Le chemin vers Dieu ·La repentance et la restitution

Chapitre 6 · 24 min de lecture

La repentance et la restitution

« Dieu, sans tenir compte des temps d’ignorance, annonce maintenant à tous les hommes, en tous lieux, qu’ils aient à se repentir. » — Actes 17:30.

La repentance est l’une des doctrines fondamentales de la Bible. Et pourtant je crois que c’est là une de ces vérités que bien des gens comprennent aujourd’hui fort peu. Il y a plus de personnes aujourd’hui dans la brume et les ténèbres au sujet de la repentance, de la régénération, de l’expiation et d’autres vérités fondamentales du même ordre, qu’à propos peut-être de toute autre doctrine. Et pourtant, dès nos premières années, nous en avons entendu parler. Si je demandais une définition de la repentance, un grand nombre en donneraient une idée fort étrange et fausse.

Un homme n’est pas prêt à croire ni à recevoir l’Évangile, à moins qu’il ne soit disposé à se repentir de ses péchés et à s’en détourner. Jusqu’à ce que Jean-Baptiste rencontrât Christ, il n’avait qu’un seul texte : « Repentez-vous, car le royaume des cieux est proche » (Matthieu 3:2). Mais s’il avait continué à dire cela et s’en était tenu là, sans montrer au peuple Christ, l’Agneau de Dieu, il n’aurait pas accompli grand-chose.

Lorsque Christ vint, il reprit le même cri du désert : « Repentez-vous, car le royaume des cieux est proche » (Matthieu 4:17). Et lorsque notre Seigneur envoya ses disciples, ce fut avec le même message, « la repentance » (Marc 6:12). Après qu’il eut été glorifié, et lorsque le Saint-Esprit descendit, nous trouvons Pierre, le jour de la Pentecôte, élevant le même cri : « Repentez-vous ! » C’est cette prédication — Repentez-vous et croyez à l’Évangile — qui produisit alors de si merveilleux résultats (Actes 2:38-47). Et nous constatons que, lorsque Paul se rendit à Athènes, il lança le même cri : « Dieu, sans tenir compte des temps d’ignorance, annonce maintenant à tous les hommes, en tous lieux, qu’ils aient à se repentir » (Actes 17:30).

Avant de dire ce qu’est la repentance, laissez-moi dire brièvement ce qu’elle n’est pas. La repentance n’est pas la crainte. Bien des gens ont confondu les deux. Ils pensent qu’il leur faut être alarmés et terrifiés ; et ils attendent qu’une sorte de crainte descende sur eux. Or, des multitudes s’alarment sans vraiment se repentir. Vous avez entendu parler d’hommes en mer durant une tempête effroyable. Peut-être avaient-ils été des hommes fort impies ; mais, quand le danger survint, ils se turent soudain et se mirent à crier à Dieu pour obtenir grâce. Pourtant, vous ne diriez pas qu’ils se sont repentis. La tempête passée, ils continuèrent à jurer comme auparavant. Vous pourriez croire que le roi d’Égypte se repentit lorsque Dieu envoya sur lui et sur son pays les terribles fléaux. Mais ce n’était nullement de la repentance. Dès l’instant où la main de Dieu se retira, le cœur de Pharaon fut plus dur que jamais. Il ne se détourna pas d’un seul péché ; il resta le même homme. Il n’y eut donc là aucune repentance véritable.

Souvent, lorsque la mort entre dans une famille, il semble que l’événement doive être sanctifié pour la conversion de tous ceux qui sont dans la maison. Et pourtant, au bout de six mois, tout peut être oublié. Certains de ceux qui lisent ces lignes ont peut-être traversé cette expérience. Lorsque la main de Dieu pesait lourdement sur eux, il semblait qu’ils allaient se repentir ; mais l’épreuve s’est retirée — et voilà que l’impression s’est entièrement dissipée.

Ensuite, la repentance n’est pas le sentiment. Je trouve un grand nombre de gens qui attendent qu’un certain sentiment vienne. Ils voudraient se tourner vers Dieu, mais pensent ne pouvoir le faire tant que ce sentiment n’est pas venu. Lorsque j’étais à Baltimore, je prêchais chaque dimanche au pénitencier devant neuf cents détenus. Il n’y avait guère là un homme qui ne se sentît assez misérable : ils avaient du sentiment à revendre. Durant la première semaine ou les dix premiers jours de leur emprisonnement, beaucoup pleuraient la moitié du temps. Pourtant, une fois libérés, la plupart retournaient aussitôt à leurs anciennes voies. La vérité, c’est qu’ils se sentaient très mal parce qu’ils s’étaient fait prendre ; voilà tout. Ainsi, vous avez vu un homme, au temps de l’épreuve, montrer beaucoup de sentiment ; mais bien souvent, c’est seulement parce qu’il s’est attiré des ennuis, non parce qu’il a commis un péché, ni parce que sa conscience lui dit qu’il a fait le mal aux yeux de Dieu. Il semble que l’épreuve va aboutir à une véritable repentance ; mais le sentiment, trop souvent, s’évanouit.

Une fois encore, la repentance n’est pas le jeûne et l’affliction du corps. Un homme peut jeûner des semaines, des mois et des années, sans pour autant se repentir d’un seul péché. Ce n’est pas non plus le remords. Judas eut un remords terrible — assez pour le pousser à aller se pendre ; mais ce n’était pas de la repentance. Je crois que s’il était allé vers son Seigneur, s’était prosterné le visage contre terre et avait confessé son péché, il aurait été pardonné. Au lieu de cela, il alla vers les sacrificateurs, puis mit fin à ses jours. Un homme peut faire toutes sortes de pénitences — mais il n’y a là aucune repentance véritable. Gravez cela dans votre esprit. Vous ne pouvez satisfaire aux exigences de Dieu en offrant le fruit de votre corps pour le péché de votre âme. Loin de vous une telle illusion !

La repentance n’est pas la conviction du péché. Cela peut paraître étrange à certains. J’ai vu des hommes sous une conviction du péché si profonde qu’ils ne pouvaient dormir la nuit ; ils ne pouvaient prendre un seul repas avec plaisir. Ils demeurèrent des mois dans cet état, et pourtant ils n’étaient pas convertis ; ils ne se repentaient pas véritablement. Ne confondez pas la conviction du péché avec la repentance.

Prier n’est pas non plus la repentance. Cela aussi peut paraître étrange. Bien des gens, lorsqu’ils s’inquiètent du salut de leur âme, disent : « Je vais prier et lire la Bible » ; et ils s’imaginent que cela produira l’effet désiré. Mais il n’en sera rien. Vous pouvez lire la Bible et crier beaucoup à Dieu, sans jamais vous repentir. Bien des gens crient à haute voix vers Dieu, et pourtant ne se repentent pas.

Autre chose : ce n’est pas rompre avec tel ou tel péché. Un très grand nombre de gens commettent cette erreur. Un homme qui a été ivrogne signe l’engagement et cesse de boire. Rompre avec un seul péché, ce n’est pas la repentance. Renoncer à un seul vice, c’est comme couper une seule branche d’un arbre, alors que l’arbre tout entier doit être abattu. Un homme grossier cesse de jurer ; fort bien : mais s’il ne se détourne pas de tout péché, ce n’est pas la repentance — ce n’est pas l’œuvre de Dieu dans l’âme. Quand Dieu agit, il abat l’arbre tout entier. Il veut qu’un homme se détourne de tout péché. Supposons que je sois dans un navire en pleine mer, et que je découvre une voie d’eau en trois ou quatre endroits. J’aurai beau aller boucher un seul trou, le navire coule tout de même. Ou supposons que je sois blessé en trois ou quatre endroits, et que je soigne une seule plaie : si les deux ou trois autres sont négligées, ma vie s’en ira bientôt. La véritable repentance ne consiste pas simplement à rompre avec tel ou tel péché particulier.

Eh bien, direz-vous, qu’est-ce donc que la repentance ? Je vais vous en donner une bonne définition : c’est un « demi-tour ! ». En langue irlandaise, le mot « repentance » signifie même davantage qu’un « demi-tour ! » : il implique qu’un homme qui marchait dans une direction non seulement a fait volte-face, mais marche effectivement dans la direction exactement contraire. « Revenez, revenez de votre mauvaise voie; et pourquoi mourriez-vous, maison d’Israël? » Un homme peut avoir peu ou beaucoup de sentiment ; mais s’il ne se détourne pas du péché, Dieu n’aura pas pitié de lui. On a aussi décrit la repentance comme « un changement de pensée ». Ainsi, il y a cette parabole racontée par Christ : « Un homme avait deux fils; et, s’adressant au premier, il dit: Mon enfant, va travailler aujourd’hui dans ma vigne. Il répondit: Je ne veux pas » (Matthieu 21:28-29). Après avoir dit « Je ne veux pas », il y réfléchit et changea d’avis. Peut-être se dit-il en lui-même : « Je n’ai pas parlé bien respectueusement à mon père. Il m’a demandé d’aller travailler, et je lui ai dit que je n’irais pas. Je crois que j’ai eu tort. » Mais à supposer qu’il eût seulement dit cela sans pour autant y aller, il ne se serait pas repenti. Non seulement il fut convaincu d’avoir eu tort, mais il s’en alla aux champs, bêcher, ou faucher, ou quoi que ce fût. Voilà la définition que Christ donne de la repentance. Si un homme dit : « Par la grâce de Dieu, je renoncerai à mon péché et je ferai sa volonté », voilà la repentance — un revirement complet.

Quelqu’un a dit que l’homme naît le visage détourné de Dieu. Lorsqu’il se repent véritablement, il est retourné tout droit vers Dieu ; il quitte son ancienne vie.

Un homme peut-il se repentir sur-le-champ ? Certainement. Il ne faut pas longtemps pour faire demi-tour. Il ne faut pas six mois à un homme pour changer d’avis. Un navire sombra il y a quelque temps au large de Terre-Neuve. Comme il se portait vers la côte, il y eut un moment où le capitaine aurait pu donner l’ordre de renverser les machines et de rebrousser chemin. Si les machines avaient alors été renversées, le navire eût été sauvé. Mais il vint un moment où il était trop tard. Ainsi y a-t-il, je crois, dans la vie de chaque homme, un moment où il peut s’arrêter et dire : « Par la grâce de Dieu, je n’irai pas plus loin vers la mort et la ruine. Je me repens de mes péchés et je m’en détourne. » Vous direz peut-être que vous n’avez pas assez de sentiment ; mais si vous êtes convaincu que vous êtes sur la mauvaise route, faites demi-tour et dites : « Je ne poursuivrai plus la voie de la rébellion et du péché comme je l’ai fait. »

C’est alors, dès que vous consentez à vous tourner vers Dieu, que le salut peut être vôtre.

Je constate que tous les cas de conversion rapportés dans la Bible furent instantanés. La repentance et la foi vinrent très soudainement. Dès l’instant où un homme se décidait, Dieu lui en donnait le pouvoir. Dieu ne demande à personne de faire ce qu’il n’a pas le pouvoir de faire. Il ne commanderait pas « à tous les hommes, en tous lieux, qu’ils aient à se repentir » (Actes 17:30) s’ils n’en étaient pas capables. L’homme n’a que lui-même à blâmer s’il ne se repent pas et ne croit pas à l’Évangile. L’un des principaux ministres de l’Évangile de l’Ohio m’écrivit il y a quelque temps une lettre décrivant sa conversion ; elle illustre avec beaucoup de force ce point de la décision instantanée. Il disait :

« J’avais dix-neuf ans, et j’étudiais le droit chez un avocat chrétien du Vermont. Un après-midi qu’il était absent, sa bonne épouse me dit, comme j’entrais dans la maison : “Je veux que vous veniez ce soir à la réunion de classe avec moi et que vous deveniez chrétien, afin que vous puissiez conduire le culte de famille pendant l’absence de mon mari.” “Eh bien, je le ferai”, dis-je, sans y penser. Lorsque je rentrai de nouveau dans la maison, elle me demanda si j’étais sincère dans ce que j’avais dit. Je répondis : “Oui, pour ce qui est d’aller à la réunion avec vous ; ce n’est là que politesse.” »

« Je me rendis avec elle à la réunion de classe, comme je l’avais souvent fait auparavant. Une douzaine de personnes environ étaient présentes dans une petite école. Le conducteur avait parlé à tous ceux qui étaient dans la salle, sauf à moi et à deux autres. Il s’adressait à la personne assise à côté de moi lorsque cette pensée me vint : il va me demander si j’ai quelque chose à dire. Je me dis en moi-même : j’ai décidé de devenir chrétien un jour ou l’autre ; pourquoi ne pas commencer maintenant ? En moins d’une minute après que ces pensées m’eurent traversé l’esprit, il me dit, avec familiarité — car il me connaissait fort bien — : “Frère Charles, avez-vous quelque chose à dire ?” Je répondis, avec un parfait sang-froid : “Oui, monsieur. Je viens de décider, dans les trente dernières secondes, que je vais commencer une vie chrétienne, et je voudrais que vous priiez pour moi.” »

« Mon sang-froid le déconcerta ; je crois qu’il douta presque de ma sincérité. Il dit fort peu de chose, mais poursuivit et parla aux deux autres. Après quelques remarques générales, il se tourna vers moi et dit : “Frère Charles, voulez-vous clore la réunion par la prière ?” Il savait que je n’avais jamais prié en public. Jusqu’à cet instant, je n’avais éprouvé aucun sentiment. C’était une pure affaire de raison. Ma première pensée fut : je ne puis prier, et je vais lui demander de m’en dispenser. Ma seconde fut : j’ai dit que je commencerais une vie chrétienne, et ceci en fait partie. Je dis donc : “Prions.” Et quelque part entre le moment où je commençai à m’agenouiller et celui où mes genoux touchèrent le sol, le Seigneur convertit mon âme. »

« Les premiers mots que je prononçai furent : “Gloire à Dieu !” Ce que je dis ensuite, je l’ignore, et peu importe, car mon âme était trop pleine pour dire grand-chose de plus que : Gloire ! Dès cette heure, le diable n’a jamais osé mettre en doute ma conversion. À Christ soit toute la louange. »

Bien des gens attendent, ils ne sauraient dire exactement quoi, mais une sorte de sentiment miraculeux qui viendrait les envahir — une espèce de foi mystérieuse. Je parlais à un homme il y a quelques années, et il avait toujours une même réponse à me faire. Pendant cinq ans, je m’efforçai de le gagner à Christ, et chaque année il disait : « Cela ne m’a pas encore “frappé”. » « Mon ami, que voulez-vous dire ? Qu’est-ce qui ne vous a pas frappé ? » « Eh bien, disait-il, je ne deviendrai pas chrétien tant que cela ne m’aura pas frappé ; et cela ne m’a pas encore frappé. Je ne le vois pas comme vous le voyez. » « Mais ne savez-vous pas que vous êtes un pécheur ? » « Oui, je sais que je suis un pécheur. » « Eh bien, ne savez-vous pas que Dieu veut vous faire miséricorde — qu’il y a pardon auprès de Dieu ? Il veut que vous vous repentiez et que vous veniez à lui. » « Oui, je le sais ; mais — cela ne m’a pas encore frappé. » Il en revenait toujours là. Pauvre homme ! il descendit dans la tombe dans un état d’indécision. Soixante longues années Dieu lui donna pour se repentir ; et tout ce qu’il eut à dire au terme de ces années, c’est que cela « ne l’avait pas encore frappé ».

Quelque lecteur attend-il un sentiment étrange — vous ne savez lequel ? Nulle part dans la Bible il n’est dit à un homme d’attendre ; Dieu vous commande maintenant de vous repentir.

Pensez-vous que Dieu puisse pardonner à un homme qui ne veut pas être pardonné ? Serait-il heureux si Dieu lui pardonnait dans cette disposition d’esprit ? Eh quoi, si un homme entrait dans le royaume de Dieu sans repentance, le ciel serait pour lui un enfer. Le ciel est un lieu préparé pour un peuple préparé. Si votre garçon a mal agi et ne veut pas se repentir, vous ne pouvez lui pardonner. Vous lui feriez une injustice. Supposons qu’il aille à votre bureau, y dérobe dix dollars et les dilapide. À votre retour, votre serviteur vous rapporte ce qu’a fait votre garçon. Vous demandez si c’est vrai, et il le nie. Mais vous finissez par en avoir la preuve certaine. Même lorsqu’il constate qu’il ne peut plus le nier, il refuse de confesser son péché, et dit qu’il recommencera à la première occasion. Lui diriez-vous : « Eh bien, je te pardonne », et en resteriez-vous là ? Non ! Et pourtant des gens disent que Dieu va sauver tous les hommes, qu’ils se repentent ou non — ivrognes, voleurs, prostituées, débauchés, peu importe. « Dieu est si miséricordieux », disent-ils. Cher ami, ne vous laissez pas tromper par le dieu de ce monde. Là où il y a une véritable repentance et un retour du péché vers Dieu, il viendra à vous et vous bénira ; mais jamais il ne bénit avant qu’il n’y ait une repentance sincère.

David commit à cet égard une déplorable erreur avec son fils rebelle, Absalom. Il ne pouvait faire à son fils de plus grande injustice que de lui pardonner alors que son cœur demeurait inchangé. Il ne pouvait y avoir entre eux de véritable réconciliation là où il n’y avait point de repentance. Mais Dieu ne commet pas de telles erreurs. David s’attira des malheurs à cause de son erreur de jugement. Son fils ne tarda pas à chasser son père du trône.

Parlant de la repentance, le docteur Brooks, de Saint-Louis, remarque justement : « La repentance, à strictement parler, signifie un “changement de disposition ou de dessein” ; par conséquent, c’est le jugement que le pécheur prononce sur lui-même, en considérant l’amour de Dieu manifesté dans la mort de Christ, joint à l’abandon de toute confiance en soi-même et à la confiance dans le seul Sauveur des pécheurs. La repentance qui sauve et la foi qui sauve vont toujours de pair ; et vous n’avez pas à vous tourmenter au sujet de la repentance, pourvu que vous croyiez. »

« Certaines personnes ne sont pas sûres de s’être “assez repenties”. Si vous entendez par là qu’il vous faut vous repentir afin d’incliner Dieu à vous faire miséricorde, plus tôt vous renoncerez à une telle repentance, mieux cela vaudra. Dieu est déjà miséricordieux, comme il l’a pleinement montré à la croix du Calvaire ; et c’est un grave outrage à son cœur d’amour que de penser que vos larmes et votre angoisse le fléchiront, sans savoir que “la bonté de Dieu te pousse à la repentance”. Ce n’est donc pas votre méchanceté, mais sa bonté, qui conduit à la repentance ; aussi la vraie manière de se repentir est-elle de croire au Seigneur Jésus-Christ, “lequel a été livré pour nos offenses, et est ressuscité pour notre justification”. »

Autre chose. S’il y a véritable repentance, elle portera du fruit. Si nous avons fait tort à quelqu’un, nous ne devrions jamais demander à Dieu de nous pardonner tant que nous ne sommes pas disposés à réparer. Si j’ai fait à quelqu’un une grande injustice et que je puisse la réparer, je n’ai pas à demander à Dieu de me pardonner tant que je ne suis pas disposé à la réparer. Supposons que j’aie pris une chose qui ne m’appartient pas. Je n’ai aucun droit d’attendre le pardon avant d’avoir fait restitution.

Je me souviens d’avoir prêché dans l’une de nos grandes villes ; à la fin, un homme de belle prestance vint à moi. Il était dans une grande détresse d’esprit. « Le fait est, dit-il, que je suis un détourneur de fonds. J’ai pris de l’argent qui appartenait à mes employeurs. Comment puis-je devenir chrétien sans le restituer ? » « Avez-vous cet argent ? » Il me dit qu’il ne l’avait pas en entier. Il avait pris environ 1 500 dollars, et il lui en restait environ 900. Il dit : « Ne pourrais-je pas prendre cet argent, me lancer dans les affaires et gagner de quoi les rembourser ? » Je lui répondis que c’était là une illusion de Satan ; qu’il ne pouvait espérer prospérer avec de l’argent volé ; qu’il devait restituer tout ce qu’il possédait, et aller demander à ses employeurs d’avoir pitié de lui et de lui pardonner. « Mais ils me mettront en prison, dit-il ; ne pouvez-vous m’aider en rien ? » « Non, vous devez restituer l’argent avant de pouvoir espérer aucun secours de Dieu. » « C’est bien dur », dit-il. « Oui, c’est dur ; mais la grande erreur fut de commettre le mal au commencement. »

Son fardeau devint si lourd qu’il en devint insupportable. Il me remit l’argent — 950 dollars et quelques cents — et me pria de le rapporter à ses employeurs. Le lendemain soir, les deux employeurs et moi nous réunîmes dans une salle attenante de l’église. Je déposai l’argent et les informai qu’il venait de l’un de leurs employés. Je leur racontai l’histoire et leur dis qu’il attendait d’eux la miséricorde, et non la justice. Les larmes coulèrent sur les joues de ces deux hommes, et ils dirent : « Pardonnez-lui ! Oui, nous serons heureux de lui pardonner. » Je descendis et le fis monter. Après qu’il eut confessé sa faute et reçu le pardon, nous nous mîmes tous à genoux et tînmes une bénie réunion de prière. Dieu nous rencontra et nous bénit là.

J’avais un ami qui, il y a quelque temps, était venu à Christ et voulait se consacrer, lui et ses biens, à Dieu. Il avait eu autrefois des affaires avec le gouvernement et en avait tiré un avantage indu. Cette affaire ressurgit lors de sa conversion, et sa conscience le tourmentait. Il dit : « Je veux consacrer mes biens, mais il semble que Dieu ne veuille pas les accepter. » Il livra un combat terrible ; sa conscience ne cessait de se dresser et de le frapper. Enfin, il rédigea un chèque de 1 500 dollars et l’envoya au Trésor des États-Unis. Il me dit qu’il reçut une telle bénédiction lorsqu’il l’eut fait. C’était là porter « du fruit digne de la repentance ». Je crois qu’un très grand nombre d’hommes crient à Dieu pour la lumière, et ne la reçoivent pas parce qu’ils ne sont pas honnêtes.

Je prêchais un jour, et un homme vint à moi ; il n’avait que trente-deux ans, mais ses cheveux étaient tout gris. Il dit : « Je veux que vous remarquiez que mes cheveux sont gris, et je n’ai que trente-deux ans. Depuis douze ans, je porte un lourd fardeau. » « Eh bien, dis-je, de quoi s’agit-il ? » Il regarda autour de lui, comme s’il craignait qu’on l’entendît. « Eh bien, répondit-il, mon père mourut et laissa à ma mère le journal du comté, et rien d’autre : c’était tout ce qu’elle avait. Après sa mort, le journal commença à péricliter, et je voyais ma mère sombrer rapidement dans le besoin. Le bâtiment et le journal étaient assurés pour mille dollars, et à vingt ans je mis le feu au bâtiment, obtins les mille dollars et les donnai à ma mère. Depuis douze ans, ce péché me hante. J’ai essayé de le noyer en me livrant au plaisir et au péché ; j’ai maudit Dieu ; je me suis jeté dans l’incrédulité ; j’ai tenté de démontrer que la Bible n’est pas vraie ; j’ai fait tout ce que je pouvais : mais, toutes ces années, j’ai été tourmenté. » Je dis : « Il y a un moyen d’en sortir. » Il demanda : « Lequel ? » Je répondis : « Faites restitution. Asseyons-nous, calculons les intérêts, puis vous verserez la somme à la Compagnie. » Cela vous aurait fait du bien de voir le visage de cet homme s’illuminer lorsqu’il découvrit qu’il y avait de la miséricorde pour lui. Il dit qu’il serait heureux de rembourser la somme et les intérêts, pourvu seulement qu’il pût être pardonné.

Il y a aujourd’hui des hommes dans les ténèbres et la servitude parce qu’ils ne veulent pas se détourner de leurs péchés et les confesser ; et je ne sais comment un homme peut espérer être pardonné s’il n’est pas disposé à confesser ses péchés.

Souvenez-vous que maintenant est le seul jour de grâce que vous aurez jamais. Vous pouvez vous repentir maintenant, et voir votre effroyable dossier effacé. Dieu attend pour vous pardonner ; il cherche à vous amener à lui. Mais je crois que la Bible enseigne clairement qu’il n’y a pas de repentance après cette vie. Certains vous parlent de la possibilité de se repentir dans la tombe ; mais je ne trouve pas cela dans l’Écriture. J’ai parcouru ma Bible avec le plus grand soin, et je ne puis y trouver qu’un homme aura une autre occasion d’être sauvé.

Pourquoi demanderait-il davantage de temps ? Vous avez assez de temps pour vous repentir maintenant. Vous pouvez vous détourner de vos péchés à l’instant même, si vous le voulez. Dieu dit : « Je ne désire pas la mort de celui qui meurt, dit le Seigneur, l’Éternel. Convertissez-vous donc, et vivez » (Ézéchiel 18:32).

Christ a dit : « Je ne suis pas venu appeler à la repentance des justes, mais des pécheurs. » Êtes-vous un pécheur ? Alors l’appel à la repentance vous est adressé. Prenez votre place dans la poussière, aux pieds du Sauveur, et reconnaissez votre faute. Dites, comme le publicain d’autrefois : « O Dieu, sois apaisé envers moi, qui suis un pécheur », et voyez avec quelle promptitude il vous pardonnera et vous bénira. Il vous justifiera même et vous tiendra pour juste, en vertu de la justice de Celui qui a porté vos péchés en son propre corps sur la croix.

Il en est peut-être qui se croient justes, et qui pensent, dès lors, n’avoir pas besoin de se repentir ni de croire à l’Évangile. Ils ressemblent au pharisien de la parabole, qui remerciait Dieu de ce qu’il n’était pas comme le reste des hommes — « ravisseurs, injustes, adultères, ou même comme ce publicain » ; et qui ajoutait : « je jeûne deux fois la semaine, je donne la dîme de tous mes revenus ». Quel est le jugement porté sur de telles personnes imbues de leur propre justice ? « Je vous le dis, cet homme [le pauvre publicain contrit et repentant] descendit dans sa maison justifié, plutôt que l’autre » (Luc 18:11-14). « Il n’y a point de juste, Pas même un seul. » « Tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu » (Romains 3:10, 23). Que nul ne dise que lui n’a pas besoin de se repentir. Que chacun prenne sa vraie place — celle d’un pécheur ; alors Dieu l’élèvera jusqu’à la place du pardon et de la justification. « Quiconque s’élève sera abaissé, et quiconque s’abaisse sera élevé » (Luc 14:11).

Partout où Dieu voit une véritable repentance dans le cœur, il vient à la rencontre de cette âme.

J’étais dans le Colorado, prêchant l’Évangile il y a quelque temps, et j’entendis une chose qui toucha profondément mon cœur. Le gouverneur de l’État traversait la prison, et dans une cellule il trouva un jeune homme dont la fenêtre était pleine de fleurs, qui semblaient avoir été soignées avec une très tendre attention. Le gouverneur regarda le prisonnier, puis les fleurs, et demanda à qui elles étaient. « Ce sont mes fleurs », dit le pauvre détenu. « Aimez-vous les fleurs ? » « Oui, monsieur. » « Depuis combien de temps êtes-vous ici ? » Il lui dit tant d’années : il purgeait une longue peine. Le gouverneur, surpris de le trouver si épris de fleurs, lui dit : « Pouvez-vous me dire pourquoi vous aimez tant ces fleurs ? » Avec beaucoup d’émotion, il répondit : « Du vivant de ma mère, elle tenait beaucoup aux fleurs ; et lorsque je suis arrivé ici, j’ai pensé que, si j’en avais, elles me rappelleraient ma mère. » Le gouverneur en fut si touché qu’il dit : « Eh bien, jeune homme, si vous pensez tant à votre mère, je crois que vous saurez apprécier votre liberté », et il le gracia sur-le-champ.

Lorsque Dieu trouve cette belle fleur de la véritable repentance qui éclôt dans le cœur d’un homme, alors le salut vient à cet homme.

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Le chemin vers Dieu Dwight L. Moody

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