Chapitre 9 · 5 min de lecture
Une supplication dans la prière
Septième jour. S’ATTENDRE À DIEU : Une supplication dans la prière.
« Que l’innocence et la droiture me protègent, quand je mets en toi mon espérance ! » — Psaume 25:21
POUR la troisième fois dans ce psaume nous rencontrons le mot attendre. Comme auparavant, au verset 5, « Je m’attends à toi tout le jour », ici aussi le suppliant croyant en appelle à Dieu, lui demandant de se souvenir qu’il s’attend à lui, dans l’attente d’une réponse. C’est une grande chose pour une âme non seulement de s’attendre à Dieu, mais d’être remplie d’une telle conscience que tout son esprit et toute sa position sont ceux d’une âme qui attend, qu’elle peut, dans une confiance d’enfant, dire : Seigneur ! tu le sais, je m’attends à toi. Ce sera une puissante supplication dans la prière, donnant une hardiesse toujours croissante d’espérer, pour réclamer la promesse : « Ceux qui espèrent en moi ne seront point confus ! »
La prière à propos de laquelle cette supplication est présentée ici est d’une grande importance dans la vie spirituelle. Si nous nous approchons de Dieu, ce doit être avec un cœur sincère. Il doit y avoir une parfaite intégrité, une pleine sincérité, dans nos rapports avec Dieu. Comme nous lisons dans le psaume suivant (26:1, 11) : « Rends-moi justice, Éternel ! car je marche dans l’intégrité », « Moi, je marche dans l’intégrité », il doit y avoir devant Dieu une parfaite droiture, une entière simplicité de cœur. Ainsi qu’il est écrit : « Ta justice est pour ceux dont le cœur est droit. » L’âme doit savoir qu’elle ne tolère rien de pécheur, rien de douteux ; si elle doit vraiment rencontrer le Saint et recevoir sa pleine bénédiction, ce doit être avec un cœur entièrement et uniquement livré à sa volonté. Tout l’esprit qui nous anime dans l’attente doit être : « Que l’innocence et la droiture » — tu vois que je désire venir ainsi à toi, tu sais que je regarde à toi pour qu’elles s’opèrent parfaitement en moi — qu’elles « me protègent, quand je mets en toi mon espérance ».
Et si, à notre premier effort pour vivre vraiment la vie de pleine et constante attente de Dieu, nous commençons à découvrir combien cette parfaite intégrité fait défaut, ce sera précisément là l’une des bénédictions que l’attente devait produire. Une âme ne peut chercher une communion étroite avec Dieu, ni atteindre la conscience permanente de s’attendre à lui tout le jour, sans un abandon très honnête et entier à toute sa volonté.
« Car je m’attends à toi » : ce n’est pas seulement à propos de la prière de notre texte, mais avec toute prière, que cette supplication peut être employée. L’employer souvent sera pour nous une grande bénédiction. Étudions donc bien ces paroles jusqu’à en connaître toute la portée. Il doit nous être clair ce que nous attendons. Cela peut être des choses très diverses. Ce peut être d’attendre que Dieu, dans nos temps de prière, prenne sa place comme Dieu, et opère en nous le sentiment de sa sainte présence et de sa proximité. Ce peut être quelque requête particulière, à laquelle nous attendons une réponse. Ce peut être toute notre vie intérieure, dans laquelle nous guettons le déploiement de la puissance de Dieu. Ce peut être tout l’état de son Église et de ses saints, ou quelque partie de son œuvre, vers laquelle nos yeux sont sans cesse tournés vers lui. Il est bon que nous comptions parfois exactement pour nous-mêmes quelles sont les choses que nous attendons, et, comme nous disons nettement de chacune d’elles : « Je m’attends à toi », nous serons enhardis à réclamer la réponse : « Car je m’attends à toi. »
Il doit aussi nous être clair à qui nous nous attendons. Non pas une idole, un Dieu dont nous nous serions fait une image par nos conceptions de ce qu’il est. Non, mais le Dieu vivant, tel qu’il est réellement dans sa grande gloire, sa sainteté infinie, sa puissance, sa sagesse et sa bonté, dans son amour et sa proximité. C’est la présence d’un maître aimé ou redouté qui éveille toute l’attention du serviteur qui l’attend. C’est la présence de Dieu, telle qu’il peut, en Christ, par son Saint-Esprit, se faire connaître, et garder l’âme sous sa protection et son ombre, qui éveillera et fortifiera le véritable esprit d’attente. Tenons-nous en repos, attendons et adorons jusqu’à ce que nous sachions combien il est proche, et disons alors : « Je m’attends à toi. »
Et puis, que ceci aussi soit très clair : nous attendons. Que cela devienne à ce point notre conscience que la parole en jaillisse spontanément : « Je m’attends à toi tout le jour ; je m’attends à toi. » Cela impliquera en effet sacrifice et séparation, une âme entièrement livrée à Dieu comme son tout, son unique joie. Cette attente de Dieu n’a guère encore été reconnue comme le seul vrai christianisme. Et pourtant, s’il est vrai que Dieu seul est bonté, joie et amour ; s’il est vrai que notre plus haut bonheur est d’avoir autant de Dieu que nous le pouvons ; s’il est vrai que Christ nous a rachetés tout entiers pour Dieu, et a rendu possible une vie de demeure continuelle en sa présence, rien de moins ne devrait nous satisfaire que de respirer sans cesse cette bienheureuse atmosphère : « Je m’attends à toi. »
« Mon âme, confie-toi en Dieu ! »