Chapitre 8 · 4 min de lecture
Pour tous les saints
Sixième jour. S’ATTENDRE À DIEU : Pour tous les saints.
« Que ceux qui espèrent en toi ne soient point confondus. » — Psaume 25:3
ARRÊTONS-nous aujourd’hui, dans notre méditation, pour que chacun s’oublie lui-même et pense à la grande multitude des saints de Dieu par tout le monde, qui tous, avec nous, s’attendent à lui. Et unissons-nous tous dans la fervente prière les uns pour les autres : « Que ceux qui espèrent en toi ne soient point confondus. »
Songez un instant à la multitude de ceux qui attendent et qui ont besoin de cette prière ; combien il y en a, malades, épuisés et solitaires, à qui il semble que leurs prières demeurent sans réponse, et qui parfois commencent à craindre que leur espérance ne soit couverte de honte. Et puis, combien de serviteurs de Dieu, pasteurs ou missionnaires, docteurs ou ouvriers de tout nom, dont les espérances dans leur œuvre ont été déçues, et dont le désir ardent de puissance et de bénédiction demeure insatisfait. Et puis encore, combien, ayant entendu parler d’une vie de repos et de paix parfaite, de lumière et de communion permanentes, de force et de victoire, ne parviennent pas à en trouver le chemin. Pour tous ceux-là, il n’y a qu’une chose : ils n’ont pas encore appris le secret de la pleine attente de Dieu. Ils ont seulement besoin, comme nous en avons tous besoin, de l’assurance vivante que l’attente de Dieu ne peut jamais être vaine. Souvenons-nous de tous ceux qui sont en danger de défaillir ou de se lasser, et unissons-nous tous dans le cri : « Que ceux qui espèrent en toi ne soient point confondus ! »
Si cette intercession pour tous ceux qui s’attendent à Dieu devient une part de notre propre attente de lui, nous nous aiderons à porter les fardeaux les uns des autres, et ainsi nous accomplirons la loi de Christ.
Il s’introduira dans notre attente de Dieu cet élément de désintéressement et d’amour qui est le chemin de la plus haute bénédiction et de la plus pleine communion avec Dieu. L’amour envers les frères et l’amour envers Dieu sont inséparablement liés. En Dieu, l’amour envers son Fils et envers nous ne font qu’un : « Que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux. » En Christ, l’amour du Père envers lui, et son amour envers nous, ne font qu’un : « Comme le Père m’a aimé, je vous ai aussi aimés. » En nous, il demande que son amour envers nous devienne le nôtre envers les frères : « Comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres. » Tout l’amour de Dieu et de Christ est inséparablement lié à l’amour envers les frères. Et comment, jour après jour, prouver et cultiver cet amour autrement qu’en priant chaque jour les uns pour les autres ? Christ n’a pas cherché à jouir pour lui-même de l’amour du Père ; il nous l’a tout entier transmis. Toute vraie recherche de Dieu et de son amour pour nous-mêmes sera inséparablement liée à la pensée et à l’amour de nos frères dans la prière pour eux.
« Que ceux qui espèrent en toi ne soient point confondus. » Par deux fois dans le psaume David parle de son attente de Dieu pour lui-même ; ici il pense à tous ceux qui s’attendent à lui. Que cette page porte le message à tous les éprouvés et les épuisés de Dieu : il y en a plus qu’ils ne le savent qui prient pour eux. Qu’elle nous pousse, eux et nous, dans notre attente, à faire en sorte de nous oublier parfois nous-mêmes, à élargir nos cœurs et à dire au Père : « Tous ceux-ci espèrent en toi, et tu leur donnes la nourriture en son temps. » Qu’elle nous inspire à tous un nouveau courage — car qui n’est pas parfois prêt à défaillir et à se lasser ? « Que ceux qui espèrent en toi ne soient point confondus » est une promesse dans une prière : « Tous ceux qui espèrent en toi ne seront point confondus ! » De témoin en témoin, le cri parvient à quiconque a besoin de secours, frère, sœur, âme éprouvée : « Espère en l’Éternel ! Fortifie-toi et que ton cœur s’affermisse ! Espère en l’Éternel ! Fortifiez-vous et que votre cœur s’affermisse, vous tous qui espérez en l’Éternel ! »
Père béni ! nous te supplions humblement : que ceux qui s’attendent à toi ne soient point confondus ; non, pas un seul. Quelques-uns sont épuisés, et le temps de l’attente paraît long. D’autres sont faibles, et savent à peine comment attendre. D’autres encore sont si empêtrés dans l’effort de leurs prières et de leur travail qu’ils croient ne pouvoir trouver aucun temps pour attendre continuellement. Père ! enseigne-nous à tous comment attendre. Enseigne-nous à penser les uns aux autres, et à prier les uns pour les autres. Enseigne-nous à penser à toi, le Dieu de tous ceux qui attendent. Père ! que ceux qui s’attendent à toi ne soient point confondus. Pour l’amour de Jésus. Amen.
« Mon âme, confie-toi en Dieu ! »