La Vraie Vigne ·Vous ne pouvez rien faire

Chapitre 14 · 4 min de lecture

Vous ne pouvez rien faire

Sans moi vous ne pouvez rien faire—Jean 15:5

En toutes choses, la vie du sarment doit être la réplique exacte de celle du cep. De lui-même Jésus avait dit : « le Fils ne peut rien faire de lui-même. » Comme fruit de cette entière dépendance, il pouvait ajouter : « tout ce que le Père fait, le Fils aussi le fait pareillement. » Comme Fils, il n’a pas reçu sa vie du Père une fois pour toutes, mais de moment en moment. Sa vie était une attente continuelle du Père pour tout ce qu’il avait à faire. Et ainsi le Christ dit de ses disciples : « sans moi vous ne pouvez rien faire. » Il l’entend à la lettre. À quiconque veut vivre la vraie vie de disciple, porter du fruit et glorifier Dieu, ce message parvient : Vous ne pouvez rien faire. Ce qui avait été dit — « Celui qui demeure en moi et en qui je demeure porte beaucoup de fruit » — est ici appuyé par le plus simple et le plus fort des arguments : « Demeurer en moi est indispensable, car, vous le savez, de vous-mêmes vous ne pouvez rien faire pour maintenir la vie céleste ni la mettre en pratique. »

Une profonde conviction de la vérité de cette parole est à la racine même d’une vie spirituelle forte. Aussi peu que je me suis créé moi-même, aussi peu que je pourrais ressusciter un mort, aussi peu puis-je me donner à moi-même la vie divine. Aussi peu que je puis me la donner, aussi peu puis-je la maintenir ou l’accroître : tout mouvement est l’œuvre de Dieu par le Christ et son Esprit. C’est dans la mesure où l’on croit cela que l’on prendra cette position d’entière et continuelle dépendance qui est l’essence même de la vie de foi. De l’œil spirituel, on voit le Christ fournir à chaque instant la grâce nécessaire à chaque respiration et à chaque approfondissement de la vie spirituelle. Tout son cœur dit Amen à cette parole : Vous ne pouvez rien faire. Et c’est précisément parce qu’il le fait qu’il peut aussi dire : « Je puis tout par celui qui me fortifie. » Le sentiment de l’impuissance, et l’action de demeurer à laquelle il contraint, conduit à la vraie fécondité et à la diligence dans les bonnes œuvres.

Sans moi vous ne pouvez rien faire.—Quel appel et quelle invitation, à chaque instant, à demeurer en Christ ! Il nous suffit de revenir au cep pour voir combien c’est vrai. Regardez encore ce petit sarment, totalement impuissant et stérile s’il ne reçoit la sève du cep, et apprenez que la pleine conviction de ne rien pouvoir faire sans le Christ est justement ce dont vous avez besoin pour apprendre à demeurer en votre cep céleste. C’est là le grand sens de l’émondage dont le Christ a parlé — tout ce qui est le moi doit être abaissé, afin que notre confiance soit en Christ seul. « Demeurez en moi » — beaucoup de fruit ! « sans moi » — rien ! Doit-il y avoir le moindre doute sur ce que nous choisirons ?

L’unique leçon de la parabole est celle-ci : aussi sûrement, aussi naturellement que le sarment demeure au cep, vous pouvez demeurer en Christ. C’est pour cela qu’il est le vrai cep ; c’est pour cela que Dieu est le vigneron ; c’est pour cela que vous êtes un sarment. Ne crierons-nous pas à Dieu de nous délivrer pour toujours du « sans moi », et de faire du « demeurez en moi » une réalité incessante ? Que votre cœur s’élance vers ce que le Christ est et peut faire, vers sa puissance divine et son tendre amour pour chacun de ses sarments, et vous direz toujours avec plus d’assurance : « Seigneur ! je demeure ; je porterai beaucoup de fruit. Mon impuissance est ma force. Qu’il en soit ainsi. Sans toi, rien. En toi, beaucoup de fruit. »

Sans moi — vous, rien. Seigneur, j’accepte volontiers cet arrangement : moi, rien — toi, tout. Mon néant est ma plus haute bénédiction, parce que tu es le cep, qui donne et opère tout. Qu’il en soit ainsi, Seigneur ! Moi, rien, sans cesse dans l’attente de ta plénitude. Seigneur, révèle-moi la gloire de cette vie bénie.

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La Vraie Vigne Andrew Murray

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