Chapitre 1 · 8 min de lecture
Note
QUELQUES semaines à peine après la parution de Les choses telles qu’elles sont, des lettres nous sont parvenues de missionnaires œuvrant en diverses régions de l’Inde, qui en confirmaient la vérité. Mais certains, en Angleterre, en doutent. On a donc suggéré que, si une quatrième édition devait voir le jour, quelques notes de confirmation, rédigées par des missionnaires expérimentés de l’Inde du Sud, étrangers au district décrit, seraient utiles. Plusieurs de ces notes figurent en annexe. Le regard indien sur l’un des principaux faits exposés dans ce livre s’exprime dans la note écrite par quelqu’un qui, mieux que tout missionnaire, et assurément mieux encore que tout observateur resté au pays, a le droit d’être entendu en cette matière—et le droit d’être cru.
Et maintenant, aux pieds de celui qui peut se servir de la moindre chose, nous déposons de nouveau ce livre; car « pour le Puissant », comme le dit le proverbe tamoul, « même le brin d’herbe est une arme ». Puisse-t-il servir, pour l’amour de son Nom, à susciter davantage de prière pour l’Inde—et pour toutes les terres de ténèbres—la prière qui l’emporte.
Amy Wilson-Carmichael,
Dohnavur, district de Tinnevelly,
Inde du Sud.
Notes de confirmation
Du Rév. D. Downie, D.D., Mission baptiste américaine, États du Nizam, Inde du Sud.
Depuis bien des années, j’ai le sentiment que nous, missionnaires, sommes bien trop enclins à nous attarder sur ce qu’on appelle le « côté lumineux de l’œuvre missionnaire ». Qu’elle ait un côté lumineux, nul ne peut le contester. Qu’elle ait un côté « sombre », certains le contestent; mais pour ma part, après trente ans d’expérience, je sais qu’il est tout aussi vrai que l’est le côté lumineux. J’ai entendu dénoncer le livre de Mlle Carmichael comme « pessimiste ». Je ne sais pas trop ce que l’on entend par là; mais si cela veut dire que ce qu’elle a écrit est faux, alors je suis prêt à affirmer qu’il n’est PAS pessimiste, car il n’en est pas une ligne dont on ne puisse trouver l’équivalent dans cette Mission télougou. Qu’elle ait brossé un sombre tableau de la vie hindoue, on ne saurait le nier; mais, puisque tout y est vrai, mot pour mot, je me réjouis qu’elle ait eu le courage de faire ce qui était si nécessaire, et que tant d’entre nous reculaient pourtant à faire, « de peur de nuire à la cause ».
Du Rév. T. Stewart, M.A., secrétaire de la Mission de l’Église libre unie, Madras.
Ce livre, Les choses telles qu’elles sont, répond à un réel besoin—il dépeint un aspect de l’œuvre missionnaire dont, en règle générale, on entend fort peu parler. Tout missionnaire peut raconter des cas de personnes gagnées à Christ, et citer des faits d’un intérêt plus que passager. Mlle Carmichael ne fait pas exception, et pourrait parler de bon nombre de trophées de la grâce. Le danger est qu’en décrivant de tels faits, on donne l’impression qu’ils représentent l’état normal des choses, alors que c’est l’inverse. Le peuple de l’Inde n’a pas soif de l’Évangile, et ne nous « appelle » pas « à délivrer son pays des chaînes de l’erreur ». La nuit est encore de celles où il faut vaincre les « esprits méchants » avant que le captif puisse être libéré. L’auteur a placé tous ceux qui ont à cœur l’extension du royaume de Dieu dans une profonde dette de reconnaissance par une peinture si vivante et si exacte des difficultés à affronter et des obstacles à surmonter. On peut trouver ailleurs dans l’Inde du Sud des pendants aux faits rapportés, et il est sans doute peu de missionnaires engagés dans l’œuvre en langue vernaculaire qui ne pourraient en illustrer certains par leur propre expérience.
Du Dr A. W. Rudisill, Imprimerie de l’Église méthodiste épiscopale, Madras.
Dans Les choses telles qu’elles sont sont dépeintes, par l’appareil photographique et par la plume, certaines choses de l’Inde du Sud. La plume, aussi fidèlement que l’appareil, a dit la vérité, et rien que la vérité.
Les premiers chapitres font ressortir, avec une réalité vive, frappante, presque saisissante, les auditeurs indiens qui sont « le long du chemin ». On croirait presque voir le diable arracher les paroles à mesure qu’elles tombent, et entendre les adversaires de l’Évangile crier contre lui.
Paul n’a pas hésité à écrire les choses telles qu’elles étaient au sujet des idolâtres auxquels il prêchait, même si le tableau était très sombre. C’est d’autant plus nécessaire aujourd’hui, alors que tant de gens sont trompés et se laissent tromper sur la vraie nature de l’idolâtrie, que ceux qui, au pays, donnent et prient, s’entendent dire clairement que ce que Paul a écrit des idolâtres de Rome et de Corinthe est encore vrai des idolâtres de l’Inde.
Mlle Carmichael n’a donné que des aperçus et des coups d’œil, non une vue complète. Que ceux qui trouvent trop sombre le tableau qu’elle a tracé sachent que, si toute la vérité était dite, seul un esprit mauvais pourrait produire ces images, et l’enfer lui-même serait le seul lieu digne de les publier, car en pays chrétien l’œil n’a point vu et l’oreille n’a point entendu de telles choses.
Du Rév. C. W. Clarke, M.A., directeur du Noble College, Masulipatam.
J’ai travaillé plus de dix-sept ans comme directeur d’un collège parmi les gens de caste de l’Inde du Sud, et je souscris entièrement aux vues de Mlle Carmichael quant aux risques réels que courent les étudiants et autres qui désirent rompre avec leur caste et recevoir le baptême. Si l’enseignement de la Bible et l’éducation anglaise en général ont dissipé une grande part des préjugés, et fort relevé le niveau moral chez un certain nombre de ceux qui subissent ces influences, l’hindouisme tel que le professe et le pratique l’immense majorité des gens de caste demeure pour l’essentiel inchangé. Rompre avec sa caste est tenu pour le plus grand mal qu’une personne puisse infliger à elle-même et à sa communauté; aussi peut-on recourir à pratiquement n’importe quel moyen pour empêcher une telle calamité. C’est un lieu commun parmi les missionnaires que, lorsqu’un homme ou une femme de caste manifeste une intention sérieuse de se faire baptiser,—en tout cas là où le sentiment de caste n’est pas tempéré par des circonstances particulières,—il faut prendre les précautions les plus rigoureuses pour protéger le chercheur contre les machinations de ses frères de caste.
De Krishna Ran, B.A., rédacteur en chef du Christian Patriot, Madras (lui-même converti).
On demande souvent si un converti hindou de haute caste peut vivre parmi les siens après son baptême. Seuls ceux qui ne savent rien des conditions de vie en Inde, ni de la puissance de la caste telle qu’elle existe dans ce pays, soulèvent cette question.
Le converti doit être prêt à perdre ses parents et leur tendre affection; ses frères et sœurs, sa famille et ses amis; sa femme et ses enfants, s’il en a; son droit d’aînesse, sa position sociale, ses moyens d’existence, sa réputation, et tout le pouvoir qui se cache derrière ce mot magique de « caste »; tout ce qu’on lui a appris dès l’enfance à tenir pour sacré.
De Mlle Reade, South Arcot, Inde du Sud.
Je ne m’étonne pas que quiconque ne connaît pas l’œuvre missionnaire en Inde soit stupéfait des faits rapportés dans Les choses telles qu’elles sont. Mais, ayant travaillé près de trente ans au cœur du paganisme, loin des lieux fréquentés par la civilisation, je puis témoigner que la réalité dépasse de loin tout ce qu’il serait possible d’imprimer. La langue hésite à dire ce qui est coutume dans ce pays. Je connais le cas d’une fillette de dix ans placée dans une situation telle que son choix se réduisait à deux genres de vie coupables, aucune voie droite ne lui étant ouverte. Je crois que l’une des choses les plus affligeantes que nous ayons à affronter dans l’œuvre parmi les castes de ce pays, c’est que souvent, dès qu’une âme commence à s’intéresser à Christ, elle disparaît, et que l’on apprend ensuite qu’elle est morte, ou bien l’on ne peut obtenir aucune information sûre.
Extrait d’une lettre adressée à Mlle Carmichael au sujet de Les choses telles qu’elles sont. (L’auteur de la lettre est un missionnaire américain chevronné.)
Je pourrais trouver le pendant de presque chaque fait du livre; je sais donc que c’est un tableau vrai, non seulement parce que je crois à votre parole, mais parce que mon expérience a été si semblable à la vôtre. Bien des fois, en le lisant, le souvenir de l’ancien déchirement du cœur a été si vif que j’ai dû poser le livre et regarder autour de moi la pièce familière pour me convaincre que c’était vous, et non moi, qui étiez à l’agonie pour l’un des propres enfants du Roi, que l’on refoulait dans les ténèbres et précipitait vers la perdition, parce que Satan est animé d’une grande colère, sachant qu’il a peu de temps.
Je souhaiterais que ce livre soit lu par tous les chrétiens de la patrie.
De Pandita Ramabai.
En lisant Les choses telles qu’elles sont, je me figurais revivre mon ancienne vie parmi les hindous. Je puis en toute honnêteté corroborer tout ce qui est dit de la vie religieuse et sociale des hindous. Je viens de cette région du pays, et je suis très heureuse que ce livre ait réussi à mettre la vérité au jour.
De Mlle L. Trotter.
Il n’est guère d’aspect de toutes les souffrances du cœur ici racontées que nous n’ayons connu: page après page aurait pu être écrite ici même, mot pour mot.
Chapitre 1 terminé
Note