Texte
Matthieu 14:14
En bref
Le Christ apprend que Jean a été décapité, se retire, se voit suivi, et pourtant Il est ému de compassion — Moody part de là où part Matthieu, puis rassemble cas après cas cette compassion qui atteint les hommes au moment où ils la méritent le moins : le fils de la veuve, l'homme dévalisé et dépouillé, le fils prodigue, le rétrograde qui a perdu son témoignage, et Jérusalem, sur laquelle Il pleure alors qu'elle Le refuse.
« Et Jésus, étant sorti, vit une grande foule, et fut ému de compassion envers eux, et Il guérit leurs malades. » — Matthieu XIV, 14.
Il est souvent rapporté dans l'Écriture que Jésus fut ému de compassion ; et il nous est dit dans ce verset que, après que les disciples de Jean furent venus à Lui pour Lui annoncer que leur maître avait été décapité, qu'il avait été mis à mort d'une manière cruelle, Il se retira dans un lieu désert, et la foule Le suivit ; et que, lorsqu'Il vit la foule, Il eut « compassion » d'eux, et guérit leurs malades. S'Il était ici ce soir en personne, se tenant à ma place, Son cœur serait ému tandis qu'Il abaisserait Son regard sur vos visages, car Il pourrait aussi regarder au-dedans de vos cœurs, et y lire les fardeaux, les peines et les chagrins que vous avez à porter. Ils sont cachés à mon œil, mais Lui les connaît tous ; et ainsi, lorsque la foule se rassembla autour de Lui, Il savait combien de cœurs las, brisés et endoloris se trouvaient là. Mais Il est ici ce soir, bien que nous ne puissions Le voir de l'œil du corps, et il n'est pas un chagrin, ni un trouble, ni une affliction que l'un de vous endure qu'Il ne connaisse pleinement ; et Il est le même ce soir qu'Il l'était lorsqu'Il était ici-bas sur la terre — le même Jésus, le même Homme de compassion.
Lorsqu'Il vit cette foule, Il en eut compassion, et guérit leurs malades ; et j'espère qu'Il guérira ici bien des âmes malades du péché, et qu'Il pansera bien des cœurs brisés. Et laissez-moi dire, au seuil de ce sermon, qu'il n'est pas de cœur si meurtri et si brisé que le Fils de Dieu n'ait compassion de vous, si vous voulez bien le Lui permettre. « Il ne brisera pas le roseau froissé, et n'éteindra pas la mèche qui fume encore. » Il est venu dans le monde apporter la miséricorde, la joie, la compassion et l'amour.
Si j'étais peintre, j'aimerais tracer ce soir quelques tableaux, et mettre sous vos yeux cette grande foule dont Il eut compassion. Puis je peindrais une autre toile : celle de cet homme venant à Lui tout couvert de lèpre, couvert de la tête aux pieds. Le voilà, banni de sa maison, banni de ses amis, et il vient à Jésus avec sa triste et misérable histoire. Et maintenant, mes amis, rendons
RÉELS LES RÉCITS DE LA BIBLE,
car c'est bien là ce qu'ils sont. Pensez à cet homme. Pensez à tout ce qu'il avait souffert. Je ne sais combien d'années il était resté loin de sa femme, de ses enfants et de son foyer ; mais il était là. Il avait revêtu un vêtement étrange et particulier, afin que quiconque s'approchait de lui pût savoir qu'il était impur. Et lorsqu'il voyait quelqu'un venir vers lui, il devait pousser le cri d'avertissement : « Impur ! impur ! impur ! » Oui, et si l'épouse de son cœur était sortie pour lui annoncer qu'un enfant bien-aimé était malade et mourant, il n'osait s'approcher d'elle, il était contraint de fuir. Il pouvait entendre sa voix au loin, mais il ne pouvait être auprès d'elle pour voir son enfant à ses derniers instants. Il était, pour ainsi dire, dans un sépulcre vivant ; c'était pire que la mort. Le voilà, mourant à petit feu, rejeté de tous et de tout, sans une seule main tendue pour le soulager. Oh, quelle vie terrible ! Puis pensez à lui venant au Christ ; et lorsque le Christ le vit, il est dit qu'Il fut ému de compassion. Il avait un cœur qui battait en sympathie avec le pauvre lépreux ; Il eut compassion de lui, et l'homme vint à Lui et dit : « Seigneur, si Tu le veux, Tu peux me rendre pur. » Il savait qu'il n'y avait personne pour le faire, sinon le Fils de Dieu Lui-même, et
LE GRAND CŒUR DU CHRIST
fut ému de compassion envers lui. Écoutez les paroles pleines de grâce qui tombèrent de Ses lèvres : « Je le veux ; sois pur ! » et la lèpre s'enfuit, et l'homme fut aussitôt rendu sain. Regardez-le maintenant sur le chemin du retour vers sa femme, ses enfants et ses amis ! Il n'est plus un banni, il n'est plus un être répugnant, il n'est plus frappé de cette terrible maladie de la lèpre, mais il s'en retourne vers les siens tout joyeux. Or, mes amis, vous direz peut-être que vous plaignez un homme si mal loti ; mais vous êtes-vous jamais avisés que vous êtes mille fois plus mal lotis encore ? La lèpre de l'âme est bien pire que la lèpre du corps. J'aimerais mille fois mieux avoir le corps couvert de lèpre que de descendre en enfer avec l'âme pleine de péché. Il vaudrait bien mieux que cette main droite qui est mienne fût retranchée, que ce pied droit tombât en pourriture, et que j'allasse boiteux, estropié et aveugle tous les jours de ma vie, plutôt que d'être banni de Dieu par la lèpre du péché. Écoutez les gémissements, l'angoisse et le malheur qui montent de cette terre à cause du péché ! S'il y a ici ce soir une seule pauvre âme malade du péché et remplie de lèpre, si vous venez au Christ, Il aura compassion de vous, et Il dira, comme Il le dit à cet homme : « Je le veux ; sois pur. »
LES MORTS RESSUSCITÉS.
Eh bien, nous en venons maintenant au tableau suivant, qui nous Le montre ému de compassion. Regardez dans cette petite demeure. Une pauvre veuve y est assise. Peut-être quelques mois auparavant avait-elle enterré son mari, et voici qu'il ne lui reste qu'un fils unique. Comme elle le chérit ! Elle attend de lui qu'il soit son appui, son soutien et son ami dans sa vieillesse. Elle l'aime bien plus que le sang de sa propre vie. Mais voyez : à la fin, la maladie entre dans la demeure, et la mort vient avec elle, et pose sa main glaciale sur le jeune homme. Vous pouvez voir cette mère veuve veiller sur lui jour et nuit ; mais à la fin ces yeux se ferment, et cette voix aimée se tait, croit-elle, pour toujours. Elle ne le verra ni ne l'entendra plus jamais, une fois qu'il aura été enseveli loin de ses regards. Et voici que vient l'heure de l'ensevelissement. Beaucoup d'entre vous ont été dans la maison du deuil, et ont accompagné leurs amis lorsqu'ils se rendaient au tombeau et contemplaient une dernière fois l'être aimé. Il n'y a personne ici, j'ose le dire, qui n'ait perdu quelque être bien-aimé. Jamais je ne suis allé à des funérailles où je voyais une mère jeter le dernier regard sur son enfant sans que mon cœur en fût transpercé, et je ne pouvais retenir mes larmes à un tel spectacle. Eh bien, la mère baise son fils unique sur ce pauvre front glacé ; c'est son dernier baiser, son dernier regard, et maintenant le corps est recouvert, on le place sur le brancard et l'on part pour le lieu de la sépulture. Elle avait beaucoup d'amis. La petite ville de Naïn fut émue à la vue du fils unique de la veuve qu'on emportait. Je vois cette grande foule qui se presse hors des portes de la ville ; mais là-bas se tiennent treize hommes, las, poussiéreux et fatigués, qui doivent s'arrêter au bord du chemin pour laisser passer cette grande foule ; et le Fils de Dieu est dans ce groupe, et ceux qui sont avec Lui sont Ses disciples. Et Il regarda cette scène et vit la mère au cœur brisé ; Il le vit saignant, écrasé et blessé, et cela toucha Son cœur. Oui, le grand cœur du Fils de Dieu fut ému de compassion, et Il s'approcha, toucha le brancard, et dit :
« JEUNE HOMME, LÈVE-TOI ! »
et le jeune homme se leva. Je vois la foule saisie et stupéfaite ; je vois la mère veuve s'en retourner pleine de joie, les rayons matinaux de la résurrection brillant dans son cœur. Oui, Il eut vraiment compassion d'elle. Et il n'est pas une veuve dans cette salle à qui la voix du Christ ne réponde dans sa détresse pour lui donner la paix. Oh, chers amis, laissez-moi vous dire, à vous dont le cœur souffre : vous avez besoin d'un ami tel que Jésus. Il est justement l'ami dont la veuve a besoin ; Il est justement l'ami dont a besoin tout pauvre cœur qui saigne ; Il aura compassion de vous et pansera votre cœur blessé et saignant, pourvu seulement que vous veniez à Lui tels que vous êtes. Il vous recevra, sans reproche ni châtiment, sur Son sein plein d'amour, et Il dira : « Paix, sois tranquille », et vous pourrez marcher dès ce soir dans la lumière sans nuage de Son amour. Le Christ vaudra pour vous plus que le monde entier. Il est justement l'ami dont vous avez tous besoin ; et je prie Dieu que chacun de vous Le connaisse dès cette heure comme votre Sauveur et votre ami.
L'HOMME QUI FUT DÉVALISÉ ET DÉPOUILLÉ.
Le tableau suivant que je vais vous montrer pour illustrer la compassion du Christ est celui de l'homme qui descendait à Jéricho et tomba entre les mains des brigands. Ils lui avaient pris son manteau ; oui, et s'il avait eu une montre, ils la lui auraient prise aussi. Quoi qu'il en soit, ils prirent son argent, le dépouillèrent et le laissèrent à demi mort. Regardez-le, blessé, saignant, mourant ; et voici que descend sur la route un sacrificateur, qui contemple la scène. Son cœur eût pu être touché, mais il ne fut pas ému d'une compassion assez grande pour secourir ce pauvre homme. Il eut beau dire : « Le pauvre homme » ; mais il passa de l'autre côté et le laissa là. Après lui descendit un Lévite, et il dit : « Le pauvre homme » ; mais il ne fut pas ému de compassion au point de le secourir. Ah, il y en a beaucoup qui ressemblent au sacrificateur et au Lévite ! Peut-être quelques-uns d'entre vous, en venant à cette salle, rencontrent un ivrogne titubant dans la rue, et se contentent de dire : « Le pauvre homme », ou peut-être riez-vous parce qu'il balbutie quelque sottise. Nous sommes bien différents du Fils de Dieu. Enfin, un Samaritain vint à passer par là, et il abaissa son regard sur l'homme et eut compassion de lui. Il descendit de sa monture, prit de l'huile et la versa sur ses plaies, les banda, le retira du fossé, tout impuissant qu'il était, le plaça sur sa propre monture, le conduisit à une hôtellerie et prit soin de lui. Ce bon Samaritain représente ton Christ et le mien. Il est venu dans le monde chercher et sauver
CE QUI ÉTAIT PERDU.
Jeune homme, es-tu venu à Londres, et es-tu tombé parmi de mauvais compagnons ? T'ont-ils entraîné dans les théâtres et les lieux de perdition, et t'ont-ils laissé saignant et blessé ? Oh, viens ce soir au Fils de Dieu, et Il aura compassion de toi, Il te relèvera du fumier, te transformera, et t'élèvera dans Son royaume et jusqu'aux hauteurs de Sa gloire, pourvu seulement que tu Le laisses faire ! Peu m'importe qui tu es ; peu m'importe ce qu'a pu être ta vie passée. Comme Il le dit à la pauvre femme surprise en adultère : « Moi non plus, je ne te condamne pas : va, et ne pèche plus. » Il eut compassion d'elle, et Il aura compassion de toi. Cet homme qui descendait de Jérusalem à Jéricho représente des milliers d'âmes à Londres, et ce bon Samaritain représente le Fils de Dieu. Jeune homme, Jésus-Christ a mis Son cœur à te sauver. Veux-tu recevoir Son amour et Sa compassion ? N'aie pas des pensées si dures à l'égard du Fils de Dieu. Ne crois pas qu'Il soit venu pour te condamner. Il est venu pour te sauver.
LE FILS PRODIGUE.
Mais je voudrais tracer un autre tableau, une autre scène — celle de ce jeune homme quittant la maison de son père, dont nous lisons l'histoire au quinzième chapitre de Luc ; un ingrat, un misérable ingrat comme jamais on n'en vit. Il ne pouvait attendre son héritage jusqu'à la mort de son père, il voulait sa part sur-le-champ ; et ainsi il dit à son père : « Donne-moi les biens qui me reviennent », et son bon vieux père lui donne les biens, et le voilà parti. Je le vois maintenant s'élançant pour son voyage, plein d'orgueil, fanfaron et arrogant, s'en allant voir la vie, partant en grand équipage vers quelque pays étranger — mettons, descendant à Londres. Combien sont venus à Londres, qui était pour eux le pays lointain, y dilapidant tout leur argent. Oui, il était un homme fort recherché tant qu'il eut de l'argent. Ses amis durent autant que dure son argent ; un jeune homme très en vue à Londres, on l'accueille partout en camarade et en bon compagnon. C'était toujours lui qui payait la note de boissons et les cigares. Oui, il avait quantité d'amis à Londres. Quelle folie insigne ! Mais quand son argent fut parti, où étaient ses amis ? Oh, vous qui servez le diable, vous avez un maître dur ! Eh bien, quand l'argent du prodigue fut tout dépensé, bien sûr ils se moquèrent de lui et le traitèrent d'insensé ; et il l'était. Quel jeune homme aveugle et fourvoyé il fut ! Voyez seulement ce qu'il perdit. Il perdit la maison de son père, sa table et sa nourriture, son témoignage et tout réconfort, et il perdit son travail, hormis celui qu'il trouva là-bas à garder ces pourceaux. Il était dans un métier illicite. Et voici justement ce que fait
LE RÉTROGRADE
Il est à la solde du diable. Vous perdez votre temps et votre témoignage. Personne n'a confiance en un rétrograde ; car même le monde méprise un tel caractère. Ce jeune homme perdit son témoignage. Regardez-le au milieu des pourceaux. Enfin, quelqu'un de ce pays lointain vient à passer et, le toisant, dit : « Regardez-moi ce misérable, ce malheureux, ce garçon sale et va-nu-pieds qui garde les pourceaux. » « Ah, dit le prodigue, ne me parle pas ainsi. Sache que mon père est un homme riche, et qu'il a des serviteurs mieux vêtus que toi. » « Ne me raconte pas cela, dit l'autre. Si tu avais un tel père, je sais fort bien qu'il ne te reconnaîtrait pas pour sien. » Et personne ne voulait le croire.
IL AVAIT PERDU SON TÉMOIGNAGE.
Personne ne croit un rétrograde. Qu'il parle de sa joie en Dieu, nul ne le croit. Oh, pauvre rétrograde, je te plains ! Tu ferais bien de revenir à la maison. Eh bien, enfin le pauvre prodigue rentre en lui-même, et il dit : « Je me lèverai et j'irai vers mon père », et le voilà qui se met en route. Regardez-le tandis qu'il chemine, pâle et affamé, la tête basse ; ses forces sont épuisées, la maladie peut-être dans tout son être, et si défait que nul ne le reconnaîtrait, sinon son père. L'amour a l'œil prompt à reconnaître ce qu'il aime. Le vieillard avait souvent soupiré après son retour. Je le vois, bien des nuits, sur le toit de la maison, guettant pour l'apercevoir. Bien des longues nuits il avait lutté avec Dieu afin que son fils prodigue pût revenir. Tout ce qu'il avait appris de ce pays lointain lui disait que son garçon courait à sa ruine aussi vite qu'il le pouvait. Le vieillard passa beaucoup de temps à prier pour lui, et enfin la foi commence à se lever, et il dit : « Je crois que Dieu me renverra mon garçon » ; et un jour le vieillard aperçoit de loin ce fils perdu depuis si longtemps. Il ne le reconnaît pas à son vêtement, mais il reconnut sa démarche, et il se dit à lui-même : « Oui, c'est bien mon garçon. » Je le vois maintenant descendre les escaliers ; il s'élance sur la grand-route ; il court. Ah ! voilà bien Dieu. Bien des fois, dans la Bible, Dieu nous est représenté courant ; Il est plein de hâte d'aller à la rencontre du rétrograde. Oui, le vieillard court ; il l'aperçoit de loin, et il est ému de compassion envers lui. Le garçon voulait lui raconter son histoire, ce qu'il avait fait et où il avait été, mais le vieillard ne pouvait attendre de l'entendre ; son cœur était rempli de compassion, et il le pressa sur son sein plein d'amour. Le garçon voulait descendre à la cuisine, mais le vieillard ne voulut pas le lui permettre. Non, mais il ordonna aux serviteurs de mettre des souliers à ses pieds, un anneau à son doigt, de tuer le veau gras et de faire un festin. Le prodigue est revenu à la maison, l'égaré est de retour, et le vieillard se réjouit du retour du rétrograde. Oh, rétrograde, reviens à la maison, et il y aura de la joie dans ton cœur et dans le cœur de Dieu. Que Dieu ramène ce soir les rétrogrades — à cette heure même. Dis comme le pauvre prodigue : « Je me lèverai et j'irai vers mon père », et de par l'autorité de Dieu je te le déclare, Dieu te recevra ; Il effacera tes péchés, te rendra Son amour, et tu marcheras de nouveau dans la lumière de Son visage réconcilié.
LE CHRIST PLEURE SUR JÉRUSALEM.
Mais regardez encore. Il arrive au mont des Oliviers. Il est sous l'ombre de la croix. La ville se découvre soudain à Ses yeux. Là-bas se dresse le Temple ; Il le voit dans toute sa grandeur et sa gloire. Le peuple crie : Hosanna au Fils de David ! On coupe des branches de palmier, on ôte ses vêtements, on les étend devant Lui, criant toujours : Hosanna au Fils de David ! et se prosternant devant Lui. Mais Il oublie tout cela. Oui, même le Calvaire avec toute sa douleur, Il l'oublie. Gethsémané était là, au pied de la colline ; Il l'oublia aussi. Tandis qu'Il regardait la ville qu'Il aimait, le grand cœur du Fils de Dieu fut ému de compassion, et Il s'écria à haute voix : « Ô Jérusalem, Jérusalem, toi qui tues les prophètes et qui lapides ceux qui te sont envoyés, combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants, comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes, et vous ne l'avez pas voulu ! »
Mes amis, regardez-Le là, pleurant sur Jérusalem. Quelle ville merveilleuse elle aurait pu être ! Comme elle avait été élevée jusqu'au ciel ! Oh, si seulement ils avaient connu le jour où ils étaient visités, et s'ils avaient reçu leur roi au lieu de le rejeter, quelle bénédiction Il aurait été pour eux ! Oh, pauvre rétrograde, contemple l'Agneau de Dieu qui pleure sur toi, et qui te crie de venir à Lui, et de trouver abri et refuge contre la tempête qui doit encore balayer cette terre !
REGARDEZ LE PAUVRE PIERRE,
Voyez ce qu'il fait. Il renia le Seigneur, et jura qu'il ne L'avait jamais connu. Si jamais Il eut besoin de sympathie, si jamais Il eut besoin de Ses disciples autour de Lui, ce fut cette nuit-là, où l'on produisait de faux témoins contre Lui afin qu'Il fût condamné à mort ; et voilà Pierre, l'un de Ses plus proches disciples, jurant qu'il ne L'avait jamais connu. Il aurait pu se tourner vers Pierre et lui dire : « Pierre, est-il vrai que tu ne me connais pas ? Est-il vrai que tu as oublié comment j'ai guéri et rétabli la mère de ta femme lorsqu'elle était sur le point de mourir ? Est-il vrai que tu as oublié comment je t'ai relevé quand tu enfonçais dans la mer ? Est-il vrai, Pierre, que tu as oublié que tu étais avec moi sur la montagne de la transfiguration, quand le ciel et la terre se rejoignirent, et que tu entendis la voix qui parlait du sein des nuées ? Est-il vrai que tu as oublié cette scène de la montagne, lorsque tu voulais dresser les trois tentes ? Est-il vrai, Pierre, que tu m'as oublié ? » Oui, ainsi aurait-Il pu accabler le pauvre Pierre ; mais au lieu de cela, Il lui jeta seulement un regard de compassion qui lui brisa le cœur, et il sortit et pleura amèrement.
SAUL LE PERSÉCUTEUR.
De nouveau, regardez ce hardi blasphémateur et persécuteur qui allait anéantir l'Église naissante, et qui respirait la menace et le meurtre, lorsque le Christ le rencontra sur le chemin de Damas. C'est toujours le même Jésus. Écoutez, et entendez ce qu'Il dit : « Saul, Saul, pourquoi Me persécutes-tu ? » Certes, Il aurait pu le foudroyer et le jeter à terre d'un regard ou d'un souffle ; mais au lieu de cela, le cœur du Fils de Dieu fut ému de compassion, et Il s'écrie : « Saul, Saul, pourquoi Me persécutes-tu ? » S'il y a ici ce soir un persécuteur, je voudrais lui demander : « Pourquoi persécuter Jésus ? » Il t'aime, pécheur ; Il t'aime, persécuteur. Tu n'as jamais reçu de Lui que bonté, tendresse et amour. Et Saul s'écria : « Qui es-Tu ? » Et Il répondit : « Je suis Jésus que tu persécutes : il te serait dur de regimber contre les aiguillons. » Il est dur de lutter contre un ami si aimant, de se dresser contre un être qui t'aime comme moi je t'aime ; et le voilà à terre, l'orgueilleux Saul le persécuteur, tombé sur sa face, et il s'écria : « Seigneur, que veux-Tu que je fasse ? » Et le Seigneur le lui dit, et il alla et le fit. Que le Seigneur ait compassion de l'incrédule, du sceptique et du persécuteur. Laisse-moi te demander, mon ami : y a-t-il une seule raison pour que tu haïsses le Christ, ou pour que ton cœur se détourne de Lui ?
Je me souviens d'une histoire au sujet d'une institutrice qui exhortait ses élèves à suivre tous Jésus, et leur montrait comment ils pouvaient tous être missionnaires, et aller travailler pour les autres. Et un jour l'une des plus petites vint à elle et dit : « J'ai prié telle et telle personne de venir avec moi, et elles ont dit qu'elles aimeraient bien venir, mais que leur père était un incrédule. »
« POURQUOI N'AIMES-TU PAS JÉSUS ? »
Et la jeune enfant voulut savoir ce qu'était un incrédule, et l'institutrice se mit à le lui expliquer. Et un jour, comme elle se rendait à l'école, cet incrédule sortait de la poste, ses lettres à la main, lorsque l'enfant courut à lui et dit : « Pourquoi n'aimes-tu pas Jésus ? » Il songea d'abord à l'écarter, mais l'enfant insista de nouveau : « Pourquoi n'aimes-tu pas Jésus ? » Si c'eût été un homme, l'incrédule s'en fût offensé ; mais il ne savait que faire de l'enfant, et, les larmes aux yeux, elle lui demanda encore : « Oh ! je t'en prie, dis-moi, pourquoi n'aimes-tu pas Jésus ? » Il se rendit à son bureau, mais il lui semblait que chaque lettre qu'il ouvrait portait ces mots : « Pourquoi n'aimes-tu pas Jésus ? » Il essaya d'écrire, avec le même résultat ; chaque lettre semblait lui demander : « Pourquoi n'aimes-tu pas Jésus ? » et il jeta sa plume dans le désespoir, et sortit de son bureau, mais il ne pouvait se défaire de la question ; elle lui était posée par une voix douce et légère au-dedans de lui, et tandis qu'il marchait, il lui semblait que la terre même et les cieux mêmes lui murmuraient : « Pourquoi n'aimes-tu pas Jésus ? » Enfin il rentra chez lui, et là il lui sembla que ses propres enfants lui posaient la question ; aussi dit-il à sa femme : « Je me coucherai de bonne heure ce soir », pensant dissiper cela dans le sommeil ; mais lorsqu'il posa la tête sur l'oreiller, il lui sembla que l'oreiller le lui murmurait. Il se leva donc vers minuit et dit : « Je puis découvrir où le Christ se contredit Lui-même, et je vais chercher cela et prouver qu'Il est un menteur. » Eh bien, l'homme se leva, ouvrit l'Évangile de Jean, et lut depuis le commencement jusqu'à ce qu'il parvînt à ces paroles : « Dieu a tant aimé le monde qu'Il a donné Son Fils unique, afin que quiconque croit en Lui ne périsse point, mais qu'il ait la vie éternelle. » Quel amour ! pensa-t-il ; et enfin le cœur du vieil incrédule fut remué. Il ne pouvait trouver aucune raison de ne pas aimer Jésus, et il tomba à genoux et pria, et avant que le soleil se levât, le vieil incrédule était entré dans le royaume de Dieu.
Je défie quiconque sur la face de la terre de trouver une seule raison de ne pas aimer le Christ. Ce n'est qu'ici-bas, sur la terre, que les hommes croient avoir une raison de ne pas le faire. Au ciel, ils Le connaissent, et ils s'écrient : « L'Agneau qui a été immolé est digne. » Oh, pécheur, si tu Le connaissais, tu n'aurais nul désir de chercher une raison de ne pas L'aimer. Il est « le plus distingué d'entre dix mille, et tout entier aimable ». J'imagine bien des gens disant : « J'aimerais beaucoup devenir chrétien, et j'aimerais savoir comment je puis venir à Lui et être sauvé. »
VENEZ À LUI COMME À UN AMI PERSONNEL.
Depuis vingt ans, j'en ai fait une règle. Le Christ m'est aussi habituellement proche, aussi personnellement présent que n'importe quelle autre personne vivante ; et lorsque j'ai des ennuis, des épreuves et des afflictions, je vais à Lui avec elles. Quand je désire un conseil, je vais à Lui, tout comme si je pouvais Lui parler face à face. Il y a vingt ans, Dieu vint à ma rencontre une nuit et me pressa sur Son sein, et j'aimerais mieux donner ma vie ce soir que de renoncer au Christ, ou de Le quitter, ou qu'Il me quittât, et de n'avoir plus personne pour porter mes fardeaux ou à qui confier mes chagrins. Car Il vaut plus que le monde entier ; et ce soir Il aura compassion de vous comme Il a eu compassion de moi. J'essayai pendant des semaines de trouver un chemin jusqu'à Lui, et je vins simplement déposer mon fardeau sur Lui, et alors Il Se révéla à moi, et depuis lors je L'ai toujours trouvé un ami véritable et compatissant, justement l'ami dont vous avez besoin. Allez droit à Lui. Vous n'avez pas besoin d'aller vers cet homme-ci ou cet homme-là, vers cette Église-ci ou cette Église-là. « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie. »
Il n'est pas de nom aussi cher aux Américains que celui d'
ABRAHAM LINCOLN,
et dans un auditoire comme celui-ci, en Amérique, vous verriez les larmes couler sur bien des joues à l'entente de son nom : il nous est très cher, à nous Américains. Voulez-vous en savoir la raison ? Je vais vous la dire. C'était un homme de compassion ; il était très doux, et il était renommé pour son cœur plein de sympathie envers les opprimés et les pauvres. Nul ne venait à lui avec un récit propre à émouvoir sans qu'il eût compassion de lui, si bas qu'il fût sur l'échelle de la société. Il s'intéressait toujours aux pauvres. Il y eut un temps, dans notre histoire, où nous pensâmes qu'il avait trop de compassion. Beaucoup de nos soldats ne comprenaient pas la discipline militaire, et un grand nombre n'étaient pas fidèles aux règlements de l'armée. Ils en avaient l'intention, mais ils ne les comprenaient pas. Bien des hommes, par suite, se fourvoyèrent, et ils furent traduits en conseil de guerre et condamnés à être fusillés ; mais Abraham Lincoln les graciait toujours ; et à la longue la nation s'éleva contre lui, et déclara qu'il était trop clément, et pour finir on obtint de lui qu'il fît savoir que si un homme était traduit en conseil de guerre, il devait être fusillé, et qu'il n'y aurait plus de sursis.
LA SENTINELLE ENDORMIE.
Quelques semaines plus tard, on apprit qu'un jeune soldat s'était endormi à son poste. Il fut traduit en conseil de guerre et condamné à être fusillé. Le garçon écrivit à sa mère : « Je ne veux pas que tu penses que je n'aime pas mon pays, mais voici comment la chose est arrivée : mon camarade était malade, et je suis allé monter la garde à sa place ; et la nuit suivante il aurait dû venir, mais comme il était encore malade, je suis ressorti à sa place, et sans le vouloir je me suis endormi. Je n'avais pas l'intention d'être déloyal. »
C'était une lettre fort touchante, et le père et la mère dirent qu'il n'y avait aucun espoir, qu'il n'y aurait plus de sursis. Mais il y avait dans cette maison une petite fille, et elle savait qu'Abraham Lincoln avait un petit garçon, et combien il aimait ce petit garçon ; et elle se dit que si Abraham Lincoln savait combien mon père et ma mère aiment mon frère, jamais il ne permettrait qu'il fût fusillé ; et elle prit le train pour aller plaider la cause de son frère ; et lorsqu'elle parvint à la résidence du Président, la difficulté se posa de savoir comment elle passerait devant la sentinelle. Elle lui raconta donc son histoire, et les larmes coulèrent sur les joues du soldat, et il la laissa passer. Mais l'ennui suivant fut de savoir comment passer devant le secrétaire et les autres officiels. Elle réussit toutefois à pénétrer, sans obstacle, jusque dans son cabinet privé, où se trouvaient les sénateurs et les ministres occupés des affaires de l'État. Le Président vit l'enfant, l'appela auprès de lui et dit : « Mon enfant, que puis-je faire pour toi ? » et elle lui raconta son histoire. De grosses larmes roulèrent sur ses joues. Il était père, et son cœur était plein ; il n'y put tenir. Il traita la fillette avec bonté, puis, ayant accordé le sursis au garçon, lui octroya trente jours de permission et le renvoya chez lui voir sa mère. Son cœur était plein de compassion.
Et, laissez-moi vous le dire, le cœur du Christ est plus rempli de compassion que celui d'aucun homme. Vous êtes condamnés à mourir pour vos péchés ; mais si vous venez à Lui, Il dira : « Déliez-le, et laissez-le aller » (Jean XI). Il réprimandera Satan, et le mort vivra. Allez à Lui comme cette petite fille alla au Président, et dites-Lui tout ; ne Lui cachez rien, et Il dira : « Va en paix. »
LE TOUCHER DE LA COMPASSION.
Laissez-moi demander au pauvre rétrograde : As-tu jamais senti le toucher de la main de Jésus ? Si oui, tu le reconnaîtras de nouveau, car il y a de l'amour en lui. On raconte une histoire à propos de notre guerre, celle d'une mère qui reçut une dépêche lui annonçant que son garçon était mortellement blessé. Elle se rendit au front, car elle savait que ces soldats chargés de veiller sur les malades et les blessés ne pourraient veiller sur son garçon comme elle-même le ferait. Elle alla donc trouver le médecin et lui dit : « Voudriez-vous me laisser prendre soin de mon garçon ? » Le médecin dit : « Nous venons justement de le laisser s'endormir, et si vous allez à lui, la surprise sera si grande qu'elle pourrait lui être dangereuse. Il est dans un état très critique. Je lui annoncerai la nouvelle peu à peu. » « Mais, dit la mère, il pourrait ne jamais se réveiller. J'aimerais tant le voir. » Oh, combien elle brûlait de le voir ! et à la fin le médecin dit : « Vous pouvez le voir, mais si vous le réveillez et qu'il meure, ce sera votre faute. » « Eh bien, dit-elle, je ne le réveillerai pas, si seulement je puis m'approcher de son lit de mort et le voir. » Elle alla donc auprès du lit. Ses yeux avaient tant désiré le voir ; et tandis qu'elle le contemplait, elle ne put retenir sa main loin de ce front livide, et elle la posa doucement dessus. Il y avait de l'amour et de la tendresse dans cette main, et à l'instant même où le garçon endormi la sentit, il dit : « Oh, mère, tu es venue ? » Il savait qu'il y avait de la sympathie et de l'affection dans le toucher de cette main. Et si toi, ô pécheur, tu laisses Jésus étendre Sa main et toucher ton cœur, toi aussi tu trouveras qu'il y a de la sympathie et de l'amour en elle. Que toute âme perdue ici présente soit sauvée, et vienne se jeter dans les bras de notre bienheureux Sauveur : telle est la prière de mon cœur !
Jésus, mon Sauveur, venu à Bethléem,
Né dans une crèche pour la douleur et l'opprobre ;
Oh, ce fut merveilleux, béni soit Son nom,
Me cherchant, moi, oui moi.
Jésus, mon Sauveur, sur l'arbre du Calvaire,
A payé mon immense dette, et Il a affranchi mon âme ;
Oh, ce fut merveilleux, comment cela se pouvait-il !
Mourant pour moi, oui pour moi.
Domaine public. Texte source de l’édition originale.