Chapitre 16 · 4 min de lecture
Tout ce que vous voudrez
Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voudrez, et cela vous sera accordé.—Jean 15:7
Toute la place du sarment dans le cep en est une de prière incessante. Sans interruption, il ne cesse de crier : « Ô mon cep, envoie la sève dont j’ai besoin pour porter ton fruit. » Et ses prières ne restent jamais sans réponse : il demande ce dont il a besoin, ce qu’il veut, et cela se fait.
La vie saine du croyant en Christ en est également une de prière incessante. Consciemment ou inconsciemment, il vit dans une dépendance continuelle. La parole de son Seigneur, « vous ne pouvez rien faire », lui a appris que sa demande et sa réception ne doivent pas être moins ininterrompues que la permanence du sarment dans le cep. La promesse de notre texte nous donne une hardiesse infinie : « demandez ce que vous voudrez, et cela vous sera accordé. »
La promesse est donnée en lien direct avec le fait de porter du fruit. Limitez-la à vous-même et à vos propres besoins, et vous la dépouillez de sa puissance ; vous vous privez vous-même du pouvoir de vous l’approprier. Le Christ envoyait ces disciples, et ils étaient prêts à donner leur vie pour le monde ; à eux il confia la disposition des trésors du ciel. Leurs prières apporteraient l’Esprit et la puissance dont ils avaient besoin pour leur œuvre.
La promesse est donnée en lien direct avec la venue de l’Esprit. L’Esprit n’est pas nommé dans la parabole, pas plus que n’est nommée la sève du cep. Mais l’un et l’autre y sont sous-entendus d’un bout à l’autre. Dans le chapitre qui précède la parabole, notre Seigneur avait parlé du Saint-Esprit en lien avec leur vie intérieure : il est en eux et se révèle au-dedans d’eux (14:15-23). Dans le chapitre suivant, il parle du Saint-Esprit en lien avec leur œuvre : il vient à eux, convainc le monde et le glorifie (16:7-14). Pour user des promesses illimitées de la prière, il nous faut être des hommes remplis de l’Esprit et entièrement livrés à l’œuvre et à la gloire de Jésus. L’Esprit nous conduira dans la vérité de son sens et dans la certitude de son accomplissement.
Comprenons que nous ne pouvons accomplir notre vocation de porter beaucoup de fruit qu’en priant beaucoup. En Christ sont cachés tous les trésors dont ont besoin les hommes qui nous entourent ; en lui tous les enfants de Dieu sont bénis de toute bénédiction spirituelle ; il est plein de grâce et de vérité. Mais il faut la prière, beaucoup de prière, une prière forte et croyante, pour faire descendre ces bénédictions. Et souvenons-nous également que nous ne pouvons nous approprier la promesse sans une vie livrée pour les hommes. Beaucoup essaient de saisir la promesse, puis regardent autour d’eux ce qu’ils pourraient demander. Ce n’est pas là le chemin, mais tout le contraire. Que le cœur soit chargé du besoin des âmes et du commandement de les sauver, et la puissance viendra pour revendiquer la promesse.
Revendiquons-la comme l’une des révélations de notre merveilleuse vie dans le cep : il nous dit que si nous demandons en son nom, en vertu de notre union avec lui, quoi que ce soit, cela nous sera accordé. Des âmes périssent parce qu’on prie trop peu. Les enfants de Dieu sont faibles parce qu’on prie trop peu. Nous portons si peu de fruit parce qu’on prie si peu. La foi en cette promesse nous rendrait forts pour prier ; ne prenons pas de repos qu’elle ne soit entrée dans notre cœur même, et qu’elle ne nous ait entraînés, dans la puissance du Christ, à persévérer, à peiner et à lutter dans la prière jusqu’à ce que la bénédiction vienne avec puissance. Être un sarment, ce n’est pas seulement porter du fruit sur la terre, mais avoir dans la prière la puissance de faire descendre la bénédiction du ciel. Demeurer pleinement, c’est prier beaucoup.
Demandez ce que vous voudrez. Ô mon Seigneur, comment se fait-il que nos cœurs soient si peu capables d’accepter ces paroles dans leur divine simplicité ? Oh ! donne-moi de voir qu’il ne nous faut rien de moins que cette promesse pour vaincre les puissances du monde et de Satan ! Apprends-nous à prier dans la foi de cette promesse qui est la tienne.