Texte
Jean 3:16
En bref
«Le péché est la chose la plus coûteuse de l'univers.» Finney évalue le coût véritable du péché au regard d'une loi sainte, puis montre que l'amour de Dieu pour un monde rebelle fut assez grand pour acquitter tout ce coût dans le don de son Fils — et il presse le pécheur d'accepter un salut déjà si chèrement payé.
Le péché est la chose la plus coûteuse de l'univers. Rien d'autre ne saurait coûter autant. Pardonné ou impardonné, son coût est infiniment grand. Pardonné, le coût retombe principalement sur le grand substitut expiatoire ; impardonné, il doit retomber sur la tête du pécheur coupable.
L'existence du péché est un fait éprouvé partout — observé partout. Il y a du péché dans notre race, partout, et dans une effroyable aggravation.
Le péché est la violation d'une loi infiniment importante — une loi conçue et adaptée pour assurer le bien suprême de l'univers. L'obéissance à cette loi est naturellement essentielle au bien des créatures. Sans obéissance, il ne pourrait y avoir de félicité, même dans le ciel.
Puisque le péché est la violation d'une loi des plus importantes, il ne saurait être traité à la légère. Aucun gouvernement ne peut se permettre de traiter la désobéissance comme une bagatelle, car tout — le bien-être entier du gouvernement et de tous les gouvernés — dépend de l'obéissance. À proportion même de la valeur des intérêts en jeu se mesure la nécessité de garder la loi et de punir la désobéissance.
La loi de Dieu ne doit être déshonorée par rien de ce qu'Il fera. Elle a été déshonorée par la désobéissance de l'homme ; d'où le besoin d'autant plus grand que Dieu la soutienne, pour en relever l'honneur. Le plus grand déshonneur est fait à la loi lorsqu'on la renie, qu'on lui désobéit et qu'on la méprise. Tout cela, l'homme pécheur l'a fait. Ainsi, cette loi étant non seulement bonne mais intrinsèquement nécessaire au bonheur des gouvernés, il devient de toutes choses la plus nécessaire que le législateur revendique et venge sa loi. Il doit à tout prix le faire.
Ainsi le péché a engagé le gouvernement de Dieu dans une immense dépense. Ou bien la loi doit être exécutée aux dépens du bien-être de la race tout entière, ou bien Dieu doit consentir à souffrir les pires conséquences du mépris de sa loi — conséquences qui, sous une forme ou une autre, doivent entraîner une immense dépense.
Prenez pour exemple n'importe quel gouvernement humain. Supposons que les lois justes et nécessaires qu'il impose soient reniées et déshonorées. En pareil cas, la loi violée doit être honorée par l'exécution de sa peine, ou bien il faut endurer quelque chose d'autre, non moins coûteux, et probablement bien davantage. La transgression doit coûter du bonheur, quelque part, et en immense quantité.
Dans le cas du gouvernement de Dieu, il a été jugé opportun de pourvoir un substitut, capable de répondre au double dessein de sauver le pécheur et néanmoins d'honorer la loi. Cela étant décidé, la grande question suivante fut celle-ci : Comment la dépense sera-t-elle acquittée ?
La Bible nous apprend comment la question fut en fait tranchée. Par une conscription volontaire — l'appellerai-je ainsi — ou par un don ? Quelque nom qu'on lui donne, ce fut une offrande volontaire. Qui prendra la tête de la souscription ? Qui commencera là où tant de choses sont à réunir ? Qui fera le premier sacrifice ? Qui fera le premier pas dans un projet si vaste ? La Bible nous l'apprend. Cela commença par le Père infini. Il fit le premier grand don. Il donna son Fils unique — pour commencer — et l'ayant donné d'abord, Il donne librement tout le reste que les exigences du cas peuvent requérir. D'abord Il donna son Fils pour accomplir l'expiation due à la loi ; puis Il donna et envoya son Saint-Esprit pour prendre en charge cette œuvre. Le Fils, pour sa part, consentit à se tenir comme le représentant des pécheurs, afin d'honorer la loi en souffrant à leur place. Il versa son sang, fit de toute une vie de souffrances un don gratuit sur l'autel — ne déroba pas son visage aux crachats, ni son dos aux coups — ne recula pas devant le comble de l'outrage que des hommes méchants pouvaient entasser sur lui. Ainsi le Saint-Esprit aussi se consacre sans cesse aux efforts les plus abnégés, pour accomplir le grand dessein.
C'eût été une méthode bien expéditive que de tourner sa main contre les méchants de notre race et de les précipiter tout vivants en enfer, comme il le fit jadis lorsque certains anges «ne gardèrent pas leur premier état». La rébellion éclata dans le ciel. Dieu ne la supporta pas longtemps autour de son trône élevé. Mais dans le cas de l'homme, il changea de voie — il ne les envoya pas tous en enfer, mais conçut un vaste plan de mesures, impliquant les abnégations et les sacrifices les plus étonnants, pour ramener les âmes des hommes à l'obéissance et au ciel.
Pour qui ce grand don fut-il fait ? «Dieu a tant aimé le monde», c'est-à-dire la race entière des hommes. Par le mot «monde», dans ce contexte, on ne saurait entendre seulement une partie particulière, mais la race tout entière. Non seulement la Bible, mais la nature même du cas montre que l'expiation a dû être faite pour le monde entier. Car, à l'évidence, si elle n'avait pas été faite pour la race entière, aucun homme de la race ne pourrait jamais savoir qu'elle a été faite pour lui-même, et par conséquent nul ne pourrait croire en Christ au sens de recevoir par la foi les bénédictions de l'expiation. — Régnant une incertitude totale quant aux personnes comprises dans les provisions limitées que nous supposons maintenant faites, le don tout entier échouerait par l'impossibilité d'une foi raisonnable pour le recevoir. Supposez qu'un testament soit fait par un homme riche léguant certains biens à certaines personnes inconnues, désignées seulement par le nom d'«élus». Elles ne sont pas décrites autrement que par ce terme, et tous conviennent que, bien que l'auteur du testament eût nettement en son esprit les individus, il n'en a pourtant laissé aucune description que ni les personnes elles-mêmes, ni les tribunaux, ni aucun mortel vivant ne puissent comprendre. Or un tel testament est nécessairement tout à fait nul et non avenu. Nul homme vivant ne peut réclamer en vertu d'un tel testament, et pas davantage même si ces élus étaient décrits comme des habitants d'Oberlin. Puisqu'il n'embrasse pas tous les habitants d'Oberlin, et ne définit pas lesquels d'entre eux, tout est perdu. Tous ayant un droit égal et nul un droit défini, nul ne peut hériter. Si l'expiation était faite de cette manière, nul homme vivant n'aurait aucune raison valable de se croire l'un des élus avant d'avoir reçu l'Évangile. Il n'aurait donc aucune autorité pour croire et recevoir ses bénédictions par la foi. En fait, l'expiation serait entièrement vaine — dans cette supposition — à moins qu'une révélation spéciale ne fût faite aux personnes pour qui elle est destinée.
Or, tel qu'est le cas, le fait même qu'un homme appartienne à la race d'Adam — le fait qu'il soit humain, né d'une femme — suffit pleinement. Cela le fait entrer dans l'enceinte. Il est l'un de ce monde pour qui Dieu a donné son Fils, afin que quiconque croirait en lui ne périsse point, mais ait la vie éternelle.
Le motif subjectif, dans l'esprit de Dieu, de ce grand don, fut l'amour, l'amour pour le monde. Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils pour qu'il mourût pour lui. Dieu aimait aussi l'univers, mais ce don de son Fils jaillit de l'amour pour notre monde. Il est vrai que, dans ce grand acte, il prit soin de pourvoir aux intérêts de l'univers. Il veilla à ne rien faire qui pût le moins du monde abaisser le caractère sacré de sa loi. Avec le plus grand soin il entendit se prémunir contre toute méprise touchant son égard pour sa loi et pour les hauts intérêts de l'obéissance et du bonheur dans son univers moral. Il voulut, une fois pour toutes, écarter le danger qu'un agent moral quelconque fût tenté de mésestimer la loi morale.
Plus encore, ce ne fut pas seulement par amour pour les âmes, mais par respect pour l'esprit de la loi de sa propre raison éternelle, qu'il livra son Fils à la mort. C'est là que prit naissance le dessein de livrer son Fils. La loi de sa propre raison doit être honorée et tenue pour sacrée. Il ne peut rien faire qui soit contraire à son esprit. Il doit faire tout ce qui est possible pour prévenir la perpétration du péché et pour s'assurer la confiance et l'amour de ses sujets. Il tenait ces grands objets pour si sacrés qu'il baptiserait son Fils dans son propre sang plutôt que de mettre en péril le bien de l'univers. Sans nul doute, ce fut l'amour et l'égard pour le bien suprême de l'univers qui le conduisirent à sacrifier son propre Fils bien-aimé.
Considérons ensuite avec attention la nature de cet amour. Le texte insiste tout particulièrement là-dessus — Dieu a tant aimé — son amour était d'une nature telle, si merveilleuse et si singulière en son caractère, qu'il le conduisit à livrer son Fils unique à la mort. Cette expression implique manifestement plus que sa seule grandeur. Elle est des plus singulières en son caractère. Si nous ne le comprenons pas, nous risquerons de tomber dans l'étrange erreur des universalistes, qui parlent sans cesse de l'amour de Dieu pour les pécheurs, mais dont les notions sur la nature de cet amour ne conduisent jamais à la repentance ni à la sainteté. Ils semblent concevoir cet amour comme une simple bonhomie, et ne se représentent Dieu que comme un être fort débonnaire, que personne n'a besoin de craindre. — De telles notions n'ont pas la moindre influence vers la sainteté, mais tout le contraire. Ce n'est que lorsque nous parvenons à comprendre ce qu'est cet amour en sa nature que nous en ressentons la puissance morale, favorisant la sainteté.
On peut raisonnablement demander : Si Dieu a tant aimé le monde, d'un amour caractérisé par la grandeur et par la grandeur seule — pourquoi n'a-t-Il pas sauvé le monde entier sans sacrifier son Fils ? Cette question suffit à nous montrer qu'il y a un sens profond dans ce mot tant, et devrait nous engager à une étude attentive de ce sens.
1. Cet amour, en sa nature, n'est pas de la complaisance — un plaisir pris au caractère de la race. Cela ne se pouvait, car il n'y avait rien d'aimable en leur caractère. Que Dieu eût aimé une telle race par complaisance eût été infiniment déshonorant pour lui-même.
2. Ce ne fut pas une simple émotion ou un simple sentiment. Ce ne fut pas une impulsion aveugle, quoique beaucoup semblent le supposer. On suppose souvent, semble-t-il, que Dieu agit comme le font les hommes lorsqu'ils sont emportés par une forte émotion. Mais il ne saurait y avoir là aucune vertu. Un homme pourrait donner tout ce qu'il possède sous une telle impulsion aveugle du sentiment sans en être plus vertueux pour autant. Mais en disant cela, nous n'excluons pas toute émotion de l'amour de bienveillance, ni de l'amour de Dieu pour un monde perdu. Il eut de l'émotion, mais non de l'émotion seulement. En vérité, la Bible nous enseigne partout que l'amour de Dieu pour l'homme, perdu dans ses péchés, était paternel — l'amour d'un père pour sa progéniture — en l'occurrence, pour une progéniture rebelle, revêche, prodigue. À cet amour doit se mêler, bien entendu, la plus profonde compassion.
3. De la part de Christ, considéré comme Médiateur, cet amour était paternel. «Il n'a point honte de les appeler frères.» À un point de vue, il agit pour des frères, et à un autre, pour des enfants. Le Père le livra pour cette œuvre et, bien entendu, s'associe à l'amour qui convient à ces relations.
4. Cet amour doit être tout à fait désintéressé, car il n'avait rien à espérer ni à craindre — aucun profit à tirer de ses enfants s'ils venaient à être sauvés. En vérité, il est impossible de concevoir Dieu comme égoïste, puisque son amour embrasse toutes les créatures et tous les intérêts selon leur valeur réelle. Sans doute prit-il plaisir à sauver notre race — pourquoi ne l'eût-il pas fait ? C'est un grand salut en tout sens, et grandement il accroît la félicité du ciel ; — grandement il rejaillira sur la gloire et la béatitude du Dieu infini. Il se respectera éternellement pour un amour si désintéressé. Il sait aussi que toutes ses saintes créatures le respecteront éternellement pour cette œuvre et pour l'amour qui lui a donné naissance. Mais qu'il soit dit aussi qu'il savait qu'elles ne le respecteraient pas pour cette grande œuvre à moins de voir qu'il l'accomplissait pour le bien des pécheurs.
5. Cet amour était ardent, non cet état d'esprit au cœur froid que certains supposent — non une abstraction, mais un amour profond, zélé, fervent, brûlant en son âme comme un feu que rien ne peut éteindre.
6. Le sacrifice fut des plus abnégés. En coûta-t-il rien au Père de livrer son propre Fils bien-aimé à la souffrance et à une telle mort ? Si ce n'est pas là de l'abnégation, qu'est-ce donc qui pourrait l'être ? Livrer ainsi son Fils à tant de souffrances — n'est-ce pas la plus noble abnégation ? Jamais l'univers n'aurait pu avoir l'idée d'une grande abnégation sans une telle démonstration.
7. Cet amour était particulier parce qu'il était universel, et aussi universel parce qu'il était particulier. Dieu aima chaque pécheur en particulier, et par conséquent les aima tous. Parce qu'il les aima tous impartialement, sans acception de personnes, c'est pourquoi il aima chacun en particulier.
8. Ce fut un amour des plus patients. Qu'il est rare de trouver un parent aimant tellement son enfant qu'il ne s'impatiente jamais ! Permettez-moi de faire le tour et de demander : combien d'entre vous, parents, peuvent dire qu'ils aiment tous leurs enfants si bien, et avec tant d'amour, et d'un amour si sagement maître de lui-même, qu'ils ne se sont jamais sentis impatients envers aucun d'eux — de sorte qu'ils peuvent les prendre dans leurs bras sous les plus grandes provocations, et les vaincre par l'amour, les tirer de leurs péchés par l'amour, les amener par l'amour à la repentance et à un esprit filial ? De quel de vos enfants pouvez-vous dire : Dieu merci, je ne me suis jamais irrité contre cet enfant ; duquel, si vous veniez à le rencontrer au ciel, pourriez-vous dire : Je n'ai jamais causé à cet enfant aucun chagrin ? Souvent j'ai entendu des parents dire : J'aime mes enfants, mais oh ! comme ma patience me fait défaut ! Et après que les chers êtres sont morts, vous pouvez entendre leurs gémissements amers : Ô mon âme, comment ai-je pu causer à mon enfant tant de chutes et tant de péché !
Mais Dieu ne s'irrite jamais — n'est jamais impatient. Son amour est si profond et si grand qu'il est toujours patient.
Parfois, lorsque les parents ont des enfants infortunés, pauvres objets de compassion, ils peuvent tout supporter de leur part ; mais lorsqu'ils sont fort méchants, ils semblent estimer qu'ils sont tout à fait excusables de s'impatienter. Dans le cas de Dieu, ce ne sont pas des enfants infortunés, mais des êtres intensément méchants, méchants en pleine connaissance. Mais ô, son étonnante patience — si attachée à leur bien, si désireuse de leur bien-être suprême, que, de quelque manière qu'ils l'outragent, Il se met à les bénir encore, à les fléchir par ses larmes, à les fléchir par son sang, à les fléchir par la mort de son Fils à leur place !
9. C'est un amour jaloux, non en mauvaise part, mais en bonne part — au sens d'un soin extrême de peur que rien n'advienne qui nuise à ceux qu'il aime. De même que l'époux et l'épouse qui s'aiment véritablement sont jaloux, d'une jalousie toujours en éveil, du bien-être l'un de l'autre, cherchant toujours à faire tout ce qu'ils peuvent pour promouvoir les vrais intérêts l'un de l'autre.
Ce don est déjà fait — fait de bonne foi — non seulement promis, mais réellement accompli. La promesse, donnée longtemps auparavant, a été accomplie. Le Fils est venu — il est mort, il a payé la rançon et vit pour l'offrir — un salut tout préparé, à tous ceux qui voudront l'embrasser.
Le Fils de Dieu mourut non pour apaiser la vengeance, comme certains semblent l'entendre, mais sous les exigences de la loi. La loi avait été déshonorée par sa violation. C'est pourquoi Christ entreprit de l'honorer en livrant à ses exigences sa vie souffrante et sa mort expiatoire. Ce ne fut pas pour apaiser en Dieu un esprit vindicatif, mais pour assurer le bien suprême de l'univers dans une dispensation de miséricorde.
Puisque cette expiation a été faite, tous les hommes de la race y ont droit. Elle est ouverte à quiconque voudra l'embrasser. Bien que Jésus demeure encore le Fils du Père, il appartient pourtant, par un droit gracieux, en un sens important, à la race — à chacun, de sorte que tout pécheur a une part à son sang, pourvu qu'il vienne humblement se présenter et la réclamer. Dieu envoya son Fils pour être le Sauveur du monde — de quiconque voudrait croire et accepter ce grand salut.
Dieu donne son Esprit pour appliquer ce salut aux hommes. Il vient à la porte de chaque homme et frappe, pour y être admis s'il le peut, et montrer à chaque pécheur qu'il peut dès maintenant avoir le salut. Ô, quel labeur d'amour que celui-là !
Ce salut, s'il doit l'être, doit être reçu par la foi. C'est la seule voie possible. Le gouvernement de Dieu sur les pécheurs est moral, non physique, parce que le pécheur est lui-même un agent moral et non physique. C'est pourquoi Dieu ne peut nous influencer d'aucune manière à moins que nous ne voulions lui donner notre confiance. Jamais il ne peut nous sauver en nous transportant simplement en quelque lieu appelé ciel — comme si un changement de lieu changeait le cœur volontaire. Il ne peut donc y avoir aucune voie possible d'être sauvé sinon par la simple foi.
Or, ne vous méprenez pas en supposant qu'embrasser l'Évangile, c'est simplement croire à ces faits historiques, sans recevoir véritablement Christ pour votre Sauveur. Si tel avait été le plan, alors Christ n'aurait eu qu'à descendre et à mourir ; puis à remonter au ciel, et à attendre tranquillement de voir qui croirait aux faits. Mais combien le cas réel est différent ! Ici, Christ descend pour remplir l'âme de sa propre vie et de son propre amour. Les pécheurs pénitents entendent et croient la vérité concernant Jésus, puis reçoivent Christ dans leur âme pour qu'il y vive et y règne, souverain et pour toujours. Sur ce point, beaucoup se trompent, disant : Si je crois aux faits comme à des faits d'histoire, cela suffit. Non ! Non ! Ce n'est point cela le moins du monde. «C'est du cœur que l'on croit pour parvenir à la justice.» L'expiation fut certes faite pour préparer la voie, afin que Jésus pût descendre jusqu'aux cœurs humains et les attirer à l'union et à la sympathie avec lui-même — afin que Dieu pût abaisser les bras de son amour et embrasser les pécheurs — afin que la loi et le gouvernement ne fussent pas déshonorés par de tels témoignages d'amitié montrés par Dieu envers les pécheurs. Mais l'expiation ne sauvera nullement les pécheurs autrement qu'en leur préparant la voie pour entrer en sympathie et en communion de cœur avec Dieu.
Or Jésus vient à la porte de chaque pécheur et frappe ; — écoutez — qu'est-ce là ? qu'est-ce là ? Pourquoi ce coup à la porte ? Pourquoi ne serait-il pas parti demeurer au ciel, si tel était le système, jusqu'à ce que les hommes crussent simplement aux faits historiques et fussent baptisés, comme certains le supposent, pour le salut ? Mais voici, voyez comme il descend — il dit au pécheur ce qu'il a fait — révèle tout son amour — lui dit combien cet amour est saint et sacré, si sacré qu'il ne peut en aucune façon agir sans égard à la sainteté de sa loi et à la pureté de son gouvernement. Imprimant ainsi au cœur les idées les plus profondes et les plus larges de sa sainteté et de sa pureté, il fait valoir la nécessité d'une repentance profonde, et le devoir sacré de renoncer à tout péché.
REMARQUES.1. La Bible enseigne que les pécheurs peuvent perdre leur droit d'aînesse et se mettre eux-mêmes hors de portée de la miséricorde. Il n'y a pas longtemps que je vous fis quelque remarque sur la nécessité manifeste que Dieu se prémunisse contre les abus de son amour. Les circonstances sont telles qu'elles créent le plus grand danger d'un tel abus, et c'est pourquoi Il doit faire savoir aux pécheurs qu'ils ne peuvent abuser de son amour et ne sauraient le faire impunément.
2. Sous l'Évangile, les pécheurs sont dans des circonstances de la plus grande responsabilité possible. Ils sont au plus haut danger de fouler sous leurs pieds le Fils même de Dieu. «Venez, disent-ils, tuons-le, et l'héritage sera à nous.» Lorsque Dieu envoie, en dernier lieu, son propre Fils bien-aimé, que font-ils ? Ils ajoutent à tous leurs autres péchés et rébellions le plus haut affront à ce glorieux Fils ! Supposez que quelque chose d'analogue se fît sous un gouvernement humain. Un cas de rébellion survient dans quelques-unes des provinces. Le roi envoie son propre fils, non avec une armée pour les tailler en pièces au vif de leur rébellion, mais tout doucement, avec mansuétude, avec patience, il va parmi eux, expliquant les lois du royaume et les exhortant à l'obéissance. Que font-ils en ce cas ? D'un commun accord, ils se liguent pour le saisir et le mettre à mort !
Mais vous niez que cela s'applique à vous, et vous me demandez : Qui a assassiné le Fils de Dieu ? N'étaient-ce pas les Juifs ? Oui, et vous, pécheurs, n'avez-vous eu aucune part à ce meurtre ? Votre façon de traiter Jésus-Christ n'a-t-elle pas montré que vous êtes en pleine sympathie avec les anciens Juifs dans leur meurtre du Fils de Dieu ? Si vous aviez été là, quelqu'un aurait-il crié plus fort que vous : «Ôte-le ! crucifie-le, crucifie-le !» ? N'avez-vous pas toujours dit : «Retire-Toi de nous, car nous ne désirons pas connaître Tes voies» ?
3. Il fut dit de Christ que, bien que riche, il s'est fait pauvre, afin que par sa pauvreté nous fussions rendus riches. Comme cela est frappant de vérité ! Notre rédemption coûta la vie à Christ ; elle le trouva riche, mais le rendit pauvre ; elle nous trouva infiniment pauvres, mais nous rendit riches jusqu'à toute la richesse du ciel. Mais à ces richesses nul ne peut avoir part avant de les accepter, chacun pour soi, de la manière légitime. Elles doivent être reçues aux conditions proposées, sinon l'offre s'en va tout entière, et vous demeurez plus pauvres encore que si de tels trésors n'avaient jamais été déposés à vos pieds.
Bien des gens semblent se méprendre entièrement sur ce cas. Ils semblent ne pas croire ce que Dieu dit, mais répètent sans cesse : Si, si, s'il y avait seulement quelque salut pour moi — s'il y avait seulement une expiation pourvue pour le pardon de mes péchés. Ce fut l'une des dernières choses qui s'éclaircirent en mon esprit avant que je confiasse pleinement mon âme à Dieu. J'avais étudié l'expiation ; j'en voyais les incidences philosophiques — je voyais ce qu'elle exigeait du pécheur ; mais elle m'irritait, et je disais : Si je devenais chrétien, comment saurais-je ce que Dieu ferait de moi ? Sous cette irritation, je disais des choses insensées et amères contre Christ — jusqu'à ce que ma propre âme fût horrifiée de sa propre méchanceté, et je dis : Je me réconcilierai de tout cela avec Christ, si la chose est possible.
De cette manière, beaucoup s'avancent sur les encouragements de l'Évangile comme s'il ne s'agissait que d'un peut-être, d'une expérience à tenter. Ils font chaque pas en avant avec la plus grande précaution, avec crainte et tremblement, comme s'il y avait le plus extrême doute qu'il pût y avoir quelque miséricorde pour eux. Ainsi en fut-il de moi. J'étais en chemin vers mon bureau, lorsque cette question se présenta à mon esprit : Qu'attends-tu ? Tu n'as pas besoin de faire tant d'embarras. Tout est déjà accompli. Tu n'as qu'à consentir à la proposition — donne-lui ton cœur sur-le-champ — c'est tout. Il en est précisément ainsi. Tous, chrétiens et pécheurs, devraient comprendre que le plan tout entier est achevé — que Christ tout entier — son caractère, son œuvre, sa mort expiatoire et son intercession toujours vivante — appartient à chaque homme, à tous et à chacun, et n'a besoin que d'être accepté. Il y en a tout un océan. Le voilà. Vous pouvez tout aussi bien le prendre que non. C'est comme si vous vous teniez au bord d'un océan d'eau douce et pure, mourant de soif ; vous êtes bienvenu à boire, et vous n'avez pas à craindre d'épuiser cet océan, ni d'affamer quelqu'un d'autre en buvant vous-même. Vous n'avez pas à sentir que l'accès à cet océan d'eaux vous serait interdit ; vous êtes invité et pressé de boire — oui, de boire abondamment ! Cet océan pourvoit à tout votre besoin. Vous n'avez pas besoin de posséder en vous-même les attributs de Jésus-Christ, car ses attributs deviennent pratiquement les vôtres pour tout usage possible. Comme dit l'Écriture : Il a été fait pour nous, de la part de Dieu, sagesse, justice, sanctification et rédemption. De quoi avez-vous besoin ? De sagesse ? La voici. De justice ? La voici. De sanctification ? La voici, vous l'avez. Tout est en Christ. Pouvez-vous concevoir une seule chose nécessaire à votre pureté morale ou à votre utilité qui ne soit pas ici, en Christ ? Rien. Tout est pourvu ici. C'est pourquoi vous n'avez pas à dire : J'irai prier et faire un essai, comme dans le cantique —
«J'irai vers Jésus, bien que mon péché
Se soit élevé comme une montagne ;
Peut-être admettra-t-il ma supplication ;
Peut-être entendra-t-il ma prière.»
Il n'est besoin d'aucun peut-être. Les portes sont toujours ouvertes. Semblables aux portes du Broadway Tabernacle de New York, faites pour s'ouvrir en pivotant et pour se fixer d'elles-mêmes ouvertes, de sorte qu'elles ne pussent se refermer en pivotant et retomber sur les foules de gens qui se pressaient pour passer. Lorsqu'on devait les fabriquer, je me rendis moi-même auprès des ouvriers et leur dis d'y veiller à tout prix, afin qu'elles s'ouvrissent en pivotant et se fixassent d'elles-mêmes en cette position.
Ainsi la porte du salut est toujours ouverte — fixée ouverte, et nul homme ne peut la fermer — pas même le pape, ni le diable, ni aucun ange du ciel ou de l'enfer. Elle se tient là, toute grande ouverte, et le passage largement ouvert pour que tout pécheur de notre race y entre, s'il le veut.
Encore une fois, le péché est la chose la plus coûteuse de l'univers. Sais-tu bien, ô pécheur, quel prix a été payé pour toi, afin que tu puisses être racheté et fait héritier de Dieu et du ciel ? Ô quelle coûteuse affaire pour toi que de te livrer au péché !
Et quel énorme impôt le gouvernement de Dieu a payé pour racheter cette province de sa ruine ! Parlez de l'impôt des pauvres de la Grande-Bretagne et de toutes les autres nations réunis par surcroît ; — tout cela n'est rien auprès de l'impôt du péché du gouvernement de Jéhovah — cet effroyable impôt du péché ! Pensez à toute la machinerie tenue en mouvement pour sauver les pécheurs ! Le Fils de Dieu fut envoyé ici-bas — les anges sont envoyés comme esprits au service des héritiers du salut ; des missionnaires sont envoyés, des chrétiens peinent, et prient, et pleurent dans une sollicitude profonde et anxieuse — tout cela pour chercher et sauver ce qui était perdu. Quel prodigieux — quel énorme impôt est levé sur la bienveillance de l'univers pour ôter le péché et sauver le pécheur ! Si le coût pouvait se calculer en or massif, quel monde en faudrait-il — un globe massif à lui seul ! Quel déploiement de labeur et de dépense, de la part des anges, de Jésus-Christ, de l'Esprit divin et des hommes vivants ! Honte aux pécheurs qui s'accrochent au péché en dépit de tous ces efforts bienveillants pour les sauver ! qui, au lieu d'être arrachés au péché par la honte, diront : Que Dieu acquitte cet impôt : qu'importe ! Que les missionnaires peinent, que de pieuses femmes s'usent les doigts jusqu'à l'os pour réunir des fonds afin de maintenir en mouvement toute cette machinerie humaine ; peu importe : qu'est-ce que tout cela me fait ? J'ai aimé mes plaisirs, et je les poursuivrai ! Quel cœur insensible que celui-là !
Les pécheurs peuvent fort bien se permettre de faire des sacrifices pour sauver leurs semblables pécheurs. Paul le put pour ses semblables pécheurs. Il sentait qu'il avait fait sa part pour faire des pécheurs, et il lui convenait maintenant de faire aussi sa part pour les reconvertir à Dieu. Mais voyez là — ce jeune homme pense qu'il ne peut se permettre d'être ministre de l'Évangile, car il craint de n'être pas bien entretenu. Ne doit-il rien à la grâce qui a sauvé son âme de l'enfer ? N'a-t-il pas quelques sacrifices à faire, puisque Jésus en a fait tant pour lui, et les chrétiens aussi, en Christ avant lui — n'ont-ils pas prié, souffert et peiné pour le salut de son âme ? Quant au danger de manquer de pain dans l'œuvre du Seigneur, qu'il se confie en son grand Maître. Pourtant, permettez-moi de dire aussi que les Églises peuvent être grandement en faute de ne pas entretenir convenablement leurs pasteurs. Qu'elles sachent que Dieu les affamera assurément si elles affament leurs ministres. Leurs propres âmes et les âmes de leurs enfants seront stériles comme la mort si, par avarice, elles affament ceux que Dieu, dans sa providence, leur envoie pour les nourrir du pain de vie.
Combien il en coûte de débarrasser la société de certaines formes de péché, comme par exemple l'esclavage. Combien a déjà été dépensé, et combien reste-t-il encore à dépenser avant que ce mal cruel, cette malédiction et ce péché soient extirpés de notre pays ! Cela fait partie de la grande entreprise de Dieu, et Il la poussera jusqu'à son achèvement. Mais à quel coût prodigieux ! Que de vies et que d'angoisse pour se débarrasser de ce seul péché !
Malheur à ceux qui font leur capital des péchés des hommes ! Songez au débitant de rhum — tentant les hommes tandis que Dieu s'efforce de les dissuader de se précipiter dans les voies du péché et de la mort ! Songez à la culpabilité de ceux qui se rangent ainsi en bataille contre Dieu ! Ainsi Christ doit lutter contre des débitants de rhum qui font tout ce qu'ils peuvent pour entraver son œuvre.
Notre sujet illustre de façon frappante la nature du péché comme pur égoïsme. Il ne se soucie pas de ce que le péché coûte à Jésus-Christ — de ce qu'il coûte à l'Église, de ce qu'il grève de charges les sympathies bienveillantes et les labeurs abnégés de tous les bons sur la terre ou dans le ciel ; — peu importe ; le pécheur aime la complaisance envers soi-même et l'aura tant qu'il le pourra. Combien d'entre vous ont coûté à leurs amis des larmes et des peines sans nombre pour vous ramener de vos voies de péché ? N'avez-vous pas honte, alors que tant a été fait pour vous, de ne pouvoir être persuadés d'abandonner vos péchés et de vous tourner vers Dieu et vers la sainteté ?
Tout l'effort de la part de Dieu en faveur de l'homme est un effort de souffrance et d'abnégation. Commencé par le sacrifice de son propre Fils bien-aimé, il se poursuit par des sacrifices sans cesse renouvelés et des labeurs pénibles — à un coût grand et merveilleux. Songez seulement combien de temps ces efforts se sont déjà prolongés — combien de larmes versées comme de l'eau il en a coûté — combien de douleur, sous mille formes, cette entreprise a causée et coûtée — oui, ce péché même que vous roulez comme un doux morceau sous votre langue ! Dieu peut bien le haïr lorsqu'il voit combien il coûte, et dire : «Ô, ne faites pas cette chose abominable que Je hais !»
Pourtant Dieu n'est pas malheureux dans ces abnégations. Si grande est sa joie dans les résultats qu'Il tient toute la souffrance pour comparativement une bagatelle, de même que les parents terrestres se réjouissent des efforts qu'ils font pour bénir leurs enfants. Voyez-les ; ils s'useront presque les mains à force de travailler ; — les mères veillent la nuit à manier l'aiguille jusqu'à chanceler de fatigue et d'aveuglement — mais si vous pouviez voir leur labeur, vous verriez souvent aussi leur joie, tant elles aiment ardemment leurs enfants.
Tels sont le labeur, la joie et l'abnégation du Père, du Fils et du Saint-Esprit dans leur grande œuvre pour le salut des hommes. Souvent sont-ils affligés de ce que tant refuseront d'être sauvés. Peinant dans une sympathie commune, il n'est rien, dans des limites raisonnables, qu'ils ne veuillent faire ou souffrir pour accomplir leur grande œuvre. Il est merveilleux de songer combien toute la création compatit, elle aussi, à cette œuvre et à ses souffrances nécessaires. Retournez à la scène des souffrances de Christ. Le soleil dans les cieux pouvait-il abaisser son regard, impassible, sur une telle scène ? Ô non, il ne pouvait même pas la contempler — mais il voila sa face devant ce spectacle ! Toute la nature sembla revêtir ses habits du deuil le plus profond. La scène était trop lourde à porter, même pour la nature inanimée. Le soleil tourna le dos et ne put abaisser son regard sur un tel spectacle !
Le sujet illustre avec force le prix de l'âme. Pensez-vous que Dieu eût fait tout cela s'il avait eu sur ce sujet ces vues basses que les pécheurs ont d'ordinaire ?
Les martyrs et les saints se réjouissent de leurs souffrances — accomplissant en eux-mêmes ce qui manque aux souffrances de Christ ; non dans l'expiation proprement dite, mais dans les parties subordonnées de l'œuvre à accomplir. Il est de la nature de la vraie religion d'aimer l'abnégation.
Les résultats justifieront pleinement toute la dépense. Dieu avait bien compté le coût avant de commencer. Longtemps avant de former un univers moral, Il savait parfaitement ce qu'il devrait Lui en coûter pour racheter les pécheurs, et Il savait que le résultat justifierait amplement tout le coût. Il savait qu'une merveille de miséricorde serait opérée — que la souffrance exigée de Christ, si grande fût-elle, serait endurée ; et que des résultats infiniment glorieux en découleraient. Il abaissa son regard le long du cours du temps, jusqu'aux âges lointains — où, à mesure que les cycles se dérouleraient, l'on pourrait voir les joies des saints rachetés, qui chantent leurs cantiques et font résonner de nouveau leurs harpes au chant éternel, à travers la longue, longue, LONGUE éternité de leur béatitude ; — et cela n'était-il pas assez pour réjouir le cœur de l'amour infini ? Et qu'en penses-tu, chrétien ? Diras-tu maintenant : J'ai honte de demander à être pardonné ? Comment puis-je supporter de recevoir une telle miséricorde ! C'est le prix du sang, et comment puis-je l'accepter ? Comment puis-je faire à Jésus une si grande dépense ?
Tu as raison de dire que tu Lui as coûté une grande dépense — mais la dépense a été acquittée de bon cœur — la douleur a été tout entière endurée, et n'aura pas besoin d'être endurée de nouveau, et il n'en coûtera pas davantage que tu acceptes plutôt que tu refuses ; et de plus encore, qu'on le considère : Jésus-Christ n'a pas agi sans sagesse ; il n'a pas payé trop cher la rédemption de l'âme — pas une souffrance de plus que ne l'exigeaient les intérêts du gouvernement de Dieu et que ne le justifiait le prix de l'âme.
Ô, lorsque tu viendras le voir face à face, et lui diras ce que tu en penses — lorsque tu seras de quelques milliers d'années plus âgé que tu ne l'es maintenant, n'adoreras-tu pas cette sagesse qui conduit ce dessein, et l'amour infini dont il a pris naissance ? Ô, que diras-tu alors de cette étonnante condescendance qui fit descendre Jésus à ton secours ! Dis, chrétien, n'as-tu pas souvent épanché ton âme devant ton Sauveur, reconnaissant ce que tu Lui as coûté, et il semblait y avoir une sorte de soulèvement, comme si le fond même de ton âme allait monter, et que tu allais répandre ton cœur tout entier ? Si quelqu'un t'avait vu, il se fût demandé ce qui t'était arrivé qui eût ainsi fondu ton âme en gratitude et en amour.
Dites maintenant, pécheurs, vendrez-vous votre droit d'aînesse ? Combien en voulez-vous ? Combien voulez-vous de votre part en Christ ? Pour combien vendrez-vous votre âme ? Vendre votre Christ ! Jadis, on le vendit pour trente pièces d'argent ; et depuis lors les cieux n'ont cessé de pleuvoir des larmes de sang sur notre monde coupable. Si le diable te demandait de fixer la somme pour laquelle tu vendrais ton âme, quel prix serait nommé ? Lorenzo Dow rencontra un jour un homme, tandis qu'il chevauchait sur une route solitaire pour se rendre à un rendez-vous, et lui dit : Ami, as-tu jamais prié ? Non. Combien veux-tu pour ne plus jamais prier désormais ? Un dollar. Dow le lui compta et poursuivit sa route. L'homme mit l'argent dans sa poche et passa son chemin, songeant. Plus il songeait, plus il se sentait mal. Là, dit-il, j'ai vendu mon âme pour un dollar ! Il faut que j'aie rencontré le diable ! Nul autre ne me tenterait ainsi. De toute mon âme, il me faut me repentir, ou être damné à jamais !
Combien de fois avez-vous marchandé pour vendre votre Sauveur à moins de trente pièces d'argent ! Que dis-je, pour la plus infime des bagatelles !
Enfin, Dieu veut des volontaires pour aider à cette grande œuvre. Dieu s'est donné lui-même, a donné son Fils et envoyé son Esprit ; — mais il faut encore davantage d'ouvriers ; et que donneras-tu, toi ? Paul disait : Je porte en mon corps les marques du Seigneur Jésus. Aspires-tu à un tel honneur ? Que feras-tu — que souffriras-tu ? Ne dis pas : Je n'ai rien à donner. Tu peux te donner toi-même — tes yeux, tes oreilles, tes mains, ton esprit, ton cœur, tout ; et assurément rien de ce que tu possèdes n'est trop sacré ni trop bon pour être consacré à une telle œuvre, à un tel appel ! Combien de jeunes hommes sont prêts à aller ? et combien de jeunes femmes ? Quel cœur bondit en s'écriant : «Me voici, envoie-moi !» ?
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