S'attendre à Dieu ·Continuellement

Chapitre 32 · 4 min de lecture

Continuellement

Trentième jour. S’ATTENDRE À DIEU : Continuellement.

« Et toi, reviens à ton Dieu, garde la piété et la justice, et espère toujours en ton Dieu. » — Osée 12:7.

LA continuité est l’un des éléments essentiels de la vie. Interrompez-la une seule heure chez un homme, et elle est perdue : il est mort. La continuité, ininterrompue et incessante, est essentielle à une vie chrétienne saine. Dieu veut que je sois, et Dieu attend de me rendre — je veux être, et je m’attends à lui pour qu’il me rende — à chaque instant ce qu’il attend de moi et ce qui est agréable à ses yeux. Si l’attente de Dieu est de l’essence de la vraie religion, le maintien de l’esprit d’une entière dépendance doit être continu. L’appel de Dieu, « Attends-toi continuellement à ton Dieu », doit être accepté et obéi. Il peut y avoir des temps d’attente particuliers : la disposition et l’habitude de l’âme, elles, doivent être là, immuables et ininterrompues.

L’attente continuelle est en effet une nécessité. À ceux qui se contentent d’une vie chrétienne languissante, elle apparaît comme un luxe, quelque chose qui dépasse ce qui est essentiel pour être un bon chrétien. Mais tous ceux qui font cette prière : « Seigneur ! rends-moi aussi saint qu’un pécheur pardonné peut l’être ! Garde-moi aussi près de toi qu’il m’est possible de l’être ! Remplis-moi de ton amour autant que tu veux bien le faire ! » sentent aussitôt que c’est là une chose qu’il faut avoir. Ils sentent qu’il ne peut y avoir de communion ininterrompue avec Dieu, nulle pleine demeure en Christ, nul maintien de la victoire sur le péché ni de la disponibilité pour le service, sans s’attendre continuellement au Seigneur.

L’attente continuelle est une possibilité. Beaucoup pensent qu’avec les devoirs de la vie elle est hors de question. Ils ne peuvent y penser sans cesse. Même quand ils le voudraient, ils oublient.

Ils ne comprennent pas que c’est une affaire du cœur, et que ce dont le cœur est plein l’occupe, même lorsque les pensées sont ailleurs. Le cœur d’un père peut être rempli continuellement d’un amour intense et d’une ardente sollicitude pour une épouse ou un enfant malade au loin, alors même que des affaires pressantes réclament toutes ses pensées. Quand le cœur a appris combien il est totalement incapable, un seul instant, de se garder lui-même ou de produire quoi que ce soit de bon ; quand il a compris avec quelle certitude et quelle vérité Dieu le gardera ; quand, désespérant de lui-même, il a accepté la promesse de Dieu de faire pour lui l’impossible, il apprend à se reposer en Dieu, et, au milieu des occupations et des tentations, il peut attendre continuellement.

Cette attente est une promesse. Les commandements de Dieu sont des capacités qu’il donne : les préceptes de l’Évangile sont tous des promesses, une révélation de ce que notre Dieu fera pour nous. Quand vous commencez d’abord à vous attendre à Dieu, c’est avec de fréquentes interruptions et de fréquents échecs. Mais croyez que Dieu veille sur vous avec amour et vous fortifie secrètement dans cette attente. Il y a des moments où attendre semble n’être qu’une perte de temps, mais il n’en est rien. Attendre, même dans les ténèbres, est un progrès inconscient, car c’est à Dieu que vous avez affaire, et il œuvre en vous. Dieu, qui vous appelle à vous attendre à lui, voit vos faibles efforts et l’opère en vous. Votre vie spirituelle n’est en rien votre propre œuvre : pas plus que vous ne l’avez commencée, vous ne pouvez la continuer ; c’est l’Esprit de Dieu qui a commencé en vous l’œuvre de l’attente de Dieu ; il vous rendra capables d’attendre continuellement.

L’attente continuelle sera rencontrée et récompensée par Dieu lui-même œuvrant continuellement. Nous arrivons au terme de nos méditations. Puissions-nous, vous et moi, apprendre une seule leçon : Dieu doit, Dieu veut œuvrer continuellement. Il œuvre toujours continuellement, mais l’expérience en est entravée par l’incrédulité. Mais celui qui, par son Esprit, vous enseigne à attendre continuellement, vous amènera aussi à expérimenter comment, en tant que l’Éternel, son œuvre ne cesse jamais. Dans l’amour, la vie et l’œuvre de Dieu, il ne peut y avoir ni rupture ni interruption.

Ne limitez pas Dieu en cela par vos idées de ce à quoi l’on peut s’attendre. Fixez vos yeux sur cette seule vérité : en sa nature même, Dieu, comme unique Dispensateur de la vie, ne peut faire autrement qu’œuvrer à chaque instant en son enfant. Ne regardez pas seulement à un côté : « Si j’attends continuellement, Dieu œuvrera continuellement. » Non, regardez à l’autre côté. Placez Dieu en premier et dites : « Dieu œuvre continuellement ; à chaque instant je puis m’attendre à lui continuellement. » Prenez le temps qu’il faut, jusqu’à ce que la vision de votre Dieu œuvrant continuellement, sans un moment d’interruption, remplisse tout votre être. Votre attente continuelle viendra alors d’elle-même. Pleine de confiance et de joie, la sainte habitude de l’âme sera : « Tu es toujours mon espérance. » Le Saint-Esprit vous gardera toujours dans l’attente.

« Mon âme, confie-toi en Dieu ! »

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S'attendre à Dieu Andrew Murray

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