Chapitre 19 · 5 min de lecture
Dans les temps de ténèbres
Dix-septième jour. S’ATTENDRE À DIEU : Dans les temps de ténèbres.
« J’espère en l’Éternel, qui cache sa face à la maison de Jacob ; et je place en lui ma confiance. » — Ésaïe 8:17.
ICI nous avons un serviteur de Dieu qui s’attend à lui, non pour lui-même, mais pour son peuple, dont Dieu cachait la face. Cela nous suggère combien notre attente de Dieu, bien qu’elle commence par nos besoins personnels, par le désir de sa révélation, ou de la réponse à nos requêtes personnelles, ne doit pas, ne peut pas s’arrêter là. Nous pouvons marcher dans la pleine lumière de la face de Dieu, tandis que Dieu cache encore sa face au peuple qui nous entoure ; loin de nous contenter de penser que ce n’est là que le juste châtiment de leur péché, ou la conséquence de leur indifférence, nous sommes appelés à penser, d’un cœur tendre, à leur triste état, et à nous attendre à Dieu en leur faveur. Le privilège de s’attendre à Dieu en est un qui entraîne une grande responsabilité. De même que Christ, lorsqu’il entra dans la présence de Dieu, usa aussitôt de sa place de privilège et d’honneur comme intercesseur, de même nous devons, non moins, si nous savons ce que c’est vraiment que d’entrer et de nous attendre à Dieu, user de notre accès en faveur de nos frères moins favorisés. « J’espère en l’Éternel, qui cache sa face à la maison de Jacob. »
Tu adores au sein d’une certaine assemblée. Peut-être n’y a-t-il, ni dans la prédication ni dans la communion fraternelle, la vie ou la joie spirituelle que tu pourrais désirer. Tu appartiens à une Église, avec ses nombreuses assemblées. Il y a tant d’erreur ou de mondanité, tant de recherche de la sagesse et de la culture humaines, tant de confiance en des rites et des observances, que tu ne t’étonnes pas que Dieu cache sa face, en bien des cas, et qu’il n’y ait que peu de puissance pour la conversion ou la véritable édification. Puis il y a des branches de l’œuvre chrétienne auxquelles tu es rattaché — une école du dimanche, une salle d’évangélisation, une association de jeunes gens, une œuvre missionnaire à l’étranger — dans lesquelles la faiblesse de l’action de l’Esprit semble indiquer que Dieu cache sa face. Tu crois, toi aussi, en connaître la raison. Il y a trop de confiance dans les hommes et dans l’argent ; il y a trop de formalisme et de complaisance envers soi-même ; il y a trop peu de foi et de prière ; trop peu d’amour et d’humilité ; trop peu de l’esprit de Jésus crucifié. Par moments, tu as le sentiment que les choses sont désespérées ; que rien n’y fera.
Crois donc que Dieu peut aider et qu’il aidera. Que l’esprit du prophète vienne en toi, tandis que tu reprends ses paroles, et applique-toi à t’attendre à Dieu, en faveur de ses enfants égarés. Au lieu du ton du jugement ou de la condamnation, du découragement ou du désespoir, réalise ton appel à t’attendre à Dieu. Si d’autres y manquent, donne-toi à cela doublement. Plus les ténèbres sont profondes, plus grand est le besoin d’en appeler à l’unique Libérateur. Plus grande est, autour de toi, l’assurance qui ne sait pas qu’elle est pauvre, misérable et aveugle, plus pressant est l’appel qui t’est adressé, à toi qui professes voir le mal et avoir accès auprès de Celui qui seul peut secourir, d’être à ton poste, t’attendant à Dieu. Chaque fois que tu es tenté de te plaindre, ou de soupirer, redis sans cesse : « J’espère en l’Éternel, qui cache sa face à la maison de Jacob. »
Il y a un cercle plus vaste encore — l’Église chrétienne à travers le monde. Songe aux Églises grecque, catholique romaine et protestante, et à l’état des millions d’êtres qui leur appartiennent. Ou songe seulement aux Églises protestantes, avec leur Bible ouverte et leurs credos orthodoxes. Que de profession nominale et de formalisme ! que de règne de la chair et de l’homme dans le temple même de Dieu ! Et quelle preuve abondante que Dieu cache bel et bien sa face !
Que doivent faire ceux qui voient cela et le pleurent ? La première chose à faire est celle-ci : « J’espère en l’Éternel, qui cache sa face à la maison de Jacob. » Attendons-nous à Dieu, dans l’humble confession des péchés de son peuple. Prenons le temps et attendons-le dans cet exercice. Attendons-nous à Dieu dans une intercession tendre et aimante pour tous les saints, nos frères bien-aimés, si erronés que puissent paraître leur vie ou leur enseignement. Attendons-nous à Dieu dans la foi et dans l’attente, jusqu’à ce qu’il nous montre qu’il exaucera. Attendons-nous à Dieu, avec la simple offrande de nous-mêmes à lui, et la prière fervente qu’il nous envoie vers nos frères. Attendons-nous à Dieu, et ne lui laissons aucun repos jusqu’à ce qu’il fasse de Sion une joie sur la terre. Oui, reposons-nous dans le Seigneur, et attendons-le patiemment, lui qui cache maintenant sa face à tant de ses enfants. Et disons, au sujet du relèvement de la lumière de sa face que nous désirons pour tout son peuple : « J’espère en l’Éternel, mon âme espère, et j’attends sa promesse. Mon âme compte sur le Seigneur, plus que les gardes ne comptent sur le matin, que les gardes ne comptent sur le matin. »
« Mon âme, confie-toi en Dieu ! »