Un tison arraché du feu
Les femmes dans l’Évangile

Chapitre 20 · 4 min de lecture · 5 min d’écoute

Les femmes dans l’Évangile

IL y a trente ans, on aurait à peine trouvé dans les Églises une seule personne qui sympathisât avec quiconque parlait de la Sainteté. Mais, dans ma simplicité, je pensais qu’une assemblée de ministres chrétiens comprendrait mon cas et jugerait selon la justice. Je fus cependant déçue.

Ce n’est pas peu de chose que de sentir que la main de tous est contre nous, et la nôtre contre tous, comme cela semblait être le cas pour moi à cette époque ; et pourtant, que cela est précieux, si seulement Jésus est avec nous. Dans cette rude épreuve, j’avais constamment accès auprès de Dieu, et la claire conscience qu’il m’entendait ; pourtant il ne me semblait pas avoir cette plénitude de l’Esprit que j’avais eue auparavant. Je compris de la façon la plus vive que plus la communion a été étroite, plus aiguë est la souffrance que cause le moindre éloignement de Dieu. Une communion ininterrompue ne peut se conserver que par une application constante du sang qui purifie.

Sans vouloir faire de peine à personne, je ne pouvais pas non plus plaire à qui que ce soit autrement qu’en me laissant conduire par le Saint-Esprit. Je vis, comme jamais auparavant, que les meilleurs des hommes sont sujets à l’erreur, et que le seul chemin sûr était de me jeter sur Christ, dussent le blâme et l’opprobre tomber sur moi parce que j’obéissais à sa voix. L’opinion des hommes ne pesait rien pour moi, car ma mission venait du ciel, et ma récompense était auprès du Très-Haut.

Je ne pouvais croire que ce fût une impulsion passagère ou une influence intermittente qui me poussait à prêcher. Je lisais qu’au jour de la Pentecôte s’accomplit l’Écriture qui se trouve dans Joël 2:28, 29 ; et l’on ne niera certainement pas qu’en ce temps-là les femmes, aussi bien que les hommes, furent remplies du Saint-Esprit, puisqu’il est expressément dit que des femmes étaient au nombre de ceux qui persévéraient dans la prière et la supplication, en attendant l’accomplissement de la promesse. Les femmes et les hommes sont rangés ensemble ; et si le pouvoir de prêcher l’Évangile est passager et intermittent chez les femmes, il doit l’être tout autant chez les hommes ; et si les femmes ont perdu le don de prophétie, les hommes l’ont perdu aussi.

On nous dit parfois que si une femme prétend avoir reçu un appel divin, et fonde sur lui le droit de plaider en public la cause d’un Rédempteur crucifié, on la croira lorsqu’elle présentera des lettres de créance venues du ciel, c’est-à-dire lorsqu’elle fera un miracle. S’il faut prouver son droit à prêcher l’Évangile, je demande à mes frères de me montrer leurs lettres de créance, sans quoi je ne puis croire à la légitimité de leur ministère.

Mais la Bible met fin à ce débat quand elle dit : « Il n’y a plus ni homme ni femme en Jésus-Christ. » Philippe avait quatre filles qui prophétisaient, c’est-à-dire qui prêchaient. Paul appela Priscille, aussi bien qu’Aquilas, son « aide », ou, selon le grec, son « compagnon d’œuvre ». Romains 16:3 ; 2 Corinthiens 8:23 ; Philippiens 2:25 ; 1 Thessaloniciens 3:2. Le même mot qui, dans notre traduction courante, est aujourd’hui rendu par « servante de l’Église » lorsqu’il est question de Phœbé (Romains 16:1), est rendu par « ministre » lorsqu’il s’applique à Tychique. Éphésiens 6:21. Quand Paul dit : « Je te prie de les aider, elles qui ont combattu pour l’Évangile avec moi », il voulait certainement dire qu’elles faisaient davantage que de verser le thé. Au onzième chapitre de la première épître aux Corinthiens, Paul donne aux hommes et aux femmes des directives sur la manière dont ils doivent se présenter lorsqu’ils prophétisent ou prient dans les assemblées publiques ; et il définit le fait de prophétiser comme une parole adressée pour l’édification, l’exhortation et la consolation.

J’ajouterai que la conduite des saintes femmes est rapportée dans l’Écriture comme un exemple pour les autres personnes de leur sexe. Et dans les premiers siècles du christianisme, bien des femmes furent heureuses et glorieuses dans le martyre. Avec quelle noblesse, avec quel héroïsme aussi, dans les siècles suivants, des femmes ont souffert la persécution et la mort pour le nom du Seigneur Jésus !

En considérant ces faits, je ne pouvais voir qu’aucun miracle eût été accompli pour ces femmes plus que pour moi.

Bien qu’on s’opposât à moi, je m’en allai travailler pour Dieu, et il reconnut et bénit mes travaux, comme il l’a fait partout où je suis allée jusqu’à ce jour. Et tant que je marcherai dans l’obéissance, je sais qu’il continuera de le faire, l’enfer dût-il rugir et exhaler son dépit.

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