Chapitre 9 · 22 min de lecture
Mort avec Christ
Galates 2:20. — J’ai été crucifié avec Christ.
La Version Révisée porte justement le texte ci-dessus : « J’ai été crucifié avec Christ. » Galates 2:20. À ce propos, lisons l’histoire d’un homme qui fut littéralement crucifié avec Christ. Nous pouvons prendre tout le récit de l’œuvre de Christ sur la terre dans la chair comme un type de son œuvre spirituelle. Prenons ici l’histoire du brigand pénitent, Luc 23:39-43, car je pense que nous pouvons apprendre de lui comment vivre en hommes crucifiés avec Christ. Paul dit : « J’ai été crucifié avec Christ. » Et encore : « Pour ce qui me concerne, loin de moi la pensée de me glorifier d’autre chose que de la croix de notre Seigneur Jésus-Christ, par qui le monde est crucifié pour moi, comme je le suis pour le monde! » Galates 6:14. Nous demandons souvent avec ardeur : Comment puis-je être libéré de la vie du moi ? La réponse est : « Procure-toi une autre vie. »
Nous parlons souvent de la puissance du Saint-Esprit qui vient sur nous, mais je doute que nous réalisions pleinement que le Saint-Esprit est une vie céleste qui vient chasser la vie égoïste, charnelle et terrestre. Si nous voulons vraiment jouir pleinement du repos qui est en Jésus, nous ne pouvons l’avoir que lorsqu’il entre, dans la puissance de sa mort, pour mettre à mort ce qu’il y a en nous de la nature, pour en prendre possession, et pour vivre sa propre vie dans la plénitude du Saint-Esprit.
La Parole de Dieu nous conduit à la croix de Christ, et elle nous enseigne au sujet de cette croix deux choses. Elle nous dit que Christ est mort pour le péché. Nous comprenons ce que cela signifie : dans son expiation, il est mort comme moi je ne meurs jamais, comme je ne peux jamais mourir, comme je n’ai jamais besoin de mourir ; il est mort pour le péché et pour moi.
Qu’est-ce qui donnait à sa mort une telle puissance d’expiation ? demanderez-vous. C’était ceci : l’esprit dans lequel il est mort, non la souffrance physique, non l’acte extérieur de la mort, mais l’esprit dans lequel il est mort. Et quel était cet esprit ? Il est mort au péché. Le péché l’avait tenté, l’avait entouré, et l’avait amené tout près de dire : « Je ne puis mourir. »
À Gethsémané, il s’écria : « Mon Père, s’il est possible, que cette coupe s’éloigne de moi! » Matthieu 26:39. Mais, Dieu soit loué, il livra sa vie plutôt que de céder au péché. Il mourut au péché, et en mourant il vainquit. Et maintenant, je ne puis mourir pour le péché comme Christ, mais je peux et je dois mourir au péché comme Christ. Christ est mort pour moi. En cela, il demeure seul.
Christ est mort au péché, et en cela j’ai communion avec lui. J’ai été crucifié, je suis mort.
Et voici le grand sujet auquel je veux vous conduire. Ce que c’est que d’être mort avec Christ, et comment je puis pratiquement entrer dans cette mort avec Christ. Nous savons que le grand caractère de Christ, c’est sa mort.
Dès l’éternité, il est venu avec le commandement du Père de déposer sa vie sur la terre. Il s’y est livré, et il a tourné sa face vers Jérusalem. Il a choisi la mort, et il a vécu et marché sur la terre pour se préparer à mourir. Sa mort est la puissance de la rédemption. Même dans le ciel, sur le trône, il se tient comme l’Agneau qui a été immolé, et durant l’éternité ils chantent sans cesse : « L’agneau qui a été immolé est digne » Apocalypse 5:12.
Frère bien-aimé, ton Boaz, ton Christ, ton Sauveur pleinement suffisant, est un homme dont la marque principale et la plus grande gloire est celle-ci : il est mort. Et si l’épouse doit vivre avec son mari comme sa femme, alors elle doit entrer dans son état, dans son esprit, dans sa disposition, et être toujours comme il est. Si nous voulons faire l’expérience de toute la puissance de ce que Christ peut faire pour nous, nous devons apprendre à mourir avec Christ. Peut-être ne devrais-je pas employer cette expression : « Nous devons apprendre à mourir avec Christ » ; je devrais plutôt dire : « Nous devons apprendre que nous sommes morts avec Christ. » Voilà une pensée glorieuse dans le 6e chapitre des Romains ; à tout croyant de l’Église de Rome — non aux élus, ni aux plus avancés, mais à tout croyant de l’Église de Rome, si faible soit-il, Paul écrit : « Nous sommes morts avec Christ. » Sur la force de cela, il dit : « Ainsi vous-mêmes, regardez-vous comme morts au péché » Romains 6:11. Qu’est-ce que cela signifie — vous êtes morts au péché ?
Nous ne pouvons le voir plus clairement qu’en nous reportant à Adam. Christ était le second Adam. Qu’est-il arrivé dans le premier Adam ? Je suis mort dans le premier Adam ; je suis mort à Dieu ; je suis mort dans le péché. Quand je suis né, j’avais en moi la vie d’Adam, qui avait tous les caractères de la vie d’Adam après sa chute. Adam est mort à Dieu, et Adam est mort dans le péché, et j’hérite de la vie d’Adam ; ainsi je suis mort dans le péché comme lui, et mort à Dieu. Mais à l’instant même où je commence à croire en Jésus, je deviens uni à Christ, le second Adam, et aussi réellement que je suis uni par ma naissance au premier Adam, je suis rendu participant de la vie de Christ. Quelle vie ? Cette vie qui est morte au péché sur le Calvaire, et qui est ressuscitée ; c’est pourquoi Dieu, par son apôtre, nous dit : « Ainsi vous-mêmes, regardez-vous comme morts au péché, et comme vivants pour Dieu en Jésus-Christ. » Romains 6:11. Vous devez le tenir pour vrai, parce que Dieu le dit — car votre nouvelle nature est en effet, en vertu de votre union vitale à Christ, réellement et entièrement morte au péché.
Si nous voulons avoir le vrai Christ que Dieu nous a donné, le vrai Christ qui est mort pour nous, dans la puissance de sa mort et de sa résurrection, nous devons prendre ici notre position. Mais beaucoup de chrétiens ne comprennent pas ce que le 6e chapitre de l’Épître aux Romains nous enseigne. Ils ne savent pas qu’ils sont morts au péché. Ils ne le savent pas, et c’est pourquoi Paul les instruit : « Ignorez-vous que nous tous qui avons été baptisés en Jésus-Christ, c’est en sa mort que nous avons été baptisés? » Comment, nous qui sommes morts au péché en Christ, vivrions-nous encore dans le péché ?
Nous avons en effet la mort et la vie de Christ à l’œuvre en nous. Mais, hélas ! la plupart des chrétiens ne le savent pas, et c’est pourquoi ils n’en font pas l’expérience et ne le mettent pas en pratique. Il faut leur enseigner que leur premier besoin est d’être amenés à la reconnaissance, à la connaissance de ce qui s’est accompli en Christ au Calvaire, et de ce qui s’est accompli dans leur union à Christ. L’homme doit commencer à dire, avant même de le comprendre : « En Christ, je suis mort au péché. » C’est un commandement : « Regardez-vous comme morts au péché ». Saisis ton union à Christ ; crois en la nouvelle nature qui est en toi, cette vie spirituelle que tu tiens de Christ, une vie qui est morte et qui a été ressuscitée.
Les actes d’un homme sont toujours en accord avec l’idée qu’il se fait de son état. Un roi agit en roi, sinon nous dirions : « Cet homme a oublié sa royauté » ; mais si un homme a conscience d’être roi, il se conduit en roi.
Et ainsi je ne puis vivre la vie d’un vrai croyant à moins d’être rempli chaque jour de cette conscience : « Je rends grâces à Dieu de ce que je suis mort en Christ. Christ est mort au péché, et je suis uni à Christ, et Christ vit en moi, et je suis mort au péché. »
Quelle est la vie que Christ vit en moi ? Demande quelle est la vie qu’Adam vit en moi. Adam vit en moi la vie de mort, une vie tombée sous la puissance du péché et de la mort, morte à Dieu. Cette vie, Adam la vit en moi par nature, en homme non converti. Et Christ, le second Adam, est venu à moi avec une vie nouvelle, et je vis désormais dans sa vie, la vie-de-mort de Christ. Aussi longtemps que je ne le sais pas, je ne puis agir selon elle, bien qu’elle soit en moi. Dieu soit loué : quand un homme commence à voir ce que c’est, et commence par obéissance à dire : « Je ferai ce que dit la Parole de Dieu ; je suis mort, je me considère comme mort », il entre dans une vie nouvelle. Sur la force de la Parole éternelle de Dieu, de ton union à Christ, et du grand fait du Calvaire, considère-toi, connais-toi comme réellement mort au péché. Un homme doit voir cette vérité ; c’est le premier pas.
Le second, c’est qu’il doit l’accepter par la foi. Et ensuite ? Lorsqu’il l’accepte par la foi, alors s’élève en lui une lutte, une expérience douloureuse, car cette foi est encore très faible, et il commence à demander : « Mais pourquoi, si je suis mort au péché, est-ce que je commets tant de péchés ? » Et la réponse que donne la Parole de Dieu est simplement celle-ci : tu ne laisses pas le Saint-Esprit appliquer la puissance de cette mort. Ce qu’il nous faut, c’est comprendre que le Saint-Esprit est venu du ciel, du Jésus glorifié, pour amener en nous sa mort et sa vie. Les deux sont inséparablement liées.
En tant que Christ est mort, il est mort au péché ; et en tant qu’il vit, il vit pour Dieu. La mort et la vie en lui sont inséparables ; et de même, en nous, la vie pour Dieu en Christ est inséparablement liée à la mort au péché. Et c’est là ce que le Saint-Esprit nous enseignera et opérera en nous.
Si j’ai accepté Christ par la foi, par le Saint-Esprit, et si je m’abandonne à lui, Christ chaque jour garde possession et révèle dans mon cœur toute la puissance de ma communion à sa mort et à sa vie. Chez quelques-uns, cela vient sans doute en un seul moment de puissance et de bénédiction suprêmes ; tout à coup ils le voient, l’acceptent, y entrent, et il y a mort au péché comme une expérience divine. Ce n’est pas que la tendance au mal soit déracinée. Non ; mais la puissance de la mort de Christ préserve du péché et détruit la puissance du péché ; la puissance de la mort de Christ peut se manifester lorsque le Saint-Esprit fait mourir sans cesse les actions du corps.
Quelqu’un me demande s’il faut encore croître. Sans aucun doute. Par le Saint-Esprit, un homme peut désormais commencer à vivre et à croître, de plus en plus profondément, dans la communion à la mort de Christ. Il découvre des choses nouvelles dans des domaines auxquels il n’avait jamais songé. Un homme peut parfois être rempli du Saint-Esprit, et pourtant il peut y avoir en lui de grandes imperfections. Pourquoi ? Pour cette raison : parce que son cœur, peut-être, n’avait pas été pleinement préparé par une entière découverte du péché. Il peut y avoir de l’orgueil, de la conscience de soi, de la présomption, ou d’autres qualités de cette nature qu’il n’a jamais remarquées. Le Saint-Esprit ne les chasse pas toujours d’un seul coup. Non. Il y a différentes manières d’entrer dans la vie bienheureuse.
Tel homme entre dans la vie bienheureuse avec l’idée de la puissance pour le service ; tel autre avec l’idée du repos loin des soucis et de la lassitude ; tel autre avec l’idée de la délivrance du péché. Dans tous ces aspects il y a quelque chose de limité, et c’est pourquoi chaque croyant, après avoir connu la puissance de la mort de Christ, doit se livrer et dire continuellement : « Seigneur Jésus, que la puissance de ta mort agisse à travers moi, qu’elle pénètre tout mon être. » À mesure que l’homme se livre sans réserve, il commencera à porter les marques d’un homme crucifié. L’apôtre dit : « J’ai été crucifié », et il vit comme un homme crucifié.
Quelles sont les marques d’un homme crucifié ? La première est une humilité profonde, absolue. Christ s’est humilié lui-même, et s’est rendu obéissant jusqu’à la mort, même jusqu’à la mort de la croix. Voir Philippiens 2:8. Quand la mort au péché commence à opérer avec puissance, c’est là l’une de ses preuves principales et les plus bénies. Elle brise l’homme, et le grand désir de son cœur est : « Oh ! que je puisse descendre plus bas encore devant mon Dieu, et n’être rien du tout, afin que la vie de Christ soit exaltée. Je ne mérite rien que la croix maudite ; je m’y livre. » L’humilité est l’une des grandes marques d’un homme crucifié.
Une autre marque de la crucifixion est le repos. Oui. Christ fut crucifié et descendit dans la tombe, et nous sommes crucifiés et ensevelis avec lui. Il n’y a pas de lieu de repos comme la tombe ; un homme n’y peut rien faire. « Mon corps repose en sécurité », disait David, et disait le Messie. Oui, et quand un homme descend dans la tombe de Jésus, cela signifie ceci : il s’écrie simplement : « Je n’ai rien que Dieu, je me confie en Dieu ; j’attends Dieu ; ma chair se repose en lui ; j’ai tout abandonné, afin de me reposer, attendant ce que Dieu fera de moi. » Souviens-toi que la crucifixion, la mort et l’ensevelissement sont inséparablement un. Et souviens-toi que la tombe est le lieu où la puissante force de résurrection de Dieu se manifestera. Et souviens-toi de ces précieuses paroles au 11e chapitre de Jean : « Ne t’ai-je pas dit » — quand Christ a-t-il dit cela ? C’était à la tombe de Lazare — « que, si tu crois, tu verras la gloire de Dieu? » Où verrai-je la gloire de Dieu avec le plus d’éclat ? Auprès de la tombe. Descends dans la mort en croyant, et la gloire de Dieu viendra sur toi et remplira ton cœur.
Chers amis, nous voulons mourir. Si nous devons vivre dans le repos, dans la paix et dans la félicité de notre grand Boaz ; si nous devons vivre une vie de joie et de fécondité, de force et de victoire, nous devons descendre dans la tombe avec Christ, et le langage de notre vie doit être : « Je suis un homme crucifié. Dieu soit loué : bien que je n’aie rien que le péché en moi-même, j’ai un Jésus éternel, avec sa mort et sa vie, pour être la vie de mon âme. »
Comment puis-je entrer dans cette communion de la croix ? Nous en trouvons une illustration dans l’histoire du brigand pénitent.
Thomas dit, avant la mort de Christ : « Allons aussi, afin de mourir avec lui » Jean 11:16. Et Pierre dit : « Seigneur, je suis prêt à aller avec toi et en prison et à la mort. » Luc 22:33. Mais les disciples faillirent tous, et notre Seigneur prit un homme qui était le rebut de la terre, et le pendit à la croix du Calvaire à côté de lui.
Si tu aspires à savoir ce que c’est que d’entrer dans la mort avec Jésus, viens contempler le brigand pénitent. Et que voyons-nous là ? Tout d’abord, nous y voyons l’état d’un cœur préparé à mourir avec Christ. Nous voyons chez ce brigand pénitent une confession du péché humble et de tout cœur. Là il pendait au bois maudit, et les foules blasphémaient cet homme à côté de lui, mais il n’eut pas honte de faire publiquement une confession : « Pour nous, c’est justice, car nous recevons ce qu’ont mérité nos crimes; mais celui-ci n’a rien fait de mal » Luc 23:41.
Voici l’une des raisons pour lesquelles l’Église de Christ entre si peu dans la mort de Christ : les hommes ne veulent pas croire que la malédiction de Dieu est sur tout ce qui, en eux, n’est pas mort avec Christ. Les gens parlent de la malédiction du péché, mais ils ne comprennent pas que la nature tout entière a été infectée par le péché et que la malédiction est sur toute chose. Mon intelligence, a-t-elle été souillée par le péché ? Terriblement, et la malédiction du péché est sur elle ; c’est pourquoi mon intelligence doit descendre dans la mort. Ah, je crois que l’Église de Christ souffre aujourd’hui davantage de se confier dans l’intelligence, la sagacité, la culture et le raffinement de l’esprit que de presque toute autre chose.
L’esprit du monde s’introduit, et les hommes cherchent par leur sagesse et par leur savoir à venir en aide à l’Évangile, et ils le dépouillent de sa marque de crucifixion. Christ ordonna à Paul d’aller prêcher l’Évangile de la croix, mais de le faire non avec la sagesse des paroles. La malédiction du péché est sur tout ce qui est de la nature. S’il est un ministre qui trouve ses délices dans la prédication, qui a fait de son mieux, qui a donné le meilleur de son talent et de sa pensée, et qui demande : « Cela doit-il descendre dans la tombe ? » je dis : « Oui, mon frère, l’homme tout entier doit être crucifié. » Et de même pour l’affection du cœur. Qu’y a-t-il de plus beau que l’amour d’un enfant pour sa mère ? Dans cette nature charmante, il y a quelque chose de non sanctifié, et cela doit être livré à la mort. Dieu le ressuscitera d’entre les morts et le rendra de nouveau, sanctifié et rendu vivant pour Dieu. Ainsi pourrais-je parcourir toute notre vie.
Le brigand pénitent confessa son péché, et qu’il méritait la mort. Ensuite, il eut foi en la puissance toute-puissante de Christ. Une foi merveilleuse. Elle n’a pas d’équivalent dans la Bible. Là pend le malfaiteur maudit avec Jésus de Nazareth, et il ose parler et dire : « Je meurs ici, sous la juste malédiction de mes péchés, mais je crois que tu peux me recevoir dans ton cœur, et te souvenir de moi quand tu viendras dans ton royaume. » Oh ! que nous puissions apprendre à croire en la puissance toute-puissante de Christ ! Cet homme crut que Christ était un roi, et qu’il avait un royaume, et qu’il le prendrait dans ses bras et dans son cœur, et se souviendrait de lui quand il viendrait dans son royaume. Il crut cela, et le croyant, il mourut.
Frère, toi et moi, nous avons besoin de prendre le temps de parvenir à une foi beaucoup plus large et plus profonde en la puissance de Christ, sûrs que le Christ tout-puissant nous prendra vraiment dans ses bras et nous portera à travers cette vie de mort, révélant en nous la puissance de sa mort. Je ne puis la vivre sans un contact personnel avec Christ à chaque heure du jour. Il faut que Christ le fasse ; Christ peut le faire. Viens donc et dis : « N’est-il pas le Tout-Puissant ? n’est-il pas venu du trône de Dieu ? n’a-t-il pas prouvé sa toute-puissance, et le Père ne l’a-t-il pas prouvée quand il l’a ressuscité d’entre les morts ? » Aurais-tu peur, maintenant que Christ est sur le trône, de faire ce que le malfaiteur a fait quand Christ était sur la croix, et de te confier à lui pour vivre comme un homme mort avec lui ? Christ te fera passer par le processus même qu’il a traversé, et fera opérer sa mort en toi chaque jour de ta vie.
Je remarque encore une chose chez le brigand pénitent — sa prière. Il y avait sa conviction de péché et sa foi, mais il y avait, de plus, l’expression de sa foi dans la prière. Il se tourna vers Jésus. Souviens-toi que le monde entier, à l’exception peut-être de Marie et des femmes, s’était tourné contre Christ ce jour-là. De tout le monde des hommes, autant que je sache, il n’y avait que celui-là qui priât Christ. N’attends pas de voir ce que font les autres ; si tu attends cela — hélas ! je désire le dire avec amour et tendresse — tu ne trouveras pas grande compagnie dans l’Église de Christ.
Prie sans cesse : « Seigneur Christ, que la puissance de ta mort entre en moi. » Pour l’amour de Dieu, fais cette prière. Si tu veux vivre la vie du ciel, il doit y avoir mort au péché dans la puissance de Jésus. Il doit y avoir un abandon personnel de l’âme à sa mort au péché, et une acceptation personnelle de Jésus pour qu’il accomplisse l’œuvre puissante.
Nous avons vu quelle est la préparation de la part de cet homme ; regardons, en second lieu, comment Christ est venu à lui. Il est venu à lui, vous le savez, avec cette promesse merveilleuse, en ses trois parties merveilleuses : « Aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis. » Luc 23:43. Une promesse de communion avec Christ — « tu seras avec moi » ; une promesse de repos dans l’éternité, dans le Paradis d’où le péché avait chassé l’homme — « avec moi dans le paradis » ; une promesse de bénédiction immédiate — « aujourd’hui tu seras avec moi ». Avec cette triple bénédiction, Jésus vient à toi et à moi, et il dit : « Croyant, aspires-tu à vivre la vie du Paradis, où je donne aux âmes à manger de l’Arbre de Vie, dans le Paradis de Dieu, jour après jour ? Aspires-tu à cette communion ininterrompue avec Dieu qu’il y avait dans le Paradis avant la chute d’Adam ? Aspires-tu à une parfaite communion avec moi, aspirant à vivre là où je vis, dans l’amour du Père ?
Aujourd’hui, comme le dit le Saint-Esprit : “Aujourd’hui tu seras avec moi !” Aspires-tu à moi ? Je te désire ardemment. Aspires-tu à la communion ? J’aspire sans cesse à ta communion, car j’ai besoin de ton amour, mon enfant, pour rassasier mon cœur. Rien ne peut m’empêcher de te recevoir en communion. J’ai pris possession du ciel pour toi, comme le Souverain Sacrificateur, afin que tu vives la vie céleste, afin que tu aies accès dans le lieu très saint et une demeure permanente en ce lieu. Aujourd’hui, si tu le veux, tu seras avec moi dans le paradis. »
Il n’y eut pas un homme sur la terre, durant les trente-trois années de la vie de Christ, qui ait eu une communion aussi merveilleuse avec le Fils de Dieu que le brigand pénitent, car c’est avec le Fils de Dieu qu’il entra dans la gloire. Qu’est-ce qui le rendait si à part des autres ? Il était sur la croix avec Jésus et entra dans le Paradis avec lui. Et si je vis sur la croix avec Jésus, la vie du Paradis sera mienne chaque jour. Et maintenant, si Jésus me donne cette promesse, qu’ai-je à faire ? Lâcher prise. Quand un navire est amarré le long du quai, tout étant prêt pour le départ et tous se tenant sur le quai, la dernière cloche sonne et l’ordre est donné : « Larguez. » Alors la dernière amarre est détachée, et le vapeur s’ébranle. Il y a des choses qui nous lient à la terre, à la vie de la chair et à la vie du moi ; mais aujourd’hui le message vient : « Si tu veux mourir avec Jésus, lâche prise. » Tu n’as pas besoin de tout comprendre. Cela peut n’être pas parfaitement clair ; le cœur peut sembler engourdi, mais peu importe ; Jésus a fait passer ce brigand pénitent de la mort à la vie.
Le brigand ne savait pas où il allait, il ne savait pas ce qui allait arriver, mais Jésus, le puissant vainqueur, le prit dans ses bras et le déposa, dans son ignorance, dans le Paradis.
Oh ! j’ai parfois dit dans mon âme : béni soit Dieu pour l’ignorance de ce brigand pénitent. Il ne savait rien de ce qui allait arriver, mais il se confia en Christ ; et si je ne puis tout comprendre de cette crucifixion avec Christ, de la mort au péché, de la vie pour Dieu et de la gloire qui vient dans le cœur, peu importe : je me confie en la promesse de mon Seigneur, je me jette, sans force, dans ses bras, je maintiens ma position sur la croix. Livré à Jésus, pour mourir avec lui, je puis me confier en lui pour qu’il me fasse passer au travers. Ne prendrons-nous pas, chacun de nous, la bienheureuse occasion de faire ce que fit Ruth lorsque, obéissant au conseil de sa mère, elle se jeta simplement aux pieds du grand Boaz, le Rédempteur, pour être à lui ? N’entrerons-nous pas en contact personnel avec Jésus, et chacun de nous ne dira-t-il pas simplement devant le monde ces simples paroles : « Seigneur, voici cette vie ; il y a encore en elle beaucoup du moi, du péché et de la volonté propre, mais je viens à toi ; j’aspire à entrer pleinement dans ta mort ; j’aspire à savoir pleinement que j’ai été crucifié avec toi ; j’aspire à vivre ta vie chaque jour. » Dis ensuite : « Seigneur Jésus, j’ai vu ta gloire, ce que tu as fait pour le pénitent à ton côté sur la croix ; je me confie en toi, sûr que tu le feras pour moi. Seigneur, je me jette dans tes bras. »
Chapitre 9 terminé
Mort avec Christ