Texte
Malachie 3:6
En bref
La véritable étude du chrétien, c'est Dieu lui-même, et Spurgeon s'arrête ici sur une seule perfection : « Je suis l'Éternel, je ne change point. » Parce que la nature, l'amour et les desseins de Dieu ne s'altèrent jamais, les fils de Jacob ne sont pas consumés — et le croyant dont le monde chancelle peut jeter l'ancre dans le seul cœur qui ne saurait changer.
« Je suis l'Éternel, je ne change point; c'est pourquoi vous, fils de Jacob, vous n'avez pas été consumés. »—Malachie 3:6
Quelqu'un a dit que « la véritable étude de l'humanité, c'est l'homme ». Je ne m'opposerai pas à cette idée, mais je crois qu'il est également vrai que la véritable étude des élus de Dieu, c'est Dieu; la véritable étude d'un chrétien, c'est la Divinité. La plus haute science, la plus sublime spéculation, la plus puissante philosophie qui puisse jamais retenir l'attention d'un enfant de Dieu, c'est le nom, la nature, la personne, l'œuvre, les actes et l'existence du grand Dieu qu'il appelle son Père. Il y a quelque chose d'extrêmement salutaire pour l'esprit dans la contemplation de la Divinité. C'est un sujet si vaste que toutes nos pensées se perdent dans son immensité; si profond que notre orgueil se noie dans son infinité. Les autres sujets, nous pouvons les embrasser et nous mesurer à eux; en eux nous éprouvons une sorte de contentement de nous-mêmes, et nous poursuivons notre chemin avec la pensée : « Voici, je suis sage. » Mais lorsque nous abordons cette science souveraine, découvrant que notre sonde ne peut en atteindre la profondeur et que notre œil d'aigle n'en peut voir la hauteur, nous nous détournons avec la pensée que l'homme vain voudrait être sage, mais qu'il est comme le petit d'un âne sauvage; et avec cette solennelle exclamation : « Je ne suis que d'hier, et je ne sais rien. » Aucun sujet de contemplation ne tendra davantage à humilier l'esprit que les pensées de Dieu. Nous serons contraints de sentir—
« Grand Dieu, combien Tu es infini,
Quels vers indignes sommes-nous! »
Mais tandis que ce sujet humilie l'esprit, il l'élargit aussi. Celui qui pense souvent à Dieu aura un esprit plus vaste que l'homme qui se contente d'arpenter péniblement cet étroit globe. Il peut être un naturaliste, se vantant de son habileté à disséquer un scarabée, à anatomiser une mouche, ou à ranger insectes et animaux en classes aux noms presque imprononçables; il peut être un géologue, capable de disserter sur le mégathérium et le plésiosaure, et sur toutes sortes d'animaux disparus; il peut s'imaginer que sa science, quelle qu'elle soit, ennoblit et agrandit son esprit. J'ose dire qu'il en est ainsi, mais après tout, la plus excellente étude pour dilater l'âme, c'est la science de Christ, et de lui crucifié, et la connaissance de la Divinité dans la glorieuse Trinité. Rien n'agrandira autant l'intelligence, rien ne magnifiera autant l'âme tout entière de l'homme, qu'une investigation pieuse, ardente et soutenue du grand sujet de la Déité. Et, tout en humiliant et en élargissant, ce sujet est éminemment consolant. Oh, il y a, dans la contemplation de Christ, un baume pour chaque blessure; dans la méditation sur le Père, un apaisement pour chaque douleur; et dans l'influence du Saint-Esprit, un baume pour chaque plaie. Voudriez-vous perdre vos chagrins? Voudriez-vous noyer vos soucis? Alors allez, plongez-vous dans la mer la plus profonde de la Divinité; perdez-vous dans son immensité; et vous en ressortirez comme d'un lit de repos, rafraîchis et fortifiés. Je ne connais rien qui puisse à ce point consoler l'âme, apaiser les flots gonflés du chagrin et de la douleur, dire la paix aux vents de l'épreuve, autant qu'une pieuse méditation sur le sujet de la Divinité. C'est à ce sujet que je vous convie ce matin. Nous vous en présenterons une seule vue,—à savoir l'immutabilité du glorieux Jéhovah. « Je suis, » dit mon texte, « Jéhovah » (car c'est ainsi qu'il faudrait traduire), « Je suis Jéhovah, je ne change point : c'est pourquoi vous, fils de Jacob, vous n'avez pas été consumés. »
Il y a trois choses ce matin. Premièrement, un Dieu immuable; deuxièmement, les personnes qui tirent profit de ce glorieux attribut, « les fils de Jacob »; et troisièmement, le profit qu'elles en tirent, elles « ne sont pas consumées ». Abordons ces points.
I. Premièrement, il nous est présenté la doctrine de L'IMMUTABILITÉ DE DIEU. « Je suis Dieu, je ne change point. » Ici, je vais tenter d'exposer, ou plutôt de développer cette pensée, puis ensuite d'apporter quelques arguments pour en prouver la vérité.
1. Je vais présenter quelque exposition de mon texte, en disant d'abord que Dieu est Jéhovah, et qu'il ne change point dans son essence. Nous ne pouvons vous dire ce qu'est la Divinité. Nous ne savons pas quelle est cette substance que nous appelons Dieu. C'est une existence, c'est un être; mais ce que c'est, nous l'ignorons. Cependant, quoi que ce soit, nous l'appelons son essence, et cette essence ne change jamais. La substance des choses mortelles est en perpétuel changement. Les montagnes, avec leurs couronnes d'un blanc de neige, ôtent leurs vieux diadèmes en été, en ruisseaux qui dévalent leurs flancs, tandis que la nuée d'orage leur donne un autre couronnement; l'océan, avec ses puissantes marées, perd son eau lorsque les rayons du soleil baisent les vagues et les enlèvent en brumes vers le ciel; le soleil lui-même a besoin d'un combustible nouveau de la main de l'Infini Tout-Puissant, pour réalimenter sa fournaise toujours ardente. Toutes les créatures changent. L'homme, surtout quant à son corps, subit sans cesse une révolution. Très probablement, il n'y a pas une seule particule dans mon corps qui s'y trouvait il y a quelques années. Cette charpente a été usée par l'activité, ses atomes ont été enlevés par le frottement, de nouvelles particules de matière se sont entre-temps constamment ajoutées à mon corps, et ainsi il a été renouvelé; mais sa substance est altérée. Le tissu dont ce monde est fait passe sans cesse; comme un cours d'eau, des gouttes s'écoulent et d'autres suivent, gardant le fleuve toujours plein, mais changeant toujours dans ses éléments. Mais Dieu est perpétuellement le même. Il n'est composé d'aucune substance ni matière, mais il est esprit—esprit pur, essentiel et éthéré—et c'est pourquoi il est immuable. Il demeure éternellement le même. Il n'y a pas de rides sur son front éternel. Aucun âge ne l'a paralysé; aucune année ne l'a marqué des souvenirs de leur fuite; il voit passer les âges, mais pour lui c'est toujours maintenant. Il est le grand JE SUIS—le grand Immuable. Remarquez-le bien, son essence ne subit aucun changement lorsqu'elle s'unit à l'humanité. Lorsque Christ, dans les temps passés, se revêtit de l'argile mortelle, l'essence de sa divinité ne fut point changée; la chair ne devint pas Dieu, et Dieu ne devint pas chair par un changement réel et effectif de nature; les deux furent unis en union hypostatique, mais la Divinité demeurait la même. Elle était la même lorsqu'il était un petit enfant dans la crèche, qu'au temps où il tendit les tentures des cieux; c'était le même Dieu qui pendit à la croix, et dont le sang coula en un fleuve de pourpre, le même Dieu qui porte le monde sur ses épaules éternelles, et tient dans ses mains les clés de la mort et de l'enfer. Il n'a jamais été changé dans son essence, pas même par son incarnation; il demeure éternellement, à jamais, le seul Dieu immuable, le Père des lumières, en qui il n'y a ni variation, ni ombre de changement.
2. Il ne change point dans ses attributs. Ce que furent les attributs de Dieu autrefois, ils le sont maintenant; et de chacun d'eux nous pouvons chanter : « Comme il était au commencement, il est maintenant, et il sera toujours, dans les siècles des siècles, Amen. » Était-il puissant? Était-il le Dieu fort lorsqu'il fit sortir le monde du sein du néant par sa parole? Était-il le Tout-Puissant lorsqu'il amoncela les montagnes et creusa les abîmes pour les flots roulants? Oui, il était puissant alors, et son bras n'est point paralysé aujourd'hui, il est le même géant dans sa force; la sève de sa vigueur n'est point tarie, et la force de son âme demeure la même à jamais. Était-il sage lorsqu'il constitua ce puissant globe, lorsqu'il posa les fondements de l'univers? Avait-il la sagesse lorsqu'il traça la voie de notre salut, et lorsque de toute éternité il dessina ses redoutables desseins? Oui, et il est sage maintenant; il n'est pas moins habile, il n'a pas moins de connaissance; son œil qui voit toutes choses n'est point obscurci; son oreille qui entend tous les cris, soupirs, sanglots et gémissements de son peuple, n'est point appesantie par les années durant lesquelles il a entendu leurs prières. Il est inchangé dans sa sagesse, il sait autant maintenant que jamais, ni plus ni moins; il a la même habileté consommée, et les mêmes prévisions infinies. Il est inchangé, béni soit son nom, dans sa justice. Juste et saint il était dans le passé; juste et saint il est maintenant. Il est inchangé dans sa vérité; il a promis, et il l'accomplit; il l'a dit, et cela sera fait. Il ne varie point dans la bonté, la générosité et la bienveillance de sa nature. Il n'est pas devenu un tyran tout-puissant, alors qu'il était jadis un Père tout-puissant; mais son amour puissant demeure comme un roc de granit, inébranlé par les ouragans de notre iniquité. Et béni soit son cher nom, il est inchangé dans son amour. Lorsqu'il écrivit pour la première fois l'alliance, combien son cœur était plein d'affection pour son peuple. Il savait que son Fils devait mourir pour ratifier les articles de cet accord. Il savait fort bien qu'il devait arracher son bien-aimé de ses entrailles, et l'envoyer sur la terre pour saigner et mourir. Il n'hésita point à signer cette puissante alliance; il n'esquiva point son accomplissement. Il aime autant maintenant qu'alors, et lorsque les soleils cesseront de briller, et les lunes de montrer leur faible lumière, il aimera encore à jamais et pour toujours. Prenez n'importe quel attribut de Dieu, et j'y inscrirai semper idem (toujours le même). Prenez n'importe quoi que vous puissiez dire de Dieu maintenant, et cela pourra se dire non seulement dans le sombre passé, mais dans le brillant avenir il demeurera toujours le même : « Je suis Jéhovah, je ne change point. »
3. De plus, Dieu ne change point dans ses desseins. Cet homme se mit à bâtir, mais ne put achever, et c'est pourquoi il changea son plan, comme le ferait tout homme sage en pareil cas; il bâtit sur un plus petit fondement et recommença. Mais a-t-on jamais dit que Dieu se mit à bâtir sans pouvoir achever? Non. Lui qui a à son commandement des réserves sans bornes, et dont la propre main droite créerait des mondes aussi nombreux que les gouttes de la rosée du matin, s'arrêterait-il jamais faute de puissance? et renverserait-il, altérerait-il ou dérangerait-il son plan, parce qu'il ne pourrait le mener à bien? « Mais, » disent certains, « peut-être Dieu n'a-t-il jamais eu de plan. » Pensez-vous donc que Dieu soit plus insensé que vous-même, monsieur? Vous mettez-vous à l'œuvre sans plan? « Non, » dites-vous, « j'ai toujours un dessein. » Dieu aussi. Tout homme a son plan, et Dieu a un plan également. Dieu est un esprit souverain; il a tout arrangé dans sa gigantesque intelligence bien avant de l'accomplir; et, une fois la chose arrêtée, remarquez-le bien, il ne l'altère jamais. « Ceci sera fait, » dit-il, et la main de fer du destin l'inscrit, et cela s'accomplit. « Tel est mon dessein, » et il tient, et ni la terre ni l'enfer ne peuvent l'altérer. « Tel est mon décret, » dit-il, proclamez-le, anges; arrachez-le de la porte du ciel, vous, démons; mais vous ne pouvez altérer le décret; il sera fait. Dieu n'altère point ses plans; pourquoi le ferait-il? Il est Tout-Puissant, et peut donc accomplir son bon plaisir. Pourquoi le ferait-il? Il est le Tout-Sage, et n'a donc pu mal planifier. Pourquoi le ferait-il? Il est le Dieu éternel, et ne peut donc mourir avant que son plan soit accompli. Pourquoi changerait-il? Vous, atomes sans valeur de l'existence, éphémères d'un jour! Vous, insectes rampant sur cette feuille de laurier de l'existence! vous pouvez changer vos plans, mais lui ne changera jamais, jamais les siens. M'a-t-il donc dit que son plan est de me sauver? S'il en est ainsi, je suis en sûreté.
« Mon nom, des paumes de ses mains,
L'éternité ne l'effacera;
Gravé sur son cœur il demeure,
En marques d'une grâce indélébile. »
4. De plus encore, Dieu est immuable dans ses promesses. Ah! nous aimons parler des douces promesses de Dieu; mais si nous pouvions jamais supposer que l'une d'elles pût être changée, nous n'en parlerions plus jamais. Si je pensais que les billets de la Banque d'Angleterre ne pourraient être encaissés la semaine prochaine, je refuserais de les prendre; et si je pensais que les promesses de Dieu ne seraient jamais accomplies—si je pensais que Dieu jugerait bon d'altérer quelque mot dans ses promesses—adieu les Écritures! Je veux des choses immuables : et je trouve que j'ai des promesses immuables lorsque je me tourne vers la Bible; car « par deux choses immuables, dans lesquelles il est impossible que Dieu mente », il a signé, confirmé et scellé chacune de ses promesses. L'Évangile n'est pas « oui et non »; il ne promet pas aujourd'hui pour renier demain; mais l'Évangile est « oui, oui », à la gloire de Dieu. Croyant! il y avait une délicieuse promesse que tu avais hier; et ce matin, lorsque tu t'es tourné vers la Bible, la promesse n'était pas douce. Sais-tu pourquoi? Penses-tu que la promesse ait changé? Ah, non! Toi, tu as changé; voilà où est la question. Tu avais mangé quelques-uns des raisins de Sodome, et ta bouche en avait perdu le goût, si bien que tu ne pouvais en discerner la douceur. Mais il y avait là le même miel, sois-en sûr, la même préciosité. « Oh! » dit un enfant de Dieu, « j'avais bâti ma maison fermement, jadis, sur quelques stables promesses; un vent est venu, et j'ai dit : Ô Seigneur, je suis abattu et je serai perdu. » Oh! les promesses n'étaient pas abattues; les fondements n'étaient pas ôtés; c'était ta petite hutte de « bois, de foin, de chaume » que tu avais bâtie. C'est cela qui est tombé. Toi, tu as été ébranlé sur le roc, ce n'est pas le roc sous toi. Mais laissez-moi vous dire quelle est la meilleure manière de vivre en ce monde. J'ai entendu dire qu'un monsieur dit à un Noir : « Je n'arrive pas à comprendre comment il se fait que tu sois toujours si heureux dans le Seigneur, tandis que moi je suis souvent abattu. » « Eh bien, Maître, » dit-il, « je me jette à plat sur la promesse—là je repose; toi, tu te tiens debout sur la promesse—tu y as un peu ta part, et te voilà par terre quand le vent vient, et alors tu cries : ‘Oh! me voilà à terre;’ tandis que moi je vais tout de suite à plat sur la promesse, et voilà pourquoi je ne crains aucune chute. » Disons donc toujours : « Seigneur, voici la promesse; c'est ton affaire de l'accomplir. » Je vais à plat sur la promesse! point de station debout pour moi. C'est là que vous devriez aller—prosternés sur la promesse; et souvenez-vous, chaque promesse est un roc, une chose immuable. C'est pourquoi, jetez-vous à ses pieds, et reposez-y à jamais.
5. Mais voici maintenant une note discordante qui vient gâter le thème. Pour certains d'entre vous, Dieu est immuable dans ses menaces. Si chaque promesse tient ferme, et si chaque serment de l'alliance s'accomplit, écoute donc, pécheur!—remarque bien la parole—entends le glas de tes espérances charnelles; vois les funérailles de tes appuis charnels. Chaque menace de Dieu, aussi bien que chaque promesse, s'accomplira. Parlez de décrets! je vais vous parler d'un décret : « Celui qui ne croira point sera condamné. » Voilà un décret, et un statut qui ne peut jamais changer. Soyez aussi bon qu'il vous plaira, aussi moral que vous le pourrez, aussi honnête que vous le voudrez, marchez aussi droit que vous le pourrez,—là se tient la menace immuable : « Celui qui ne croira point sera condamné. » Que réponds-tu à cela, ô moraliste? Oh, tu voudrais pouvoir l'altérer, et dire : « Celui qui ne vit pas une vie sainte sera condamné. » Cela sera vrai; mais ce n'est pas ce qui est dit. Il est dit : « Celui qui ne croira point. » Voilà la pierre d'achoppement et le rocher de scandale; mais vous ne pouvez l'altérer. Vous devez croire ou être condamné, dit la Bible; et remarquez, cette menace de Dieu est aussi immuable que Dieu lui-même. Et quand mille ans des tourments de l'enfer se seront écoulés, tu lèveras les yeux, et tu verras écrit en lettres de feu ardentes : « Celui qui ne croira point sera condamné. » « Mais, Seigneur, je suis condamné. » Néanmoins il est dit « sera » encore. Et quand un million d'âges se seront déroulés, et que tu seras épuisé par tes peines et tes agonies, tu lèveras les yeux et tu liras encore « SERA CONDAMNÉ », inchangé, inaltéré. Et quand tu auras cru que l'éternité doit avoir filé son dernier fil—que chaque parcelle de ce que nous appelons éternité doit s'être écoulée, tu le verras encore écrit là-haut : « SERA CONDAMNÉ. » Ô pensée terrifiante! Comment ose-je la prononcer? Mais je le dois. Vous devez être avertis, messieurs, « de peur que vous aussi ne veniez dans ce lieu de tourment. » Il faut vous dire des choses rudes; car si l'Évangile de Dieu n'est pas une chose rude, la loi est une chose rude; le mont Sinaï est une chose rude. Malheur à la sentinelle qui n'avertit pas l'impie! Dieu est immuable dans ses menaces. Prends garde, ô pécheur, car « c'est une chose terrible que de tomber entre les mains du Dieu vivant. »
6. Nous devons seulement effleurer une pensée avant de conclure, et c'est celle-ci—Dieu est immuable dans les objets de son amour—non seulement dans son amour, mais dans les objets de celui-ci.
« S'il devait jamais arriver
Qu'une brebis de Christ pût se perdre,
Mon âme inconstante et faible, hélas,
Tomberait mille fois par jour. »
Si un seul cher saint de Dieu avait péri, tous le pourraient; si un seul de ceux de l'alliance venait à être perdu, tous le pourraient l'être, et alors aucune promesse de l'Évangile n'est vraie; mais la Bible est un mensonge, et il n'y a rien en elle qui mérite mon adhésion. Je deviendrai un infidèle sur-le-champ, si je puis croire qu'un saint de Dieu puisse jamais déchoir finalement. Si Dieu m'a aimé une fois, alors il m'aimera à jamais.
« Jésus a-t-il une fois brillé sur moi,
Alors Jésus est à jamais mien. »
Les objets de l'amour éternel ne changent jamais. Ceux que Dieu a appelés, il les justifiera; ceux qu'il a justifiés, il les sanctifiera; et ceux qu'il sanctifie, il les glorifiera.
1. Ayant ainsi pris beaucoup trop de temps, peut-être, à simplement développer la pensée d'un Dieu immuable, je vais maintenant essayer de prouver qu'Il est immuable. Je ne suis pas un grand prédicateur de raisonnements, mais un argument que je mentionnerai est celui-ci : l'existence même, et l'être d'un Dieu, me semblent impliquer l'immutabilité. Laissez-moi réfléchir un instant. Il y a un Dieu; ce Dieu régit et gouverne toutes choses; ce Dieu a façonné le monde : il le soutient et le maintient. Quel genre d'être doit-il être? Il me frappe qu'on ne puisse concevoir un Dieu changeant. Je conçois que cette pensée est si contraire au bon sens que si, un seul instant, vous pensez à un Dieu changeant, les mots semblent se heurter, et vous êtes contraint de dire : « Alors il doit être une sorte d'homme, » et d'en venir à une idée mormone de Dieu. J'imagine qu'il est impossible de concevoir un Dieu changeant; il en est ainsi pour moi. D'autres peuvent être capables d'une telle idée, mais moi je ne saurais l'entretenir. Je ne pourrais pas plus concevoir un Dieu changeant qu'un carré rond, ou toute autre absurdité. La chose paraît si contradictoire que je suis contraint, dès que je dis Dieu, d'y inclure l'idée d'un être immuable.
2. Eh bien, je pense qu'un seul argument suffira, mais un autre bon argument peut se trouver dans le fait de la perfection de Dieu. Je crois que Dieu est un être parfait. Or, s'il est un être parfait, il ne peut changer. Ne le voyez-vous pas? Supposons que je sois parfait aujourd'hui; s'il m'était possible de changer, serais-je parfait demain après l'altération? Si je changeais, je devrais soit changer d'un bon état à un meilleur—et alors, si je pouvais devenir meilleur, je ne pourrais être parfait maintenant—soit d'un meilleur état à un pire—et si j'étais pire, je ne serais pas parfait alors. Si je suis parfait, je ne puis être altéré sans devenir imparfait. Si je suis parfait aujourd'hui, je dois demeurer le même demain pour être parfait alors. De même, si Dieu est parfait, il doit être le même; car le changement impliquerait l'imperfection maintenant, ou l'imperfection alors.
3. De plus, il y a le fait de l'infinité de Dieu, qui met le changement hors de question. Dieu est un être infini. Qu'entendez-vous par là? Il n'est pas d'homme qui puisse vous dire ce qu'il entend par un être infini. Mais il ne peut y avoir deux infinis. Si une chose est infinie, il n'y a place pour rien d'autre; car infini signifie tout. Il signifie non borné, non fini, sans fin. Or, il ne peut y avoir deux infinis. Si Dieu est infini aujourd'hui, et devait ensuite changer et être infini demain, il y aurait deux infinis. Mais cela ne se peut. Supposons qu'il soit infini et qu'ensuite il change; il devrait devenir fini, et ne pourrait être Dieu; ou bien il est fini aujourd'hui et fini demain, ou infini aujourd'hui et fini demain, ou fini aujourd'hui et infini demain—autant de suppositions également absurdes. Le fait qu'il soit un être infini écarte aussitôt la pensée qu'il soit un être changeant. L'infinité porte inscrit sur son front même le mot « immutabilité ».
4. Mais alors, chers amis, regardons le passé : et là nous recueillerons quelques preuves de la nature immuable de Dieu. « A-t-il dit, et ne fera-t-il pas? A-t-il parlé, et n'accomplira-t-il pas? » Ne peut-on dire de Jéhovah : « Il a fait toute sa volonté, et il a accompli tout son dessein »? Tournez-vous vers la Philistie; demandez où elle est. Dieu a dit : « Hurle, Asdod, et vous, portes de Gaza, car vous tomberez; » et où sont-elles? Où est Édom? Interrogez Pétra et ses murailles en ruines. N'iront-elles pas répercuter la vérité que Dieu a dite : « Édom sera une proie, et sera détruit »? Où est Babel, et où Ninive? Où Moab, et où Ammon? Où sont les nations que Dieu a dit qu'il détruirait? Ne les a-t-il pas déracinées et n'a-t-il pas ôté leur souvenir de la terre? Et Dieu a-t-il rejeté son peuple? A-t-il une seule fois oublié sa promesse? A-t-il une seule fois rompu son serment et son alliance, ou s'est-il une seule fois écarté de son plan? Ah! non. Montrez un seul exemple dans l'histoire où Dieu ait changé! Vous ne le pouvez, messieurs; car à travers toute l'histoire demeure ce fait, que Dieu a été immuable dans ses desseins. Il me semble entendre quelqu'un dire : « Je puis me rappeler un passage de l'Écriture où Dieu a changé! » Et c'est ainsi que je pensais autrefois. Le cas dont je veux parler est celui de la mort d'Ézéchias. Ésaïe entra et dit : ‘Ézéchias, tu dois mourir, ta maladie est incurable, mets ordre à ta maison.’ Il tourna son visage vers la muraille et se mit à prier; et avant qu'Ésaïe fût dans le parvis extérieur, il reçut l'ordre de retourner et de dire : « Tu vivras quinze années de plus. » Vous pouvez penser que cela prouve que Dieu change; mais en vérité je n'y vois pas la moindre preuve au monde. Comment savez-vous que Dieu ne le savait pas? Oh! mais Dieu le savait; il savait qu'Ézéchias vivrait. Alors il n'a pas changé, car s'il le savait, comment aurait-il pu changer? Voilà ce que je veux savoir. Mais savez-vous une petite chose?—que Manassé, le fils d'Ézéchias, n'était pas encore né à cette époque, et que si Ézéchias était mort, il n'y aurait eu ni Manassé, ni Josias, ni Christ, car Christ est issu de cette lignée même. Vous trouverez que Manassé avait douze ans à la mort de son père; il dut donc naître trois ans après ceci. Et ne croyez-vous pas que Dieu avait décrété la naissance de Manassé, et l'avait connue d'avance? Certainement. Il décréta donc qu'Ésaïe irait dire à Ézéchias que sa maladie était incurable, puis dirait aussi dans le même souffle : « Mais je la guérirai, et tu vivras. » Il dit cela pour pousser Ézéchias à la prière. Il parla, en premier lieu, comme un homme. « Selon toute probabilité humaine, ta maladie est incurable, et tu dois mourir. » Puis il attendit qu'Ézéchias eût prié; alors vint un petit « mais » à la fin de la phrase. Ésaïe n'avait pas achevé sa phrase. Il dit : « Tu dois mettre ordre à ta maison, car il n'y a point de remède humain; mais » (et alors il sortit. Ézéchias pria un peu, puis il rentra et dit) « Mais je te guérirai. » Où y a-t-il là quelque contradiction, sinon dans le cerveau de ceux qui combattent contre le Seigneur, et souhaitent faire de lui un être changeant.
II. Maintenant, deuxièmement, laissez-moi dire un mot sur LES PERSONNES POUR QUI CE DIEU IMMUABLE EST UN BIENFAIT. « Je suis Dieu, je ne change point; c'est pourquoi vous, fils de Jacob, vous n'avez pas été consumés. » Or, qui sont « les fils de Jacob », qui peuvent se réjouir en un Dieu immuable?
1. Premièrement, ils sont les fils de l'élection de Dieu; car il est écrit : « J'ai aimé Jacob, et j'ai haï Ésaü, les enfants n'étant pas encore nés et n'ayant fait ni bien ni mal. » Il était écrit : « L'aîné servira le plus jeune. » « Les fils de Jacob »—
« Sont les fils de l'élection de Dieu,
Qui par grâce souveraine croient;
Par une éternelle destination
Grâce et gloire ils reçoivent. »
Ce sont les élus de Dieu qui sont ici désignés par « les fils de Jacob »,—ceux qu'il a connus d'avance et prédestinés au salut éternel.
2. Par « les fils de Jacob », on entend, en second lieu, des personnes qui jouissent de droits et de titres singuliers. Jacob, vous le savez, n'avait aucun droit par naissance; mais il en acquit bientôt. Il échangea un plat de lentilles avec son frère Ésaü, et gagna ainsi le droit d'aînesse. Je ne justifie pas les moyens; mais il obtint aussi la bénédiction, et acquit ainsi des droits singuliers. Par « les fils de Jacob » ici, on entend des personnes qui ont des droits et des titres singuliers. À ceux qui croient, il a donné le droit et le pouvoir de devenir enfants de Dieu. Ils ont part au sang de Christ; ils ont le droit d'« entrer par les portes dans la cité »; ils ont un titre aux honneurs éternels; ils ont une promesse de gloire éternelle; ils ont le droit de s'appeler fils de Dieu. Oh! il y a des droits et des privilèges singuliers qui appartiennent aux « fils de Jacob ».
3. Mais ensuite, ces « fils de Jacob » étaient des hommes de manifestations singulières. Jacob eut des manifestations singulières de la part de son Dieu, et fut ainsi hautement honoré. Une fois, à la nuit tombée, il se coucha et s'endormit; il avait les haies pour rideaux, le ciel pour dais, une pierre pour oreiller, et la terre pour lit. Oh! alors il eut une manifestation singulière. Il y avait une échelle, et il vit les anges de Dieu qui montaient et descendaient. Il eut ainsi une manifestation de Christ Jésus, comme l'échelle qui va de la terre au ciel, par laquelle montaient et descendaient les anges pour nous apporter des miséricordes. Puis quelle manifestation il y eut à Mahanaïm, lorsque les anges de Dieu le rencontrèrent; et de nouveau à Peniel, lorsqu'il lutta avec Dieu, et le vit face à face. Ce furent là des manifestations singulières; et ce passage se rapporte à ceux qui, comme Jacob, ont eu des manifestations singulières.
Or donc, combien d'entre vous ont eu des manifestations personnelles? « Oh! » dites-vous, « voilà de l'exaltation; voilà du fanatisme. » Eh bien, c'est aussi une bienheureuse exaltation, car les fils de Jacob ont eu des manifestations singulières. Ils ont parlé avec Dieu comme un homme parle avec son ami; ils ont chuchoté à l'oreille de Jéhovah; Christ a été avec eux pour souper avec eux, et eux avec Christ; et le Saint-Esprit a brillé dans leur âme avec une si puissante splendeur qu'ils ne pouvaient douter de manifestations particulières. Les « fils de Jacob » sont les hommes qui jouissent de ces manifestations.
4. De plus, ils sont des hommes d'épreuves singulières. Ah! pauvre Jacob! Je ne choisirais pas le sort de Jacob si je n'avais la perspective de la bénédiction de Jacob; car son sort fut dur. Il lui fallut fuir de la maison de son père vers celle de Laban; et puis ce vieux Laban revêche le trompa toutes les années qu'il fut là—le trompa quant à sa femme, le trompa quant à ses gages, le trompa quant à ses troupeaux, et le trompa tout au long de l'histoire. Bientôt il lui fallut fuir Laban, qui le poursuivit et le rattrapa. Ensuite vint Ésaü avec quatre cents hommes pour l'exterminer jusqu'à la racine. Puis il y eut un temps de prière, et ensuite il lutta, et dut aller toute sa vie la hanche démise. Mais un peu plus loin, Rachel, sa bien-aimée, mourut. Puis sa fille Dina est égarée, et ses fils massacrent les Sichémites. Bientôt le cher Joseph est vendu en Égypte, et une famine survient. Puis Ruben monte sur sa couche et la souille; Juda commet l'inceste avec sa propre belle-fille; et tous ses fils deviennent pour lui un fléau. Enfin Benjamin lui est enlevé; et le vieillard, presque le cœur brisé, s'écrie : « Joseph n'est plus, et Siméon n'est plus, et vous voulez enlever Benjamin. » Jamais homme ne fut plus éprouvé que Jacob, tout cela pour l'unique péché d'avoir trompé son frère. Toute sa vie, Dieu le châtia. Mais je crois qu'il y en a beaucoup qui peuvent compatir avec ce cher vieux Jacob. Ils ont dû traverser des épreuves très semblables aux siennes. Eh bien, porteurs de croix! Dieu dit : « Je ne change point; c'est pourquoi vous, fils de Jacob, vous n'avez pas été consumés. » Pauvres âmes éprouvées! vous n'êtes pas consumées à cause de la nature immuable de votre Dieu. Ne vous mettez donc pas à vous ronger de chagrin, en disant, avec la vanité de la misère : « Je suis l'homme qui a vu l'affliction. » Car « l'Homme de douleurs » fut affligé plus que vous; Jésus fut vraiment un homme de deuil. Vous ne voyez que les pans du vêtement de l'affliction. Vous n'avez jamais d'épreuves comme les siennes. Vous ne comprenez pas ce que veulent dire les tribulations; c'est à peine si vous avez trempé les lèvres dans la coupe de l'affliction; vous n'en avez eu qu'une goutte ou deux, mais Jésus en a bu la lie. Ne craignez point, dit Dieu, « Je suis l'Éternel, je ne change point; c'est pourquoi vous, fils de Jacob », hommes d'épreuves singulières, « vous n'avez pas été consumés. »
5. Puis une pensée de plus sur ceux qui sont les « fils de Jacob », car je voudrais que vous découvriez si vous êtes vous-mêmes « fils de Jacob ». Ils sont des hommes d'un caractère singulier; car, bien qu'il y eût dans le caractère de Jacob des choses que nous ne saurions louer, il y en a une ou deux que Dieu loue. Il y avait la foi de Jacob, par laquelle Jacob eut son nom inscrit parmi les puissants héros qui n'obtinrent pas les promesses sur la terre, mais les obtiendront dans le ciel. Êtes-vous des hommes de foi, bien-aimés? Savez-vous ce que c'est que de marcher par la foi, de vivre par la foi, d'obtenir par la foi votre nourriture d'un jour, de vivre de la manne spirituelle—tout cela par la foi? La foi est-elle la règle de votre vie? si oui, vous êtes les « fils de Jacob ».
Puis Jacob était un homme de prière—un homme qui luttait, qui gémissait et qui priait. Il y a là-bas un homme qui n'a point prié ce matin, avant de monter à la maison de Dieu. Ah! pauvre païen, ne pries-tu pas? Non! dit-il, « je n'y ai jamais songé; voilà des années que je ne prie plus. » Eh bien, j'espère que tu le feras avant de mourir. Vis et meurs sans prière, et tu prieras bien assez longtemps quand tu seras en enfer. Il y a là une femme : elle n'a pas prié ce matin; elle était si occupée à envoyer ses enfants à l'école du dimanche qu'elle n'a pas eu le temps de prier. Pas le temps de prier? As-tu eu le temps de t'habiller? Il y a un temps pour chaque dessein sous le ciel, et si tu avais résolu de prier, tu aurais prié. Les fils de Dieu ne peuvent vivre sans prière. Ce sont des Jacob qui luttent. Ce sont des hommes en qui le Saint-Esprit œuvre tellement qu'ils ne peuvent pas plus vivre sans prière que je ne puis vivre sans respirer. Il leur faut prier. Messieurs, remarquez-le bien, si vous vivez sans prière, vous vivez sans Christ; et si vous mourez ainsi, votre part sera dans l'étang qui brûle de feu. Que Dieu vous rachète, que Dieu vous arrache à un tel sort! Mais vous qui êtes « les fils de Jacob », consolez-vous, car Dieu est immuable.
III. Troisièmement, je ne puis dire qu'un mot sur l'autre point—LE BIENFAIT QUE CES « FILS DE JACOB » REÇOIVENT D'UN DIEU IMMUABLE. « C'est pourquoi vous, fils de Jacob, vous n'avez pas été consumés. » « Consumés? » Comment? comment l'homme peut-il être consumé? Eh bien, il y a deux manières. Nous aurions pu être consumés en enfer. Si Dieu avait été un Dieu changeant, les « fils de Jacob » ici présents ce matin auraient pu être consumés en enfer; mais n'était l'amour immuable de Dieu, j'aurais été un tison dans le feu. Mais il y a une manière d'être consumé en ce monde; il y a une chose telle que d'être condamné avant de mourir—« déjà condamné »; il y a une chose telle que d'être vivant, et pourtant d'être absolument mort. Nous aurions pu être livrés à nos propres desseins, et alors où serions-nous maintenant? À nous divertir avec l'ivrogne, à blasphémer le Dieu tout-puissant. Oh! s'il vous avait laissés, bien-aimés, s'il avait été un Dieu changeant, vous auriez été parmi les plus immondes des immondes, et les plus vils des vils. Ne pouvez-vous vous rappeler, dans votre vie, des moments semblables à ceux que j'ai éprouvés? Je suis allé jusqu'au bord même du péché; quelque forte tentation m'a saisi par les deux bras, si bien que je ne pouvais lutter contre elle. J'ai été poussé, traîné comme par une effroyable puissance satanique jusqu'au bord même de quelque horrible précipice. J'ai regardé en bas, en bas, en bas, et j'ai vu ma part; j'ai tremblé au bord de la ruine. J'ai été saisi d'horreur lorsque, les cheveux dressés, j'ai songé au péché que j'allais commettre, à l'horrible abîme dans lequel j'allais tomber. Un bras puissant m'a sauvé. J'ai reculé et me suis écrié : Ô Dieu! ai-je pu approcher si près du péché, et pourtant en revenir? Ai-je pu marcher droit jusqu'à la fournaise sans tomber, comme les hommes vigoureux de Nebucadnetsar, dévorés par l'ardeur même? Oh! est-il possible que je sois ici ce matin, quand je songe aux péchés que j'ai commis, et aux crimes qui ont traversé ma méchante imagination? Oui, je suis ici, non consumé, parce que le Seigneur ne change point. Oh! s'il avait changé, nous aurions été consumés d'une douzaine de façons; si le Seigneur avait changé, vous et moi aurions été consumés par nous-mêmes; car après tout, M. Moi-même est le pire ennemi qu'un chrétien ait. Nous aurions été les meurtriers de nos propres âmes; nous aurions mêlé la coupe de poison pour nos propres esprits, si le Seigneur n'avait pas été un Dieu immuable, et s'il n'avait pas arraché la coupe de nos mains au moment où nous allions la boire. Puis nous aurions été consumés par Dieu lui-même s'il n'avait pas été un Dieu immuable. Nous appelons Dieu un Père; mais il n'est pas de père en ce monde qui n'eût tué tous ses enfants depuis longtemps, tant il eût été irrité contre eux, s'il avait été à moitié aussi tourmenté que Dieu l'a été par sa famille. Il a la famille la plus difficile du monde entier—incrédule, ingrate, désobéissante, oublieuse, rebelle, errante, murmurante, et au cou raide. Il est heureux qu'il soit plein de longanimité, sinon il aurait pris non seulement la verge, mais l'épée contre certains d'entre nous depuis longtemps. Mais il n'y avait rien en nous à aimer au commencement, ainsi il ne peut y en avoir moins maintenant. John Newton avait coutume de raconter une histoire cocasse, et d'en rire aussi, à propos d'une bonne femme qui disait, pour prouver la doctrine de l'Élection : « Ah! monsieur, le Seigneur a dû m'aimer avant que je fusse née, sinon il n'aurait rien vu en moi à aimer par la suite. » Je suis sûr que cela est vrai dans mon cas, et vrai à l'égard de la plupart du peuple de Dieu; car il y a si peu à aimer en eux après leur naissance que, s'il ne les avait pas aimés auparavant, il n'aurait vu aucune raison de les choisir ensuite; mais puisqu'il les a aimés sans les œuvres, il les aime encore sans les œuvres; puisque leurs bonnes œuvres ne lui ont pas gagné l'affection, leurs mauvaises œuvres ne peuvent trancher cette affection; puisque leur justice n'a pas lié son amour à eux, leur méchanceté ne peut non plus briser les chaînons d'or. Il les a aimés par pure grâce souveraine, et il les aimera encore. Mais nous aurions été consumés par le diable, et par nos ennemis—consumés par le monde, consumés par nos péchés, par nos épreuves, et de cent autres manières, si Dieu avait jamais changé.
Eh bien, maintenant, le temps nous manque, et je ne puis dire que peu. Je n'ai fait qu'effleurer le texte en passant. Je vous le remets à présent. Que le Seigneur vous aide, « fils de Jacob », à emporter chez vous cette portion de nourriture; digérez-la bien, et nourrissez-vous-en. Que le Saint-Esprit applique avec douceur les glorieuses choses qui sont écrites! Et puissiez-vous avoir « un festin de mets succulents, de vins vieux et bien clarifiés »! Souvenez-vous que Dieu est le même, quoi qu'on nous ôte. Vos amis peuvent se détourner de vous, vos ministres peuvent vous être enlevés, tout peut changer, mais Dieu ne change pas. Vos frères peuvent changer et rejeter votre nom comme infâme : mais Dieu vous aimera encore. Que votre condition dans la vie change, et que votre bien s'en aille; que toute votre vie soit ébranlée, et que vous deveniez faible et malade; que tout s'enfuie—il y a un lieu où le changement ne peut poser le doigt; il y a un nom sur lequel la mutabilité ne peut jamais s'écrire; il y a un cœur qui ne peut jamais s'altérer; ce cœur est celui de Dieu—ce nom, l'Amour.
« Fie-toi à lui, jamais il ne te trompera,
Quand même tu l'estimerais à peine;
Jamais, jamais il ne te quittera,
Ni ne te laissera tout à fait le quitter. »
Domaine public. Texte source de l’édition originale.