Un tison arraché du feu
Désobéissance, mais heureuse issue

Chapitre 10 · 4 min de lecture · 5 min d’écoute

Désobéissance, mais heureuse issue

ENFIN, je fis une chose que je n’avais encore jamais faite : je désobéis délibérément à ma mère. J’allai voir ces vieux saints, pleurant comme si mon cœur allait se briser. Quand je fus calmée, je leur dis toutes mes peines et leur demandai ce que je devais faire pour en être délivrée. Ils me dirent que la sanctification était pour le jeune croyant aussi bien que pour le vieux. Ces paroles furent pour moi une nourriture donnée au temps convenable. Après un long entretien, et quand ils eurent prié avec moi, je rentrai à la maison, mais sans être encore satisfaite.

Je demeurai plus d’une semaine dans cet état, me rendant bien des fois en mon lieu secret de prière, qui était derrière la cheminée, dans le grenier de notre maison. Nul, sinon ceux qui ont passé par ce chemin, ne peut savoir combien chaque instant de ma vie était misérable. Je pensais devoir mourir. Mais, en vérité, Dieu fait de ses petits des anges serviteurs — les envoyant en des missions d’amour et de miséricorde. Ainsi m’envoya-t-il, par une belle matinée de mai, cette chère vieille femme, une mère en Israël. À sa vue, mon cœur sembla se fondre en moi, tant sa visite était inattendue, et pourtant tant désirée. Oh ! béni soit le Seigneur pour les hommes et les femmes sanctifiés !

Il n’y avait à la maison que les plus jeunes enfants, de sorte que notre entretien ne fut pas interrompu. Elle me lut et m’expliqua bien des passages de l’Écriture, tels que Jean 17 ; 1 Thessaloniciens 4:3 ; 5:23 ; 1 Corinthiens 6:9-12 ; Hébreux 2:11 ; et beaucoup d’autres — les marquant soigneusement dans ma Bible. Tout cela avait été jusqu’alors pour moi comme un livre scellé. Gloire à Jésus ! les sceaux furent brisés, et la lumière se mit à briller sur la bienheureuse Parole de Dieu comme je ne l’avais jamais vue auparavant.

Le surlendemain de la visite de cette pèlerine, tandis que je m’attendais au Seigneur, mon grand désir me fut accordé, par la foi en mon précieux Sauveur. La gloire de Dieu semblait presque me terrasser sur le plancher. Il reposait vraiment sur moi un poids de gloire. Je chantai de tout mon cœur : « Voici le chemin que j’ai longtemps cherché, Et j’ai pleuré de ne point le trouver. »

Gloire au Père ! gloire au Fils ! et gloire au Saint-Esprit ! qui m’a arrachée comme un tison du feu, et m’a scellée pour la vie éternelle. Je n’espérais plus seulement la gloire, mais j’en avais la pleine assurance. Louez le Seigneur pour une foi semblable à celle de Paul ! « J’ai été crucifié avec Christ; et si je vis, ce n’est plus moi qui vis, c’est Christ qui vit en moi. » Elle fut exaucée, cette prière que je faisais constamment : que je fusse puissamment fortifiée par son Esprit dans l’homme intérieur ; afin qu’étant enracinée et fondée dans l’amour, je pusse comprendre avec tous les saints quelle est la longueur, la largeur, la hauteur et la profondeur, et connaître l’amour de Christ, qui surpasse toute connaissance, et être remplie jusqu’à toute la plénitude de Dieu.

J’avais craint de dire à ma mère que je priais pour obtenir la sanctification, mais quand le « vieil homme » fut chassé de mon cœur et que l’amour parfait en prit possession, je perdis toute crainte. J’allai droit à ma mère et lui dis que j’étais sanctifiée. Elle fut stupéfaite, appela mon père et lui répéta ce que j’avais dit. Lui aussi fut saisi d’étonnement, mais il ne dit pas un mot. Je me mis aussitôt à leur lire des passages de ma Bible, à eux et à beaucoup d’autres, pensant, dans ma simplicité, qu’ils croiraient et recevraient tout de suite la même bénédiction. À la gloire de Dieu, quelques-uns crurent et furent sauvés, mais beaucoup étaient trop sages pour être enseignés par une enfant — trop bons pour devenir meilleurs.

Dès ce moment, beaucoup de ceux qui avaient été mes amis les plus chaleureux, et qui semblaient me tenir pour chrétienne, se tournèrent contre moi, disant que je ne savais pas de quoi je parlais — qu’il n’existait rien de tel que la sanctification et la sainteté en cette vie — et que le diable m’avait égarée dans la propre justice. Beaucoup d’entre eux combattaient la sainteté avec plus de zèle et de vigueur qu’ils ne combattaient le péché. Au milieu de tout cela, je possédais cette douce paix qui surpasse toute intelligence, jaillissant dans mon âme comme une source intarissable — gloire au précieux sang de Jésus !

« Le Roi du ciel et de la terre Daigne habiter ici-bas avec les mortels. »

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