Sermon · 38 min de lecture· 1741 · Modéré

Pécheurs entre les mains d’un Dieu irrité

Portrait de Jonathan Edwards Jonathan Edwards

Texte

Deutéronome 32:35

En bref

Le sermon le plus célèbre jamais prêché en Amérique. À Enfield, dans le Connecticut, durant l’été de 1741, Edwards le lut d’une voix égale tandis que ses auditeurs criaient et s’agrippaient aux piliers : l’homme non converti suspendu au-dessus de l’abîme par rien d’autre que la main d’un Dieu qui n’est tenu par aucune obligation de continuer à le retenir. Sa terreur est au service d’un seul appel — qu’une occasion extraordinaire se tient ouverte maintenant.

Leur pied chancellera au temps marqué.

Dans ce verset est menacée la vengeance de Dieu sur les Israélites méchants et incrédules, qui étaient le peuple visible de Dieu et qui vivaient sous les moyens de la grâce ; mais qui, malgré toutes les œuvres merveilleuses de Dieu envers eux, demeuraient (comme au verset 28) dépourvus de conseil, sans aucune intelligence en eux. Sous toutes les cultures du ciel, ils ne portaient que des fruits amers et empoisonnés, comme le montrent les deux versets qui précèdent immédiatement le texte. — L’expression que j’ai choisie pour mon texte, leur pied chancellera au temps marqué, semble impliquer les choses suivantes, touchant le châtiment et la destruction auxquels ces Israélites méchants étaient exposés.

Qu’ils étaient toujours exposés à la destruction ; comme celui qui se tient debout ou marche en des lieux glissants est toujours exposé à tomber. Cela est impliqué dans la manière dont leur destruction devait fondre sur eux, représentée par leur pied qui glisse. La même chose est exprimée au Psaume 73:18 : « Oui, tu les places sur des voies glissantes, tu les fais tomber et les mets en ruines. »

Cela implique qu’ils étaient toujours exposés à une destruction soudaine et inattendue. Comme celui qui marche en des lieux glissants est à chaque instant sujet à tomber, il ne peut prévoir un seul instant s’il se tiendra debout ou tombera l’instant d’après ; et quand il tombe, il tombe d’un coup, sans avertissement : ce qui est aussi exprimé au Psaume 73:18,19 : « Oui, tu les places sur des voies glissantes, tu les fais tomber et les mets en ruines. Eh quoi ! en un instant les voilà détruits ! »

Une autre chose impliquée est qu’ils sont susceptibles de tomber d’eux-mêmes, sans être renversés par la main d’un autre ; comme celui qui se tient ou marche sur un sol glissant n’a besoin de rien d’autre que de son propre poids pour être jeté à terre.

Que la raison pour laquelle ils ne sont pas déjà tombés et ne tombent pas maintenant est seulement que le temps fixé de Dieu n’est pas venu. Car il est dit que, lorsque ce temps marqué, ce temps fixé, viendra, leur pied chancellera. Alors ils seront abandonnés à leur chute, comme les y incline leur propre poids. Dieu ne les soutiendra plus en ces lieux glissants, mais les lâchera ; et alors, à cet instant même, ils tomberont dans la destruction ; comme celui qui se tient sur un tel sol glissant et en pente, au bord d’un gouffre, ne peut se tenir seul : dès qu’on le lâche, il tombe aussitôt et est perdu.

L’observation tirée de ces paroles sur laquelle je veux maintenant insister est celle-ci. — « Il n’y a rien qui empêche les méchants, à un seul instant, d’être en enfer, sinon le seul bon plaisir de Dieu. » — Par le seul bon plaisir de Dieu, j’entends son bon plaisir souverain, sa volonté arbitraire, que nulle obligation ne retient, qu’aucune sorte de difficulté n’entrave, pas plus que si rien d’autre que la seule volonté de Dieu n’avait, au moindre degré ou à quelque égard que ce soit, la moindre part à la conservation des méchants un seul instant. — La vérité de cette observation peut apparaître par la considération suivante.

Il n’y a en Dieu aucun manque de puissance pour précipiter les méchants en enfer à quelque instant que ce soit. Les mains des hommes ne sauraient être fortes quand Dieu se lève. Les plus forts n’ont aucun pouvoir de lui résister, et nul ne peut délivrer de ses mains. — Non seulement il peut précipiter les méchants en enfer, mais il peut le faire très aisément. Parfois un prince terrestre rencontre beaucoup de difficulté à soumettre un rebelle qui a trouvé le moyen de se fortifier et s’est rendu puissant par le nombre de ses partisans. Mais il n’en est pas ainsi de Dieu. Il n’y a point de forteresse qui soit une défense contre la puissance de Dieu. Quand même les mains se joindraient aux mains, et que de vastes multitudes des ennemis de Dieu se ligueraient et s’associeraient, elles seraient aisément brisées en pièces. Elles sont comme de grands tas de paille légère devant le tourbillon, ou comme de grandes quantités de chaume sec devant des flammes dévorantes. Il nous est facile de fouler aux pieds et d’écraser un ver que nous voyons ramper sur la terre ; ainsi nous est-il facile de couper ou de brûler un fil ténu auquel quelque chose est suspendu : aussi aisé est-il à Dieu, quand il lui plaît, de jeter ses ennemis en enfer. Que sommes-nous, pour penser tenir devant celui dont le grondement fait trembler la terre, et devant qui les rochers sont renversés ?

Ils méritent d’être jetés en enfer ; de sorte que la justice divine ne s’y oppose jamais, elle ne fait aucune objection à ce que Dieu use de sa puissance à tout moment pour les détruire. Bien au contraire, la justice réclame à grands cris un châtiment infini de leurs péchés. La justice divine dit de l’arbre qui produit de tels raisins de Sodome : « Coupe-le : pourquoi occupe-t-il la terre inutilement ? » Luc 13:7. L’épée de la justice divine est à chaque instant brandie au-dessus de leurs têtes, et ce n’est rien que la main d’une miséricorde arbitraire, et la seule volonté de Dieu, qui la retient.

Ils sont déjà sous une sentence de condamnation à l’enfer. Non seulement ils méritent justement d’y être précipités, mais la sentence de la loi de Dieu, cette règle éternelle et immuable de justice que Dieu a établie entre lui et le genre humain, est prononcée contre eux et se dresse contre eux ; de sorte qu’ils sont déjà livrés à l’enfer. Jean 3:18 : « celui qui ne croit pas est déjà jugé. » Ainsi tout homme non converti appartient proprement à l’enfer ; c’est là sa place ; c’est de là qu’il est, Jean 8:23 : « Vous êtes d’en bas. » Et c’est là qu’il est destiné ; c’est le lieu que la justice, la parole de Dieu et la sentence de sa loi immuable lui assignent.

Ils sont maintenant les objets de cette même colère et de ce même courroux de Dieu qui s’exprime dans les tourments de l’enfer. Et la raison pour laquelle ils ne descendent pas en enfer à chaque instant n’est pas que Dieu, au pouvoir duquel ils sont, n’est pas alors fort irrité contre eux, comme il l’est contre bien des misérables créatures maintenant tourmentées en enfer, qui y ressentent et y supportent l’ardeur de son courroux. Bien plus, Dieu est beaucoup plus irrité contre un grand nombre de ceux qui sont maintenant sur la terre, oui, sans doute contre plusieurs qui sont maintenant dans cette assemblée, et qui peut-être sont à leur aise, qu’il ne l’est contre plusieurs de ceux qui sont maintenant dans les flammes de l’enfer.

Ce n’est donc pas parce que Dieu oublie leur méchanceté et ne s’en indigne pas qu’il ne lâche pas sa main pour les retrancher. Dieu n’est pas tout à fait un être semblable à eux, bien qu’ils puissent l’imaginer tel. La colère de Dieu brûle contre eux, leur damnation ne sommeille pas ; la fosse est préparée, le feu est prêt, la fournaise est maintenant ardente, prête à les recevoir ; les flammes maintenant font rage et rougeoient. L’épée étincelante est aiguisée et tenue au-dessus d’eux, et la fosse a ouvert sa bouche sous eux.

Le diable se tient prêt à fondre sur eux et à les saisir comme siens, au moment où Dieu le lui permettra. Ils lui appartiennent ; il a leurs âmes en sa possession et sous sa domination. L’Écriture les représente comme ses biens, Luc 11:21. Les démons les épient ; ils sont toujours auprès d’eux, à leur droite ; ils se tiennent à les attendre, comme des lions avides et affamés qui voient leur proie et s’attendent à la saisir, mais qui sont pour le présent retenus. Si Dieu retirait sa main, par laquelle ils sont contenus, ils fondraient en un instant sur ces pauvres âmes. Le vieux serpent est béant après elles ; l’enfer ouvre grande sa bouche pour les recevoir ; et si Dieu le permettait, elles seraient promptement englouties et perdues.

Il y a dans les âmes des méchants ces principes infernaux qui règnent et qui allumeraient bientôt et feraient flamber le feu de l’enfer, sans les freins de Dieu. Il est déposé dans la nature même des hommes charnels un fondement pour les tourments de l’enfer. Il y a en eux ces principes corrompus, dans une puissance régnante et en pleine possession d’eux, qui sont les semences du feu de l’enfer. Ces principes sont actifs et puissants, extrêmement violents dans leur nature, et sans la main de Dieu qui les retient, ils éclateraient bientôt, ils flamberaient de la même manière que le font les mêmes corruptions, la même inimitié dans les cœurs des âmes damnées, et engendreraient les mêmes tourments qu’ils y engendrent. Les âmes des méchants sont comparées dans l’Écriture à la mer agitée, Ésaïe 57:20. Pour le présent, Dieu retient leur méchanceté par sa puissante main, comme il retient les flots déchaînés de la mer agitée, en disant : « Tu viendras jusqu’ici, tu n’iras pas au delà ; » mais si Dieu retirait cette puissance qui la retient, elle emporterait bientôt tout devant elle. Le péché est la ruine et la misère de l’âme ; il est destructeur par nature ; et si Dieu le laissait sans frein, il ne faudrait rien d’autre pour rendre l’âme parfaitement misérable. La corruption du cœur de l’homme est démesurée et sans bornes dans sa fureur ; et tandis que les méchants vivent ici-bas, elle est comme un feu comprimé par les freins de Dieu, alors que si elle était lâchée, elle embraserait le cours de la nature ; et comme le cœur est maintenant un cloaque de péché, ainsi, si le péché n’était pas retenu, il changerait aussitôt l’âme en un four ardent, ou en une fournaise de feu et de soufre.

Ce n’est aucune sûreté pour les méchants, un seul instant, qu’il n’y ait sous la main aucun moyen visible de mort. Ce n’est aucune sûreté pour l’homme naturel qu’il soit maintenant en santé, qu’il ne voie pas par quel accident il devrait maintenant sortir sur-le-champ de ce monde, et qu’il n’y ait à aucun égard aucun danger visible dans sa situation. L’expérience multiple et continuelle du monde en tous les âges montre que ce n’est point une preuve qu’un homme ne soit pas au bord même de l’éternité, et que le pas suivant ne sera pas dans un autre monde. Les voies et les moyens invisibles et insoupçonnés par lesquels des personnes sortent soudainement de ce monde sont innombrables et inconcevables. Les hommes non convertis marchent au-dessus de la fosse de l’enfer sur une couverture pourrie, et il y a en cette couverture d’innombrables endroits si faibles qu’ils ne porteront pas leur poids, et ces endroits ne se voient point. Les flèches de la mort volent, invisibles, en plein midi ; l’œil le plus perçant ne peut les discerner. Dieu a tant de voies diverses et impénétrables d’ôter les méchants de ce monde et de les envoyer en enfer, que rien ne fait paraître que Dieu ait besoin de recourir à un miracle, ou de sortir du cours ordinaire de sa providence, pour détruire quelque méchant que ce soit, à quelque instant que ce soit. Tous les moyens qui existent pour que les pécheurs sortent de ce monde sont tellement entre les mains de Dieu, et si universellement et absolument soumis à sa puissance et à sa décision, qu’il ne dépend pas le moins du monde moins de la seule volonté de Dieu que les pécheurs aillent à tel instant en enfer, que si aucun moyen n’était jamais employé, ni aucunement en cause.

La prudence des hommes naturels et le soin qu’ils prennent de conserver leur propre vie, ou le soin que d’autres prennent de les conserver, ne les mettent pas en sûreté un seul instant. De cela aussi, la providence divine et l’expérience universelle rendent témoignage. Il y a cette évidence manifeste que la propre sagesse des hommes n’est pour eux aucune sûreté contre la mort ; car s’il en était autrement, nous verrions quelque différence entre les hommes sages et avisés du monde et les autres, quant à leur exposition à une mort précoce et inattendue : mais qu’en est-il en fait ? Ecclésiaste 2:16 : « Comment le sage meurt-il ? Comme l’insensé. »

Toutes les peines et tous les artifices dont les méchants usent pour échapper à l’enfer, tandis qu’ils continuent de rejeter Christ et demeurent ainsi des méchants, ne les préservent pas de l’enfer un seul instant. Presque tout homme naturel qui entend parler de l’enfer se flatte qu’il y échappera ; il compte sur lui-même pour sa propre sûreté ; il se flatte de ce qu’il a fait, de ce qu’il fait maintenant, ou de ce qu’il a l’intention de faire. Chacun arrange en son esprit comment il évitera la damnation, et se flatte qu’il combine bien pour lui-même, et que ses plans ne manqueront pas. Ils entendent bien qu’il n’y a que peu de sauvés, et que la plus grande partie des hommes qui sont morts jusqu’ici sont allés en enfer ; mais chacun s’imagine qu’il arrange mieux les choses pour sa propre évasion que les autres ne l’ont fait. Il n’a pas l’intention de venir en ce lieu de tourment ; il se dit en lui-même qu’il compte prendre des mesures efficaces, et régler les choses pour lui-même de manière à ne pas échouer.

Mais les enfants insensés des hommes se leurrent misérablement dans leurs propres plans et dans la confiance en leur propre force et sagesse ; ils ne se fient à rien qu’à une ombre. La plus grande partie de ceux qui autrefois ont vécu sous les mêmes moyens de la grâce, et qui sont maintenant morts, sont sans nul doute allés en enfer ; et ce ne fut pas parce qu’ils n’étaient pas aussi sages que ceux qui sont maintenant en vie : ce ne fut pas parce qu’ils n’arrangeaient pas aussi bien les choses pour eux-mêmes afin d’assurer leur propre évasion. Si nous pouvions leur parler et les interroger, un à un, s’ils s’attendaient, de leur vivant et lorsqu’ils entendaient parler de l’enfer, à devenir jamais les sujets de la misère : sans doute nous entendrions l’un et l’autre répondre : « Non, je n’ai jamais eu l’intention de venir ici : j’avais arrangé les choses autrement en mon esprit ; je pensais que je combinerais bien pour moi-même — je croyais mon plan bon. J’avais l’intention de prendre des mesures efficaces ; mais cela est venu sur moi à l’improviste ; je ne l’attendais pas à ce moment-là, ni de cette manière ; cela est venu comme un voleur — la mort m’a déjoué : la colère de Dieu a été trop prompte pour moi. Oh, ma folie maudite ! Je me flattais, et me plaisais en de vains rêves de ce que je ferais dans l’avenir ; et comme je disais : Paix et sûreté, alors une soudaine destruction est venue sur moi. »

Dieu ne s’est imposé aucune obligation, par aucune promesse, de garder un seul instant hors de l’enfer un homme naturel quelconque. Dieu n’a assurément fait aucune promesse, ni de la vie éternelle, ni d’aucune délivrance ou préservation de la mort éternelle, sinon celles qui sont contenues dans l’alliance de la grâce, les promesses qui sont données en Christ, en qui toutes les promesses sont oui et amen. Mais assurément ils n’ont aucune part aux promesses de l’alliance de la grâce, ceux qui ne sont pas les enfants de l’alliance, qui ne croient à aucune des promesses, et qui n’ont aucune part au Médiateur de l’alliance.

De sorte que, quoi que certains aient imaginé et prétendu touchant des promesses faites à la recherche et aux coups pressants des hommes naturels, il est clair et manifeste que, quelque peine qu’un homme naturel se donne dans la religion, quelques prières qu’il fasse, jusqu’à ce qu’il croie en Christ, Dieu n’est tenu par aucune sorte d’obligation de le préserver un seul instant de la destruction éternelle.

De sorte que c’est ainsi que les hommes naturels sont tenus dans la main de Dieu, au-dessus de la fosse de l’enfer ; ils ont mérité la fosse de feu et y sont déjà condamnés ; et Dieu est terriblement provoqué, sa colère est aussi grande envers eux qu’envers ceux qui subissent réellement les exécutions de l’ardeur de son courroux en enfer, et ils n’ont rien fait le moins du monde pour apaiser ou adoucir cette colère ; Dieu n’est non plus tenu, si peu que ce soit, par aucune promesse de les soutenir un seul instant ; le diable les attend, l’enfer est béant après eux, les flammes s’amassent et flamboient autour d’eux, et voudraient bien les saisir et les engloutir ; le feu comprimé dans leur propre cœur lutte pour éclater : et ils n’ont aucune part à quelque Médiateur, il n’y a à portée aucun moyen qui puisse leur être une sûreté. En un mot, ils n’ont aucun refuge, rien à quoi se prendre ; tout ce qui les préserve à chaque instant, c’est la seule volonté arbitraire, et la patience sans alliance et sans obligation d’un Dieu courroucé.

Application

L’usage de ce sujet terrible peut servir à réveiller les personnes non converties de cette assemblée. Ce que vous venez d’entendre est le cas de chacun de vous qui êtes hors de Christ. — Ce monde de misère, ce lac de soufre embrasé, s’étend là-dessous, sous vos pieds. Là est la fosse effroyable des flammes ardentes de la colère de Dieu ; là est la large bouche béante de l’enfer, ouverte ; et vous n’avez rien sur quoi vous tenir, ni rien à quoi vous prendre ; il n’y a entre vous et l’enfer que l’air ; ce n’est que la puissance et le seul bon plaisir de Dieu qui vous soutiennent.

Vous n’en avez probablement pas conscience ; vous constatez que vous êtes préservés de l’enfer, mais vous n’y voyez pas la main de Dieu ; vous regardez plutôt d’autres choses, comme le bon état de votre constitution corporelle, le soin que vous prenez de votre vie, et les moyens que vous employez pour votre propre conservation. Mais en vérité ces choses ne sont rien ; si Dieu retirait sa main, elles ne serviraient pas plus à vous empêcher de tomber que l’air ténu à soutenir une personne qui y est suspendue.

Votre méchanceté vous rend pour ainsi dire pesants comme le plomb, et vous fait tendre vers le bas, d’un grand poids et d’une grande pression, vers l’enfer ; et si Dieu vous lâchait, vous sombreriez aussitôt, et descendriez rapidement, et plongeriez dans le gouffre sans fond, et votre saine constitution, et votre propre soin et prudence, et vos meilleurs artifices, et toute votre justice, n’auraient pas plus d’effet pour vous soutenir et vous préserver de l’enfer qu’une toile d’araignée pour arrêter la chute d’un rocher. N’était le bon plaisir souverain de Dieu, la terre ne vous porterait pas un seul instant ; car vous lui êtes un fardeau ; la création gémit avec vous ; la créature est assujettie à la servitude de votre corruption, non de son plein gré ; le soleil ne brille pas volontiers sur vous pour vous donner la lumière de servir le péché et Satan ; la terre ne rend pas volontiers son croît pour rassasier vos convoitises ; elle n’est pas non plus volontiers une scène où votre méchanceté se joue ; l’air ne vous sert pas volontiers de souffle pour entretenir la flamme de la vie dans vos entrailles, tandis que vous passez votre vie au service des ennemis de Dieu. Les créatures de Dieu sont bonnes, et furent faites pour que les hommes s’en servent afin de servir Dieu, et elles ne se prêtent pas volontiers à quelque autre usage, et gémissent quand on les détourne à des fins si directement contraires à leur nature et à leur fin. Et le monde vous vomirait, n’était la main souveraine de celui qui l’a assujetti en espérance. Voici, les nuées noires de la colère de Dieu sont maintenant suspendues juste au-dessus de vos têtes, pleines de la tempête effroyable et grosses de tonnerre ; et n’était la main de Dieu qui les retient, elles éclateraient aussitôt sur vous. Le bon plaisir souverain de Dieu, pour le présent, arrête son vent violent ; autrement il viendrait avec fureur, et votre destruction viendrait comme un tourbillon, et vous seriez comme la balle sur l’aire en été.

La colère de Dieu est comme de grandes eaux endiguées pour le présent ; elles croissent de plus en plus, et montent toujours plus haut, jusqu’à ce qu’un passage leur soit ouvert ; et plus longtemps le courant est arrêté, plus rapide et puissante est sa course une fois qu’il est lâché. Il est vrai que le jugement contre vos mauvaises œuvres n’a pas été exécuté jusqu’ici ; les flots de la vengeance de Dieu ont été retenus ; mais votre culpabilité, cependant, s’accroît constamment, et chaque jour vous amassez plus de colère ; les eaux montent constamment et deviennent de plus en plus puissantes ; et il n’y a rien que le seul bon plaisir de Dieu qui retienne ces eaux, qui ne veulent pas être arrêtées et pressent avec force pour aller de l’avant. Si seulement Dieu retirait sa main de l’écluse, elle s’ouvrirait aussitôt, et les flots ardents de l’ardeur et de la colère de Dieu se précipiteraient avec une fureur inconcevable, et fondraient sur vous d’une puissance toute-puissante ; et quand votre force serait dix mille fois plus grande qu’elle n’est, oui, dix mille fois plus grande que la force du diable le plus robuste et le plus vigoureux qui soit en enfer, ce ne serait rien pour y résister ou le supporter.

L’arc de la colère de Dieu est bandé, et la flèche posée sur la corde, et la justice dirige la flèche vers votre cœur et tend l’arc, et il n’y a rien que le seul bon plaisir de Dieu, et d’un Dieu irrité, sans aucune promesse ni obligation quelconque, qui empêche un seul instant la flèche de s’enivrer de votre sang. Ainsi, vous tous qui n’avez jamais passé par un grand changement de cœur, par la puissante action de l’Esprit de Dieu sur vos âmes ; vous tous qui n’avez jamais été nés de nouveau, faits de nouvelles créatures, et relevés de la mort dans le péché à un état de lumière et de vie nouvelles, jusque-là tout à fait inéprouvées, vous êtes entre les mains d’un Dieu irrité. Quelque réforme que vous ayez apportée à votre vie en bien des choses, quelques affections religieuses que vous ayez éprouvées, quelque forme de religion que vous entreteniez dans vos familles et dans le secret, et dans la maison de Dieu, ce n’est rien que son seul bon plaisir qui vous empêche d’être en ce moment même engloutis dans la destruction éternelle. Si peu convaincus que vous soyez maintenant de la vérité de ce que vous entendez, bientôt vous en serez pleinement convaincus. Ceux qui sont partis, après avoir été dans des circonstances semblables aux vôtres, voient qu’il en a été ainsi d’eux ; car la destruction est venue soudainement sur la plupart d’entre eux, alors qu’ils ne s’y attendaient point, et tandis qu’ils disaient : Paix et sûreté ; maintenant ils voient que ces choses sur lesquelles ils comptaient pour la paix et la sûreté n’étaient qu’un air ténu et de vaines ombres.

Le Dieu qui vous tient au-dessus de la fosse de l’enfer, à peu près comme on tient une araignée, ou quelque insecte répugnant, au-dessus du feu, vous a en horreur, et est terriblement provoqué : sa colère contre vous brûle comme un feu ; il vous regarde comme dignes de rien d’autre que d’être jetés dans le feu ; il a les yeux trop purs pour supporter de vous avoir en sa présence ; vous êtes dix mille fois plus abominables à ses yeux que le serpent venimeux le plus odieux ne l’est aux nôtres. Vous l’avez offensé infiniment plus que jamais un rebelle obstiné n’offensa son prince ; et pourtant ce n’est rien que sa main qui vous empêche à chaque instant de tomber dans le feu. Ce n’est à rien d’autre qu’il faut attribuer que vous ne soyez pas allés en enfer la nuit dernière, qu’il vous ait été permis de vous réveiller de nouveau en ce monde, après avoir fermé les yeux pour dormir. Et il n’y a pas d’autre raison à donner pourquoi vous n’êtes pas tombés en enfer depuis que vous vous êtes levés ce matin, sinon que la main de Dieu vous a soutenus. Il n’y a pas d’autre raison à donner pourquoi vous n’êtes pas allés en enfer depuis que vous êtes assis ici, dans la maison de Dieu, provoquant ses yeux purs par la manière pécheresse et méchante dont vous assistez à son culte solennel. Bien plus, il n’y a rien d’autre à donner comme raison pourquoi vous ne tombez pas, à cet instant même, dans l’enfer.

Ô pécheur ! Considérez l’effroyable danger où vous êtes : c’est une grande fournaise de colère, une fosse large et sans fond, pleine du feu de la colère, au-dessus de laquelle vous êtes tenu dans la main de ce Dieu dont le courroux est provoqué et enflammé autant contre vous que contre plusieurs des damnés en enfer. Vous êtes suspendu à un fil ténu, autour duquel flamboient les flammes de la colère divine, prêtes à chaque instant à le roussir et à le consumer ; et vous n’avez aucune part à quelque Médiateur, et rien à saisir pour vous sauver, rien pour écarter les flammes de la colère, rien qui soit à vous, rien que vous ayez jamais fait, rien que vous puissiez faire, pour engager Dieu à vous épargner un seul instant. — Et considérez ici plus particulièrement,

De qui est cette colère : c’est la colère du Dieu infini. Si ce n’était que la colère de l’homme, fût-ce du prince le plus puissant, elle serait, comparativement, peu à redouter. La colère des rois est fort redoutée, surtout celle des monarques absolus, qui ont les biens et les vies de leurs sujets entièrement en leur pouvoir, pour en disposer à leur seule volonté. Proverbes 20:2 : « La terreur qu’inspire le roi est comme le rugissement d’un lion ; celui qui l’irrite pèche contre lui-même. » Le sujet qui exaspère fort un prince arbitraire est exposé à souffrir les tourments les plus extrêmes que l’art humain puisse inventer, ou que la puissance humaine puisse infliger. Mais les plus grands potentats de la terre, dans leur plus grande majesté et force, et revêtus de leurs plus grandes terreurs, ne sont que de faibles et méprisables vers de poussière, en comparaison du grand et tout-puissant Créateur et Roi du ciel et de la terre. C’est bien peu qu’ils puissent faire, même dans leur plus grande rage, et quand ils ont déployé tout l’excès de leur fureur. Tous les rois de la terre, devant Dieu, sont comme des sauterelles ; ils sont un rien, et moins qu’un rien : leur amour comme leur haine sont à mépriser. La colère du grand Roi des rois est d’autant plus terrible que la leur, que sa majesté est plus grande. Luc 12:4,5 : « Je vous dis, à vous qui êtes mes amis : Ne craignez pas ceux qui tuent le corps et qui, après cela, ne peuvent rien faire de plus. Je vous montrerai qui vous devez craindre. Craignez celui qui, après avoir tué, a le pouvoir de jeter dans la géhenne ; oui, je vous le dis, c’est lui que vous devez craindre. »

C’est à l’ardeur de son courroux que vous êtes exposés. Nous lisons souvent de la fureur de Dieu, comme dans Ésaïe 59:18 : « Il rendra à chacun selon ses œuvres, la fureur à ses adversaires. » Ainsi Ésaïe 66:15 : « Car voici, l’Éternel arrive dans un feu, et ses chars sont comme un tourbillon ; il convertit sa colère en un brasier, et ses menaces en flammes de feu. » Et en beaucoup d’autres endroits. Ainsi, Apocalypse 19:15, nous lisons « la cuve du vin de l’ardente colère du Dieu tout-puissant. » Les paroles sont extrêmement terribles. S’il avait seulement été dit « la colère de Dieu, » les paroles auraient impliqué ce qui est infiniment redoutable : mais c’est « l’ardeur et la colère de Dieu. » La fureur de Dieu ! l’ardeur de l’Éternel ! Oh, combien cela doit être effroyable ! Qui peut exprimer ou concevoir ce que de telles expressions portent en elles ! Mais c’est aussi « l’ardeur et la colère du Dieu tout-puissant. » Comme s’il devait y avoir une très grande manifestation de sa puissance toute-puissante dans ce que l’ardeur de son courroux infligerait, comme si la toute-puissance devait être pour ainsi dire enflammée et déployée, ainsi que les hommes ont coutume de déployer leur force dans l’ardeur de leur colère. Oh ! alors, quelle en sera la conséquence ! Que deviendront les pauvres vers qui la subiront ! Quelles mains pourront être fortes ? Et quel cœur pourra tenir ? En quel abîme de misère, effroyable, indicible, inconcevable, faudra-t-il que soit plongée la pauvre créature qui en sera le sujet !

Considérez ceci, vous qui êtes ici présents, et qui demeurez encore dans un état non régénéré. Que Dieu exécutera l’ardeur de sa colère, cela implique qu’il infligera son courroux sans aucune pitié. Quand Dieu contemplera l’extrémité ineffable de votre cas, et verra votre tourment si prodigieusement disproportionné à votre force, et verra combien votre pauvre âme est écrasée et sombre, pour ainsi dire, dans une ténèbre infinie, il n’aura de vous aucune compassion, il ne suspendra pas les exécutions de son courroux, ni n’allégera le moins du monde sa main ; il n’y aura ni modération ni miséricorde, et Dieu alors n’arrêtera nullement son vent violent ; il n’aura aucun égard à votre bien, ni ne prendra aucun soin d’empêcher que vous ne souffriez trop, en aucun autre sens sinon seulement que vous ne souffrirez pas au-delà de ce que la stricte justice exige. Rien ne sera retenu parce qu’il vous est trop dur à supporter. Ézéchiel 8:18 : « Moi aussi, j’agirai avec fureur ; mon œil sera sans pitié, et je n’aurai point de miséricorde ; quand ils crieront à haute voix à mes oreilles, je ne les écouterai pas. » Maintenant Dieu se tient prêt à vous prendre en pitié ; c’est un jour de miséricorde ; vous pouvez crier maintenant avec quelque encouragement d’obtenir miséricorde. Mais une fois le jour de la miséricorde passé, vos cris et vos hurlements les plus lamentables et les plus douloureux seront vains ; vous serez entièrement perdus et rejetés de Dieu, quant à tout égard pour votre bien. Dieu n’aura d’autre usage à faire de vous que de vous faire souffrir la misère ; vous serez maintenus dans l’existence à nulle autre fin ; car vous serez un vase de colère formé pour la perdition ; et il n’y aura d’autre usage de ce vase que d’être rempli tout entier de colère. Dieu sera si loin de vous prendre en pitié quand vous crierez à lui, qu’il est dit qu’il ne fera que « rire et se moquer, » Proverbes 1:25,26, etc.

Combien terribles sont ces paroles, Ésaïe 63:3, qui sont les paroles du grand Dieu : « Je les foulerai dans ma colère, et je les écraserai dans ma fureur ; leur sang jaillira sur mes vêtements, et je souillerai tous mes habits. » Il est peut-être impossible de concevoir des paroles qui portent en elles de plus grandes manifestations de ces trois choses, à savoir le mépris, la haine et l’ardeur de l’indignation. Si vous criez à Dieu de vous prendre en pitié, il sera si loin de vous prendre en pitié dans votre triste état, ou de vous montrer le moindre égard ou la moindre faveur, qu’au lieu de cela, il ne fera que vous fouler aux pieds. Et quoiqu’il sache que vous ne pouvez porter le poids de la toute-puissance qui vous foule, pourtant il n’y aura nul égard, mais il vous écrasera sous ses pieds sans miséricorde ; il fera jaillir votre sang, et le fera voler, et il sera répandu sur ses vêtements, de manière à souiller tous ses habits. Non seulement il vous haïra, mais il vous tiendra dans le dernier mépris : nul lieu ne sera jugé convenable pour vous, sinon sous ses pieds, pour y être foulés comme la boue des rues.

La misère à laquelle vous êtes exposés est celle que Dieu infligera dans ce but, afin de montrer ce qu’est cette colère de l’Éternel. Dieu a eu à cœur de montrer aux anges et aux hommes, et combien son amour est excellent, et aussi combien sa colère est terrible. Parfois les rois de la terre ont à cœur de montrer combien leur colère est terrible, par les châtiments extrêmes qu’ils exécuteraient sur ceux qui les provoqueraient. Nebucadnetsar, ce puissant et hautain monarque de l’empire chaldéen, voulut montrer sa colère lorsqu’il fut irrité contre Schadrac, Méschac et Abed-Nego ; et il donna en conséquence l’ordre que la fournaise ardente fût chauffée sept fois plus qu’elle ne l’était auparavant ; sans doute fut-elle portée au plus haut degré d’ardeur que l’art humain pût y porter. Mais le grand Dieu veut aussi montrer sa colère, et magnifier sa terrible majesté et sa puissante force dans les extrêmes souffrances de ses ennemis. Romains 9:22 : « Et que dire, si Dieu, voulant montrer sa colère et faire connaître sa puissance, a supporté avec une grande patience des vases de colère formés pour la perdition ? » Et puisque tel est son dessein, et ce qu’il a résolu, à savoir de montrer combien sont terribles la colère sans frein, la fureur et l’ardeur de l’Éternel, il le fera effectivement. Quelque chose sera accompli et mené à bien qui sera effroyable pour de bon. Quand le grand Dieu irrité se sera levé et aura exécuté son terrible jugement sur le pauvre pécheur, et que le misérable subira réellement le poids et la puissance infinis de son indignation, alors Dieu appellera l’univers entier à contempler cette terrible majesté et cette puissante force qui s’y verront. Ésaïe 33:12-14 : « Les peuples seront des fournaises de chaux, des épines coupées qui brûlent dans le feu. Vous qui êtes loin, écoutez ce que j’ai fait ! Et vous qui êtes près, sachez quelle est ma puissance ! Les pécheurs sont effrayés dans Sion, un tremblement saisit les impies, » etc.

Ainsi en sera-t-il de vous qui êtes dans un état non converti, si vous y demeurez ; la puissance, la majesté et l’épouvante infinies du Dieu tout-puissant seront magnifiées sur vous, dans la force ineffable de vos tourments. Vous serez tourmentés en présence des saints anges et en présence de l’Agneau ; et quand vous serez dans cet état de souffrance, les glorieux habitants du ciel s’avanceront et contempleront l’effroyable spectacle, afin de voir ce qu’est la colère et l’ardeur du Tout-Puissant ; et lorsqu’ils l’auront vu, ils tomberont la face contre terre et adoreront cette grande puissance et cette grande majesté. Ésaïe 66:23,24 : « À chaque nouvelle lune et à chaque sabbat, toute chair viendra se prosterner devant moi, dit l’Éternel. Et quand on sortira, on verra les cadavres des hommes qui se sont rebellés contre moi ; car leur ver ne mourra point, et leur feu ne s’éteindra point ; et ils seront pour toute chair un objet d’horreur. »

C’est une colère éternelle. Il serait effroyable de souffrir un seul instant cette ardeur et cette colère du Dieu tout-puissant ; mais il vous faudra la souffrir durant toute l’éternité. Il n’y aura point de fin à cette misère atroce et horrible. Quand vous regarderez devant vous, vous verrez un long à jamais, une durée sans bornes devant vous, qui engloutira vos pensées et frappera votre âme de stupeur ; et vous désespérerez absolument d’avoir jamais quelque délivrance, quelque fin, quelque adoucissement, quelque repos que ce soit. Vous saurez avec certitude qu’il vous faudra user de longs âges, des millions de millions d’âges, à lutter et à combattre contre cette vengeance toute-puissante et sans merci ; et alors, quand vous l’aurez fait, quand tant d’âges auront effectivement été passés par vous de la sorte, vous saurez que tout cela n’est qu’un point au regard de ce qui reste. De sorte que votre châtiment sera véritablement infini. Oh, qui peut exprimer quel est l’état d’une âme en de telles circonstances ! Tout ce que nous pouvons en dire n’en donne qu’une très faible et pâle représentation ; c’est inexprimable et inconcevable : car « qui connaît la force de la colère de Dieu ? »

Combien effroyable est l’état de ceux qui, chaque jour et à chaque heure, sont dans le danger de cette grande colère et de cette misère infinie ! Or tel est le funeste cas de toute âme, dans cette assemblée, qui n’a pas été née de nouveau, quelque morale et rigide, sobre et religieuse qu’elle puisse être par ailleurs. Oh, que vous le considériez, que vous soyez jeunes ou vieux ! Il y a lieu de penser qu’il en est plusieurs, dans cette assemblée qui écoute maintenant ce discours, qui seront réellement les sujets de cette misère même durant toute l’éternité. Nous ne savons pas qui ils sont, ni sur quels bancs ils sont assis, ni quelles pensées ils ont en ce moment. Peut-être sont-ils maintenant à leur aise, et entendent-ils toutes ces choses sans grand trouble, et se flattent-ils maintenant qu’ils ne sont pas ces personnes-là, se promettant à eux-mêmes qu’ils échapperont. Si nous savions qu’il y a une personne, et une seule, dans toute l’assemblée, qui dût être le sujet de cette misère, quelle chose terrible ce serait d’y penser ! Si nous savions qui elle est, quel spectacle terrible ce serait de voir une telle personne ! Comme tout le reste de l’assemblée pourrait élever sur elle un cri lamentable et amer ! Mais, hélas ! au lieu d’une, combien sont-ils vraisemblablement qui se souviendront de ce discours en enfer ? Et ce serait une merveille si quelques-uns de ceux qui sont maintenant présents n’étaient pas en enfer dans très peu de temps, avant même que cette année soit écoulée. Et ce ne serait pas une merveille si quelques personnes, qui sont maintenant assises ici, sur quelques bancs de cette maison d’assemblée, en santé, tranquilles et en sécurité, s’y trouvaient avant demain matin. Ceux d’entre vous qui persévéreront finalement dans une condition naturelle, ceux qui resteront le plus longtemps hors de l’enfer y seront dans peu de temps ! votre damnation ne sommeille pas ; elle viendra promptement, et, selon toute probabilité, tout à fait soudainement sur plusieurs d’entre vous. Vous avez sujet de vous étonner de n’être pas déjà en enfer. C’est sans doute le cas de quelques-uns que vous avez vus et connus, qui ne méritèrent jamais l’enfer plus que vous, et qui naguère semblaient avoir autant de chances que vous d’être aujourd’hui en vie. Leur cas est au-delà de tout espoir ; ils crient dans une misère extrême et un parfait désespoir ; mais vous, vous voici au pays des vivants et dans la maison de Dieu, et vous avez l’occasion d’obtenir le salut. Que ne donneraient pas ces pauvres âmes damnées et sans espoir pour une seule journée d’occasion telle que celle dont vous jouissez maintenant !

Et maintenant vous avez une occasion extraordinaire, un jour où Christ a ouvert toute grande la porte de la miséricorde, et se tient à appeler et à crier d’une voix forte aux pauvres pécheurs ; un jour où beaucoup accourent à lui et se pressent pour entrer dans le royaume de Dieu. Beaucoup viennent chaque jour de l’orient et de l’occident, du nord et du midi ; beaucoup qui, tout récemment encore, étaient dans la même misérable condition où vous êtes, sont maintenant dans un état heureux, le cœur rempli d’amour pour celui qui les a aimés et lavés de leurs péchés dans son propre sang, et se réjouissant dans l’espérance de la gloire de Dieu. Combien il est terrible d’être laissé en arrière en un tel jour ! De voir tant d’autres festoyer, tandis que vous languissez et périssez ! De voir tant d’autres se réjouir et chanter d’allégresse de cœur, tandis que vous avez sujet de gémir dans la tristesse de votre cœur, et de hurler dans le tourment de votre esprit ! Comment pouvez-vous vous reposer un seul instant en une telle condition ? Vos âmes ne sont-elles pas aussi précieuses que les âmes des gens de Suffield, où l’on accourt de jour en jour vers Christ ?

N’y en a-t-il pas beaucoup ici qui ont longtemps vécu dans le monde, et qui, jusqu’à ce jour, ne sont pas nés de nouveau ? et qui sont ainsi étrangers à la cité d’Israël, et n’ont rien fait depuis qu’ils vivent, sinon amasser de la colère pour le jour de la colère ? Oh, messieurs, votre cas, d’une manière toute particulière, est extrêmement dangereux. Votre culpabilité et l’endurcissement de votre cœur sont extrêmement grands. Ne voyez-vous pas combien généralement les personnes de votre âge sont passées et laissées de côté, dans la présente et merveilleuse dispensation de la miséricorde de Dieu ? Vous auriez besoin de rentrer en vous-mêmes et de vous réveiller tout à fait de votre sommeil. Vous ne pouvez supporter l’ardeur et la colère du Dieu infini. — Et vous, jeunes hommes et jeunes femmes, négligerez-vous cette précieuse saison dont vous jouissez maintenant, alors que tant d’autres de votre âge renoncent à toutes les vanités de la jeunesse et accourent à Christ ? Vous surtout, vous avez maintenant une occasion extraordinaire ; mais si vous la négligez, il en sera bientôt de vous comme de ces personnes qui passèrent tous les précieux jours de leur jeunesse dans le péché, et en sont maintenant venues à un si effroyable état d’aveuglement et d’endurcissement. — Et vous, enfants, qui n’êtes pas convertis, ne savez-vous pas que vous descendez en enfer, pour y porter la terrible colère de ce Dieu qui est maintenant irrité contre vous chaque jour et chaque nuit ? Vous contenterez-vous d’être les enfants du diable, quand tant d’autres enfants du pays se convertissent et deviennent les saints et heureux enfants du Roi des rois ?

Et que chacun de ceux qui sont encore hors de Christ, et suspendus au-dessus de la fosse de l’enfer, qu’ils soient des vieillards et des vieilles femmes, ou d’âge mûr, ou de jeunes gens, ou de petits enfants, écoute maintenant les appels retentissants de la parole et de la providence de Dieu. Cette année favorable du Seigneur, jour d’une si grande faveur pour les uns, sera sans doute un jour d’une aussi remarquable vengeance pour les autres. Le cœur des hommes s’endurcit, et leur culpabilité s’accroît à grands pas en un jour comme celui-ci, s’ils négligent leur âme ; et jamais il n’y eut si grand danger que de telles personnes fussent livrées à l’endurcissement du cœur et à l’aveuglement de l’esprit. Dieu semble maintenant recueillir en hâte ses élus dans toutes les parties du pays ; et probablement la plus grande partie des adultes qui jamais seront sauvés seront amenés maintenant, en peu de temps, et il en sera comme il en fut lors de la grande effusion de l’Esprit sur les Juifs aux jours des apôtres : les élus l’obtiendront, et les autres seront aveuglés. Si tel devait être votre cas, vous maudirez éternellement ce jour, et vous maudirez le jour où vous êtes nés, pour avoir vu une telle saison de l’effusion de l’Esprit de Dieu, et vous souhaiterez être morts et allés en enfer avant de l’avoir vue. Or c’est maintenant, sans nul doute, comme il en était aux jours de Jean-Baptiste, la cognée est d’une manière extraordinaire mise à la racine des arbres, afin que tout arbre qui ne produit pas de bon fruit soit coupé et jeté au feu.

C’est pourquoi, que chacun de ceux qui sont hors de Christ se réveille maintenant et fuie la colère à venir. La colère du Dieu tout-puissant est maintenant, sans nul doute, suspendue au-dessus d’une grande partie de cette assemblée. Que chacun s’enfuie hors de Sodome : « Hâte-toi, sauve-toi pour ta vie ; ne regarde pas derrière toi ; sauve-toi vers la montagne, de peur que tu ne périsses. »

L’Écriture dans ce sermon Deutéronome 32:35

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