire ce qu’il avait à croire et à faire.
Direct. IV. « Adonnez-vous à Dieu dans une pratique de prière ardente et constante. Confessez et déplorez votre vie passée, et implorez sa grâce pour vous éclairer et vous convertir. Suppliez-le de pardonner le passé, de vous donner son Esprit, de changer vos cœurs et vos vies, de vous conduire dans ses voies, et de vous garder des tentations. » Et appliquez-vous chaque jour à cette œuvre, et ne vous en lassez pas.
Direct. V. « Renoncez dès maintenant à vos péchés connus et volontaires. Arrêtez-vous, et n’allez pas plus loin dans cette voie. » — Ne vous enivrez plus, mais évitez-en le lieu et l’occasion. Rejetez avec horreur vos convoitises et vos plaisirs coupables, et ne médisez plus ; et si vous avez fait tort à quelqu’un, restituez, comme le fit Zachée. Si vous voulez commettre de nouveau vos anciens péchés, quelles bénédictions pouvez-vous attendre sur les moyens de la conversion ?
Direct. VI. « Changez dès maintenant de compagnie, si possible, si elle a été mauvaise jusqu’ici. » Non en abandonnant vos relations nécessaires, mais vos compagnons de péché inutiles ; et joignez-vous à ceux qui craignent le Seigneur, et demandez-leur le chemin du ciel. Actes 9:19, 26. Psaume 15:4.
Direct. VII. « Livrez-vous au Seigneur Jésus comme au médecin de vos âmes », afin qu’il vous pardonne par son sang, et vous sanctifie par son Esprit, par sa parole et par ses ministres, instruments de l’Esprit. Il est le chemin, la vérité, et la vie ; nul ne vient au Père que par lui, Jean 14:6. « Et il n’y a sous le ciel aucun autre nom par lequel vous puissiez être sauvés », Actes 4:12. Étudiez donc sa personne et sa nature, ce qu’il a fait et souffert pour vous, ce qu’il est pour vous, ce qu’il sera, et combien il est propre à pourvoir pleinement à toutes vos nécessités.
Direct. VIII. Si vous avez vraiment l’intention de vous convertir et de vivre, « faites-le promptement, sans délai ». Si vous ne voulez pas vous convertir aujourd’hui, vous ne le voulez pas du tout. — Souvenez-vous que, pendant tout ce temps, vous êtes dans votre sang, sous la culpabilité de bien des milliers de péchés, et sous la colère de Dieu, et que vous vous tenez au bord même de l’enfer ; il n’y a qu’un pas entre vous et la mort. Et ce n’est pas un cas où un homme dans son bon sens puisse rester tranquille. Debout donc, sans attendre, et fuyez comme pour sauver votre vie ; comme vous sortiriez de votre maison, si elle était tout en feu au-dessus de vos têtes. — Ô si seulement vous saviez dans quel danger continuel vous vivez, quelle perte indicible vous subissez chaque jour, et quelle vie plus sûre et plus douce vous pourriez mener, vous ne resteriez pas à vous amuser, mais vous vous convertiriez sans attendre. Des multitudes se perdent, qui diffèrent volontairement, alors qu’elles sont convaincues qu’il faut le faire. Votre vie est courte et incertaine ; et dans quel état serez-vous, si vous mourez avant de vous être pleinement convertis ! Vous avez déjà trop tardé, et trop longtemps fait tort à Dieu ; le péché prend de la force et des racines pendant que vous différez. Votre conversion deviendra plus difficile et plus douteuse. Vous avez beaucoup à faire ; ne remettez donc pas tout à la fin, de peur que Dieu ne vous abandonne et ne vous livre à vous-mêmes, et alors vous êtes perdus pour toujours.
Direct. IX. Si vous voulez vous convertir et vivre, faites-le « sans réserve, absolument et entièrement ». Ne pensez pas capituler avec Christ, partager votre cœur entre lui et le monde, renoncer à quelques péchés et garder le reste, et laisser aller ce dont votre chair peut se passer. Ce n’est là que vous tromper vous-mêmes ; il vous faut, de cœur et de résolution, renoncer à tout ce que vous avez, sinon vous ne pouvez être ses disciples, Luc 14:26, 33. Si vous ne voulez pas prendre Dieu et le ciel pour votre portion, et déposer toutes les choses d’ici-bas aux pieds de Christ, mais qu’il vous faille aussi à toute force avoir vos biens ici-bas, et une portion terrestre, et que Dieu et la gloire ne vous suffisent pas, c’est en vain que vous rêvez de salut à ces conditions, car il n’en sera rien. Si religieux que vous paraissiez, si ce n’est pourtant qu’une justice charnelle, et que la prospérité, le plaisir ou la sécurité de la chair soient encore exceptés dans votre consécration à Dieu, c’est un chemin aussi sûr vers la mort que l’impiété déclarée, quoiqu’il puisse être plus spécieux.
Direct. X. Si vous voulez vous convertir et vivre, faites-le « résolument », et ne restez pas à délibérer, comme si c’était un cas douteux. Ne restez pas à hésiter, comme si vous n’étiez pas encore sûrs que Dieu ou la chair soit le meilleur maître ; ou que le ciel ou l’enfer soit la meilleure fin ; ou que le péché ou la sainteté soit le meilleur chemin. Mais arrière vos convoitises passées, et dès maintenant, d’une manière constante et ferme, résolvez-vous. Ne soyez pas un jour d’un avis et le lendemain d’un autre ; mais soyez décidés à l’égard du monde entier, et livrez-vous résolument à Dieu, vous et tout ce que vous avez. Maintenant, pendant que vous lisez ou que vous entendez ceci, résolvez-vous. Avant de dormir une autre nuit, résolvez-vous. Avant de quitter cette place, résolvez-vous. Avant que Satan ait le temps de vous en détourner, résolvez-vous. Vous ne vous convertissez jamais vraiment avant de vous résoudre, et cela d’une résolution ferme et inébranlable. — Voilà pour les Directions.
Et maintenant j’ai fait ma part dans cette œuvre, pour que vous vous convertissiez à l’appel de Dieu et que vous viviez ; ce qu’il en adviendra, je ne puis le dire : j’ai jeté la semence sur l’ordre de Dieu, mais il n’est pas en mon pouvoir de la faire croître. Je ne puis aller plus loin avec mon message : je ne puis le porter jusqu’à vos cœurs, ni le rendre efficace ; je ne puis faire votre part à votre place, qui est de l’accueillir et de le considérer ; je ne puis faire la part de Dieu, en ouvrant votre cœur pour vous le faire accueillir ; je ne puis non plus montrer le ciel ou l’enfer à vos yeux, ni vous donner des cœurs nouveaux et tendres. Si je savais que faire de plus pour votre conversion, j’espère que je le ferais.
Mais ô toi, qui es le Père plein de grâce des esprits, tu as juré que tu ne prends point plaisir à la mort du méchant, mais plutôt à ce qu’il se convertisse et qu’il vive ; ne refuse pas ta bénédiction à ces exhortations et à ces directions, et ne permets pas que tes ennemis triomphent sous tes yeux, ni que le grand séducteur des âmes l’emporte sur ton Fils, ton Esprit et ta Parole ! Ô aie pitié des pauvres pécheurs inconvertis, qui n’ont pas de cœur pour avoir pitié d’eux-mêmes : ordonne aux aveugles de voir, aux sourds d’entendre, et aux morts de vivre, et ne permets pas que le péché et la mort puissent te résister. — Réveille ceux qui sont dans une fausse sécurité, décide les indécis, affermis ceux qui chancellent, et que les yeux des pécheurs qui lisent ces lignes soient ensuite employés à pleurer sur leurs péchés ; et ramène-les à eux-mêmes et à ton Fils, avant que leurs péchés ne les aient conduits à la perdition. Si tu dis seulement une parole, ces pauvres efforts réussiront à gagner bien des âmes, pour leur joie éternelle et leur gloire éternelle. Amen.
FIN.
Chapitre 6 terminé
Sermon IV