S'attendre à Dieu ·Pour la promesse du Père

Chapitre 31 · 5 min de lecture

Pour la promesse du Père

Vingt-neuvième jour. S’ATTENDRE À DIEU : Pour la promesse du Père.

« Il leur recommanda de ne pas s’éloigner de Jérusalem, mais d’attendre ce que le Père avait promis. » — Actes 1:4.

EN parlant des saints à Jérusalem lors de la naissance de Christ, avec Siméon et Anne, nous avons vu comment, bien que la rédemption qu’ils attendaient soit venue, l’appel à attendre n’est pas moins pressant aujourd’hui qu’il ne l’était alors. Nous attendons la pleine révélation en nous de ce qui leur est advenu, mais que c’est à peine s’ils pouvaient le comprendre. Il en va de même de l’attente de la promesse du Père. En un sens, l’accomplissement ne peut jamais revenir comme il vint à la Pentecôte. En un autre sens, et avec une réalité aussi profonde que pour les premiers disciples, nous avons chaque jour besoin d’attendre que le Père accomplisse sa promesse en nous.

Le Saint-Esprit n’est pas une personne distincte du Père à la manière dont deux personnes sur la terre sont distinctes. Le Père et l’Esprit ne sont jamais l’un sans l’autre ni séparés l’un de l’autre : le Père est toujours dans l’Esprit ; l’Esprit n’opère rien, sinon comme le Père opère en lui. À chaque instant, le même Esprit qui est en nous est aussi en Dieu, et celui qui est le plus rempli de l’Esprit sera le premier à s’attendre à Dieu le plus ardemment, pour qu’il accomplisse davantage sa promesse et le fortifie encore puissamment par son Esprit dans l’homme intérieur. L’Esprit en nous n’est pas une puissance à notre disposition. L’Esprit n’est pas non plus une puissance indépendante, agissant à part du Père et du Fils. L’Esprit est la présence réelle et vivante et la puissance du Père œuvrant en nous ; c’est pourquoi c’est précisément celui qui sait que l’Esprit est en lui qui s’attendra au Père pour la pleine révélation et l’expérience de ce qu’est l’habitation de l’Esprit, pour son accroissement et son abondance toujours plus grande.

Voyez cela dans les apôtres. Ils furent remplis de l’Esprit à la Pentecôte. Lorsque, peu après, revenant du Conseil où il leur avait été défendu de prêcher, ils prièrent de nouveau pour avoir la hardiesse de parler en son nom — une nouvelle descente du Saint-Esprit fut le nouvel accomplissement, par le Père, de sa promesse.

À Samarie, par la parole et par l’Esprit, beaucoup avaient été convertis, et la ville tout entière remplie de joie. À la prière des apôtres, le Père accomplit une fois encore la promesse. De même pour la compagnie en attente — « nous sommes tous devant Dieu » — dans la maison de Corneille. Et de même aussi dans Actes 13. C’est lorsque des hommes, remplis de l’Esprit, priaient et jeûnaient, que la promesse du Père fut de nouveau accomplie, et que la direction de l’Esprit fut donnée du ciel : « Mettez-moi à part Barnabas et Saul. »

Ainsi nous trouvons également Paul, dans l’épître aux Éphésiens, priant pour ceux qui ont été scellés de l’Esprit, afin que Dieu leur donne l’esprit d’illumination. Et, plus loin, qu’il leur donne, selon la richesse de sa gloire, d’être puissamment fortifiés par son Esprit dans l’homme intérieur.

L’Esprit donné à la Pentecôte n’était pas quelque chose dont Dieu se serait dessaisi dans le ciel, qu’il aurait envoyé hors du ciel sur la terre. Dieu ne donne pas, ne peut pas donner quoi que ce soit de cette manière. Quand il donne la grâce, la force ou la vie, il les donne en se donnant lui-même pour les opérer — tout cela est inséparable de lui-même. (Voir la note sur Law, The Power of the Spirit, à la fin de ce volume.) À plus forte raison en est-il ainsi du Saint-Esprit. Il est Dieu, présent et œuvrant en nous : la vraie position d’où nous pouvons compter sur cette œuvre avec une puissance incessante, c’est lorsque, rendant grâces pour ce que nous avons, nous attendons pourtant sans cesse que la promesse du Père s’accomplisse plus puissamment encore.

Quel sens et quelle promesse nouveaux cela donne à notre vie d’attente ! Cela nous enseigne à garder toujours la place où les disciples se tinrent, au pied du trône. Cela nous rappelle que, aussi impuissants qu’ils étaient à affronter leurs ennemis ou à prêcher aux ennemis de Christ, jusqu’à ce qu’ils fussent revêtus de puissance, nous non plus ne pouvons être forts dans la vie de la foi, ou dans l’œuvre de l’amour, que dans la mesure où nous sommes en communication directe avec Dieu et Christ, et où ils entretiennent en nous la vie de l’Esprit. Cela nous assure que le Dieu tout-puissant, par le Christ glorifié, opérera en nous une puissance capable de produire des choses inattendues, des choses impossibles. Oh ! que ne pourra pas faire l’Église lorsque ses membres, individuellement, apprendront à vivre leur vie en s’attendant à Dieu, et lorsque, ensemble, tout ce qui est du moi et du monde étant sacrifié dans le feu de l’amour, ils s’uniront pour attendre d’un commun accord la promesse du Père, jadis si glorieusement accomplie, mais encore inépuisée.

Venez, et que chacun de nous fasse silence en présence de la grandeur inconcevable de cette perspective : le Père attendant de remplir l’Église du Saint-Esprit. Et disposé à me remplir, que chacun le dise.

Que, avec cette foi, viennent sur l’âme un recueillement et une sainte crainte, tandis qu’elle attend en silence pour tout recevoir. Et que la vie devienne de plus en plus une joie profonde, dans l’espérance de l’accomplissement toujours plus plein de la promesse du Père.

« Mon âme, confie-toi en Dieu ! »

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S'attendre à Dieu Andrew Murray

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