Chapitre 20 · 4 min de lecture
Pour se révéler lui-même
Dix-huitième jour. S’ATTENDRE À DIEU : Pour se révéler lui-même.
« En ce jour l’on dira : Voici, c’est notre Dieu, en qui nous avons confiance, et c’est lui qui nous sauve ; c’est l’Éternel, en qui nous avons confiance ; soyons dans l’allégresse, et réjouissons-nous de son salut ! » — Ésaïe 25:9.
DANS ce passage, nous avons deux précieuses pensées.
La première, que c’est le langage du peuple de Dieu qui s’est uni pour s’attendre à lui ; la seconde, que le fruit de leur attente a été que Dieu s’est si bien révélé qu’ils pouvaient dire avec joie : Voici, c’est notre Dieu : c’est l’Éternel. La puissance et la bénédiction de l’attente unie, voilà ce que nous avons besoin d’apprendre.
Remarque la double répétition : « en qui nous avons confiance ». En quelque temps de détresse, les cœurs du peuple avaient été rapprochés, et, cessant de tout espoir et de tout secours humains, ils s’étaient d’un seul cœur mis à s’attendre à leur Dieu. N’est-ce pas là précisément ce qu’il nous faut dans nos Églises, nos conventions et nos réunions de prière ? Le besoin de l’Église et du monde n’est-il pas assez grand pour l’exiger ? N’y a-t-il pas, dans l’Église de Christ, des maux auxquels aucune sagesse humaine n’est de taille ? N’avons-nous pas le ritualisme et le rationalisme, le formalisme et la mondanité, qui dépouillent l’Église de sa puissance ? N’avons-nous pas la culture, l’argent et le plaisir qui menacent sa vie spirituelle ? Les forces de l’Église ne sont-elles pas tout à fait insuffisantes pour lutter contre les puissances de l’incrédulité, de l’iniquité et de la misère, dans les pays chrétiens comme dans le paganisme ? Et n’y a-t-il pas, dans la promesse de Dieu et dans la puissance du Saint-Esprit, une provision qui puisse répondre au besoin, et donner à l’Église l’assurance paisible qu’elle fait tout ce que son Dieu attend d’elle ? Et l’attente unie de Dieu pour la communication de son Esprit ne semblerait-elle pas, très certainement, la bénédiction nécessaire ? Nous n’en pouvons douter.
L’objet d’une attente de Dieu plus résolue dans nos assemblées serait sensiblement le même que dans l’adoration personnelle. Ce serait une conviction plus profonde que Dieu doit tout faire et le fera ; une entrée plus humble et plus durable dans notre profond dénuement, et dans le besoin d’une dépendance entière et incessante à son égard ; une conscience plus vive que l’essentiel est de donner à Dieu sa place d’honneur et de puissance ; une attente confiante que, à ceux qui s’attendent à lui, Dieu donnera, par son Esprit, le secret de son agrément et de sa présence, puis, en temps voulu, la révélation de sa puissance salvatrice. Le grand but serait d’amener chacun, dans une compagnie qui prie et adore, sous un profond sentiment de la présence de Dieu, en sorte qu’au moment de se séparer il y ait la conscience d’avoir rencontré Dieu lui-même, d’avoir laissé toute requête entre ses mains, et d’attendre maintenant en silence pendant qu’il opère son salut.
C’est cette expérience qui est indiquée dans notre texte. L’accomplissement de ces paroles peut être, parfois, dans des interventions si frappantes de la puissance de Dieu que tous peuvent s’unir au cri : « Voici, c’est notre Dieu ; c’est l’Éternel ! » Elles peuvent également devenir vraies dans l’expérience spirituelle, lorsque le peuple de Dieu, dans ses temps d’attente, devient si conscient de sa présence que, dans une sainte crainte, les âmes sentent : « Voici, c’est notre Dieu ; c’est l’Éternel ! » C’est là, hélas, ce qui manque trop dans nos réunions de culte. Le pieux ministre n’a pas de tâche plus difficile, plus solennelle, plus bénie, que de conduire son peuple à la rencontre de Dieu, et, avant même de prêcher, de mettre chacun en contact avec lui. « Nous sommes maintenant ici, en présence de Dieu » — ces paroles de Corneille montrent la manière dont l’auditoire de Pierre fut préparé à la venue du Saint-Esprit. Attendre devant Dieu, attendre Dieu, et s’attendre à Dieu : telle est l’unique condition pour que Dieu manifeste sa présence.
Une compagnie de croyants rassemblés dans un seul but, s’aidant les uns les autres par de petits intervalles de silence, pour s’attendre à Dieu seul, ouvrant le cœur à tout ce que Dieu peut avoir de nouvelles découvertes du mal, de sa volonté, de nouvelles ouvertures dans l’œuvre ou dans les méthodes de l’œuvre, aurait bientôt sujet de dire : « Voici, c’est notre Dieu, en qui nous avons confiance, et c’est lui qui nous sauve ; c’est l’Éternel, en qui nous avons confiance ; soyons dans l’allégresse, et réjouissons-nous de son salut ! »
« Mon âme, confie-toi en Dieu ! »