Chapitre 8 · 16 min de lecture
Les questions quakers
Après l’impression faite sur mon jeune esprit par l’enseignement touchant la conduite perceptible du Saint-Esprit, venait, par ordre d’importance, celle que produisaient les « témoignages des Amis », comme on les appelait, et les « Questions » qui s’y fondaient.
Ces « Questions » étaient une série d’interrogations touchant la pratique du quakerisme. On les posait et l’on y répondait solennellement une fois par mois dans les Assemblées mensuelles, qui avaient été instituées pour traiter les affaires de la Société. Il y avait huit de ces Questions, et elles formaient un noble code de morale, propre à produire un peuple d’une droiture et d’une honnêteté inébranlables dans toutes ses affaires, et d’une retenue et d’un renoncement remarquables dans sa vie privée. Si fort que je m’en irritasse, enfant, je n’ai jamais pu oublier les leçons qu’elles enseignaient ; aujourd’hui encore, je me trouve souvent guidée par leurs préceptes.
Avec un tel examen mensuel de la conduite qu’exigeaient ces Questions, il était presque inévitable qu’un haut degré de droiture devînt partie intégrante de la vie d’un Quaker, et je sens que ce fut un élément inestimable de ma propre formation religieuse.
Derrière ces Questions s’étendait un corps de « témoignages des Amis » d’où les Questions étaient issues.
Bien que non écrits — sauf dans la mesure où ils s’exprimaient dans les Questions — ces témoignages liaient absolument tout vrai Ami. J’ai souvent pensé qu’ils étaient, en réalité, nos Dix Commandements quakers, quoique personne ne l’ait jamais dit. Enfant, je croyais certainement que c’étaient des commandements particuliers qui nous avaient été donnés en tant que Quakers, nous distinguant de tous les chrétiens qui nous entouraient et faisant de nous le « peuple à part » que nous étions fiers de nous nommer.
Beaucoup de ces témoignages étaient stricts et sévères, et aux gens du dehors ils durent souvent paraître durs. Mais comme tous les Quakers que je connaissais y avaient été élevés dès l’enfance, ils ne pesaient pas sur nous aussi lourdement qu’on pourrait le supposer. Ils servaient toutefois à faire marcher les pieds des Quakers dans un chemin resserré — « la porte étroite et le chemin resserré » dont parle l’Écriture comme du seul sentier qui « mène à la vie ».
Chacun de ces témoignages avait été, le croyions-nous pieusement, directement révélé par le Saint-Esprit aux premiers Amis ; et, quelque déraisonnables qu’ils eussent pu autrement paraître, nous, jeunes Amis, les révérions comme les oracles mêmes de Dieu.
Comme ces Questions sont presque entièrement tombées à l’arrière-plan chez les Quakers de ces dernières années, je les consignerai ici comme un fidèle exposé du quakerisme de ma jeunesse.
Première Question. — Toutes nos assemblées religieuses de culte et de discipline sont-elles dûment fréquentées ; l’heure est-elle observée ; et les Amis sont-ils exempts d’y dormir et de toute autre conduite malséante ?
Deuxième Question. — L’amour et l’unité sont-ils maintenus parmi vous ? Le colportage de propos et la médisance sont-ils découragés ? Et lorsque des différends s’élèvent, s’efforce-t-on d’y mettre fin promptement ?
Troisième Question. — Les Amis ont-ils soin d’élever ceux qui leur sont confiés dans la simplicité du langage, de la conduite et du vêtement ; dans la lecture fréquente des Saintes Écritures ; et de les détourner de la lecture des livres pernicieux et des conversations corrompues ? Et en sont-ils eux-mêmes de bons exemples à ces égards ?
Quatrième Question. — Les Amis ont-ils soin de décourager la distillation et l’usage superflus des liqueurs spiritueuses, et la fréquentation des tavernes ; d’éviter les lieux de divertissement ; et de garder une vraie modération et une vraie tempérance aux mariages, aux enterrements et en toutes autres occasions ?
Cinquième Question. — Les besoins des Amis pauvres sont-ils dûment examinés, et sont-ils secourus ou assistés dans un travail proportionné à leurs facultés ? Leurs enfants reçoivent-ils librement l’instruction propre à les préparer aux affaires, et sont-ils, comme les enfants des autres Amis, placés parmi les Amis ?
Sixième Question. — Maintenez-vous un fidèle témoignage contre les serments ; contre un ministère mercenaire ; contre le port des armes, les exercices militaires et autres services de guerre ; contre le fait de se livrer à un commerce frauduleux ou clandestin ; d’acheter ou de vendre des marchandises ainsi importées, ou de trafiquer des marchandises de prise ; et contre l’encouragement des loteries de toute espèce ?
Septième Question. — Les Amis ont-ils soin de vivre dans les limites de leur condition et de garder la modération dans leur métier ou leurs affaires ? Sont-ils fidèles à leurs promesses et justes dans le paiement de leurs dettes ? Et lorsque quelqu’un donne raisonnablement lieu de craindre à ces égards, travaille-t-on à temps avec lui pour sa préservation ou son relèvement ?
Huitième Question. — Avez-vous le soin convenable de traiter régulièrement tous les fautifs dans l’esprit de douceur, sans partialité ni retard inutile, pour leur bien ; et lorsque ce travail demeure sans effet, prononcez-vous sur eux le jugement dans l’autorité de la vérité ?
La lecture de ces Questions dans nos Assemblées mensuelles constituait une sorte de confession publique et mensuelle pour toute la Société, et c’étaient des saisons de solennel examen de soi pour les vieux comme pour les jeunes. Chaque assemblée particulière relevant de l’Assemblée mensuelle envoyait son propre jeu de réponses, et l’examen de celles-ci était appelé « la considération de l’état de la société ».
Des réponses comme celles-ci demeurent dans ma mémoire : « Nos assemblées ont toutes été dûment fréquentées par la plupart de nos membres, mais quelques Amis n’ont pas observé l’heure. »
« Généralement exemptes de conduite malséante, mais on a observé quelque sommeil. »
« Les Amis ont généralement soin d’élever leurs enfants dans la simplicité du langage, de la conduite et du vêtement, mais plus de fidélité à cet égard serait désirable. »
« Notre témoignage contre les serments, contre un ministère mercenaire, contre le port des armes, contre le fait de se livrer à un commerce clandestin, et contre l’encouragement des loteries, a été fidèlement maintenu par tous nos membres. »
La coutume était, après la lecture de chaque Question et de sa réponse, qu’un temps de silence suivît, donnant aux Amis l’occasion de « se soulager l’esprit » de quelque message qui pouvait leur avoir été donné touchant cette Question particulière. Ces intervalles étaient généralement, pour tous les assistants, des moments de profond examen du cœur.
Autant qu’il m’en souvienne, la Question sur laquelle on prêchait le plus fréquemment et le plus ardemment était la Troisième, touchant le témoignage pour « la simplicité du langage, de la conduite et du vêtement, et contre les vaines modes du monde ». C’était ce témoignage qui contribuait le plus à faire des Quakers un « peuple à part », et qui nous causait, à nous jeunes Amis, les plus grands crève-cœur. Je me rappelle vivement la souffrance que j’endurais chaque mois, assise à côté de ma mère, à écouter lire et expliquer cette Question. Ma crainte constante était qu’elle ne la rendît plus stricte encore à nous tenir loin des « vaines modes du monde », lesquelles, en dépit de toute notre éducation, exerçaient une fascination que nous ne pûmes jamais tout à fait vaincre. Comme l’Ami désigné pour lire les Questions approchait de celle-là, je m’efforçais de mon mieux d’abstraire mon esprit, me bouchant même furtivement les oreilles, tâchant de me leurrer moi-même en pensant que, si je ne l’entendais pas, ma mère ne la remarquerait pas non plus. Mais hélas, j’étais toujours vouée à la déception, car la prédication sur cette Question était la plus fréquente et la plus enflammée, et à la fin, elle et moi étions obligées de l’écouter.
Deux incidents de mon enfance, liés à cette Question, me reviennent avec une grande vivacité.
Notre mère nous avait acheté des châles de crêpe de Chine blanc à de ravissantes longues franges, qui nous semblaient trop belles pour qu’on les pût dire, et nous les portions avec un immense orgueil. Un jour, cependant, elle revint d’une assemblée où les Questions avaient été lues et où l’on y avait répondu, et nous dit qu’elle avait senti, durant l’assemblée, que nos longues franges étaient trop « mondaines » pour des enfants d’Amis, et qu’elle croyait de son devoir de les couper plus courtes.
Je revois tout cela maintenant : comme elle étendait avec soin les châles sur une grande table, posait une règle en travers de la frange à ce qu’elle jugeait la longueur convenable, et se mettait à couper tous les beaux brins de trop. C’était comme si l’on nous tranchait le cœur même. Je me rappelle comme nous suppliions et suppliions que la règle fatale fût abaissée juste un peu plus loin. Notre grande crainte était que nos franges ne fussent plus courtes que celles de nos amies intimes Hannah et Jane Scull, à qui l’on permettait d’être un peu plus mondaines que nous. Que leurs franges fussent, ne fût-ce que d’un dixième de pouce, plus longues que les nôtres nous semblait une calamité insupportable. Je ne puis me rappeler comment l’affaire finit, mais je n’oublierai jamais les angoisses d’esprit que nous endurâmes durant l’opération.
Une autre expérience, liée à une robe, me laissa une impression indélébile. La manche tenue pour « simple » de mon temps était la manche à gigot, et toutes nos robes étaient faites en conséquence. Mais quelque influence bienveillante — laquelle, nous ne le sûmes jamais — poussa notre mère, un printemps, à permettre que nos manches fussent faites un peu à la mode du jour, qui se trouvait alors être la manche « à l’évêque », bouffante à l’épaule et au poignet. Les manches à l’évêque à la mode étaient très larges, mais les nôtres étaient toutes petites ; toutefois, c’étaient de vraies manches à l’évêque, et notre fierté en était immense. Elles appartenaient à nos robes d’école neuves du printemps, d’une indienne rayée de brun et de blanc — du « calicot », comme nous l’appelions. Bien que le temps fût encore hivernal, notre désir d’exhiber nos manches à la mode était si accablant que rien ne nous contentait sinon de les mettre et de faire une longue promenade sans nos manteaux ; et jamais deux petites filles plus fières ne parcoururent les rues de Philadelphie que Hannah et Sally Whitall ce matin-là. Je me rappelle que notre sœur cadette Mary voulut venir avec nous, mais ses manches étaient encore à gigot, et nous sentîmes que cela gâterait tout l’effet si un membre de notre groupe paraissait sous la forme dédaignée ; aussi la fîmes-nous marcher sur le trottoir d’en face. Je vois encore ses regards pleins d’envie de l’autre côté de la rue, tandis qu’elle admirait notre gloire de loin.
Elle eut bientôt sa revanche. Les « pantalons » à volants (comme nous appelions alors les caleçons), descendant jusqu’aux pieds, étaient venus à la mode, et quand notre mère lui en fit une paire neuve, ils étaient longs et à volants, tandis que nous devions encore porter les nôtres, tout unis et ourlés, ne dépassant pas au bas de nos robes. Cette fois, Mary aussi sortit se promener pour étaler sa nouvelle parure, mais, plus bonne que nous ne l’avions été, elle nous invita à l’accompagner. J’ai honte de dire que le vieil homme en nous s’indigna si fort de sa condition privilégiée que nous refusâmes de marcher du même côté de la rue qu’elle, et passâmes dédaigneusement de l’autre côté, la laissant marcher seule, toute la gloire de ses beaux pantalons à volants anéantie par notre cruel mépris et notre méchanceté.
Les premiers Amis, dans leur témoignage contre les sots changements de la mode chez les « gens du monde », s’en étaient tenus, autant que possible, au style de vêtement en vogue lorsqu’ils parurent. En fort peu d’années, cela devint naturellement singulier, et finit par se développer en une sorte d’uniforme quaker que tous les Amis fidèles se sentaient « conduits » à adopter. Je dis « autant que possible », parce que certains styles, lorsqu’ils cessaient d’être à la mode, disparaissaient bientôt du marché et ne se pouvaient plus aisément trouver ; et aussi parce que même les Amis les plus stricts ne pouvaient s’empêcher d’être quelque peu influencés par le temps et l’habitude.
Leur témoignage touchant la simplicité du vêtement n’était pas un témoignage pour ou contre telle mode particulière, mais simplement une protestation contre le fait de suivre les « vaines modes du monde ». Le temps qu’un style fût devenu démodé et sortît de l’usage, les Quakers étaient prêts à l’adopter.
J’ai récemment rencontré une curieuse illustration de ceci dans des extraits d’un vieux journal. Au temps de la reine Élisabeth, avant que les Quakers existassent, la mode générale était de porter des tabliers verts comme partie de la toilette d’une dame se rendant à l’église. Mais lorsque les Quakers parurent, ce style commençait à s’éteindre, et les tabliers blancs empesés devenaient à la mode. Afin de ne point suivre les modes changeantes, les Amis s’en tinrent aux tabliers verts pour leur toilette d’assemblée, et leurs prédicateurs dénonçaient les tabliers blancs à la mode comme « mondains et souillants ». On rapporte qu’un vieux prédicateur déclara que l’eau d’amidon dont on les empesait était « l’eau du diable dont il leur fallait être aspergés », mettant ses auditeurs en garde contre son usage contaminant.
Chose curieuse, cette répugnance quaker à suivre les modes du monde s’étendait même à bien des inventions utiles, dont on supposerait que le bon sens pratique des Amis eût fait bon accueil. Je me souviens du temps où les machines à coudre parurent pour la première fois ; on les tenait pour extrêmement mondaines. Lorsque je résolus d’en acheter une, je dus faire l’emplette en secret et cacher la machine dans la pièce la plus inaccessible de la maison, de peur que quelqu’un ne fût peiné de ma mondanité. Bien entendu, plus tard, quand les Amis se furent accoutumés à la nouveauté, les machines à coudre devinrent communes dans tout ménage quaker bien tenu ; mais longtemps je gardai le sentiment inquiet d’être déchue de la grâce à cause de la chose mondaine que j’avais acquise.
Le degré de simplicité variait nécessairement de génération en génération. Mais quel que fût ce degré, le témoignage contre les vaines modes du monde demeurait immuable, et chaque génération sentait que le costume établi de son temps était, en quelque sorte, une ordonnance divine, dont le modèle avait été tracé dans le Ciel même.
Cette conviction de la sainteté du « vêtement simple » venait en grande partie, je crois, de ce que presque toute l’expérience religieuse personnelle semblait passer par ce canal. L’Ami nouvellement réveillé, jeune ou vieux, était invariablement confronté à la question de « devenir simple », et l’abandon de la volonté qu’entraînait l’adoption de l’uniforme quaker apportait toujours une telle paix et un tel repos de l’âme qu’il était presque inévitable qu’ils regardassent le vêtement simple comme la cause de la bénédiction. Cela était surtout vrai de notre cher père. Dans son journal, à la date de 1823, quand il avait juste vingt-trois ans, il écrit : « De retour au foyer après mon cinquième voyage, je crus juste d’adopter le vêtement et le langage simples des Amis. Tandis que j’en éprouvais la conviction, et craignant de perdre ma place si je le faisais, je rencontrai Samuel Bettle père, qui, sans rien savoir de l’état de détresse de mon esprit, me dit que si j’étais fidèle à ce que je sentais être juste, le Seigneur m’ouvrirait un chemin là où il semblait n’y en avoir aucun ; ce qu’en effet Il fit, me donnant faveur aux yeux de mon employeur, à mon grand réconfort. Apprenant qu’un navire avait besoin d’un second, j’empruntai un habit simple à mon ami James Cox — le mien n’étant pas prêt — et me présentai au capitaine, lui disant que je ne pouvais le traiter de “Monsieur” ni de “Sire” comme il était d’usage. Il répondit avec bonté que ce ne serait qu’une curiosité de neuf jours, et m’engagea aussitôt comme second. Ainsi ma prière fut exaucée, et un chemin me fut ouvert là où je n’en voyais aucun. Loué soit à jamais le nom du Seigneur. »
Ce fut le tournant de sa vie religieuse, suivi d’un tel élan de l’âme et d’un tel sentiment de l’amour de Dieu qu’il ne put jamais dissocier les deux expériences. Toute sa vie, il crut que si quelqu’un adoptait le même vêtement, la même bénédiction s’ensuivrait. Je crois qu’il eût volontiers donné un habit simple à quiconque eût consenti à le porter, et rien ne troubla jamais sa profonde conviction que les habits simples et les bonnets simples avaient été façonnés et taillés sur un modèle dans le Ciel.
Il nous assura même une fois qu’il croyait pleinement que les armées du Ciel, dont parle Apocalypse 19.14, qui suivaient le Roi des rois sur des chevaux blancs, portaient toutes des « habits simples ». Il était membre du Conseil d’un collège quaker près de Philadelphie, où tous les étudiants devaient porter des habits simples à col droit. Mais par temps chaud, quand les étudiants étaient obligés de porter des vestes de toile ou de coutil, les minces cols s’affaissaient à la chaleur. Lorsque la question vint devant le Conseil de savoir si l’on pouvait permettre les cols rabattus en de telles circonstances, quelques membres étaient enclins à l’autoriser, mais notre père ne voulut pas en entendre parler. Il déclara que si l’on ne pouvait autrement faire tenir les cols, il fallait user de baleine pour les raidir, car « tenir, ils le devaient ». Je crois, toutefois, que la chaleur de l’été finit par se montrer trop forte même pour ses robustes principes, et qu’il consentit à contrecœur aux cols rabattus.
Je ne doute pas que des choses semblables se produisent dans d’autres confessions que celle des Amis. Elles aussi ont leurs formes et leurs cérémonies particulières exigées de leurs membres, et la soumission à celles-ci aboutit souvent à un sentiment de paix et de repos spirituel semblable à celui qu’éprouvaient les Amis en adoptant le vêtement simple. Et, comme les Amis, beaucoup ont supposé que ces formes ou ces cérémonies étaient la cause de la bénédiction, et les ont élevées à un rang de sainteté, les croyant ordonnées et taillées sur un modèle dans le Ciel. Je le sentis très vivement il n’y a pas longtemps, en assistant à une messe catholique romaine en Italie. J’étais encline à critiquer les somptueux ornements des prêtres, pensant que le Seigneur ne pouvait aucunement se soucier de telles choses, quand soudain il me vint à l’esprit qu’il n’y avait, après tout, aucune différence réelle entre une robe de pourpre et d’or et un habit noir à col droit, ou entre le costume pittoresque d’une Sœur de Charité et un bonnet en forme de pelle à sucre avec un châle gris tourterelle. De même que les Quakers de mon enfance étaient certains que leurs vêtements simples plaisaient à Dieu, de même ces prêtres dévoués étaient certains que leurs riches ornements étaient agréés à Ses yeux. Chacun croyait obéir au Seigneur dans son vêtement, et leur obéissance, selon leur intelligence des choses, était le point essentiel.
Depuis ce temps-là, je n’ai eu aucune peine à ressentir une charité chrétienne absolue envers toute forme ou cérémonie sincère, si contraire fût-elle à mes propres idées ; car je comprends la profonde vérité de ces paroles : « l’Éternel ne regarde pas ce que l’homme regarde ; l’homme regarde à ce qui frappe les yeux, mais l’Éternel regarde au cœur. »