Chapitre 4 · 1 h 7 min de lecture · 1 h 26 min d’écoute
Sermon II
Ézéchiel 33:11.
Dis-leur: je suis vivant! Dit le Seigneur, l’Éternel, ce que je désire, ce n’est pas que le méchant meure, c’est qu’il change de conduite et qu’il vive. Revenez, revenez de votre mauvaise voie; et pourquoi mourriez-vous, maison d’Israël?
UNE description fidèle de ceux qui sont dans l’état de conversion vous a déjà été donnée ; le changement que la conversion opère dans l’âme vous a aussi été décrit ; et l’on vous renouvelle de la manière la plus pressante la prière d’examiner votre état avec impartialité et jusqu’au fond : ne soyez pas en repos tant que vous ne savez pas si vous êtes réellement converti.
Mais peut-être direz-vous : Et si nous nous trouvons encore inconvertis, que ferons-nous alors ? — Cette question me conduit à ma seconde doctrine, qui contribuera beaucoup à y répondre, et à laquelle je passe maintenant.
Doct. 2. C’est la promesse de Dieu que les méchants vivront, pourvu seulement qu’ils se convertissent ; qu’ils se convertissent sans feinte et entièrement.
Le Seigneur déclare ici que ce qui lui fait plaisir, c’est que le méchant se convertisse et vive. Le ciel est rendu aussi certain pour le converti que l’enfer pour l’inconverti. « Revenez, et vivez » est une vérité aussi certaine que « Revenez, ou mourez ». Dieu n’était pas tenu de nous procurer un Sauveur, ni de nous ouvrir une porte d’espérance, ni de nous appeler à nous repentir et à revenir, après que nous nous étions une fois perdus nous-mêmes par le péché ; mais il l’a fait gratuitement, pour magnifier sa miséricorde. Pécheurs, aucun de vous n’aura sujet de rentrer chez lui en disant que je vous prêche le désespoir. Avons-nous coutume de vous fermer la porte de la miséricorde ? Oh ! si seulement vous ne vous la fermiez pas à vous-mêmes ! Avons-nous coutume de vous dire que Dieu n’aura pas pitié de vous, même si vous vous convertissez et êtes sanctifiés ? Quand avez-vous jamais entendu un prédicateur dire pareille chose ? Vous qui aboyez contre les prédicateurs de l’Évangile parce qu’ils désirent vous garder hors de l’enfer, et qui dites qu’ils prêchent le désespoir, dites-moi, si vous le pouvez, quand vous avez jamais entendu un homme sensé dire qu’il n’y a point d’espérance pour vous, même si vous vous repentez et êtes convertis ? Non, c’est le contraire que nous proclamons de la part du Seigneur : quiconque est né de nouveau, et devient par la foi et la repentance une nouvelle créature, sera certainement sauvé ; et nous sommes si loin de vous persuader d’en désespérer que nous vous persuadons de n’en avoir pas le moindre doute. C’est la vie, et non la mort, qui forme la première partie de notre message ; notre mission est d’offrir le salut, un salut certain, un salut prompt, glorieux, éternel, à chacun de vous ; au plus pauvre mendiant aussi bien qu’au plus grand seigneur ; aux pires d’entre vous, même aux ivrognes, aux blasphémateurs, aux mondains, aux voleurs, oui, à ceux qui méprisent et outragent la sainte voie du salut. Le Seigneur notre Maître nous ordonne de vous offrir le pardon de tout le passé, si seulement vous voulez maintenant enfin revenir et vivre : il nous ordonne de vous supplier et de vous conjurer d’accepter l’offre et de revenir ; de vous dire quels préparatifs Christ a faits ; quelle miséricorde vous attend, quelle patience vous attend, quelles pensées de bonté Dieu a envers vous, et combien vous pouvez être heureux, combien certainement et ineffablement heureux, si vous le voulez. — Nous avons, il est vrai, aussi un message de colère et de mort, oui, d’une double colère et d’une double mort ; mais ni l’une ni l’autre n’est notre message principal. Nous devons vous parler de la colère qui pèse déjà sur vous, et de la mort sous laquelle vous êtes nés, pour avoir violé la loi des œuvres ; mais ce n’est que pour vous montrer le besoin que vous avez de la miséricorde, et pour vous pousser à estimer la grâce du Rédempteur. Et nous ne vous disons rien que la vérité, qu’il vous faut connaître : car qui ira chercher un remède, s’il ne sait pas qu’il est malade ? Ce n’est pas de vous parler de votre misère qui vous rend misérables ; cela vous pousse au contraire à chercher la miséricorde. C’est vous qui avez attiré cette mort sur vous-mêmes. Nous vous parlons aussi d’une autre mort, d’un tourment sans remède et beaucoup plus grand, qui tombera sur ceux qui ne veulent pas se convertir. Mais si cela est vrai et doit vous être dit, ce n’est pourtant que la dernière et la plus triste partie de notre message. Nous devons d’abord vous offrir la miséricorde, si vous voulez vous convertir ; et c’est seulement à ceux qui ne veulent pas se convertir, ni entendre la voix de la miséricorde, que nous devons annoncer la damnation. Rejetez seulement vos transgressions, ne tardez plus, mais venez à l’appel de Christ, soyez convertis et devenez de nouvelles créatures, et nous n’avons plus un mot de colère condamnante ou de mort à prononcer contre vous. — Je proclame ici, au nom du Seigneur de la vie, à vous tous qui m’entendez aujourd’hui, au plus grand, au plus vieux pécheur, que vous pouvez avoir miséricorde et salut, si seulement vous voulez vous convertir. Il y a de la miséricorde en Dieu, il y a une suffisance dans la satisfaction de Christ, la promesse est gratuite, pleine et universelle ; vous pouvez avoir la vie, si seulement vous voulez vous convertir. Mais alors, si vous aimez vos âmes, souvenez-vous de quelle conversion parle l’Écriture. Il ne s’agit pas de réparer la vieille maison, mais de tout abattre et de rebâtir à neuf sur Christ, le rocher et le fondement sûr. Il ne s’agit pas de corriger quelque chose dans une vie charnelle, mais de mortifier la chair et de vivre selon l’esprit. Il ne s’agit pas de servir la chair et le monde d’une manière plus réformée, sans péchés scandaleux et honteux, et avec une certaine sorte de religiosité ; mais il s’agit de changer de maître, d’œuvres et de but, de tourner votre visage dans la direction contraire, de tout faire pour la vie que vous n’avez jamais vue, et de vous consacrer à Dieu, vous et tout ce que vous avez. Voilà le changement qui doit se faire, si vous voulez vivre.
Vous êtes vous-mêmes témoins maintenant que c’est le salut, et non la damnation, qui est la grande doctrine que je vous prêche, et la première partie de mon message. Acceptez-le, et nous n’irons pas plus loin avec vous ; car nous ne voudrions pas même vous effrayer ou vous troubler par le nom de damnation sans nécessité.
Mais si vous ne voulez pas être sauvés, il n’y a point de remède : la damnation doit avoir son cours ; car il n’y a point de lieu intermédiaire entre les deux : il vous faut avoir ou la vie ou la mort.
Et nous ne devons pas seulement vous offrir la vie, mais vous montrer sur quels fondements nous le faisons, et vous appeler à croire que Dieu pense réellement ce qu’il dit : que la promesse est vraie, et qu’elle s’étend, sous condition, à vous aussi bien qu’aux autres ; et que le ciel n’est pas une chimère, mais une véritable félicité.
Si vous demandez : Où est votre mandat pour faire cette offre ? Parmi cent textes de l’Écriture, je vais vous le montrer dans ces quelques-uns :
Premièrement, vous le voyez ici dans mon texte et dans les versets suivants, et au chapitre 18 d’Ézéchiel, aussi clairement qu’on peut le dire. Et en 2 Corinthiens 5:17, 18, 19, 20, 21, vous avez le résumé même de notre mandat : « Si quelqu’un est en Christ, il est une nouvelle créature. Les choses anciennes sont passées; voici, toutes choses sont devenues nouvelles. Et tout cela vient de Dieu, qui nous a réconciliés avec lui par Christ, et qui nous a donné le ministère de la réconciliation. Car Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec lui-même, en n’imputant point aux hommes leurs offenses, et il a mis en nous la parole de la réconciliation. Nous faisons donc les fonctions d’ambassadeurs pour Christ, comme si Dieu exhortait par nous; nous vous en supplions au nom de Christ: Soyez réconciliés avec Dieu! Celui qui n’a point connu le péché, il l’a fait devenir péché pour nous, afin que nous devenions en lui justice de Dieu. » De même Marc 16:15, 16 : « Allez par tout le monde, et prêchez la bonne nouvelle à toute la création. Celui qui croira (c’est-à-dire d’une foi qui convertit, telle qu’elle est ici exprimée) et qui sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné. » Et Luc 24:46, 47 : « Ainsi il est écrit que le Christ souffrirait, et qu’il ressusciterait des morts le troisième jour, et que la repentance (qui est la conversion) et le pardon des péchés seraient prêchés en son nom à toutes les nations. » Et Actes 5:30, 31 : « Le Dieu de nos pères a ressuscité Jésus, que vous avez tué, en le pendant au bois. Dieu l’a élevé par sa droite comme Prince et Sauveur, pour donner à Israël la repentance et le pardon des péchés. » Et Actes 13:38, 39 : « Sachez donc, hommes frères, que c’est par lui que le pardon des péchés vous est annoncé, et que quiconque croit est justifié par lui de toutes les choses dont vous ne pouviez être justifiés par la loi de Moïse. » Et, de peur que vous ne pensiez que cette offre est réservée aux Juifs, voyez Galates 6:15 : « Car ce n’est rien que d’être circoncis ou incirconcis; ce qui est quelque chose, c’est d’être une nouvelle créature. » Et Luc 14:17 : « Venez, car tout est déjà prêt. » Et les versets 23, 24.
Vous voyez maintenant qu’il nous est commandé de vous offrir la vie à tous, et de vous dire, de la part de Dieu, que si vous voulez vous convertir, vous pouvez vivre.
Ici, vous pouvez en toute sûreté confier vos âmes ; car l’amour de Dieu est la source de cette offre (Jean 3:16), et le sang du Fils de Dieu l’a acquise. La fidélité et la vérité de Dieu sont engagées à accomplir la promesse ; des miracles en ont scellé la vérité ; des prédicateurs sont envoyés par le monde pour la proclamer ; les sacrements sont institués et employés pour la remise solennelle de la miséricorde offerte à ceux qui veulent l’accepter ; et l’Esprit ouvre le cœur pour la recevoir, et il est lui-même les arrhes de la pleine possession. De sorte que la vérité en est hors de toute controverse : le pire d’entre vous tous, et chacun de vous, s’il veut seulement être converti, peut être sauvé.
Il est vrai que si vous voulez à toute force croire que vous serez sauvés sans conversion, vous croyez un mensonge ; et si je vous prêchais cela, je vous prêcherais un mensonge. Ce ne serait pas croire Dieu, mais le diable et votre propre cœur trompeur. — Dieu a sa promesse de vie, et le diable a sa promesse de vie. La promesse de Dieu est : « Revenez, et vivez. » La promesse du diable est : « Vous vivrez, que vous reveniez ou non. » — La parole de Dieu est, comme je vous l’ai montré : « Si vous ne vous convertissez et si vous ne devenez comme les petits enfants, vous n’entrerez pas dans le royaume des cieux » (Matthieu 18:3). « Si un homme ne naît de nouveau, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu » (Jean 3:3, 5). « Sans la sanctification, personne ne verra Dieu » (Hébreux 12:14). — La parole du diable est : « Vous pouvez être sauvés sans être nés de nouveau ni convertis ; vous pouvez fort bien vous passer d’être saints ; Dieu ne fait que vous effrayer ; il est trop miséricordieux pour faire ce qu’il dit ; il sera meilleur envers vous que sa parole. » — Et hélas ! la plus grande partie du monde croit cette parole du diable plutôt que la parole de Dieu : tout comme notre péché et notre misère sont entrés dans le monde. Dieu dit à nos premiers parents : « Si vous en mangez, vous mourrez. » Et le diable le contredit et dit : « Vous ne mourrez point, pourvu qu’à la fin vous criiez : Dieu, aie pitié ! et que vous renonciez aux actes du péché quand vous ne pourrez plus le pratiquer. » Et voilà la parole que le monde croit. — Ô méchanceté odieuse, de croire le diable plutôt que Dieu !
Et pourtant ce n’est pas encore le pire : ils appellent cela, par un blasphème, croire et se confier en Dieu, alors qu’ils lui donnent la figure de Satan, qui fut menteur dès le commencement. Et quand ils croient que la parole de Dieu est un mensonge, ils appellent cela se confier en Dieu, et disent qu’ils croient en lui et qu’ils se confient en lui pour leur salut. Où Dieu a-t-il jamais dit que les non-régénérés, les inconvertis, les non-sanctifiés seront sauvés ? Montrez-moi une telle parole dans l’Écriture. Je vous en défie, si vous le pouvez. Eh quoi ! c’est là la parole du diable, et la croire, c’est croire le diable : c’est le péché qu’on appelle communément la présomption. Et vous appelez cela croire Dieu et se confier en lui ? Il y a tout, dans la parole de Dieu, pour consoler et fortifier le cœur des sanctifiés ; mais pas un mot pour fortifier les mains de la méchanceté, ni pour donner aux hommes la moindre espérance d’être sauvés, s’ils ne sont jamais sanctifiés.
Mais si vous voulez vous convertir et entrer dans la voie de la miséricorde, la miséricorde du Seigneur est prête à vous accueillir. Alors confiez-vous hardiment en Dieu pour votre salut ; car il s’est engagé par sa parole à vous sauver. Il ne sera un père que pour ses enfants, et il ne sauvera que ceux qui abandonnent le monde, le diable et la chair, et qui entrent dans sa famille pour être membres de son Fils et avoir communion avec ses saints. Mais s’ils ne veulent pas entrer, la faute en est à eux-mêmes. Ses portes sont ouvertes, il ne repousse personne. Il n’a jamais envoyé à aucun de vous un message comme celui-ci : « Il est trop tard maintenant ; je ne te recevrai pas, quand même tu serais converti. » — Il aurait pu le faire sans vous faire aucun tort ; mais il ne l’a pas fait ; il ne le fait pas jusqu’à ce jour : il est toujours prêt à vous recevoir, si seulement vous étiez prêts à vous convertir sans feinte et de tout votre cœur. Et la plénitude de cette vérité paraîtra encore davantage dans les deux doctrines suivantes, auxquelles je vais donc passer avant de faire aucune autre application de celle-ci.
Doct. 3. Dieu prend plaisir à la conversion et au salut des hommes, mais non à leur mort ou à leur damnation : il aime mieux qu’ils se convertissent et vivent, que de les voir continuer et mourir.
Je vous enseignerai d’abord comment il faut l’entendre, puis je vous en mettrai la vérité en lumière.
Et, pour le premier point, vous devez observer les choses suivantes.
1. Une simple volonté, ou complaisance, est le premier acte de la volonté, qui suit la simple appréhension de l’entendement, avant qu’elle en vienne à comparer les choses entre elles. Mais l’acte de choix de la volonté est un acte subséquent, et il suppose l’acte pratique de comparaison de l’entendement. Et ces deux actes peuvent souvent se porter vers des objets contraires, sans aucune faute de la part de la personne.
2. Une volonté sincère peut avoir divers degrés. Il y a des choses que je veux au point de faire tout ce qui est en mon pouvoir pour les accomplir ; et il y a des choses que je veux sincèrement qu’un autre fasse, sans pourtant faire tout ce que je pourrais pour les lui procurer, ayant bien des raisons qui m’en détournent, bien que je fasse cependant tout ce qu’il m’appartient de faire.
3. La volonté d’un souverain, en tant que tel, se manifeste dans l’établissement et l’exécution des lois ; mais la volonté d’un homme, dans sa simple capacité naturelle, ou en tant que maître absolu de ce qui lui appartient, se manifeste dans le fait de désirer ou de décider des événements.
4. La volonté d’un souverain, en tant que législateur, est d’abord et principalement que ses lois soient observées, et nullement que la peine soit exécutée sur qui que ce soit, sinon dans la supposition qu’on refusera d’obéir à ses lois. Mais la volonté d’un souverain, en tant que juge, suppose la loi déjà gardée ou violée ; et c’est pourquoi il décide en conséquence des récompenses ou des châtiments.
Après avoir posé ces distinctions nécessaires, je vais maintenant les appliquer au cas présent dans les propositions suivantes.
1. C’est dans le miroir de la Parole et des créatures que nous devons, en cette vie, connaître Dieu ; et ainsi, selon la nature de l’homme, nous lui attribuons entendement et volonté, en écartant toutes les imperfections que nous pouvons, parce que nous ne sommes capables d’aucune conception positive plus haute de lui.
2. Et, sur les mêmes fondements, nous distinguons (avec l’Écriture) entre les actes de la volonté de Dieu, selon qu’ils sont diversifiés par les rapports ou par les objets, bien que, quant à l’essence de Dieu, ils ne fassent qu’un.
3. Et nous le faisons avec d’autant plus de hardiesse que, lorsque nous parlons de Christ, nous en avons un fondement plus grand dans la nature humaine.
4. Et ainsi nous disons que la simple complaisance, la volonté ou l’amour de Dieu se portent vers tout ce qui est naturellement ou moralement bon, selon la nature et le degré de sa bonté. Et ainsi il prend plaisir à la conversion et au salut de tous, ce qui pourtant n’arrivera jamais.
5. Et Dieu, souverain et législateur du monde, a une volonté pratique de leur salut, au point de leur faire une libre donation de Christ et de la vie, et un acte d’amnistie pour tous leurs péchés, pourvu qu’ils ne les rejettent pas avec ingratitude ; et au point d’ordonner à ses messagers d’offrir ce don au monde entier, et de les persuader de l’accepter. Et ainsi il fait tout ce qu’il lui appartient de faire, comme législateur ou comme auteur de la promesse, pour leur salut.
6. Mais pourtant il décrète, en tant que législateur, que ceux qui ne veulent pas se convertir mourront ; et, en tant que juge, quand leur jour de grâce sera passé, il exécutera ce décret.
7. De sorte qu’il veut ainsi sincèrement la conversion de ceux qui ne seront jamais convertis ; mais non en tant que Seigneur absolu, avec la résolution efficace la plus pleine, ni comme une chose qu’il décrète devoir arriver sans aucun doute, ou pour l’accomplissement de laquelle il engagerait toute sa puissance. Il est au pouvoir d’un prince de mettre une garde auprès d’un meurtrier, pour veiller à ce qu’il ne commette pas de meurtre et ne soit pas pendu ; mais si, pour de bonnes raisons, il s’en abstient, et se contente d’envoyer vers ses sujets pour les avertir et les conjurer de ne pas être des meurtriers, j’espère qu’il peut bien dire qu’il ne voudrait pas les voir commettre un meurtre et être pendus : il n’y prend aucun plaisir, mais il aime mieux qu’ils s’en abstiennent et vivent. Et s’il fait davantage pour quelques-uns, pour quelque raison particulière, on ne voit pas qu’il le fasse pour tous. Le roi peut bien dire à tous les meurtriers et à tous les criminels du pays : « Je ne prends aucun plaisir à votre mort, mais j’aime mieux que vous obéissiez à mes lois et que vous viviez ; mais si vous ne le voulez pas, j’ai résolu malgré tout que vous mourrez. » — Le juge peut dire en vérité au voleur ou au meurtrier : « Hélas ! mon ami, je ne prends aucun plaisir à ta mort ; j’aurais mieux aimé que tu eusses gardé la loi et sauvé ta vie ; mais puisque tu ne l’as pas fait, il faut que je te condamne, ou bien je serais injuste. » Ainsi, bien que Dieu ne prenne aucun plaisir à votre damnation, et que pour cette raison il vous appelle à revenir et à vivre, il prend pourtant plaisir à la manifestation de sa propre justice et à l’exécution de ses lois ; et c’est pourquoi il a, malgré tout, pleinement résolu que, si vous ne voulez pas être convertis, vous serez condamnés. Si Dieu était opposé à la mort du méchant au point d’être résolu à faire tout ce qu’il peut pour l’empêcher, alors aucun homme ne serait condamné ; tandis que Christ vous dit que peu seront sauvés. Mais Dieu est opposé à votre damnation en ce sens qu’il veut vous enseigner et vous avertir, mettre devant vous la vie et la mort, vous offrir le choix, et ordonner à ses ministres de vous conjurer de ne pas vous damner vous-mêmes, mais d’accepter sa miséricorde, et ainsi de vous laisser sans excuse. Mais si cela ne suffit pas, et si vous demeurez inconvertis, il vous déclare qu’il est résolu à votre damnation, et il nous a ordonné de vous dire en son nom (verset 18) : « Méchant, tu mourras! » Et Christ l’a presque juré, encore et encore, par un « En vérité, en vérité, si vous ne vous convertissez et ne naissez de nouveau, vous ne pouvez entrer dans le royaume des cieux » (Matthieu 18:3 ; Jean 3:3). Remarquez qu’il a dit : vous ne pouvez. Il est vain de l’espérer, et vain de rêver que Dieu y consente, car c’est une chose qui ne peut pas être.
En un mot, vous voyez donc le sens du texte : Dieu, le grand législateur du monde, ne prend aucun plaisir à la mort du méchant, mais il aime mieux qu’il se convertisse et vive ; bien qu’il soit cependant résolu à ce que nul ne vive, sinon ceux qui se convertissent, et que, comme juge, il prenne même plaisir à la justice et à la manifestation de sa haine du péché, mais non à la misère que les méchants ont attirée sur eux-mêmes, considérée en elle-même.
2. Quant aux preuves de ce point, je serai très bref, parce que je suppose que vous le croyez déjà sans peine.
1. La nature même de Dieu, si pleine de grâce, proclamée en Exode 34:6 et 20:6, et souvent ailleurs, peut vous assurer de ceci : qu’il ne prend aucun plaisir à votre mort.
2. Si Dieu prenait plus de plaisir à ta mort qu’à ta conversion et à ta vie, il ne t’aurait pas si souvent commandé dans sa parole de te convertir ; il ne t’aurait pas fait de telles promesses de vie, si seulement tu veux te convertir ; il ne t’y aurait pas exhorté par tant de raisons. La teneur de son Évangile prouve ce point.
3. Et le mandat qu’il a donné aux ministres de l’Évangile le prouve pleinement. Si Dieu avait pris plus de plaisir à votre damnation qu’à votre conversion et à votre salut, il ne nous aurait jamais chargés de vous offrir la miséricorde, et de vous enseigner le chemin de la vie, en public et en particulier ; de vous conjurer et de vous supplier de revenir et de vivre ; de vous faire connaître vos péchés et de vous avertir de votre danger, et de faire tout ce que nous pouvons pour votre conversion, et de continuer patiemment à le faire, quand même vous nous haïriez ou nous maltraiteriez pour notre peine. Dieu aurait-il fait cela, et établi ses ordonnances pour votre bien, s’il avait pris plaisir à votre mort ?
4. Cela se prouve aussi par le cours de sa providence. Si Dieu aimait mieux vous voir damnés que convertis et sauvés, il n’appuierait pas sa parole par ses œuvres, il ne vous attirerait pas à lui par sa bonté de chaque jour, il ne vous donnerait pas toutes les grâces de cette vie, qui sont ses moyens pour vous conduire à la repentance (Romains 2:4), et il ne vous ferait pas passer si souvent sous sa verge pour vous ramener à la raison. Il ne mettrait pas tant d’exemples devant vos yeux, non, et il ne vous attendrait pas aussi patiemment qu’il le fait, de jour en jour et d’année en année. Ce ne sont pas là les signes de quelqu’un qui prend plaisir à votre mort. — Si c’eût été là son plaisir, avec quelle facilité n’aurait-il pas pu t’avoir depuis longtemps en enfer ? Combien de fois, avant ce jour, n’aurait-il pas pu t’enlever au milieu de tes péchés, une malédiction, un jurement ou un mensonge à la bouche, dans ton ignorance, ton orgueil et ta sensualité ? La dernière fois que tu étais dans ton ivresse, ou que tu tournais en dérision les voies de Dieu, avec quelle facilité n’aurait-il pas pu arrêter ton souffle, te dompter par ses fléaux et te rendre sobre dans un autre monde ? Hélas ! que c’est peu de chose pour le Tout-Puissant de maîtriser la langue du railleur le plus profane, de lier les mains du persécuteur le plus malveillant, ou d’apaiser la fureur du plus acharné de ses ennemis, et de leur faire savoir qu’ils ne sont que des vers ! S’il te jetait un regard de colère, tu tomberais dans ta tombe. S’il donnait mission à l’un de ses anges d’aller détruire dix mille pécheurs, que ce serait vite fait ! Avec quelle facilité ne peut-il pas te coucher sur un lit de langueur, et t’y faire hurler de douleur, et te faire ravaler les paroles d’outrage que tu as prononcées contre ses serviteurs, sa parole, son culte et ses saintes voies, et te faire envoyer mendier les prières de ceux que tu méprisais dans ta présomption ! Avec quelle facilité ne peut-il pas livrer ta chair aux tranchées et aux gémissements, la rendre trop faible pour retenir ton âme, et la rendre plus répugnante que le fumier de la terre ! — Cette chair qui maintenant doit avoir ce qu’elle aime, et qu’il ne faut pas mécontenter, quand même Dieu serait mécontent ; qu’il faut flatter dans le manger, le boire et les vêtements, quoi que Dieu dise au contraire, avec quelle rapidité les regards irrités de Dieu ne la consumeraient-ils pas ? — Quand tu défendais passionnément ton péché, que tu querellais ceux qui voulaient t’en détourner, que tu montrais ton dépit contre celui qui te reprenait, et que tu plaidais pour les œuvres des ténèbres, avec quelle facilité Dieu n’aurait-il pas pu t’enlever en un instant et te placer devant sa redoutable Majesté, où tu aurais vu des myriades de myriades d’anges glorieux se tenant devant son trône ? Il t’aurait appelé là pour plaider ta cause, et t’aurait demandé : « Qu’as-tu à dire maintenant contre ton Créateur, sa vérité, ses serviteurs ou ses saintes voies ? Plaide maintenant ta cause, et fais-la valoir de ton mieux. Que peux-tu dire maintenant pour excuser tes péchés ? Rends compte maintenant de ton amour du monde et de ta vie charnelle, de ton temps, de toutes les grâces que tu as reçues ! » Oh ! comme ton cœur obstiné se serait fondu, comme tes regards hautains auraient été abaissés, comme ton visage aurait pâli, et comme tes paroles hardies se seraient changées en un silence muet ou en des cris effroyables, si Dieu t’avait seulement placé ainsi à sa barre et avait plaidé contre toi sa propre cause, contre laquelle tu as ici plaidé avec tant de malice ! Avec quelle facilité ne peut-il pas dire, à n’importe quel moment, à ton âme coupable : « Viens-t’en, et ne vis plus dans cette chair jusqu’à la résurrection », sans qu’elle puisse résister ! Une parole de sa bouche ôterait le contrepoids de ta vie présente, et alors toutes tes facultés et toutes tes forces s’arrêteraient ; et s’il te dit : « Ne vis plus, ou va vivre en enfer », tu ne pourrais pas désobéir.
Mais Dieu n’a encore rien fait de tout cela ; il t’a supporté avec patience, il t’a soutenu avec miséricorde, il t’a donné ce souffle même que tu exhalais contre lui, il t’a donné ces grâces que tu sacrifiais à ta chair, et il t’a accordé cette nourriture que tu dépensais pour satisfaire ton gosier avide ; il t’a donné chaque minute de ce temps que tu gaspillais dans l’oisiveté, l’ivrognerie ou l’amour du monde. Et toute sa patience et sa miséricorde ne montrent-elles pas qu’il ne désirait pas ta damnation ? La chandelle peut-elle brûler sans l’huile ? Vos maisons peuvent-elles tenir debout sans la terre pour les porter ? Vous ne pourriez pas davantage vivre une heure sans le soutien de Dieu. Et pourquoi a-t-il si longtemps soutenu ta vie, sinon pour voir quand tu réfléchirais enfin à la folie de tes voies, pour revenir et vivre ? Un homme mettra-t-il exprès des armes entre les mains de son ennemi pour qu’il lui résiste ; ou tiendra-t-il la chandelle à un meurtrier qui tue ses enfants, ou à un serviteur paresseux qui joue ou dort pendant ce temps ? Assurément, c’est pour voir si tu veux enfin revenir et vivre que Dieu t’a si longtemps attendu.
5. Il est prouvé de plus, par les souffrances de son Fils, que Dieu ne prend aucun plaisir à la mort du méchant. Les aurait-il rachetés de la mort à un si haut prix ? Aurait-il étonné les anges et les hommes par sa condescendance ? Dieu aurait-il habité dans la chair, serait-il venu sous la forme d’un serviteur, et aurait-il uni l’humanité à la divinité en une seule personne ? Et Christ aurait-il mené une vie de souffrance, et serait-il mort d’une mort maudite pour les pécheurs, s’il avait plutôt pris plaisir à leur mort ? Supposez que vous le voyiez seulement si occupé à prêcher et à guérir, comme vous le trouvez en Marc 3:21 ; ou jeûnant si longtemps, comme en Matthieu 4 ; ou passant toute la nuit en prière, comme en Luc 6:12 ; ou priant tandis que des gouttes de sang ruisselaient de lui au lieu de sueur, comme en Luc 22:44 ; ou souffrant une mort maudite sur la croix, et répandant son âme en sacrifice pour nos péchés : auriez-vous pensé que ce sont là les signes de quelqu’un qui prend plaisir à la mort du méchant ?
Et ne pensez pas atténuer cela en disant que ce n’était que pour ses élus : car c’est ton péché, et le péché du monde entier, qui reposait sur notre Rédempteur ; et son sacrifice et sa satisfaction suffisent pour tous, et les fruits en sont offerts à l’un comme à l’autre ; mais il est vrai que ce ne fut jamais l’intention de sa pensée de pardonner et de sauver quiconque ne voudrait pas être converti par la foi et la repentance. Si vous l’aviez vu et entendu pleurer et gémir sur l’état d’un peuple désobéissant et impénitent (Luc 19:41, 42), ou se plaindre de son obstination, comme en Matthieu 23:37 : « Jérusalem, Jérusalem, combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants, comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes, et vous ne l’avez pas voulu! » Ou si vous l’aviez vu et entendu sur la croix prier pour ses persécuteurs : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font », auriez-vous soupçonné qu’il prenait plaisir à la mort du méchant, même de ceux qui périssent par leur incrédulité volontaire ? Quand Dieu a tant aimé (non seulement aimé, mais tant aimé) le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui, d’une foi efficace, ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle, je pense qu’il a prouvé par là, contre la malice des hommes et des démons, qu’il ne prend aucun plaisir à la mort du méchant, mais qu’il aime mieux qu’il se convertisse et vive.
6. Enfin, si tout cela ne vous satisfait pas encore, prenez sa propre parole, à lui qui connaît le mieux sa propre pensée, ou du moins croyez son serment. Mais cela me conduit à la quatrième doctrine.
Doct. 4. Le Seigneur nous a confirmé par son serment qu’il ne prend aucun plaisir à la mort du méchant, mais qu’il aime mieux qu’il se convertisse et vive ; afin de ne laisser à l’homme aucun prétexte pour en mettre la vérité en doute.
Si vous osez mettre sa parole en doute, j’espère que vous n’osez pas mettre en doute son serment. De même que Christ a solennellement déclaré que les non-régénérés et les inconvertis ne peuvent entrer dans le royaume des cieux (Matthieu 18:3 ; Jean 3:3), de même Dieu a juré que son plaisir n’est pas dans leur mort, mais dans leur conversion et leur vie. Et comme le dit l’apôtre (Hébreux 6:13, 16, 17, 18), parce qu’il ne peut jurer par un plus grand que lui, il dit : « je suis vivant, etc. » Or les hommes jurent par celui qui est plus grand qu’eux, et le serment est une garantie qui met fin à tous leurs différends. C’est pourquoi Dieu, voulant montrer avec plus d’évidence aux héritiers de la promesse l’immuabilité de sa résolution, intervint par un serment, afin que, par deux choses immuables, dans lesquelles il est impossible que Dieu mente, « nous trouvions un puissant encouragement, nous dont le seul refuge a été de saisir l’espérance qui nous était proposée. Cette espérance, nous la possédons comme une ancre de l’âme, sûre et solide. » S’il y a quelqu’un qui ne peut concilier cette vérité avec la doctrine de la prédestination, ou avec la damnation effective des méchants, c’est là sa propre ignorance ; il ne lui reste aucun prétexte pour nier ou mettre en doute, pour cette raison, la vérité du point qui nous occupe ; car celui-ci est confirmé par le serment de Dieu, et il ne faut donc pas le tordre pour le ramener à d’autres points ; ce sont plutôt les points douteux qu’il faut ramener à celui-ci, et il faut croire que les vérités certaines s’accordent avec lui, quoique nos esprits bornés aient peine à discerner cet accord.
APPLICATION.
Je te conjure maintenant, si tu es un pécheur inconverti qui entends ces paroles, de méditer un peu les doctrines que je viens d’exposer, et de réfléchir un moment à celui qui prend plaisir à ton péché et à ta damnation ! Ce n’est certainement pas Dieu : il a juré, pour sa part, qu’il n’y prend aucun plaisir. Et je sais que ce n’est pas à lui plaire que vous visez par là. Vous n’oseriez pas dire que vous buvez, que vous jurez, que vous négligez les saints devoirs et que vous étouffez les mouvements de l’Esprit pour plaire à Dieu. Ce serait comme si vous outragiez le prince, enfreigniez ses lois et cherchiez sa mort, et disiez que vous avez fait tout cela pour lui plaire.
Qui donc prend plaisir à votre péché et à votre mort ? Aucun de ceux qui portent l’image de Dieu, car ils doivent avoir les mêmes sentiments que lui. Dieu sait que c’est un bien maigre plaisir pour vos fidèles pasteurs de vous voir servir votre ennemi mortel, risquer follement votre état éternel, et courir de propos délibéré dans les flammes de l’enfer. C’est un bien maigre plaisir pour eux de voir sur vos âmes (dans leurs tristes effets) un tel aveuglement, une telle dureté de cœur, une telle insouciance et une telle présomption ; une telle obstination dans le mal, une telle indocilité et une telle raideur contre les voies de la vie et de la paix. Ils savent que ce sont là des marques de mort et de la colère de Dieu, et ils savent par la parole de Dieu quelle en sera probablement la fin ; et c’est pourquoi cela ne leur fait pas plus de plaisir qu’à un médecin compatissant de voir les marques de la peste éclater sur son malade. Hélas ! prévoir vos tourments éternels, et ne savoir comment les prévenir ! Voir combien vous êtes près de l’enfer, et ne pouvoir vous le faire croire ni vous y faire réfléchir ! Voir avec quelle facilité, avec quelle certitude vous pourriez échapper, si seulement nous savions comment vous y faire consentir ! Combien vous êtes près du salut éternel, si seulement vous vouliez vous convertir et faire de votre mieux, et en faire le souci et l’affaire de votre vie ! Mais vous ne voulez pas le faire. Il y irait de notre vie que nous ne pourrions vous y persuader. Nous cherchons jour et nuit ce que nous pourrions vous dire qui vous convainque et vous persuade, et pourtant rien n’est fait. Nous mettons devant vous la parole de Dieu, nous vous montrons le chapitre et le verset mêmes où il est écrit que vous ne pouvez être sauvés si vous n’êtes convertis, et pourtant nous laissons la plupart d’entre vous comme nous vous avons trouvés. — Nous espérons que vous croirez la parole de Dieu, si vous ne nous croyez pas, et que vous en tiendrez compte quand nous vous montrerons l’Écriture claire qui l’affirme ; mais nous espérons en vain, et nous travaillons en vain, pour ce qui est d’un changement salutaire dans vos cœurs. Et pensez-vous que ce soit là une chose agréable pour nous ? Bien des fois, dans la prière secrète, nous sommes réduits à nous plaindre à Dieu, le cœur triste : « Hélas ! Seigneur, nous leur avons parlé en ton nom, mais ils font peu de cas de nous ; nous leur avons dit ce que tu nous commandes de leur dire touchant le danger de l’état d’inconversion, mais ils ne nous croient pas ; nous leur avons dit que tu as déclaré : “Il n’y a point de paix pour les méchants” (Ésaïe 48:22 et 57:21), mais le pire d’entre eux croit à peine qu’il est méchant ; nous leur avons montré ta parole, où tu as dit “que s’ils vivent selon la chair, ils mourront” (Romains 8:13) ; mais ils disent “qu’ils croiront en toi, alors qu’ils ne veulent pas te croire ; qu’ils se confieront en toi, alors qu’ils n’ajoutent aucune foi à ta parole ; et quand ils espèrent que les menaces de ta parole sont fausses, ils appellent encore cela espérer en Dieu ; et bien que nous leur montrions où tu as dit qu’à la mort du méchant, son espoir périt, nous ne pouvons pourtant les détourner de leurs espérances trompeuses” (Proverbes 11:7). — Nous leur disons quelle chose vile et sans profit est le péché ; mais ils l’aiment, et c’est pourquoi ils ne veulent pas le quitter. — Nous leur disons combien cher ils achètent ce plaisir, et qu’ils devront le payer par un tourment éternel ; et ils se bénissent eux-mêmes et ne veulent pas le croire, mais veulent faire comme fait le plus grand nombre ; et, parce que Dieu est miséricordieux, ils ne veulent pas le croire, mais veulent risquer leur âme, advienne que pourra. Nous leur disons combien le Seigneur est prêt à les recevoir ; et cela ne fait que leur faire différer leur repentance et les rendre plus hardis dans leur péché. — Quelques-uns disent qu’ils ont l’intention de se repentir, mais ils restent toujours les mêmes ; et quelques-uns disent qu’ils se repentent déjà, alors qu’ils ne sont pas convertis de leurs péchés. Nous les exhortons, nous les conjurons, nous leur offrons notre aide, mais nous ne pouvons l’emporter sur eux ; ceux qui étaient ivrognes sont toujours ivrognes ; ceux qui étaient des misérables voluptueux, esclaves de la chair, le sont toujours ; ceux qui étaient mondains sont toujours mondains ; et ceux qui étaient ignorants, orgueilleux et infatués d’eux-mêmes le sont toujours. — Peu d’entre eux veulent voir et confesser leur péché, et moins encore veulent l’abandonner ; mais ils se consolent en disant que tous les hommes sont pécheurs, comme s’il n’y avait aucune différence entre un pécheur converti et un pécheur inconverti. Quelques-uns ne veulent pas même s’approcher de nous quand nous sommes disposés à les instruire, mais pensent qu’ils en savent assez déjà et n’ont pas besoin de notre instruction ; quelques-uns nous écoutent, puis font ce qu’il leur plaît ; et la plupart sont comme des morts qui ne peuvent rien sentir, de sorte que, lorsque nous leur parlons des choses d’une conséquence éternelle, nous ne pouvons en faire pénétrer un seul mot jusqu’à leur cœur. Si nous ne leur obéissons pas, si nous ne leur complaisons pas en baptisant les enfants des méchants les plus obstinés, en leur donnant la Cène du Seigneur, et en faisant tout ce qu’ils voudraient de nous, quelque contraire que ce soit à la parole de Dieu, ils nous haïssent et nous injurient ; mais si nous les supplions seulement de confesser et d’abandonner leurs péchés, et de sauver leurs âmes, ils ne veulent pas le faire. — Nous leur disons que, s’ils veulent seulement se convertir, nous ne leur refuserons aucune des ordonnances de Dieu, ni le baptême pour leurs enfants, ni la Cène du Seigneur pour eux-mêmes ; mais ils ne veulent pas nous écouter. Ils voudraient que nous désobéissions à Dieu et que nous damnions nos propres âmes pour leur plaire, et pourtant ils ne veulent pas se convertir et sauver leurs propres âmes pour plaire à Dieu. — Ils sont plus sages à leurs propres yeux que tous leurs pasteurs ; ils s’emportent et sont pleins d’assurance dans leur propre voie, et, quelque désir que nous en ayons, nous ne pouvons les changer. Seigneur, tel est l’état de nos malheureux voisins, et nous n’y pouvons rien ; nous les voyons près de tomber en enfer, et nous n’y pouvons rien ; nous savons que, s’ils voulaient se convertir sans feinte, ils pourraient être sauvés, mais nous ne pouvons les persuader ; quand nous les en supplierions à genoux, nous ne pouvons les y persuader ; quand nous les en supplierions avec larmes, nous ne pouvons les persuader ; et que pouvons-nous faire de plus ? »
Telles sont les plaintes et les gémissements secrets que bien des pauvres ministres sont réduits à faire. Et pensez-vous qu’il y prenne quelque plaisir ? Est-ce un plaisir pour lui de vous voir continuer dans le péché, sans pouvoir vous arrêter ? De vous voir si misérables, sans pouvoir seulement vous en faire prendre conscience ; de vous voir joyeux, alors que vous n’êtes pas sûrs d’être hors de l’enfer dans une heure ? De penser à ce que vous devrez souffrir à jamais, parce que vous ne voulez pas vous convertir ? Et de penser à la vie éternelle de gloire que vous méprisez et rejetez volontairement ? Quelle chose plus triste pourriez-vous apporter à leur cœur ? Et comment pourriez-vous imaginer de les affliger davantage ?
Qui donc réjouissez-vous par votre péché et votre mort ? Ce n’est aucun de vos amis pieux et éclairés. Hélas ! c’est la douleur de leur âme de voir votre misère ; et ils se lamentent sur vous bien des fois, alors que vous ne leur en savez guère gré, et que vous n’avez pas le cœur de vous lamenter sur vous-mêmes.
Qui donc prend plaisir à votre péché ? Ce ne sont que les trois grands ennemis de Dieu, auxquels vous avez renoncé à votre baptême, et que vous vous êtes maintenant mis à servir, en traîtres à votre parole.
1. Le diable, certes, prend plaisir à votre péché et à votre mort ; car c’est là le but même de toutes ses tentations. C’est pour cela qu’il veille nuit et jour : vous ne sauriez imaginer de lui plaire davantage qu’en continuant dans le péché. Comme il est content quand il te voit aller au cabaret, ou à quelque autre péché, et quand il t’entend maudire, jurer ou injurier ! Comme il est content quand il t’entend outrager le ministre qui voudrait te détourner de ton péché et aider à te sauver ! Voilà ses délices.
2. Les méchants aussi y prennent plaisir ; car cela s’accorde avec leur nature.
3. Mais je sais, malgré tout, que ce n’est pas à plaire au diable que vous visez, même quand vous lui plaisez ; c’est votre propre chair, le plus grand et le plus dangereux des ennemis, que vous cherchez à satisfaire. C’est la chair qui veut être choyée, qui veut être satisfaite dans le manger, le boire et les vêtements ; qui veut être satisfaite dans vos compagnies, satisfaite par les applaudissements et la considération du monde, satisfaite dans les divertissements, les convoitises et l’oisiveté : voilà le gouffre qui engloutit tout. Voilà le dieu même que vous servez ; car l’Écriture dit de tels hommes « qu’ils ont pour dieu leur ventre » (Philippiens 3:18).
Mais je vous en supplie, arrêtez-vous un peu et considérez l’affaire.
1. Quest. Votre chair doit-elle être satisfaite avant votre Créateur ? Voulez-vous mécontenter le Seigneur, mécontenter vos pasteurs et vos amis pieux, et tout cela pour satisfaire vos appétits brutaux ou vos désirs sensuels ? Dieu n’est-il pas digne de gouverner votre chair ? S’il ne la gouverne pas, il ne la sauvera pas ; vous ne pouvez raisonnablement vous attendre à ce qu’il le fasse.
2. Quest. Votre chair est satisfaite de votre péché ; mais votre conscience en est-elle satisfaite ? Ne murmure-t-elle pas au-dedans de vous, et ne vous dit-elle pas quelquefois que tout ne va pas bien, et que votre état n’est pas aussi sûr que vous le prétendez ? Et votre âme et votre conscience ne devraient-elles pas être satisfaites avant votre chair corruptible ?
3. Quest. Mais votre chair ne se prépare-t-elle pas aussi son propre déplaisir ? Elle aime l’appât, mais aime-t-elle l’hameçon ? Elle aime les boissons fortes et les morceaux délicats ; elle aime ses aises, ses divertissements et ses réjouissances ; elle aime être riche, entendre dire du bien d’elle, et être quelqu’un dans le monde ; mais aime-t-elle la malédiction de Dieu ? Aime-t-elle se tenir tremblante devant sa barre, et être condamnée au feu éternel ? Aime-t-elle être tourmentée avec les démons pour toujours ? — Prenez tout ensemble ; car il n’y a pas moyen de séparer le péché et l’enfer, sinon par la foi et une vraie conversion ; si vous gardez l’un, il vous faudra avoir l’autre. Si la mort et l’enfer vous sont agréables, ne vous étonnez pas alors de continuer dans le péché ; mais s’ils ne le sont pas (comme je suis sûr qu’ils ne le sont pas), alors, quand même le péché serait aussi agréable qu’on voudra, vaut-il la perte de la vie éternelle ? Un peu de boisson, de nourriture ou de bien-être ; la bonne opinion des pécheurs ; les richesses de ce monde, faut-il les estimer au-dessus des joies du ciel ? Ou valent-ils les souffrances du feu éternel ?
Ces questions devraient être considérées, avant que vous alliez plus loin, par tout homme qui a la raison pour réfléchir, et qui croit avoir une âme à sauver ou à perdre.
Eh bien, le Seigneur jure ici qu’il ne prend aucun plaisir à votre mort, mais qu’il aime mieux que vous vous convertissiez et viviez ; si, malgré cela, vous voulez continuer et mourir plutôt que de vous convertir, souvenez-vous que ce n’était pas pour plaire à Dieu que vous l’avez fait ; c’était pour plaire au monde et pour vous plaire à vous-mêmes. Et si les hommes veulent se damner pour se plaire à eux-mêmes, et courir aux tourments sans fin pour leur plaisir, et n’ont ni l’intelligence, ni le cœur, ni la grâce d’écouter Dieu ou les hommes qui voudraient les ramener, quel remède y a-t-il ? Il leur faudra prendre ce qu’ils y gagneront, et s’en repentir d’une autre manière, quand il sera trop tard ! Avant d’aller plus loin dans l’application, je vais passer à la doctrine suivante, qui m’en donne un fondement plus complet.
Doct. 5. Dieu a tant à cœur la conversion des pécheurs qu’il redouble ses commandements et ses exhortations avec véhémence : « Revenez, revenez, pourquoi mourriez-vous ? »
Cette doctrine est l’application de la précédente, par manière d’exhortation, et c’est ainsi que je la traiterai.
Y a-t-il ici un pécheur inconverti qui entende ces paroles véhémentes de Dieu ? Y a-t-il dans cette assemblée un seul homme ou une seule femme qui soit encore étranger à l’œuvre renouvelante et sanctifiante du Saint-Esprit ? Heureuse assemblée, si ce n’est pas le cas du plus grand nombre ! Écoutez donc la voix de votre Créateur, et revenez à lui par Christ sans délai. Voulez-vous connaître la volonté de Dieu ? Eh bien, voici sa volonté : que vous vous convertissiez sur-le-champ. Le Dieu vivant enverra-t-il un message si pressant à ses créatures, et elles n’obéiraient pas ? Écoutez donc, vous tous qui vivez selon la chair : le Seigneur, qui vous a donné le souffle et l’être, vous a envoyé un message du ciel ; et voici son message : « Revenez, revenez, pourquoi mourriez-vous ? » Que celui qui a des oreilles pour entendre entende. La voix de l’éternelle Majesté sera-t-elle négligée ? Qu’il tonne seulement d’une manière terrible, et tu as peur. Oh ! mais cette parole concerne ta vie ou ta mort éternelle. C’est à la fois un commandement et une exhortation. Comme s’il te disait : « Je t’ordonne, par la fidélité que tu me dois, à moi ton Créateur et ton Rédempteur, de renoncer à la chair, au monde et au diable, et de revenir à moi afin que tu vives. Je m’abaisse jusqu’à te supplier, si tu aimes ou crains celui qui t’a fait ; si tu aimes ta propre vie, ta vie éternelle : Reviens, et vis ; si jamais tu veux échapper à la misère éternelle : “Reviens, reviens, pourquoi mourrais-tu ?” » Et y a-t-il dans l’homme, dans une créature raisonnable, un cœur qui puisse une seule fois refuser un tel message, un tel commandement, une telle exhortation ? Oh ! quelle chose est donc le cœur de l’homme !
Écoutez donc, vous tous qui vous aimez vous-mêmes, et vous tous qui avez souci de votre propre salut : — Voici le message le plus joyeux qui ait jamais été adressé aux oreilles de l’homme : « Revenez, revenez, pourquoi mourriez-vous ? » Vous n’êtes pas encore enfermés dans le désespoir. Voici la miséricorde qui vous est offerte : convertissez-vous, et vous l’aurez. Oh ! avec quelle joie de cœur vous devriez recevoir ces nouvelles ! Je sais que ce n’est pas la première fois que vous l’entendez ; mais quel cas en avez-vous fait, ou quel cas en faites-vous maintenant ? Écoutez la parole du Seigneur, vous tous, pécheurs ignorants et insouciants ! Écoutez, vous tous, mondains, sensuels esclaves de la chair ; gloutons et ivrognes, impudiques et blasphémateurs ; insulteurs et médisants, calomniateurs et menteurs : « Revenez, revenez, pourquoi mourriez-vous ? »
Écoutez, vous tous qui êtes vides de l’amour de Dieu, dont le cœur n’est pas tourné vers lui, ni rempli de l’espérance de la gloire, mais qui faites plus de cas de votre prospérité et de vos plaisirs terrestres que des joies du ciel ; vous tous qui n’êtes religieux qu’un peu, en passant, et qui ne donnez à Dieu que ce dont votre chair peut se passer ; qui n’avez pas renoncé à votre moi charnel, ni abandonné pour Christ tout ce que vous avez, dans l’estime et la résolution fondée de vos âmes, mais qui avez dans le monde quelque chose de si cher que vous ne pourriez vous en priver pour Christ, s’il l’exigeait, et que vous aimeriez mieux vous exposer à son déplaisir que de l’abandonner : « Revenez, revenez, pourquoi mourriez-vous ? »
Si vous ne l’avez jamais entendu ni remarqué auparavant, souvenez-vous qu’il vous a été dit aujourd’hui, d’après la parole de Dieu, que si seulement vous voulez vous convertir, vous pouvez vivre ; et que si vous ne voulez pas vous convertir, vous mourrez certainement.
Que voulez-vous faire maintenant, Messieurs ? Quelle est votre résolution ? Voulez-vous vous convertir, oui ou non ? Ne clochez plus des deux côtés : si l’Éternel est Dieu, allez après lui ; si votre chair est dieu, alors continuez à la servir. Si le ciel vaut mieux que la terre et les plaisirs de la chair, venez donc, cherchez une meilleure patrie, « amassez votre trésor là où la teigne et la rouille ne détruisent point, et où les voleurs ne percent ni ne dérobent, et réveillez-vous enfin de toutes vos forces pour chercher le royaume inébranlable » (Hébreux 12:28) ; et employez votre vie à un dessein plus élevé, et détournez le cours de vos soucis et de vos travaux vers un autre but que celui que vous avez poursuivi jusqu’ici. Mais si la terre vaut mieux que le ciel, ou peut faire davantage pour vous, ou vous durer plus longtemps, alors gardez-la, tirez-en le meilleur parti, et continuez à la suivre. Êtes-vous résolus sur ce que vous ferez ? Si vous ne l’êtes pas, je vais mettre devant vous encore quelques considérations émouvantes, pour voir si la raison vous fera prendre une résolution.
Considérez d’abord « quels préparatifs la miséricorde a faits pour votre salut », et quel malheur ce serait qu’un homme fût damné après tout cela. Il fut un temps où l’épée flamboyante barrait le chemin, et où la malédiction de la loi de Dieu t’aurait repoussé, quand même tu aurais été aussi disposé que possible à revenir à Dieu. Il fut un temps où toi-même, et tous les amis que tu as au monde, n’auriez jamais pu t’obtenir le pardon de tes péchés passés, quand même tu les aurais pleurés et corrigés autant que possible. Mais Christ a ôté cet obstacle par la rançon de son sang. Il fut un temps où Dieu n’était nullement réconcilié, n’ayant pas reçu satisfaction pour la violation de sa loi ; mais maintenant il a reçu satisfaction et il est réconcilié, au point de t’avoir fait un libre acte d’amnistie et une libre donation de Christ et de la vie ; il te l’offre, il te conjure de l’accepter, et elle peut être à toi, si tu le veux. « Car Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec lui-même, et il a mis en nous la parole de la réconciliation » (2 Corinthiens 5:18, 19). Pécheurs, il nous est commandé, à nous aussi, de vous délivrer à tous ce message, comme de la part du Seigneur : « Venez, car tout est déjà prêt » (Luc 14:17). Tout est-il prêt, et vous, n’êtes-vous pas prêts ? Dieu est prêt à vous accueillir et à vous pardonner tout ce que vous avez fait contre lui, si seulement vous voulez venir. Si longtemps que vous ayez péché, si volontairement que vous ayez péché, il est prêt à tout jeter derrière son dos, si seulement vous voulez venir. Bien que vous ayez été des prodigues, que vous vous soyez enfuis loin de Dieu et que vous soyez restés si longtemps absents, il est prêt même à venir à votre rencontre, à vous serrer dans ses bras et à se réjouir de votre conversion, si seulement vous voulez revenir. — Même le mondain terrestre et l’ivrogne pareil au pourceau trouveront Dieu prêt à leur souhaiter la bienvenue, s’ils veulent seulement venir. Cela ne retourne-t-il pas ton cœur au-dedans de toi ? — Ô pécheur, si tu as en toi un cœur de chair, et non un cœur de pierre, il me semble que cela devrait le fondre. L’infinie Majesté du ciel attendra-t-elle ton retour, et sera-t-elle prête à te recevoir, toi qui l’as outragée et oubliée si longtemps ? Prendra-t-il plaisir à ta conversion, lui qui pourrait à tout moment glorifier sa justice dans ta damnation, et cela ne fondra-t-il pas ton cœur au-dedans de toi, et n’es-tu pas encore prêt à venir ? N’as-tu pas autant de raisons d’être prêt à venir que Dieu en a de t’inviter et de te souhaiter la bienvenue ?
Mais ce n’est pas tout : Christ a fait sa part sur la croix, et il t’a frayé un tel chemin vers le Père qu’à cause de lui tu peux être le bienvenu, si tu veux venir. Et pourtant n’es-tu pas prêt ?
Un pardon t’est déjà expressément accordé et offert dans l’Évangile. Et pourtant n’es-tu pas prêt ?
Les ministres de l’Évangile sont prêts à t’aider, à t’instruire ; ils sont prêts à prier pour toi, et à sceller ton pardon par l’administration du saint sacrement ; et pourtant n’es-tu pas prêt ?
Tous ceux qui craignent Dieu autour de toi sont prêts à se réjouir de ta conversion, à te recevoir dans la communion des saints et à te donner la main d’association, oui, quand même tu aurais été de ceux qu’on avait chassés de leur société : ils n’osent pas ne pas pardonner là où Dieu pardonne, quand cela leur est rendu manifeste par ta confession et ton amendement ; ils n’osent pas même te jeter à la face tes péchés passés, parce qu’ils savent que Dieu ne te les reprochera pas. Quand tu aurais été aussi scandaleux qu’on peut l’être, si seulement tu voulais être converti de tout ton cœur et entrer, ils ne te repousseraient pas, quoi que le monde en dise. Et tous ceux-là sont prêts à te recevoir, et toi, n’es-tu pas encore prêt à entrer ?
Oui, le ciel lui-même est prêt ; le Seigneur te recevra dans la gloire de ses saints, toute vile brute que tu as été ; si seulement tu veux être purifié, tu peux avoir une place devant son trône ; ses anges seront prêts à escorter ton âme jusqu’au lieu de la joie, si seulement tu viens sans feinte. Et Dieu est prêt, le sacrifice de Christ est prêt, la promesse est prête, et le pardon est prêt ? — Les ministres sont prêts, et le peuple de Dieu est prêt, et le ciel lui-même est prêt, et les anges sont prêts, et tous n’attendent que ta conversion, et toi, n’es-tu pas encore prêt ? Quoi ! pas prêt à vivre, quand tu as été mort si longtemps ? Pas prêt à revenir à ton bon sens, comme il est dit que le prodigue rentra en lui-même (Luc 15:17), quand tu as été hors de toi si longtemps ? Pas prêt à être sauvé, quand tu es tout près d’être condamné ? — N’es-tu pas prêt à saisir Christ, qui voudrait te délivrer, quand tu es tout près de te noyer et de sombrer dans la damnation ? N’es-tu pas prêt à être sauvé de l’enfer, quand tu es tout près d’y être jeté sans remède ? Hélas, ô homme ! sais-tu ce que tu fais ? Si tu meurs inconverti, ta damnation ne fait aucun doute, et tu n’es pas sûr de vivre une heure ; et pourtant n’es-tu pas prêt à te convertir et à entrer ? Ô misérable ! N’as-tu pas servi assez longtemps la chair et le diable ? N’as-tu pas encore assez du péché ? Est-il si bon pour toi, ou si profitable ? — Sais-tu ce qu’il est, toi qui voudrais en avoir encore davantage ? As-tu eu tant d’appels, tant de grâces, tant de coups, tant d’exemples ? As-tu vu tant de gens couchés dans la tombe, et n’es-tu pas encore prêt à lâcher tes péchés et à venir à Christ ? Quoi ! après tant de convictions et de remords de conscience, après tant de résolutions et de promesses, n’es-tu pas encore prêt à te convertir et à vivre ? — Oh ! si tes yeux, si ton cœur s’ouvraient, pour connaître combien belle est l’offre qui t’est faite maintenant ! et quel joyeux message est celui dont nous sommes chargés : vous inviter à venir, car tout est prêt.
2. Considère aussi quels appels tu reçois à te convertir et à vivre. Combien nombreux, combien forts, combien pressants, combien redoutables, et pourtant quels appels encourageants et joyeux !
Car celui qui invite au premier chef, c’est Dieu lui-même. Celui qui commande au ciel et à la terre te commande de te convertir ; et de te convertir sur-le-champ, sans délai. Il commande au soleil de suivre sa course et de se lever sur toi chaque matin ; et, bien qu’il soit une créature si glorieuse, et bien des fois plus grande que toute la terre, il lui obéit, et ne manque pas d’une minute le temps qui lui est fixé. Il commande à toutes les planètes et à toutes les sphères du ciel, et elles obéissent. — Il commande à la mer de monter et de descendre, et à la création entière de suivre son cours, et tout lui obéit. Les anges du ciel obéissent à sa volonté, quand il les envoie exercer leur ministère auprès de vers aussi chétifs que nous sur la terre (Hébreux 1:14). — Et pourtant, s’il commande seulement à un pécheur de se convertir, celui-ci ne veut pas lui obéir ; il se croit seulement plus sage que Dieu, il ergote, il plaide la cause du péché, et il ne veut pas obéir. Si le Seigneur tout-puissant dit un mot, les cieux et tout ce qu’ils contiennent lui obéissent ; mais s’il appelle seulement un ivrogne à sortir du cabaret, celui-ci ne veut pas obéir ; ou s’il appelle un pécheur mondain et charnel à renoncer à lui-même, à mortifier la chair et à mettre son cœur à un meilleur héritage, il ne veut pas lui obéir.
Si tu avais en toi quelque amour, tu reconnaîtrais la voix, et tu dirais : « Oh ! c’est l’appel de mon Père ! Comment pourrais-je me résoudre à désobéir ? Car les brebis de Christ connaissent sa voix et l’entendent, et elles le suivent, et il leur donne la vie éternelle » (Jean 10:4). Si tu avais en toi quelque vie et quelque sentiment spirituels, tu dirais du moins : « Cet appel est la voix redoutable de Dieu, et qui osera désobéir ? » — Car le prophète dit (Amos 3:8) : « Le lion rugit: qui ne serait effrayé? » Dieu n’est pas un homme, pour que tu te joues et badines avec lui : souviens-toi de ce qu’il dit à Paul lors de sa conversion : « Il te serait dur de regimber contre les aiguillons » (Actes 9:5). Veux-tu encore aller mépriser sa parole, résister à son Esprit et fermer ton oreille à son appel ? Qui donc aura le dessous ? Sais-tu à qui tu désobéis, contre qui tu luttes, et ce que tu fais ? Il serait pour toi bien plus sage et plus facile de lutter contre les épines, de les fouler de tes pieds nus et de les frapper de tes mains nues, ou de mettre ta tête dans le feu ardent. « Ne vous y trompez pas: on ne se moque pas de Dieu » (Galates 6:7). Qu’on se moque de qui l’on voudra, on ne se moque pas de Dieu : vous feriez mieux de jouer avec le feu dans votre toit de chaume qu’avec le feu de sa colère brûlante : « Car notre Dieu est aussi un feu dévorant » (Hébreux 12:29). Oh ! que tu es un adversaire mal assorti pour Dieu ! « C’est une chose terrible que de tomber entre ses mains » (Hébreux 10:31). Et c’est donc une chose terrible que de lutter contre lui, ou de lui résister. Si vous aimez vos âmes, prenez garde à ce que vous faites. Que direz-vous, s’il commence à plaider contre vous dans sa colère ? Que ferez-vous, s’il vous prend une fois en main ? Ne lutterez-vous pas contre son jugement, comme vous le faites maintenant contre sa grâce ? Le Seigneur dit (Ésaïe 27:4, 6) : « Il n’y a point en moi de colère » ; c’est-à-dire : je ne prends pas plaisir à vous détruire ; je le fais, pour ainsi dire, à contrecœur ; mais pourtant « si je trouve à combattre des ronces et des épines, Je marcherai contre elles, je les consumerai toutes ensemble, A moins qu’on ne me prenne pour refuge, Qu’on ne fasse la paix avec moi, Qu’on ne fasse la paix avec moi. » — C’est un combat inégal que celui des ronces et du chaume qui font la guerre au feu.
Et ainsi vous voyez qui est celui qui vous appelle, ce qui devrait vous pousser à écouter cet appel et à vous convertir ; considérez donc aussi par quels instruments, combien souvent et avec quelle instance il le fait.
1. Chaque feuillet du livre béni de Dieu a, pour ainsi dire, une voix, et il te crie : Reviens, et vis ; reviens, ou tu mourras ! Comment peux-tu l’ouvrir et en lire un feuillet, ou entendre lire un chapitre, sans t’apercevoir que Dieu t’ordonne de te convertir ?
2. C’est la voix de chaque sermon que tu entends : car quel est le but et la portée de tous, sinon de t’appeler, de te persuader et de te supplier de te convertir ?
3. C’est la voix de bien des mouvements de l’Esprit, qui te répète secrètement ces paroles et te presse de te convertir.
4. C’est probablement, quelquefois, la voix de ta propre conscience. N’es-tu pas quelquefois convaincu que tout ne va pas bien pour toi ? Et ta conscience ne te dit-elle pas que tu dois devenir un homme nouveau, prendre une nouvelle route, et ne t’appelle-t-elle pas souvent à revenir ?
5. C’est la voix des exemples pleins de grâce des hommes pieux. Quand tu les vois mener une vie céleste et fuir le péché qui fait tes délices, cela t’appelle réellement à te convertir.
6. C’est la voix de toutes les œuvres de Dieu. Car elles aussi sont des livres de Dieu, qui t’enseignent cette leçon en te montrant sa grandeur, sa sagesse et sa bonté, et en t’appelant à les observer et à admirer le Créateur (Psaume 19:2, 3) : « Les cieux racontent la gloire de Dieu, Et l’étendue manifeste l’œuvre de ses mains. Le jour en instruit un autre jour, La nuit en donne connaissance à une autre nuit. » — Chaque fois que le soleil se lève sur toi, il t’appelle réellement à te convertir, comme s’il disait : « Pourquoi est-ce que je voyage et fais le tour du monde, sinon pour annoncer aux hommes la gloire de leur Créateur, et pour les éclairer afin qu’ils fassent son œuvre ? Et te trouvé-je encore occupé à l’œuvre du péché, et à dormir ta vie dans la négligence ? Réveille-toi, toi qui dors, Relève-toi d’entre les morts, Et Christ t’éclairera » (Éphésiens 5:14). « La nuit est avancée, le jour approche ; c’est l’heure de vous réveiller enfin du sommeil. Dépouillons-nous donc des œuvres des ténèbres, et revêtons les armes de la lumière. Marchons honnêtement, comme en plein jour, loin des excès et de l’ivrognerie, de la luxure et de l’impudicité, des querelles et des jalousies. Mais revêtez-vous du Seigneur Jésus-Christ, et n’ayez pas soin de la chair pour en satisfaire les convoitises » (Romains 13:11, 12, 13, 14). — Ce texte fut le moyen de la conversion d’Augustin.
7. C’est la voix de chaque bienfait que tu possèdes. Si tu pouvais seulement les entendre et les comprendre, ils te crient tous : Convertis-toi. Pourquoi la terre te porte-t-elle, sinon pour que tu cherches et serves le Seigneur ? Pourquoi te donne-t-elle ses fruits, sinon pour que tu le serves ? Pourquoi l’air te donne-t-il le souffle, sinon pour que tu le serves ? Pourquoi toutes les créatures te servent-elles de leurs travaux et de leur vie, sinon pour que tu serves celui qui est leur Seigneur et le tien ? Pourquoi te donne-t-il le temps, la santé et la force, sinon pour le servir ? Pourquoi as-tu la nourriture, la boisson et les vêtements, sinon pour son service ? Qu’as-tu que tu n’aies reçu? Et si tu l’as reçu, il est raisonnable que tu réfléchisses de qui, et pour quelle fin et quel usage, tu l’as reçu. N’as-tu jamais crié à lui pour qu’il te secoure dans ta détresse ? Et n’as-tu pas compris alors que c’était ta part de te convertir et de le servir, s’il voulait te délivrer ? Il a fait sa part ; il t’a épargné plus longtemps encore, et t’a mis à l’épreuve une année, puis une autre ; et pourtant tu ne te convertis pas ? Tu connais la parabole du figuier stérile (Luc 13:6, 7, 8, 9). Quand le Seigneur eut dit : « Coupe-le: pourquoi occupe-t-il la terre inutilement? », on le supplia de l’éprouver une année encore, puis, s’il ne portait pas de fruit, de le couper. Christ lui-même en fait là deux fois l’application (versets 3 et 5) : « si vous ne vous repentez, vous périrez tous également. » Pendant combien d’années Dieu a-t-il attendu de toi les fruits de l’amour et de la sainteté, sans en trouver aucun, et pourtant il t’a épargné ! Combien de fois, par ton ignorance volontaire, ton insouciance et ta désobéissance, as-tu provoqué la justice à dire : « Coupe-le: pourquoi occupe-t-il la terre inutilement? » Et pourtant la miséricorde l’a emporté, et la patience a retenu jusqu’à ce jour le coup fatal. Si tu avais en toi l’intelligence d’un homme, tu saurais que tout cela t’appelle à te convertir. — « Et penses-tu, ô homme, que tu échapperas au jugement de Dieu? Ou méprises-tu les richesses de sa bonté, de sa patience et de sa longanimité, ne reconnaissant pas que la bonté de Dieu te pousse à la repentance? Mais, par ton endurcissement et par ton cœur impénitent, tu t’amasses un trésor de colère pour le jour de la colère et de la manifestation du juste jugement de Dieu, qui rendra à chacun selon ses œuvres » (Romains 2:3, 4, 5, 6).
8. De plus, c’est la voix de chaque affliction qui t’appelle à te hâter de te convertir. La maladie et la douleur crient : Convertis-toi ; la pauvreté, la perte des amis, et chaque baguette de la verge qui châtie crient : Convertis-toi ; et pourtant ne veux-tu pas écouter l’appel ? Elles se sont approchées de toi, elles te l’ont fait sentir, elles t’ont fait gémir ; et ne peuvent-elles pas te faire convertir ?
9. La structure même de ta nature et de ton être réclame ton retour. Pourquoi as-tu la raison, sinon pour gouverner ta chair et servir ton Seigneur ? Pourquoi as-tu une âme intelligente, sinon pour apprendre et connaître sa volonté, et pour la faire ? Pourquoi as-tu au-dedans de toi un cœur qui peut aimer, craindre et désirer, sinon pour que tu le craignes, que tu l’aimes et que tu le désires ?
10. Oui, tes propres engagements, par la promesse faite au Seigneur, t’appellent à te convertir et à le servir. Tu t’es lié à lui par l’alliance du baptême, et tu as renoncé au monde, à la chair et au diable ; tu l’as confirmé par la profession du christianisme, et tu l’as renouvelé aux sacrements et dans les temps d’affliction. Et veux-tu promettre et faire des vœux, sans jamais t’en acquitter ni revenir à Dieu ?
Mets maintenant tout cela ensemble, et vois quelle doit en être l’issue. La sainte Écriture t’appelle à te convertir ; les ministres de Christ t’appellent à te convertir ; l’Esprit crie : Convertis-toi ; ta conscience crie : Convertis-toi ; les hommes pieux, par leurs exhortations et leur exemple, crient : Convertis-toi ; le monde entier, et toutes les créatures qui s’y trouvent, offertes à ta considération, crient : Convertis-toi ; la patience présente de Dieu crie : Convertis-toi ; tous les bienfaits que tu reçois crient : Convertis-toi ; la verge du châtiment de Dieu crie : Convertis-toi ; ta raison et la structure de ta nature réclament ta conversion ; et ainsi font toutes tes promesses à Dieu ; et pourtant n’as-tu pas résolu de te convertir ?
11. De plus, pauvre pécheur ! as-tu jamais considéré dans quels rapports tu te trouves, pendant tout ce temps, avec celui qui t’appelle à te convertir ? Tu es à lui, tu lui dois toi-même et tout ce que tu as ; et ne peut-il pas commander à ce qui est à lui ? Tu es son serviteur absolu, et tu ne devrais servir aucun autre maître. Tu es à sa merci, et ta vie est entre ses mains ; et il a résolu de ne te sauver à aucune autre condition. Tu as beaucoup d’ennemis spirituels pleins de malice, qui seraient contents si Dieu voulait seulement t’abandonner, les laisser seuls avec toi et te livrer à leur volonté ; avec quelle promptitude ils te traiteraient d’une autre manière ! Et tu ne peux être délivré d’eux qu’en te convertissant à Dieu. Tu es déjà tombé sous sa colère par ton péché ; et tu ne sais pas combien de temps sa patience attendra encore. Peut-être est-ce la dernière année ; peut-être le dernier jour ; son épée est déjà sur ton cœur pendant que la parole est dans ton oreille ; et si tu ne te convertis pas, tu es un homme mort et perdu. Si seulement tes yeux étaient ouverts pour voir où tu te tiens, au bord même de l’enfer, et pour voir combien de milliers y sont déjà qui ne se sont pas convertis, tu verrais qu’il est temps de regarder autour de toi.
Eh bien, Messieurs, regardez maintenant au-dedans de vous, et dites-moi comment vos cœurs sont touchés par ces offres du Seigneur ? Vous entendez quelle est sa pensée : il ne prend point plaisir à votre mort ; il vous crie : Revenez, revenez. C’est un signe redoutable si tout cela ne t’émeut pas, ou s’il ne t’émeut qu’à moitié ; et bien plus encore si cela te rend plus insouciant dans ta misère, parce que tu entends parler de la miséricorde de Dieu. L’effet du remède nous dira en partie s’il y a quelque espoir de guérison. Oh ! quelle bonne nouvelle ce serait pour ceux qui sont maintenant en enfer, s’ils recevaient seulement de Dieu un tel message ! Quelle parole joyeuse ce serait pour eux d’entendre ceci : Revenez, et vivez. — Oui, quelle parole bienvenue ce serait pour toi-même, quand tu aurais senti cette colère de Dieu une heure seulement ! Ou si, après mille ou dix mille ans de tourment, tu pouvais seulement entendre de Dieu une telle parole : Revenez, et vivez ; et pourtant veux-tu la négliger, et nous laisser repartir sans avoir rempli notre message ?
Voici, pécheurs, nous sommes envoyés ici comme messagers du Seigneur, pour mettre devant vous la vie et la mort. Que dites-vous ? Laquelle des deux voulez-vous choisir ? Christ se tient, pour ainsi dire, près de toi, le ciel dans une main et l’enfer dans l’autre, et il t’offre le choix : lequel choisiras-tu ? — « La voix de l’Éternel fait trembler les rochers » (Psaume 26). Et n’est-ce rien de l’entendre te menacer, si tu ne veux pas te convertir ? Ne comprends-tu pas, ne sens-tu pas cette voix : « Revenez, revenez, pourquoi mourriez-vous ? » — Eh quoi ! c’est la voix de l’amour, d’un amour infini, de ton meilleur et plus tendre ami, comme tu pourrais aisément t’en apercevoir à ce qu’il te propose ; et pourtant peux-tu la négliger ? C’est la voix de la pitié et de la compassion. Le Seigneur voit mieux que toi où tu vas, et c’est ce qui le fait crier après toi : « Reviens, reviens. » Il voit ce que tu deviendras si tu ne te convertis pas. Il pense en lui-même : « Ah ! ce pauvre pécheur va se jeter dans des tourments sans fin, s’il ne se convertit pas ; il faudra qu’en justice je le traite selon ma loi juste » ; et c’est pourquoi il crie après toi : Reviens, reviens, ô pécheur ! Si vous connaissiez seulement la millième partie aussi bien que Dieu la connaît, du danger qui est près de vous et de la misère où vous courez, nous n’aurions plus besoin de crier après vous pour que vous vous convertissiez.
De plus, cette voix qui t’appelle est la même qui l’a déjà emporté sur des milliers, et qui a appelé au ciel tous ceux qui y sont maintenant ; et ils ne voudraient pas maintenant, pour mille mondes, en avoir fait peu de cas et ne s’être pas convertis à Dieu. Que possèdent-ils maintenant, ceux qui se sont convertis à l’appel de Dieu ? Ils comprennent maintenant que c’était vraiment la voix de l’amour, qui ne leur voulait pas d’autre mal que leur salut. Et si tu veux obéir au même appel, tu parviendras au même bonheur. Il y a des millions d’âmes qui devront se lamenter à jamais de ne s’être pas converties ; mais il n’y a pas une seule âme dans le ciel qui regrette d’avoir été convertie.
Eh bien, Messieurs, êtes-vous maintenant résolus, oui ou non ? Ai-je besoin de vous en dire davantage ? Que voulez-vous faire ? Voulez-vous vous convertir, oui ou non ? Parle, ô homme, dans ton cœur, à Dieu, même si tu ne me parles pas à haute voix ; parle, de peur qu’il ne prenne ton silence pour un refus ; parle vite, de peur qu’il ne te fasse plus jamais une pareille offre. Parle avec résolution, et non en hésitant, car il ne veut point de gens indifférents pour le suivre. Dis maintenant dans ton cœur, sans plus de délai, avant même de bouger d’ici : « Par la grâce de Dieu, je suis résolu à me convertir sur-le-champ. Et parce que je connais ma propre insuffisance, je suis résolu à attendre de Dieu sa grâce, à le suivre dans ses voies, à abandonner ma conduite et mes compagnons d’autrefois, et à me livrer à la direction du Seigneur. »
Vous n’êtes pas enfermés dans les ténèbres du paganisme, ni dans le désespoir des damnés. — La vie est devant vous ; et vous pouvez l’avoir à des conditions raisonnables, si vous le voulez ; oui, gratuitement, si vous voulez l’accepter. La voie de Dieu s’étend toute droite devant vous ; l’Église vous est ouverte ; vous pouvez avoir Christ, et le pardon, et la sainteté, si vous le voulez. Que dites-vous ? Le voulez-vous, oui ou non ? Si vous dites non, ou si vous ne dites rien et continuez comme avant, Dieu est témoin, cette assemblée est témoin, et vos propres consciences sont témoins, de l’offre si belle qui vous a été faite aujourd’hui. Souvenez-vous que vous auriez pu avoir Christ, et que vous ne l’avez pas voulu. Souvenez-vous, quand vous l’aurez perdue, que vous auriez pu avoir la vie éternelle aussi bien que d’autres, et que vous ne l’avez pas voulu ; et tout cela parce que vous n’avez pas voulu vous convertir.
Chapitre 4 terminé
Sermon II