Chapitre 6 · 10 min de lecture
Section III
La joie de la communion ininterrompue
Cantique 3:6 – 5:1
Ô Jésus, Roi très admirable,
Illustre Conquérant.
Douceur suprême et ineffable,
En qui toute joie se trouve !
Toi, Jésus, que nos voix bénissent ;
Toi seul, puissions-nous t’aimer ;
Et qu’en nos vies toujours s’exprime
L’image qui est tienne.
Nous nous sommes surtout occupés, dans les sections I et II, des paroles et des expériences de l’épouse ; par un contraste frappant, dans cette section notre attention est d’abord attirée sur l’Époux, puis c’est de sa propre bouche que nous entendons parler de l’épouse, comme objet de son amour et délices de son cœur. Les filles de Jérusalem parlent les premières.
Qui est celle qui monte du désert, Comme des colonnes de fumée,
Au milieu des vapeurs de myrrhe et d’encens
Et de tous les aromates des marchands?
Elles-mêmes donnent la réponse : —
Le roi Salomon s’est fait une litière
De bois du Liban.
Il en a fait les colonnes d’argent,
Le dossier d’or, Le siège de pourpre;
Au milieu est une broderie, œuvre d’amour
Des filles de Jérusalem.
Voici la litière de Salomon,
Et autour d’elle soixante vaillants hommes,
Des plus vaillants d’Israël.
Tous sont armés de l’épée, et sont exercés au combat :
Chacun porte l’épée sur sa hanche,
En vue des alarmes nocturnes.
Dans ces versets l’épouse n’est pas mentionnée ; elle est éclipsée par la grandeur et la majesté de son royal Époux ; néanmoins, elle en jouit et y a part tout ensemble. L’air même est parfumé par la fumée de l’encens qui monte en colonnes vers les nuées ; et tout ce qui garde la position de l’Époux lui-même et manifeste sa dignité garde aussi l’épouse qui l’accompagne, celle qui partage sa gloire. La litière royale où ils sont assis est faite du cèdre odorant du Liban, et l’or et l’argent les plus fins ont été prodigués à sa construction. Le bois odorant figure la beauté de l’humanité sanctifiée, tandis que l’or nous rappelle la gloire divine de notre Seigneur, et l’argent la pureté et le prix de son Église rachetée et sans pareille. La pourpre impériale qui la tapisse nous parle des païens — la fille de Tyr est venue là avec son présent ; tandis que les dons d’amour des filles de Jérusalem s’accordent avec la prophétie : « Les plus riches du peuple rechercheront ta faveur. »
Voilà ce qui attire l’attention des filles de Jérusalem ; mais l’épouse est occupée du Roi lui-même, et elle s’écrie : —
Sortez, filles de Sion, regardez Le roi Salomon,
Avec la couronne dont sa mère l’a couronné Le jour de ses fiançailles,
Le jour de la joie de son cœur.
Le ROI couronné est tout pour elle, et elle voudrait qu’il le fût de même pour les filles de Sion. Elle s’arrête avec délices sur la joie de son cœur au jour de ses fiançailles ; car maintenant elle ne s’occupe pas de lui pour son propre compte, mais se réjouit de sa joie à lui, qui trouve en elle sa satisfaction. Cultivons-nous assez ce désir désintéressé d’être tout pour JÉSUS et de tout faire pour son bon plaisir ? Ou bien avons-nous conscience d’aller à lui principalement pour nous-mêmes, ou tout au plus pour l’amour de nos semblables ? Que de prières commencent et finissent par la créature, oublieuses du privilège de donner de la joie au Créateur ! Pourtant, ce n’est que lorsqu’il voit dans notre amour désintéressé et notre dévouement envers lui le reflet du sien propre que son cœur peut éprouver une pleine satisfaction et se répandre en précieuses paroles d’amour, telles que celles que nous trouvons dans les paroles suivantes : —
Que tu es belle, mon amie, que tu es belle!
Tes yeux sont des colombes, Derrière ton voile.
Tes cheveux sont comme un troupeau de chèvres,
Suspendues aux flancs de la montagne de Galaad.
Tes dents sont comme un troupeau de brebis qui sont fraîchement tondues,
Qui remontent de l’abreuvoir;
Toutes portent des jumeaux,
Aucune d’elles n’est stérile.
Tes lèvres sont comme un fil cramoisi,
Et ta bouche est charmante, etc. (Voir les versets 3-5).
Nous avons déjà trouvé l’explication de l’épouse dans le fait qu’elle reflète comme un miroir la beauté de l’Époux. Il peut bien décrire avec satisfaction sa beauté, tandis qu’elle est ainsi occupée de lui ! Les lèvres qui ne parlent que de lui sont comme un fil cramoisi ; la bouche, ou le langage, qui n’a nulle parole de soi ni pour soi, est charmante à ses yeux.
Combien les paroles d’estime et d’éloge de l’Époux furent douces à l’épouse, nous pouvons bien l’imaginer ; mais sa joie était trop profonde pour s’exprimer ; elle demeurait silencieuse dans son amour. Elle ne songerait pas maintenant à le renvoyer jusqu’à ce que le jour se rafraîchisse et que les ombres fuient.
Bien moins encore l’Époux songe-t-il à trouver sa joie loin de son épouse. Il dit : —
Avant que le jour se rafraîchisse, Et que les ombres fuient,
J’irai à la montagne de la myrrhe
Et à la colline de l’encens.
La séparation ne vient jamais de son côté à lui. Il est toujours prêt pour la communion avec un cœur préparé, et dans cette heureuse communion l’épouse devient toujours plus belle et plus semblable à son SEIGNEUR. Elle est progressivement transformée à son image, de gloire en gloire, par l’œuvre merveilleuse du SAINT-ESPRIT, jusqu’à ce que l’Époux puisse déclarer : —
Tu es toute belle, mon amie,
Et il n’y a point en toi de défaut.
Et maintenant elle est propre au service, et c’est à lui que l’Époux la convie ; elle ne le représentera plus mal désormais : —
Viens avec moi du Liban, ma fiancée,
Viens avec moi du Liban!
Regarde du sommet de l’Amana,
Du sommet du Senir et de l’Hermon,
Des tanières des lions,
Des montagnes des léopards.
« Viens avec moi. » Il en est toujours ainsi. Si notre SAUVEUR dit : « Allez, faites de toutes les nations des disciples », il le fait précéder de : « Tout pouvoir m’a été donné », et suivre de : « Et voici, je suis avec vous tous les jours ». Ou si, comme ici, il appelle son épouse à venir, c’est encore « avec moi » ; et c’est en lien avec cette invitation pleine d’amour que pour la première fois il change le mot « mon amie » pour celui, plus tendre encore, de « ma fiancée ».
Que sont les tanières des lions quand le Lion de la tribu de Juda est avec nous ; ou les montagnes des léopards, quand il est à nos côtés ! « Je ne crains aucun mal, car tu es avec moi. » D’autre part, c’est en affrontant ainsi les dangers et en peinant avec lui au service qu’il dit : —
Tu me ravis le cœur, ma sœur, ma fiancée,
Tu me ravis le cœur par l’un de tes regards,
Par l’un des colliers de ton cou.
N’est-il pas merveilleux que le cœur de notre Bien-aimé puisse être ainsi ravi par l’amour de celle qui est prête à accepter son invitation et à sortir avec lui pour chercher à sauver ceux qui périssent ! La leçon marginale de la Version révisée est très significative : « Tu m’as ravi le cœur », ou « Tu m’as donné du courage ». Si le cœur de l’Époux peut être encouragé par la fidélité et l’aimante compagnie de son épouse, il n’est pas surprenant que nous puissions nous réconforter et nous encourager les uns les autres dans notre service mutuel. Saint Paul avait une rude montagne de difficultés à gravir lorsqu’il était conduit captif à Rome, ignorant ce qui l’y attendait ; mais quand les frères vinrent à sa rencontre au Forum d’Appius, il rendit grâces à Dieu et prit courage. Puissions-nous toujours fortifier ainsi les mains les uns des autres en Dieu !
Mais reprenons. L’Époux réconforte ses ouvriers dans leur labeur, et les sentiers escarpés du danger, par de douces communications de son amour : —
Que de charmes dans ton amour, ma sœur, ma fiancée!
Comme ton amour vaut mieux que le vin,
Et combien tes parfums sont plus suaves que tous les aromates!
Tes lèvres, ô ma fiancée, distillent comme le rayon de miel :
Il y a sous ta langue du miel et du lait,
Et l’odeur de tes vêtements est comme l’odeur du Liban.
Tu es un jardin fermé, ma sœur, ma fiancée,
Une source fermée, une fontaine scellée.
Tes jets forment un jardin, où sont des grenadiers, Avec les fruits les plus excellents,
Les troënes avec le nard;
Le nard et le safran,
le roseau aromatique et le cinnamome, Avec tous les arbres qui donnent l’encens;
La myrrhe et l’aloès, Avec tous les principaux aromates;
Tu es une fontaine des jardins,
Une source d’eaux vives,
Des ruisseaux du Liban.
Engagée avec l’Époux à chercher à sauver ceux qui périssent, les paroles de ses lèvres sont pour lui comme le miel et le rayon de miel ; et l’on entasse image sur image pour exprimer sa satisfaction et sa joie. Elle est un jardin plein de fruits précieux et de parfums délicieux, mais un jardin fermé ; le fruit qu’elle porte peut apporter la bénédiction à beaucoup, mais le jardin est pour lui seul ; elle est une fontaine, mais une source fermée, une fontaine scellée. Et pourtant elle est encore une fontaine des jardins, une source d’eaux vives et des ruisseaux du Liban : elle porte la fertilité et répand le rafraîchissement partout où elle va ; et cependant tout est de lui et pour lui.
L’épouse parle maintenant pour la seconde fois dans cette section. Comme sa première parole fut à son sujet, ainsi sa seconde est pour lui ; le moi ne se trouve dans ni l’une ni l’autre.
Lève-toi, aquilon! Viens, autan!
Soufflez sur mon jardin, et que les parfums s’en exhalent!
Que mon bien-aimé entre dans son jardin,
Et qu’il mange de ses fruits excellents!
Elle est prête à toute expérience : l’aquilon et l’autan peuvent souffler sur son jardin, pourvu que les parfums s’en exhalent pour réjouir son Seigneur de leur senteur. Il l’a appelée son jardin, un paradis de grenadiers et de fruits précieux ; qu’il y entre et qu’il mange de ses fruits précieux.
À cela l’Époux répond : —
J’entre dans mon jardin, ma sœur, ma fiancée;
Je cueille ma myrrhe avec mes aromates,
Je mange mon rayon de miel avec mon miel,
Je bois mon vin avec mon lait…
Maintenant, quand elle appelle, il répond aussitôt. Quand elle n’est que pour son SEIGNEUR, il l’assure qu’il trouve en elle toute sa satisfaction.
La section se clôt par l’invitation de l’épouse adressée aux amis de l’Époux et à elle-même, aussi bien qu’à lui : —
Mangez, amis,
buvez, enivrez-vous d’amour!
La consécration de tout à notre MAÎTRE, loin de diminuer notre pouvoir de donner, accroît à la fois notre pouvoir et notre joie dans le service. Les cinq pains et les deux poissons des disciples, d’abord remis au SEIGNEUR et bénis par lui, furent une abondante provision pour les foules affamées, et se multiplièrent, dans l’acte même de la distribution, en une réserve dont il resta douze paniers pleins de morceaux quand tous furent pleinement rassasiés.
Nous avons donc, dans cette belle section, comme nous l’avons vu, un tableau de la communion ininterrompue et de ses délicieux fruits. Puissent nos vies y correspondre ! D’abord un avec le ROI, puis parlant du ROI ; la joie de la communion conduisant à la communion dans le service, à être tout pour JÉSUS, prêt à toute expérience qui rende propre à un service ultérieur, lui abandonnant tout et disposé à tout exercer pour lui. Il n’y a ici nulle place pour l’amour du monde, car l’union avec le CHRIST a rempli le cœur ; il n’y a rien pour la satisfaction du monde, car tout a été scellé et est gardé pour l’usage du MAÎTRE.
Jésus, ma vie est tienne !
Et à jamais sera
Cachée en toi.
Car rien ne peut dénouer
Ta vie de la mienne.
Chapitre 6 terminé
Section III