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Le Saint-Esprit

Portrait de Catherine Booth Catherine Booth

Texte

Luc 24:49; Actes 1:8

En bref

Il fut dit aux disciples d’attendre jusqu’à ce qu’ils fussent revêtus de la puissance d’en haut, et Booth ne laissera pas ses auditeurs passer trop vite sur ce commandement. Les dons, l’éloquence et l’organisation ne valent rien, dit-elle, sans le baptême de l’Esprit — et elle appelle l’Église à l’attendre comme le firent les apôtres, et à l’espérer.

AMIS qui étiez présents aux services précédents, vous vous souviendrez du fil de notre pensée, sans qu’il me faille m’arrêter pour le récapituler. Si je reprends ce sujet, après avoir déjà prêché quatre sermons à son propos, ma raison principale est de répondre aux difficultés de quelques-uns que je crois être des chercheurs inquiets et sincères. En prenant ceux qui m’ont écrit et parlé comme les représentants de toute une catégorie, il m’est venu à l’esprit qu’il pourrait y en avoir bien d’autres dans un état d’âme semblable, et c’est pour moi une grande joie si le Seigneur se sert de moi pour répondre à de véritables difficultés, et pour conduire ceux qui en sont éprouvés vers un état de grâce plus élevé, et vers une consécration plus entière et plus complète au Seigneur. Tel est mon but — Dieu m’en est témoin — dans chaque service.

Or, je ne veux faire aucune critique, et je n’en ferai pas plus qu’il ne le faut; mais, en traitant un tel sujet, nous ne pouvons l’éviter tout à fait, comme je l’ai déjà dit; si la vérité révèle l’erreur, et si chercher à s’engager sur une meilleure voie jette nécessairement, dans une certaine mesure, un jour sur l’ancienne — nous n’y pouvons rien, et nous ne devons pas renoncer à celle-là pour celle-ci. Il doit être manifeste, je pense, à tout chrétien spirituel et réfléchi, qu’il y a un grand manque quelque part dans la prédication de l’Évangile et dans les moyens dont use l’Église en général. Qu’il y ait de nombreuses et bienheureuses exceptions, je le reconnais avec joie et de bon cœur. Personne ne les salue avec plus de bonheur que moi. Qu’il y ait çà et là, dans le désert, de bienheureux îlots de verdure, cela est bien vrai; et lorsqu’on les rassemble et qu’on les célèbre dans des articles, ils font bel effet, et nous sommes portés à nous flatter l’âme de cette pensée que les choses ne vont pas si mal après tout; mais quand nous en venons à parcourir tout le pays et à découvrir combien ces îlots de verdure sont rares et clairsemés, et à entendre quel flot de lamentations et de deuil nous parvient de toutes parts au sujet de la mort, de la froideur et de la disette des églises chrétiennes, nous ne pouvons nous empêcher de sentir qu’il y a UN GRAND MANQUE QUELQUE PART! Ce n’est pas seulement mon opinion, mais il est presque universellement admis que, malgré l’énorme dépense de moyens, la grande somme d’efforts humains, la multiplication des instruments au cours du siècle passé, il n’y a pas eu de résultat correspondant.

De toutes parts, les gens me disent : nous avons des réunions sans nombre, des services, des sociétés, des conventions, des conférences, mais qu’en sort-il, comparativement? Et je puis dire ici que nombre de pasteurs et d’ecclésiastiques, dans des conversations privées, avouent la même chose. En vérité, nul n’est plus prêt à reconnaître ce manque relatif de résultats que bien des chers pasteurs spirituels. Ils disent, lorsqu’ils s’entretiennent avec nous dans la coulisse : « Oui, c’est un triste fait. Je pense que je prêche la vérité. Je prie à ce sujet. J’ai à cœur les résultats, mais hélas! hélas!

Les conversions sont bien rares et clairsemées. » Et puis, non seulement ces conversions sont peu nombreuses, mais dans la plupart des cas elles sont superficielles — nous devrions attendre, d’une telle proclamation de la vérité que celle dont nous venons de lire le récit, des retours au Seigneur nombreux et continuels comme en ces jours-là — nous devrions attendre des hommes qui sortent ouvertement du péché et des voies, des affaires et des professions qui déshonorent Dieu, qui sortent des cercles élégants et mondains, qui renoncent au monde, et qui suivent le Christ littéralement et absolument comme en ces jours-là. Voilà ce que nous avons le droit d’attendre, et pourtant combien de tels cas sont comparativement rares, si bien que lorsque des gens agissent ainsi, il se fait tout un émoi, et l’on en parle par tout le pays. Or je dis que cela est universellement admis, et il nous incombe de nous interroger devant Dieu, avec un ardent désir du cœur, souhaitant améliorer cet état de choses. Où est le défaut, quel est le manque?

Remarquez, en second lieu, que ce manque n’est pas la vérité. Oh! que de discours nous tenons sur la vérité, et ce n’est jamais de trop. Je ne le céderais à aucun homme ni à aucune femme de cette assemblée pour l’amour que je porte à cette Bible. J’aime cette Parole et je la tiens pour la règle de toute foi et de toute pratique, et pour notre guide de vie; mais elle ne suffit pas à elle seule. Le grand manque n’est pas la vérité, car, voyez-vous, les faits contrediraient cette théorie. Si c’était la vérité, alors il n’y aurait pas de défaut de nos jours, comparé aux autres temps, car jamais nous n’avons eu autant de vérité. Jamais on n’a autant prêché la vérité, ni répandu si largement la Parole de Dieu; et pourtant, comparativement, où sont les résultats?

De plus, ce n’est pas seulement quant à la quantité, mais quant à la qualité que je suis découragée. Non seulement les conversions sont comparativement peu nombreuses, mais un grand nombre d’entre elles sont d’une sorte douteuse. Nous ne devrions pas seulement demander : les gens sont-ils convertis? mais : à quoi sont-ils convertis? QUELLE SORTE DE SAINTS SONT-ILS?

Car, je le soutiens, mieux vaudrait de beaucoup laisser un homme dans son péché que de lui donner une fausse conversion et de lui faire croire qu’il est chrétien alors qu’il n’en est rien. Vous voyez donc qu’il nous faut veiller à la qualité autant qu’à la quantité, et je crains que nous n’ayons une effroyable quantité de production frelatée; et il nous incombe — et pour ma part, dussé-je en être crucifiée demain — d’être fidèle à ce que l’Esprit de Dieu m’a enseigné sur ce point : jamais je ne flatterai les choses telles qu’elles sont par crainte de la persécution qui suit ceux qui s’efforcent de les redresser. À Dieu ne plaise!

Ainsi, je le dis, le défaut n’est pas la vérité. Des milliers de sermons seront prêchés aujourd’hui — la vérité, et rien que la vérité. Personne ne prétendra qu’ils n’étaient pas en parfait accord avec la Parole de Dieu; et pourtant ce seront de parfaits échecs, et nul ne le saura mieux que ceux qui les prêchent! Ce sont là des faits.

Je m’entretenais, sur ce point, il y a quelque temps, avec un homme de bien, qui disait : « Ah! oui, je n’ai pas vu une seule conversion dans mon église depuis deux ans. » Or, quelle en était la raison? Il y avait une raison, et je crains que beaucoup ne puissent en dire autant. Pourtant, les non-convertis sont là. Ils viennent pour qu’on œuvre sur eux. Prenez une église où il y a une assemblée de, disons, 800 ou 1 000 personnes, avec, supposons, 200 ou 300 membres. Que deviennent les 500 ou 700 incrédules qui vont et viennent, dimanche après dimanche, comme une porte sur ses gonds, ni meilleurs ni pires? Que dis-je, Dieu veuille qu’il en soit ainsi, mais ils sont pires. Ils reçoivent assez de lumière pour s’éclairer le chemin de la damnation, mais ils ne reçoivent pas assez de puissance pour être élevés jusqu’au salut. QU’Y A-T-IL DONC? Il faut que quelque chose n’aille pas. Voulez-vous l’expliquer? Il faudrait l’expliquer! Il ne devrait pas en être ainsi. Dieu n’a pas changé. Assurément, il désire le salut des hommes aujourd’hui autant qu’il l’a jamais désiré. Les cœurs humains n’ont pas changé; ils ne sont ni meilleurs ni pires; ils sont dépravés, vils, diaboliques, tout comme auparavant. L’Évangile est exactement la même puissance qu’il a toujours été, quand on en fait la juste expérience, qu’on le vit et qu’on le prêche. Il est encore la puissance de Dieu pour le salut. Alors, qu’y a-t-il? La vérité est prêchée. Les gens l’entendent, et pourtant ils demeurent tels qu’ils étaient. Où est le défaut?

Or je dis, et je l’affirme sans la moindre hésitation, que le grand manque, c’est la PUISSANCE — cette puissance dont nous venons de lire le récit.

Et je veux faire remarquer, en troisième lieu, que cette puissance est un don de Dieu aussi distinct, aussi défini et aussi particulier que le fut ce Livre, que le fut le Fils, ou tout autre don qu’il nous a fait.

Elle est nettement reconnue, non seulement dans nos textes, mais, comme nous vous l’avons lu maintes et maintes fois, comme un don distinct et défini qui accompagne les efforts de ceux qui vivent selon les conditions auxquelles Dieu peut le leur accorder. Nous ne pouvons expliquer ce don, mais c’est la puissance du Saint-Esprit de Dieu dans l’âme de celui qui parle, accompagnant sa parole, la faisant trancher et percer jusqu’à partager l’âme et l’esprit. « Vous recevrez une puissance, le Saint-Esprit survenant sur vous. » « Jusqu’à ce que vous soyez revêtus de », non de la vérité, non de la foi (ils avaient déjà la foi), mais « la puissance »; et, comme il le dit ailleurs : « je vous donnerai une bouche et une sagesse à laquelle tous vos adversaires ne pourront résister ou contredire. » Quand même ils vous lapideraient, comme ils lapidèrent Étienne, ils seront frappés au cœur, et forcés de sentir la puissance de votre témoignage.

Or je rencontre des gens qui se mettent à l’œuvre, ce qui est bien, car la puissance nous vient dans une foi obéissante; mais ils y vont en se confiant dans leurs propres efforts. Ils sont dépourvus de ce don de puissance, et ils ne voient aucun résultat. L’œuvre est un échec relatif. Oh! quels nombres de gens sont venus à moi, qui avaient travaillé dans des directions diverses, dans les églises, comme pasteurs, anciens, diacres, responsables, moniteurs d’école du dimanche, distributeurs de traités et autres, avouant qu’ils avaient travaillé pendant des périodes plus ou moins longues et n’avaient vu que peu de résultats. Ils disent : « Pensez-vous que cela soit juste? Pensez-vous que je doive continuer? » Continuez, assurément, mais non dans la même ornière. Continuez, très résolument, mais cherchez une inspiration nouvelle. Il y a quelque chose qui ne va pas, sinon vous auriez vu quelque fruit de votre travail — non pas tout le fruit. Dieu ne nous donne à aucun de nous de le voir tout entier; mais nous en voyons assez pour nous assurer que le Saint-Esprit accompagne notre témoignage. Le peuple de Dieu l’a toujours vu quand il a travaillé conformément aux conditions auxquelles la puissance peut être donnée.

Or, voici comment j’explique ce manque de résultats — le manque de la puissance directe, pénétrante, éclairante, convaincante, restauratrice et transformatrice du Saint-Esprit; et peu m’importe combien gigantesque est l’intelligence de l’ouvrier, ou combien il est équipé par l’école du savoir humain. J’aimerais mieux avoir une petite fille de l’Alléluia, une enfant, remplie de la puissance du Saint-Esprit, à peine capable d’aligner deux phrases d’anglais correct, pour venir secourir, bénir et faire du bien à mon âme, que d’avoir le plus savant théologien du royaume sans elle; car « ce n’est ni par la puissance ni par la force, mais c’est par mon esprit »; oh! puissiez-vous l’apprendre. Quand vous l’aurez appris, vous serez rendue capable; quand vous en ferez l’expérience, vous saisirez Dieu. Ce n’est ni par la puissance — une puissance quelconque, puissance d’intelligence, de savoir, d’éloquence, de position ou d’influence; ce n’est ni par la puissance ni par la force — la force de l’homme — d’aucune sorte, mais par mon Esprit. Cela est aussi vrai qu’il l’a toujours été. VOICI LE SECRET DE L’ÉCHEC DE L’ÉGLISE! Elle est comme l’Israël d’autrefois. Elle a multiplié ses villes fortes et ses palais, mais elle a oublié le Dieu d’Israël, en qui est sa force. Si vous voulez lire l’histoire de l’Église depuis le commencement, vous trouverez vrai ce que je dis : que, dans la mesure même où l’Église s’est accrue dans le matériel, elle a décru dans le spirituel. Je ne dis pas qu’il doive en être ainsi; je ne dis pas que ce soit une nécessité. Je vous donne seulement un fait significatif : qu’il en a été ainsi.

Vous dites : « Comment l’expliquez-vous? » Je l’explique ainsi : nous, pauvres, misérables, chétives et impuissantes créatures, bien que nous ne puissions rien tirer de bon de la créature, y mettons pourtant quelque CONFIANCE. Mais lorsque Dieu nous enseigne que nous n’avons rien en quoi nous confier, lorsqu’il nous fait prendre conscience de notre propre néant et de notre entière impuissance, et qu’il nous donne de le saisir de l’étreinte du désespoir, alors nous commencerons à être de quelque utilité — et jamais auparavant. C’est Dieu qui agit en nous et par nous. L’Apôtre s’applique d’un bout à l’autre à montrer et à convaincre tout le monde que c’était Dieu en lui, et rien de lui-même. Bien qu’il eût pu prêcher avec les paroles séduisantes de la sagesse humaine, et qu’il en eût sans doute été maintes fois tenté, comme tous ceux qui ont goûté aux sentiers fleuris de la rhétorique et du savoir humains, il fuyait cela comme il eût fui le diable. Il disait : non! « je fais une chose » — écartant absolument tout le reste, il alla droit à cette œuvre, jusqu’à ce qu’on lui tranchât la tête.

Je crois que vous le percevez; mais si vous ne le percevez pas, prenez le Livre et examinez-le vous-même. Donnez-vous cette peine. Vous n’atteindrez pas la pensée du Seigneur sans beaucoup de peine sur ces questions de puissance, d’union spirituelle et de ce genre. Prenez la Bible avec vous, à genoux devant le Seigneur; montrez-lui les mots, et dites : « Maintenant, Seigneur, montre-moi le sens de ceci. » Attendez, et il viendra une voix de la gloire souveraine. Il viendra une lumière comme de la Schekina, qui vous le révélera dans votre conscience spirituelle, et vous connaîtrez ainsi cette chose pour toujours. Vous serez plus sage que vos maîtres sur ce point particulier.

De plus, vous dites : « Pouvons-nous avoir cette puissance à l’égal des premiers disciples? » Je réponds, en raisonnant par analogie, et en supposant que ce que Dieu a fait dans le passé il continuera de le faire dans l’avenir : n’est-il pas probable qu’il nous l’accordera, puisque nous en avons également besoin? Nous, pauvres êtres, en notre temps, comme eux au leur, nous en avons également besoin : premièrement, parce que le caractère des ouvriers est le même. Nous leur ressemblons fort, et ils nous ressemblaient fort. Grâce à Dieu. Cela m’a souvent encouragée. S’ils avaient été des hommes aux intelligences gigantesques, d’une éducation, d’une formation et d’une position extraordinaires; s’ils avaient possédé tout l’équipement et toutes les qualifications humaines, nous aurions pu regarder en arrière à travers les âges avec désespoir, et dire : « Jamais je ne pourrai être ce qu’ils étaient. » Voyez ce qu’ils étaient, naturellement, en dehors de ce don de puissance. Le Saint-Esprit a pris soin de nous donner leurs vrais caractères. C’étaient des hommes de même nature que nous, avec les mêmes passions, les mêmes faiblesses, les mêmes penchants, la même propension à tomber — d’aussi pauvres, fragiles, faibles créatures, si aisément mises à terre, et, en bien des cas, incrédules et désobéissants avant la Pentecôte. Or, je dis que cela est encourageant pour nous tous.

Vous vous souvenez de ce que Jésus dit à Marie : « Allez dire à mes disciples, ET À PIERRE. » Marie, peut-être, eût laissé Pierre de côté après son honteux reniement du Seigneur; c’est de crainte de cela que Jésus dit : « Allez dire à mes disciples, ET À PIERRE. »

Ah! il en est ici qui disent : « Mais Pierre n’était pas aussi mauvais que moi. » Eh bien, nous n’en savons rien; mais, que vous soyez pire ou non, le Saint-Esprit est à la hauteur de la situation. Il peut vous guérir. Il peut vous baptiser de sa puissance. Vous l’avez peut-être renié, sinon comme Pierre, du moins pratiquement aussi gravement. Il n’importe à Dieu que vous ayez été un peu mauvais ou fort mauvais; que vous l’ayez renié une fois ou trois fois, ou que vous l’ayez renié avec des serments et des malédictions. Si seulement vous voulez venir et vous conformer aux conditions, il vous regardera, vous guérira, et vous baptisera de puissance. Ne l’ont-ils pas tous abandonné et n’ont-ils pas fui, hormis quelques pauvres femmes fidèles? Le monde entier l’abandonna et s’enfuit à l’heure de sa détresse. « Ah! », dites-vous, « eh bien, j’ai fait de même moi aussi. Je n’ai pas voulu veiller une seule heure avec lui. Je l’ai trahi devant mes amis et mes connaissances dans le monde, là où j’ai été placé dans des circonstances qui ont éprouvé ma fidélité. Le courage m’a manqué, et j’ai manqué de témoigner de lui. » Oui, je le sais et je conviens avec vous que ce fut une basse ingratitude. Vous fûtes un traître, en vérité; mais malgré tout, si vous voulez revenir, « Pierre », et vous repentir, et refaire vos premières œuvres, il vous recevra — vous baptisera de puissance. Oh! ce qu’ils étaient avant la Pentecôte, et ce qu’ils furent après! Le pauvre Pierre, qui ne put soutenir les questions d’une servante, qui n’osa laisser dire qu’il était l’un des Nazaréens méprisés, quel vaillant soldat il devint ensuite pour le Seigneur Jésus-Christ, et comme la tradition rapporte qu’il fut crucifié pour son Maître à la fin. Quoi qu’il en soit, nous savons qu’il fut un soldat fidèle et vaillant jusqu’au terme de son voyage.

Or, ce baptême vous transformera comme il les transforma; il fera de vous tous des prophètes et des prophétesses, selon votre mesure.

Voulez-vous venir et le laisser vous baptiser? Voulez-vous apprendre, une fois pour toutes, que ce n’est nullement une question de mérite, de force ou de dignité humaine, mais simplement une question de soumission, d’obéissance, de foi.

Ensuite, nous en avons besoin parce que non seulement les ouvriers sont les mêmes, mais notre œuvre est essentiellement la même.

Elle peut différer dans ses manifestations extérieures, parce que nous vivons en un âge de plus grande tolérance, mais elle est tout à fait la même en son essence; et je ne sais, quant à la manifestation, lorsqu’on en vient à la faire à la manière apostolique, avec l’esprit apostolique, si l’on ne reçoit pas à peu près le même traitement apostolique. Ils grincent des dents contre vous, et font tout ce que la loi leur permet, et parfois un peu plus, pour vous lapider et vous persécuter.

La grande chose que cette puissance de Dieu doit accomplir, c’est de dompter le cœur de l’homme, naturellement mauvais, méchant et rebelle. Or Dieu seul est capable de le faire. C’est une œuvre surhumaine. Vous pouvez éclairer l’intelligence d’un homme, civiliser ses manières, réformer ses habitudes, faire de lui un membre respectable, honnête et laborieux de la société, sans la puissance de Dieu, mais vous ne pouvez transformer SON ÂME. C’est trop pour n’importe quel réformateur humain. C’est la prérogative du Saint-Esprit, et je n’ai pas l’ombre d’un doute que le jour éternel révélera que toute autre sorte d’œuvre n’est que du bois, du foin, du chaume. Toutes les fausses conversions, tous ceux dont la vie et les opinions ont été changées par quoi que ce soit d’inférieur à cette puissance ne seront que du bois, du foin, du chaume. C’est la prérogative de l’Esprit de Dieu. C’est pourquoi Dieu ne prétend jamais le faire par un autre moyen; et, d’un bout à l’autre de la Bible, cette puissance est attribuée à l’Esprit de Dieu. C’est pourquoi il nous faut cet Esprit pour accomplir cette œuvre. Quoi! vous entreprenez d’éclairer une âme humaine enténébrée, de convaincre un pécheur endurci et rebelle, de convertir un rebelle en armes contre Dieu, portant une haine invétérée au cœur même de son âme contre Dieu et contre tout ce qui touche à Dieu. Vous entreprenez d’abattre cela — de transformer ce cœur mauvais et méchant, de plier cette âme à la soumission et à l’obéissance! Essayez, essayez-le sans l’Esprit de Dieu. Oh! non, il vous faut cet Esprit. Il vous faut cette même mesure de cet Esprit, exactement la même, que Paul avait.

Et quelle est notre œuvre? Aller soumettre le monde à Jésus; tous ceux que nous pouvons atteindre, tous ceux sur qui nous pouvons agir, et les amener aux pieds de Jésus, et leur faire comprendre qu’il est leur Roi et leur législateur légitime; que le diable est un usurpateur, et qu’ils doivent venir servir le Christ tous les jours de leur vie. L’un de nous oserait-il seulement y songer sans cet équipement de puissance? On a beau dire : « Pouvons-nous l’avoir? » — nous ne sommes bons à rien sans elle. Que pouvons-nous faire sans elle? Voilà la raison de la stérilité de tant de christianisme professé; il n’y a pas de Saint-Esprit en lui. Tout y est pourri. C’est comme un fort joli cadavre — vous ne sauriez dire qu’il manque ceci ou cela; c’est une forme parfaite, mais morte. C’est comme une bonne pile galvanique. Tout y est bien — parfait dans toutes ses parties — mais quand vous la touchez, il n’y a aucun effet — il n’y a ni feu ni secousse. Qu’y a-t-il? Il n’y manque que le feu — la puissance.

Oh! amis, il nous faut la puissance, afin que nous puissions aller nous étendre sur celui qui est mort dans ses fautes et dans ses péchés, et souffler en lui le souffle de la vie spirituelle. Il nous faut pouvoir aller toucher ses yeux afin qu’il voie, et parler aux morts et aux sourds avec la voix de Dieu, et les faire entendre. Voilà ce qu’il nous faut — la PUISSANCE.

Si nous en avons également besoin, est-il probable que Dieu nous la refuse? Mais le Livre, bien lu et bien compris, est plein de promesses et d’exhortations à l’obtenir. Est-il probable que, si nous sommes aussi fragiles qu’ils l’étaient, si l’œuvre est la même, est-il probable que le Dieu de toute grâce, notre Père autant que le leur, et aussi compatissant envers les âmes des hommes, nous la refuse? Non, non. Mais notre Sauveur nous a dit expressément qu’il l’a achetée pour nous — qu’il était plus avantageux pour son peuple de l’avoir que de le voir, lui, demeurer avec eux. Elle est promise à tous les croyants jusqu’à la fin des temps. Vous connaissez les conditions — rejeter simplement tout ce qui fait obstacle, écarter toute chose douteuse, la fouler dans la poussière; puis un abandon plein et sans réserve à lui, embrassant la Croix, embrassant sa volonté à tout prix et au prix de tout sacrifice, et alors une marche résolue vers la chambre haute à Jérusalem, et une résolue attente là jusqu’à ce que vous l’obteniez — telles sont les conditions. Quiconque peut l’avoir à ces conditions.

Enfin, pour conclure, laissez-moi vous rappeler — et mon âme en est presque prise de vertige quand j’y songe — que Dieu nous tient pour responsables. Il vous tient pour responsable de tout le bien que vous pourriez faire si vous l’aviez. Ne vous abusez pas. Il exigera les cinq talents avec leur profit. Il n’acceptera pas d’excuse, pas même pour un seul, et vous n’oserez pas monter jusqu’au trône et dire : « Tu étais un maître dur, moissonnant où tu n’as pas semé, et amassant où tu n’as pas vanné. Tu m’as ordonné de sauver des âmes alors que tu savais que je n’avais pas la puissance. » Que vous dira-t-il? « Serviteur méchant et paresseux, je te juge sur tes propres paroles. Tu savais où tu aurais pu obtenir la puissance. Tu connaissais les conditions. Tu aurais pu l’avoir. Où sont les âmes que tu aurais pu sauver? Où sont les enfants que je t’aurais donnés? Où est le fruit? »

Oh! amis, ce sont là de solennelles et redoutables réalités. Si je n’y croyais pas, je ne me tiendrais pas ici. Oh, ce que vous pourriez faire! Qui peut le dire? Qui aurait jamais pensé, il y a vingt ans, lorsque j’élevai la voix pour la première fois, femme faible et tremblante, l’une des plus timides et des plus craintives que le Seigneur ait jamais sauvées, aux centaines d’âmes précieuses qui me seraient données? Je ne parle de moi que parce que je connais mon propre cas mieux que celui d’un autre; mais laissez-moi vous demander : à supposer que je me fusse retenue et que j’eusse été désobéissante à la vision céleste, que m’aurait dit Dieu pour la perte de tout ce fruit? Grâce à Dieu, une grande partie en est déjà recueillie dans le ciel — des gens qui m’ont fait dire, de leur lit de mort, qu’ils bénissaient Dieu d’avoir jamais entendu ma voix, disant qu’ils m’attendraient de l’autre côté, prêts à me conduire jusqu’au trône. Qu’en serait-il advenu de ce fruit? Je ne l’aurais pas eu, de toute façon. Jamais ils ne seraient devenus ma couronne de gloire au jour du Seigneur. Oh, qui peut dire ce que Dieu peut faire par n’importe quel homme ou femme, si timide, si défaillant soit-il, pourvu qu’il se soit entièrement donné à lui? Mon frère, il vous tient pour responsable. Il vous tient pour responsable, ma sœur — vous qui m’avez écrit au sujet de vos difficultés et de vos tentations à témoigner de Jésus — il vous tient pour responsable. Qu’allez-vous faire? Interrogez-vous. Cela vient. Vous le croyez. Vous dites le croire. À moins d’être un hypocrite endurci, vous croyez bien que vous allez vous tenir devant le trône de sa gloire. Vous croyez que vous allez vous tenir devant lui sous peu, lorsque vous recevrez selon ce que vous aurez fait par votre corps. Que direz-vous? Le monde se meurt — des âmes se damnent à un rythme effroyable chaque jour. Les hommes courent à leur perte. Des torrents d’iniquité dévalent nos rues et déferlent par tout notre monde. Dieu est presque las du cri de nos péchés et de nos iniquités qui monte à ses oreilles. Qu’allez-vous faire, mon frère? Qu’allez-vous faire? Vous mettrez-vous à l’œuvre? Obtiendrez-vous cette puissance? Écarterez-vous tout ce qui fait obstacle? L’aurez-vous à tout prix?

Nous avons reçu, pas plus tard que vendredi, une lettre au sujet d’un monsieur qui avait été reconverti dans les services de l’Armée du Salut, nous disant qu’il a renoncé à un revenu de 800 livres par an, afin de garder une conscience sans reproche — voilà le résultat de la puissance du Saint-Esprit. J’ai entendu parler d’un autre monsieur qui avait été invité à une soirée. Après le dîner, on sortit, comme d’habitude, la table de jeu, et lorsque les cartes furent toutes étalées et que chacun s’apprêtait à commencer, ce monsieur se leva d’un bond, la repoussa, et dit : « J’en ai fini avec cela pour toujours. » La dame qui me l’a raconté m’a dit : « Il était à genoux avant que nous eussions le temps de nous retourner, et il priait pour nous et pour toute la maison. Oh! » ajouta-t-elle, « il aurait fallu les voir. » Oui, bien sûr, chacun se sentit comme les gens autour du Sauveur. La conscience de chacun le condamnait. « Ils rentrèrent chez eux, sans plus de cartes, ni de danse, ni de vin ce soir-là. » Sortez du milieu des impies. Témoignez contre eux. Reprenez-les. Suppliez-les avec des larmes. Mais soyez résolu à décharger votre âme de leur sang. Dieu vous donnera la puissance, et il vous tient pour responsable de le faire — vous qui êtes venus ici, qui avez reçu la lumière. LE FEREZ-VOUS? Si vous le voulez, nous nous reverrons, et nous nous réjouirons d’une joie ineffable. Si vous le faites, nous louerons Dieu à jamais de nous avoir amenés entre les murs de cet édifice, longtemps après qu’il sera tombé en poussière. Il y aura de vous des enfants, des petits-enfants, et des arrière-petits-enfants spirituels, si seulement vous êtes fidèle.

Questions pour la réflexion

Que dit Booth être « le grand manque » dans l’Église?
Non pas la vérité (jamais on n’en a autant prêché) ni davantage de moyens, mais la PUISSANCE — la puissance du Saint-Esprit. Malgré d’énormes efforts, dit-elle, les résultats sont rares et bien des conversions superficielles, et elle attribue cela à un don de l’Esprit qui fait défaut.
Pourquoi Booth dit-elle que la capacité humaine ne suffit pas pour l’œuvre?
Parce que dompter « le cœur de l’homme, naturellement mauvais, méchant et rebelle » est une œuvre surhumaine que seul l’Esprit peut accomplir — « Ce n’est ni par la puissance ni par la force, mais c’est par mon esprit. » Elle aimerait mieux avoir « une petite fille de l’Alléluia » remplie de l’Esprit que le plus savant théologien sans lui.
Selon Booth, les chrétiens ordinaires peuvent-ils avoir la même puissance que les premiers disciples?
Oui. Les apôtres étaient « des hommes de même nature que nous », faibles et même infidèles avant la Pentecôte (« Allez dire à mes disciples, et à Pierre »), et notre œuvre est essentiellement la même — de sorte que le même Dieu donnera la même puissance à quiconque remplit les conditions.
Quelles conditions et quel avertissement Booth attache-t-elle à la réception de cette puissance?
Rejeter tout ce qui fait obstacle, faire un abandon sans réserve, embrasser la croix, et « attendre » jusqu’à ce qu’on la reçoive. Et elle avertit que Dieu nous tient pour responsables de tout le bien que nous aurions pu faire avec une puissance que nous aurions pu avoir.
L’Écriture dans ce sermon Luc 24:49; Actes 1:8

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