Le secret de la direction divine
Comment porter la douleur

Chapitre 7 · 16 min de lecture

Comment porter la douleur

Vous traversez un temps de profonde douleur. L’affection sur laquelle vous vous appuyiez vous a soudain manqué, et s’est tarie comme un torrent dans le désert — d’abord un mince filet d’eau, puis quelques flaques peu profondes, et enfin la sécheresse. Sans cesse vous prêtez l’oreille à des pas qui ne viennent pas, vous attendez une parole qui n’est pas dite, vous languissez après une réponse qui tarde à venir.

Peut-être les économies de toute votre vie ont-elles soudain disparu. Au lieu de secourir les autres, il vous faut être secouru ; ou bien vous devez quitter le nid douillet où vous étiez à l’abri des tempêtes de la vie pour vous en aller seul dans un monde hostile ; ou encore vous êtes soudain appelé à porter le fardeau d’une autre existence, sans prendre pour vous-même aucun repos jusqu’à ce que vous l’ayez conduite, à travers des mers sombres et difficiles, jusqu’au port. Votre santé, ou votre vue, ou votre énergie nerveuse décline ; vous portez en vous-même la sentence de mort ; et l’angoisse d’anticiper l’avenir est presque insupportable. Dans d’autres cas, c’est le sentiment d’une perte récente causée par la mort, comme la trouée dans la clairière de la forêt, là où le bûcheron vient d’abattre des arbres.

En de tels moments, la vie semble presque insupportable. Chaque jour sera-t-il aussi long que celui-ci ? Les heures, qui s’écoulent si lentement, hâteront-elles jamais leur cours ? La vie se revêtira-t-elle jamais d’un autre vêtement que les lambeaux d’automne déchirés d’une gloire d’été enfuie ? Dieu a-t-il oublié d’avoir compassion? A-t-il, dans sa colère, retiré sa miséricorde? Sa bonté est-elle à jamais épuisée?

Cette route a été foulée par des myriades. — Quand vous songez aux guerres dévastatrices qui ont balayé chaque pays et ravagé chaque contrée ; aux expéditions des Nimrod, des Nabuchodonosor, des Tamerlan, des Napoléon de l’histoire ; à l’impitoyable traite des esclaves, qui n’a jamais cessé de décimer l’Afrique ; à toute la tyrannie, l’oppression, l’injustice que les faibles et les sans-défense ont subies de la main de leurs semblables ; aux douleurs indicibles des femmes et des enfants — assurément, vous devez voir que, de loin, le plus grand nombre des membres de notre race a traversé les mêmes chagrins amers que ceux qui déchirent votre cœur.

Jésus-Christ lui-même a foulé ce sentier difficile, laissant les traces de son sang sur ses cailloux ; et des apôtres, des prophètes, des confesseurs et des martyrs ont passé par le même chemin. Il est consolant de savoir que d’autres ont traversé la même vallée obscure, et que les grandes multitudes qui se tiennent devant l’Agneau, portant les palmes de la victoire, sont venues de la grande tribulation. Où ils étaient, nous sommes ; et, par la grâce de Dieu, où ils sont, nous serons.

Ne parlez pas de punition. — Vous pouvez parler de châtiment ou de correction, car notre Père nous traite comme des fils ; ou vous pouvez parler de récolter les fruits des fautes et des péchés jadis semés comme des graines dans les sillons de la vie ; ou vous pouvez avoir à porter les conséquences des péchés et des fautes d’autrui ; mais ne parlez pas de punition. Assurément, toute la culpabilité et toute la peine du péché ont été mises sur Jésus, et il les a ôtées pour toujours. À lui les meurtrissures et le châtiment qui nous donne la paix. Si Dieu nous punissait pour nos péchés, il semblerait que les souffrances du Christ fussent incomplètes ; et s’il commençait une fois à nous punir, la vie serait trop courte pour nous infliger tout ce que nous méritons. D’ailleurs, comment expliquer les anomalies de la vie, et les lourdes souffrances des saints comparées à la vie insouciante des impies ? Assurément, si nos souffrances étaient une punition, ces sorts seraient inversés.

La douleur est le creuset du raffineur. — Elle peut être causée par la négligence ou la cruauté d’autrui, par des circonstances que celui qui souffre ne maîtrise pas, ou comme la conséquence directe de quelque heure sombre d’un passé lointain ; mais dès lors que Dieu a permis qu’elle vienne, il faut l’accepter comme venant de lui, et la considérer comme la fournaise par laquelle il sonde, éprouve, examine et purifie l’âme. La souffrance nous sonde comme le feu sonde les métaux. Nous nous croyons tout entiers à Dieu, jusqu’à ce que nous soyons exposés au feu purificateur de la douleur. Alors nous découvrons, comme Job le fit, combien il y a de scories en nous, et combien peu de véritable patience, de résignation et de foi. Rien ne nous détache autant des choses de ce monde, de la vie des sens, de la glu des affections terrestres. Il n’y a probablement pas d’autre moyen d’arrêter la puissance de la vie propre, afin que la vie de Jésus soit manifestée dans notre chair mortelle.

Mais Dieu garde toujours dans ses propres mains la discipline de la douleur. — Notre Seigneur a dit : « Mon Père est le vigneron. » Sa main tient le couteau de l’émondeur. Son œil surveille le creuset. Sa main délicate est sur le pouls tandis que l’opération se poursuit. Il ne permettra pas même au diable de faire de nous ce qu’il veut. Comme dans le cas de Job, ainsi en est-il toujours. Les moments sont soigneusement mesurés. La rigueur de l’épreuve est exactement déterminée par les réserves de grâce et de force qui gisent, méconnues, au-dedans, mais que l’on cherchera et dont on usera sous la pression sévère de la douleur. Il tient les vents dans son poing, et les eaux dans le creux de sa main. Il n’ose risquer la perte de ce qui lui a coûté le sang de son Fils. « Dieu, qui est fidèle, ne permettra pas que vous soyez tentés au-delà de vos forces. »

Dans la douleur, le consolateur est proche. — « Un secours qui ne manque jamais dans la détresse. » Il siège auprès du creuset, comme celui qui affine l’argent, réglant la chaleur, notant chaque changement, attendant patiemment que l’écume s’écarte et que son propre visage se reflète dans le métal clair et translucide. Aucun ami de la terre ne peut fouler avec vous le pressoir, mais le Sauveur est là, ses vêtements teints du sang des grappes de votre douleur. Osez le répéter souvent, quoique vous ne le sentiez pas, et quoique Satan affirme que Dieu vous a abandonné : « Tu es avec moi. » Prononcez son nom encore et encore : « Jésus, JÉSUS, tu es avec moi. » Ainsi vous prendrez conscience qu’il est là.

Quand des amis viennent vous consoler, ils parlent du pouvoir guérisseur du temps, comme si le meilleur baume pour la douleur était d’oublier ; ou, dans leur bienveillance bien intentionnée, ils vous suggèrent des voyages, des distractions, des divertissements, et montrent leur incapacité à mesurer la nuit noire qui pèse sur votre âme. Aussi vous détournez-vous d’eux, le cœur malade, prêt à dire, comme Job des siens : « Vous êtes tous des consolateurs fâcheux. » Mais pendant tout ce temps, Jésus est plus proche qu’eux, comprenant combien ils vous lassent, connaissant chaque élancement de douleur, touché de compassion, silencieux d’un amour trop plein pour parler, attendant de vous consoler d’heure en heure comme une mère son enfant las et souffrant.

Appliquez-vous à étudier l’art de cette consolation divine, afin de pouvoir consoler ceux qui se trouvent dans quelque affliction par la consolation dont vous avez vous-mêmes été consolés de la part de Dieu (2 Corinthiens 1:4). Il ne fait aucun doute que certaines épreuves nous sont permises, comme à notre Seigneur, pour la seule raison que, par leur moyen, nous devenions capables de témoigner de la sympathie et du secours à autrui. Et nous devons observer avec grand soin chaque symptôme de la douleur, et chaque prescription du grand Médecin, car, selon toute probabilité, nous serons un jour appelés à servir ceux qui traversent des expériences semblables. Ainsi nous apprenons par les choses que nous souffrons et, rendus parfaits, nous devenons pour les âmes en détresse les auteurs d’un secours inestimable et éternel.

Ne vous enfermez pas avec votre douleur. — Un ami, dans la première angoisse d’un deuil, m’écrivit qu’il lui fallait renoncer aux ministères chrétiens qui avaient fait ses délices ; et je lui répondis aussitôt, le pressant de n’en rien faire, car il n’est point pour la peine du cœur de soulagement comparable au service. La tentation de la grande souffrance porte à l’isolement, au retrait de la vie des hommes, à demeurer seul et à garder le silence. N’y cédez pas. Rompez les chaînes glacées de la réserve, si déjà elles se sont formées. Levez-vous, oignez votre tête et lavez votre visage ; allez à votre devoir, d’un pas consentant quoique assagi par l’épreuve.

L’égoïsme de toute espèce, dans ses activités comme dans son repli sur soi, est chose funeste, et il ferme la porte au secours et à l’amour de Dieu. La douleur est encline à l’égoïsme. L’âme, occupée de ses propres chagrins et refusant d’être consolée, devient bientôt une mer Morte, pleine de saumure et de sel, au-dessus de laquelle les oiseaux ne volent pas et au bord de laquelle rien de vert ne pousse. Et ainsi nous manquons la leçon même que Dieu voudrait nous enseigner. Sa guerre constante est dirigée contre la vie propre, et chaque douleur qu’il inflige vise à en desserrer l’emprise sur nous. Mais nous pouvons contrarier son dessein et tirer du poison de ses dons, comme les hommes tirent l’opium et l’alcool de plantes innocentes.

Une femme hindoue, nous dit la belle légende orientale, perdit son unique enfant. Éperdue de douleur, elle implora un prophète de rendre son petit à son amour. Il la regarda longuement avec tendresse, et dit :

« Va, ma fille, apporte-moi une poignée de riz d’une maison où la Mort n’est jamais entrée, et je ferai ce que tu désires. »

La femme commença aussitôt sa recherche. Elle alla de demeure en demeure, et n’eut aucune peine à obtenir ce que le prophète avait demandé ; mais lorsqu’on le lui eût accordé, elle s’enquérait :

« Êtes-vous tous ici autour du foyer — père, mère, enfants — sans qu’il en manque un seul ? »

Invariablement, les gens secouaient la tête, avec des soupirs et des regards attristés. Si loin qu’elle errât, il y avait toujours quelque siège vide auprès du foyer. Et peu à peu, à mesure qu’elle avançait, dit la légende, les flots de sa douleur s’apaisèrent devant le spectacle de la souffrance partout répandue ; et son cœur, cessant d’être occupé de sa propre peine égoïste, s’épanchant en de puissants élans de sympathie pour la souffrance universelle, ses larmes d’angoisse s’adoucirent en larmes de pitié, sa passion se fondit en compassion, elle s’oublia elle-même dans l’intérêt de tous, et trouva sa rédemption en rachetant les autres.

Ne vous reprochez pas de sentir avec force. — Les larmes sont naturelles. Jésus pleura. Un orage sans pluie est lourd de péril ; les gouttes qui tombent rafraîchissent l’air et soulagent l’atmosphère surchargée. Les ruisseaux gonflés indiquent que les neiges fondent sur les collines et que le printemps est proche. « Filles de Jérusalem, dit notre Seigneur, pleurez sur vous et sur vos enfants. »

Porter la douleur avec des yeux secs et un cœur impassible peut convenir à un stoïcien, mais non à un chrétien. Nous n’avons pas à réprimander la tendre nature qui pleure son compagnon, sa joie perdue, le contact de la main disparue, le son de la voix désormais muette, pourvu seulement que la volonté soit soumise. Voilà l’unique question pour ceux qui souffrent — La volonté est-elle droite ? Si elle ne l’est pas, Dieu lui-même ne peut consoler. Si elle l’est, alors le chemin conduira inévitablement de la vallée de l’ombre de la mort à la table du festin et à la coupe qui déborde.

Beaucoup disent : « Je ne puis me sentir résigné. C’est déjà assez d’avoir mon chagrin à porter, mais j’ai encore ce tourment de plus : je ne puis me sentir résigné. »

Ma réponse est invariablement celle-ci : « Vous ne pourrez sans doute jamais sentir la résignation, mais vous pouvez la vouloir. »

Le Seigneur Jésus, au jardin de Gethsémané, nous a montré comment souffrir. Il choisit la volonté de son Père. Bien que Judas, poussé par Satan, fût l’instrument qui prépara la coupe et la porta aux lèvres du Sauveur, Jésus regarda bien au-delà de lui, vers le Père qui permettait à Judas d’accomplir son œuvre cruelle, et il dit : « Ne boirai-je pas la coupe que le Père m’a donnée à boire? » Et il répéta : « S’il n’est pas possible que cette coupe s’éloigne sans que je la boive, que ta volonté soit faite! » Il renonça à sa propre voie et à sa propre volonté, disant : « Je veux ta volonté, mon Père. Que ta volonté soit faite, et non la mienne. »

Que tous ceux qui souffrent et qui lisent ces lignes aillent à l’écart et osent dire les mêmes paroles : « Ta volonté, et non la mienne. Que ta volonté soit faite sur la terre de ma vie, comme dans le ciel de ton dessein. Je choisis ta volonté. » Dites-le avec réflexion et résolution, non parce que vous pouvez le sentir, mais parce que vous le voulez ; non parce que le chemin de la croix est agréable, mais parce qu’il doit être juste. Répétez-le sans cesse, chaque fois que la vague de la douleur déferle sur vous, chaque fois que la plaie se remet à saigner. « Que ma volonté ne se fasse pas, mais la tienne. » Osez dire oui à Dieu. « Oui, Père, je te loue de ce que tu l’as voulu ainsi. »

Et ainsi vous serez amené à sentir que tout est bien et juste. Un grand calme descendra sur votre cœur, une paix qui surpasse toute intelligence, un sentiment de repos qui n’est pas incompatible avec la souffrance, mais qui marche au milieu d’elle comme les trois jeunes gens dans la fournaise ardente, pour qui les charbons embrasés durent être comme l’herbe couverte de rosée d’une clairière.

« Le médecin nous dit que mon petit enfant se mourait. Je me sentis comme une pierre. Mais en un instant, il me sembla lâcher prise sur elle. Elle ne me parut plus mienne, mais à Dieu. »

Appliquez-vous à apprendre les leçons de Dieu. — Chaque douleur porte en son cœur un germe de sainte vérité qui, si vous le recueillez et le semez dans le sol de votre cœur, portera des moissons de fruit, comme des grains de blé tirés de sarcophages de momies fructifient dans la terre d’Angleterre. Dieu met un sens dans chaque coup de son ciseau, dans chaque incision de sa lame. Il connaît la voie qu’il suit. Mais son but ne nous est pas toujours clair.

Dans la souffrance et la douleur, Dieu touche les accords mineurs, développe les vertus passives, et met au jour les trésors des ténèbres, les constellations de la promesse, l’arc-en-ciel de l’espérance, la clarté d’argent de l’alliance. Qu’est-ce que le caractère sans la sympathie, la soumission, la patience, la confiance, et cette espérance qui saisit l’invisible comme une ancre ? Or ces grâces ne sont possibles que par la douleur. La douleur est un jardin dont les arbres sont chargés des fruits paisibles de la justice ; ne le quittez pas sans les emporter avec vous. La douleur est une mine dont les parois étincellent de pierres précieuses ; gardez-vous de revenir sur vos pas vers la lumière du jour sans quelques échantillons. La douleur est une école. Vous y êtes envoyé pour vous asseoir sur ses bancs durs et apprendre, sur ses pages aux lettres noires, des leçons qui vous rendront sages pour toujours ; ne gaspillez pas votre chance d’y être reçu. Miss Havergal parlait souvent de « leçons bien apprises ! »

Comptez sur l’après. — Dieu ne causera pas toujours du chagrin. Il parcourt de sa charrue les mornes acres brunes, fendant la terre docile afin d’y pouvoir jeter le grain précieux. Croyez qu’aux jours de douleur il sème la lumière pour le juste, et la joie pour ceux dont le cœur est droit. Attendez la moisson. Anticipez la joie qui est placée devant vous, et qui inondera votre cœur de chants de ménestrel quand la patience aura produit son œuvre parfaite.

Vous vivrez assez pour reconnaître la sagesse du choix que Dieu a fait pour vous. Vous verrez un jour que ce que vous désiriez n’était que le second choix. Vous serez surpris de vous rappeler que vous avez failli jadis vous briser le cœur et répandre le vin de votre vie pour ce qui ne vous aurait jamais satisfait si vous l’aviez saisi, comme l’enfant le papillon ou la bulle de savon. Vous retrouverez celui que vous aimez. Vous retrouverez votre amour. Vous acquerrez une profondeur de caractère, une largeur de sympathie, une réserve de patience, une aptitude à comprendre et à secourir les autres qui, lorsque vous les déposerez aux pieds du Christ pour qu’il s’en serve, vous feront vous réjouir d’avoir été affligé. Vous verrez le plan et le dessein de Dieu ; vous moissonnerez sa récolte ; vous contemplerez sa face, et vous serez rassasié. Chaque blessure aura sa perle ; chaque carcasse renfermera un essaim d’abeilles ; chaque ennemi, comme Madian pour Gédéon, livrera son riche butin.

Le chemin de la croix, porté comme il se doit, est le seul chemin vers la lumière éternelle. Le sentier qui traverse le jardin de Gethsémané et gravit la colline du Calvaire conduit seul aux visions du matin de Pâques et aux gloires du mont de l’Ascension. Si nous ne voulons pas boire sa coupe, ni être baptisés de son baptême, ni compléter ce qui manque à ses souffrances, nous ne saurions espérer partager les joies de ses noces et l’extase de son triomphe. Mais si ces conditions sont remplies, nous ne manquerons pas une seule note du chant éternel, pas un seul élément de la félicité qui est offerte aux hommes.

Souvenez-vous que, d’une manière ou d’une autre, la souffrance bien portée enrichit et secourt l’humanité. — La mort de Hallam fit naître le poème « In Memoriam » de Tennyson. Le nuage de folie qui pesa sur Cowper nous valut le cantique « Dieu agit d’une manière mystérieuse. » La cécité de Milton lui apprit à chanter « Sainte lumière, rejeton du premier-né des cieux. » Rist disait souvent : « La croix a fait jaillir de moi bien des cantiques. » Et il est probable que nul, où qu’il soit, ne souffre comme il faut sans contribuer en quelque chose à l’allègement de la douleur humaine, au triomphe du bien sur le mal, de l’amour sur la haine, et de la lumière sur les ténèbres.

Si vous croyez cela, ne pourriez-vous pas supporter de souffrir ? La principale misère de toute souffrance n’est-elle pas sa solitude, et peut-être son apparente absence de but ? Alors osez croire que nul ne meurt pour lui-même. Tombez en terre, courageusement et joyeusement, pour mourir. Si vous refusez cela, vous demeurerez seul ; mais si vous y consentez, vous porterez du fruit qui adoucira le sort et fortifiera la vie d’autres, qui peut-être ne connaîtront jamais votre nom, ni ne s’arrêteront pour vous remercier de votre aide.

Page 1 / 1 · 16 min restantes dans le chapitre