Un tison arraché du feu
Un appel à prêcher l’Évangile

Chapitre 17 · 3 min de lecture · 4 min d’écoute

Un appel à prêcher l’Évangile

DEPUIS des mois, je me sentais poussée à exhorter les gens et à prier avec eux, dans mes visites de maison en maison ; et dans les réunions, toute mon âme semblait se répandre pour le salut des âmes. L’amour de Christ en moi n’avait point de bornes. Quelques amis mal avisés disaient que j’étais trop hardie, mais le désir de travailler pour le Maître et d’avancer la gloire de son royaume dans le salut des âmes était la nourriture de ma pauvre âme.

Lorsque Dieu m’appela, en une occasion particulière, à une œuvre précise, je répondis : « Non, Seigneur, pas moi. » De jour en jour, j’étais plus persuadée que Dieu voulait que je travaille dans sa vigne. Je pensais qu’il ne pouvait se faire que je fusse appelée à prêcher — moi, si faible et si ignorante. Pourtant je savais qu’à Dieu tout est possible, jusqu’à se servir des choses folles de cette terre pour confondre les sages. Et cependant il y avait en moi un mouvement de recul.

Je portai au Seigneur dans la prière tous mes doutes et toutes mes craintes ; alors parut ce qui me sembla être un ange. Il tenait à la main un rouleau sur lequel étaient écrits ces mots : « C’est toi que j’ai choisie pour prêcher mon Évangile sans délai. » Au moment même où mes yeux les virent, ils parurent s’imprimer sur mon cœur. L’ange disparut en un instant, et moi, dans l’angoisse, je m’écriai : « Seigneur, je ne puis le faire ! » Il était onze heures du matin, et pourtant tout devint sombre comme la nuit. Les ténèbres étaient si épaisses que je n’osais bouger.

Enfin « Mam » Riley entra. À son entrée, la chambre s’éclaira, et je me relevai. J’avais le cœur si lourd que je pouvais à peine parler. Ma chère « Mam » Riley vit ma détresse et me laissa bientôt.

Depuis ce jour, l’appétit me quitta et le sommeil s’enfuit de mes yeux. J’étais comme une personne tourmentée. Je priais, mais ne me sentais pas mieux. Je faisais partie d’un groupe de sœurs que j’aimais tendrement, et je leur ouvris en partie mon cœur. L’une d’elles parut comprendre aussitôt mon cas, et me conseilla de faire ce que Dieu m’avait ordonné, faute de quoi je ne serais jamais heureuse, ni ici-bas ni dans l’au-delà. Mais cela me semblait trop dur — je ne pouvais céder et obéir.

Une nuit, comme j’étais couchée, pleurant et suppliant le cher Seigneur de m’ôter ce fardeau, m’apparut le même ange qui était venu à moi auparavant, et sur sa poitrine étaient écrits ces mots : « Tu es perdue si tu n’obéis pas aux justes commandements de Dieu. » Je vis l’écriture, et cela suffit. Je me couvris la tête et réveillai mon mari, rentré depuis quelques jours. Il me demanda pourquoi je tremblais ainsi, mais je n’eus pas la force de lui répondre. Je restai dans cet état jusqu’au matin ; j’essayai alors de me lever et de vaquer à mes occupations habituelles, mais j’étais trop malade. Mon mari fit alors venir un médecin, qui me prescrivit un remède, mais qui ne me fit aucun bien.

J’avais toujours été opposée à la prédication des femmes, et j’avais parlé contre elle, sans fondement, je le reconnais. Cela se dressa devant moi comme une montagne, et quand je pensais aux difficultés qu’elles avaient à affronter, tant de la part de ceux qui faisaient profession de piété que de la part des autres, je reculais et m’écriais : « Seigneur, je ne puis y aller ! »

La peine que mon Père céleste a eue pour me garder hors du feu qui ne s’éteint point, lui seul la connaît. Mon mari et mes amis disaient que je mourrais ou que je deviendrais folle si quelque chose de favorable n’arrivait bientôt. Je m’attendais à mourir et à être perdue, sachant que j’avais été éclairés et que j’avais goûté le don céleste. Je relus maintes et maintes fois le sixième chapitre de l’Épître aux Hébreux.

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