Chapitre 10 · 20 min de lecture
La joie dans le Saint-Esprit
Romains 14:17. — Car le royaume de Dieu, ce n’est pas le manger et le boire, mais la justice, la paix et la joie, par le Saint-Esprit.
Dans ce texte, nous avons la révélation terrestre de l’œuvre de la Trinité. Le royaume de Dieu est justice ; ce qui représente l’œuvre du Père. Les fondements de son trône sont la justice et le jugement. Vient ensuite l’œuvre du Fils : il est notre paix, notre Silo, notre repos. Le royaume de Dieu est paix ; non seulement la paix du pardon pour le passé, mais la paix d’une parfaite assurance quant à l’avenir. Non seulement l’œuvre de l’expiation est achevée, mais l’œuvre de la sanctification est achevée en Christ, et je puis recevoir et goûter ce qui est préparé pour moi.
L’homme nouveau a été créé, et je puis vivre ma vie en lui ; si un royaume est établi dans la justice, si le gouvernement est parfait, il peut y avoir un repos parfait.
S’il y a la paix, point de guerre au dehors et point de dissension civile au dedans, une nation peut être heureuse et prospère.
Et ainsi vient ici, après la justice et la paix, la joie, le bonheur béni dans lequel un homme peut vivre ; « Car le royaume de Dieu, ce n’est pas le manger et le boire, mais la justice, la paix et la joie, par le Saint-Esprit. » Romains 14:17. Puissions-nous regarder cette joie du Saint-Esprit non seulement comme une belle chose à admirer, non seulement comme une chose à propos de laquelle avoir de belles pensées, mais comme une bénédiction que nous allons revendiquer.
Nous voyons souvent la boutique d’un fruitier ou d’un confiseur, avec de beaux fruits ou de beaux gâteaux disposés de façon appétissante dans la vitrine. Une grande glace se dresse devant, et les petits garçons affamés se tiennent là, regardent et convoitent, mais ne peuvent l’atteindre. Si vous disiez à l’un d’eux : « Voyons, petit garçon, prends ce fruit », il vous regarderait avec surprise. Il a appris qu’il y a quelque chose entre les deux. S’il n’avait jamais connu le verre, il l’aurait peut-être tenté. La glace est parfois si limpide que même un homme fait pourrait un instant s’y tromper et étendre la main. Mais il découvre bientôt qu’il y a quelque chose d’invisible entre lui et le fruit. Cela représente exactement la vie de bien des chrétiens ; ils voient, mais ne peuvent prendre. Et qu’est donc cette vitre de glace invisible qui m’empêche de prendre les belles choses que je vois ? Ce n’est rien d’autre que la vie du moi ; je vois les choses divines mais ne puis les atteindre : la vie du moi est la glace invisible.
Nous sommes de bonne volonté, nous travaillons, nous nous efforçons, et pourtant nous retenons quelque chose ; nous avons peur de tout abandonner à Dieu. Nous ne savons pas quelles peuvent en être les conséquences. Nous n’avons pas encore compris que Dieu et Jésus-Christ valent tout. Quoi qu’on nous dise de la vie bénie de paix et de joie, nous disons : « Loué soit Dieu ; la Parole de Dieu est vraie ; je crois la Parole » ; et pourtant, jour après jour, nous restons en retrait. Quand quelqu’un dit : « Prends-la », nous disons : « Je ne puis la prendre ; il y a quelque chose entre les deux. » Serions-nous disposés à abandonner la vie du moi ? Aurions-nous le courage de renoncer aujourd’hui et de laisser la joie du Saint-Esprit devenir notre joie ?
Qu’est-ce que cette joie ? Avant tout, c’est la joie de la présence de Jésus. Nous sommes souvent enclins à parler de deux autres choses, la puissance pour la sanctification et la puissance pour le service ; mais je trouve qu’il est une chose plus importante que l’une ou l’autre de ces deux-là, à savoir que le Saint-Esprit est venu du ciel pour être la présence permanente de Christ dans ses disciples, dans l’Église et dans le cœur de chaque croyant.
Le Seigneur Jésus s’en allait, et ses disciples étaient fort tristes ; leur cœur était affligé ; mais il leur dit : « Je vous reverrai, et votre cœur se réjouira, et nul ne vous ravira votre joie. » Jean 16:22.
Ce qui s’est passé pour eux peut se passer pour nous aussi. Le Saint-Esprit est donné pour faire de la présence de Jésus une réalité permanente, une expérience continuelle. Et quelle était cette joie que nul ne pouvait jamais atteindre ? C’était la joie de la Pentecôte. Et qu’était la Pentecôte ? La venue du Seigneur Jésus dans le Saint-Esprit pour demeurer avec ses disciples.
Tandis que Jésus était avec ses disciples sur la terre, il ne pouvait pénétrer leurs cœurs comme il le fallait. Ils l’aimaient, mais ils ne pouvaient recevoir son enseignement, ils ne pouvaient participer à ses dispositions, et ils ne pouvaient recevoir son esprit même dans leur être. Mais quand il fut monté au ciel, il revint dans l’Esprit pour demeurer dans leurs cœurs. C’est cela seul qui nous aidera à aller : le pasteur vers son assemblée avec ses difficultés, l’homme d’affaires vers son comptoir, la mère vers sa nombreuse famille avec ses soucis, et l’ouvrière vers son cours biblique. C’est cela seul qui nous aidera à sentir : « Je puis vaincre, je puis vivre dans le repos de Dieu. » Pourquoi ? « Parce que j’ai avec moi, chaque jour, le Jésus tout-puissant. » Chez le peuple de Dieu, il semble y avoir un obstacle : ils ne connaissent pas leur Sauveur. Ils ne se rendent pas compte que ce Christ béni est un Christ toujours présent, pénétrant toutes choses, habitant au dedans, qui veut prendre en charge leur vie tout entière. Ils ne savent pas, ils ne croient pas qu’il est un Christ tout-puissant, prêt, au milieu de toutes les difficultés et de toutes les circonstances, à être leur gardien et leur Dieu. Cela est absolument vrai. Bien des chrétiens demandent comment on peut avoir la joie ineffable, la joie que rien ne peut ôter, la joie de l’amitié, de la proximité et de l’amour de Jésus remplissant le cœur. Nous nous plaignons que la ruée de la concurrence soit si terrible que nous ne pouvons trouver le temps de prier en secret.
Frère, si le Seigneur Jésus-Christ vient à toi comme un frère, un ami et un hôte qui demeure, il peut donner à ton cœur la joie du Saint-Esprit, de sorte que les affaires prendront leur juste place sous tes pieds. Ton cœur est trop saint pour être rempli des affaires ; que les affaires soient dans la tête et sous les pieds, mais que Christ ait le cœur tout entier, et il gardera la vie tout entière. Notre Christ glorieux, exalté, tout-puissant, toujours présent ! D’où vient que toi et moi ne pouvons nous confier pleinement et parfaitement en lui pour qu’il accomplisse son œuvre ? Ne dirons-nous pas devant Dieu que nous nous confions en lui, que nous nous confierons en Christ pour qu’il soit pour nous, à chaque instant, tout ce que nous pouvons désirer ? Sur la croix du Calvaire, Christ était tout seul, et tu crois qu’il a accompli une œuvre parfaite et bénie ; et Christ dans le ciel est tout seul, comme souverain sacrificateur et intercesseur, et tu te confies en lui pour son œuvre là-haut. Mais, loué soit Dieu ! il est également vrai que Christ dans le cœur est capable, tout seul, de le garder tous les jours. Puisse-t-il plaire à Dieu de révéler à ses enfants la proximité de Christ qui se tient et frappe à la porte de chaque cœur, prêt à entrer et à s’y reposer pour toujours, et à conduire l’âme dans son repos !
Nous savons tous ce qu’est la puissance de la joie ; nous savons qu’il n’est rien de si attirant que la joie, qu’il n’est rien qui puisse autant aider un homme à porter et à endurer que la joie ; nous savons que le Seigneur Jésus lui-même, en vue de la joie qui lui était réservée, a enduré la croix. On ne vit pas comme il faut si l’on mène une vie de soupirs, de tremblements et de doutes.
Viens aujourd’hui et crois que la joie du Saint-Esprit t’est destinée. L’Écriture ne dit-elle pas : « lui que vous aimez sans l’avoir vu, en qui vous croyez sans le voir encore, vous réjouissant d’une joie ineffable et glorieuse, » 1 Pierre 1:8. Ne crois-tu pas que ce Fils de Dieu béni, adorable, d’une beauté inconcevable, les délices du Père — ne crois-tu pas que ce Fils de Dieu pourrait remplir ton cœur de délices jour et nuit s’il était toujours présent ? Et ne crois-tu pas qu’il t’aime plus qu’un époux n’aime son épouse ? Ne crois-tu pas que, t’ayant racheté par son sang, Jésus soupire après toi ? Il a besoin de toi pour rassasier son cœur d’amour. Commence à croire de tout ton cœur : « La joie du Saint-Esprit est mon partage », car le Saint-Esprit m’assure sans interruption la présence et l’amour de Jésus.
En second lieu, il y a la joie de la délivrance du péché. Le Saint-Esprit vient pour nous sanctifier. Christ est notre sanctification, et le Saint-Esprit vient nous le communiquer, pour accomplir tout ce qui est en Christ et le reproduire en nous. Souvenons-nous qu’aux yeux de Dieu il y a quelque chose de plus que l’œuvre. Il y a la ressemblance à Christ — la ressemblance et la vie de Christ en nous. Voilà ce que Dieu veut ; voilà ce qui nous rendra propres à l’œuvre. Dieu ne demande pas que Christ vive en nous comme des personnes séparées ; des temples remplis de créatures immondes, impures et infectes, avec Christ caché quelque part là-dedans — ce n’est pas là l’intention de Dieu ; mais il veut que Christ soit tellement formé en nous que nous ne fassions qu’un avec Christ, et que dans notre pensée, notre sentiment et notre vie, l’image de son Fils béni soit manifeste devant lui. Le Saint-Esprit est donné pour nous sanctifier.
Mon frère, es-tu disposé à être sanctifié de tout péché, que ce péché soit grand ou petit ? Je ne demande pas : sens-tu que tu as la puissance de le vaincre ? Je ne demande même pas : sens-tu la puissance de le chasser ? Il se peut que tu ne sentes aucune puissance ; cela n’empêchera rien si tu es de bonne volonté. Je ne puis chasser le péché, mais je puis obtenir que le Christ tout-puissant le fasse par le Saint-Esprit, et mon rôle est de dire à Christ : « Voici le péché, voici la chose mauvaise, je la dépose à tes pieds, je la jette là, je la jette dans ton sein même. Seigneur, je suis prêt à couper la main droite, à tout, pourvu seulement que tu m’en délivres. » Alors Christ chassera l’esprit mauvais et donnera la délivrance.
L’Esprit de Dieu est un Esprit saint, et son œuvre est de nous rendre libres de la puissance du péché et de la mort. Si tu veux vivre dans la joie du Saint-Esprit, la question se pose : « Es-tu disposé à abandonner tout ce qui est pécheur, et même ce qui paraît bon — mais qui porte la souillure du péché ? » Tu peux être engagé dans des relations qui rendent ta vie très difficile. Un pasteur, avec ceux dont il a la charge, peut se trouver pris dans des relations très difficiles ; ou un homme d’affaires, avec son associé ou ceux qu’il doit fréquenter, peut être dans une position extrêmement éprouvante. Mais l’Agneau béni de Dieu ne vaut-il pas tout cela ? Que vaut Christ pour toi ? Les disciples posèrent un jour la question : « Que pensez-vous du Christ? » Moi je demande : « Que vaut Christ pour toi ? » Et je t’en supplie, quelles que soient les difficultés en perspective, et quelles que soient les perplexités qui t’entourent, prends le monde entier aujourd’hui et jette-le à ses pieds. L’avoir vaut n’importe quelle difficulté ; l’avoir sera la solution de toute difficulté.
Il n’y a pas seulement de telles difficultés et perplexités extérieures et manifestes, mais il y a aussi mille petites choses qui entrent dans nos vies et qui souvent nous troublent : des tentations à des sentiments sans amour, des paroles dures, des jugements hâtifs. Oh, viens, et crois que le Saint-Esprit, le sanctificateur, peut entrer et régner, et donner la grâce de traverser tout cela sans pécher, et tu connaîtras ce qu’est la joie du Saint-Esprit. Notre corps, lisons-nous dans la première épître aux Corinthiens, est le temple du Saint-Esprit. Il doit être saint jusque dans des choses comme le manger et le boire.
Combien souvent un chrétien prend-il conscience qu’il prend ou recherche trop de plaisir dans ce manger, mangeant par plaisir, sans aucun renoncement ni sacrifice de soi dans la manière de nourrir son corps ! Combien souvent nous nous tentons les uns les autres à manger, et combien souvent le croyant oublie que ce corps est le temple secret même du Saint-Esprit, et que chaque bouchée que nous mangeons et buvons doit être pour la gloire de Dieu, de telle sorte qu’elle lui soit parfaitement agréable ! Bien-aimés, je vous apporte un message : il y a pour vous un accès dans le repos de Dieu, et le Saint-Esprit est donné pour vous y introduire, et il remplira votre cœur de la joie inexprimable de la présence de Christ ; et de la joie de la délivrance du péché, de la victoire sur le péché ; la joie inexprimable de savoir que vous faites la volonté de Dieu et que vous êtes agréables à ses yeux ; la joie inexprimable de savoir qu’il sanctifie et garde le temple pour que Christ y demeure. Croyants, la joie du Saint-Esprit, la joie de cette sainteté de Dieu, c’est sa félicité, sa pureté, sa perfection, que rien ne peut altérer, souiller ni troubler. Le Saint-Esprit attend de l’apporter et de la manifester dans nos vies. Il veut entrer si pleinement dans nos cœurs que nous vivions, comme des hommes du Saint-Esprit, la vie sanctifiée, la puissance sanctifiante de Jésus parcourant tout notre être.
Ma troisième pensée, c’est que la joie du Saint-Esprit est la joie de l’amour des saints. Le Saint-Esprit ne fut donné, le jour de la Pentecôte, à aucun homme séparément des autres ; il vint et remplit toute l’assemblée. Nous savons combien il y avait eu de division, de séparation et d’orgueil parmi eux, mais ce jour-là le Saint-Esprit remplit tellement leurs cœurs que l’on dit ensuite, comme nous le savons : « Voyez comme ces hommes s’aiment les uns les autres. » Il y avait dans l’Église primitive un amour que les païens eux-mêmes remarquaient et ne pouvaient comprendre. Pourquoi cela ? Le Saint-Esprit est le lien d’union entre le Père et le Fils, et ce lien, c’est l’amour.
Le Saint-Esprit n’est autre que l’amour de Dieu qui vient demeurer dans le cœur. Quand il demeure avec moi et avec mon frère, nous apprenons à nous aimer l’un l’autre. Bien que je sois naturellement dépourvu d’amour, et bien que j’aie très peu de grâce, si le cœur de mon frère est rempli du Saint-Esprit, il m’aime à travers tout cela. Vois-tu, l’amour est une chose merveilleuse. Tant qu’un homme s’efforce d’aimer, ce n’est pas le véritable amour ; mais quand le véritable amour vient, plus il rencontre d’opposition, plus il triomphe, car plus il peut s’exercer et se perfectionner, plus il se réjouit. Prends une mère dont le fils la déshonore. Comme son amour le poursuit ! Quand elle voit qu’il est tombé plus bas que jamais, comme le cœur de cette chère mère ne l’en aime que plus intensément à travers toute cette misère ! L’Écriture ne dit-elle pas : « Il a donné sa vie pour nous; nous aussi, nous devons donner notre vie pour les frères. » ? 1 Jean 3:16. Le Saint-Esprit vient comme un esprit d’amour, et si tu veux connaître la joie du Saint-Esprit, et que tu veux qu’il te conduise dans le repos de Dieu et t’y garde, garde-toi par-dessus tout, sur la terre comme en enfer, d’être dépourvu d’amour. Une seule parole dure à ton frère ou à ta sœur amène sur toi un nuage sans que tu le saches. Les gens sont si habitués à parler des autres exactement comme il leur plaît qu’ils disent des choses dures, désobligeantes et sans amour, et quand un nuage en résulte, ils ne peuvent le comprendre.
S’il est une chose qui attriste Dieu, s’il est une chose qui fait obstacle à l’Esprit — le fruit de l’Esprit, c’est l’amour — c’est le manque d’amour. Si tu veux vivre dans la joie du Saint-Esprit, fais ton alliance avec Dieu. « Mais, dis-tu, il y a un chrétien qui me rend si impatient ; il me tourmente et me contrarie tant par sa sottise. Et il y a ces hommes du monde ; comme ils m’ont tenté autrefois et m’ont fait du mal ! Et il y a cet homme d’affaires qui cherche à me ruiner. » Prends-les tous, ainsi que ta propre femme, tes enfants et tous ceux qui t’entourent, et dis : « Je le comprends, l’amour est repos, et le repos est amour. Dieu se repose dans son amour. L’amour est repos et le repos est amour, et là où il n’y a pas d’amour, le repos ne peut qu’être troublé. » Et disons aujourd’hui : « Je vois ce qu’est la joie ; c’est la joie de toujours aimer, c’est la joie de perdre ma propre vie dans l’amour pour les autres. » À propos de l’humilité, quelqu’un demande : « Que penser de ce texte : “par honneur, usez de prévenances réciproques” ? »
Quand une âme parvient à une parfaite humilité devant Dieu, elle devient un rien, et Dieu devient tout en tous. Je ne suis rien. Il n’y a plus de moi à froisser ; j’ai dit devant Dieu : « Je ne suis rien ; c’est seulement ta vie et ta lumière qui brillent. L’honneur est à toi, et rien ne peut m’atteindre, sinon ce qui est contre la gloire de mon Dieu. » Bien-aimés, vivez-vous dans la joie du Saint-Esprit ? Venez, acceptez une bénédiction et livrez-vous à vivre une vie d’humilité dans laquelle vous n’êtes rien, et une vie d’amour semblable à celle de Christ dans laquelle vous ne vivez que pour vos semblables ; car le royaume de Dieu, c’est la joie du Saint-Esprit. Ma dernière pensée, c’est que la joie du Saint-Esprit est la joie de travailler pour Dieu. La joie de la présence de Jésus, la joie de la délivrance du péché, la joie de l’amour pour les frères, et enfin la joie de travailler pour Dieu. Certains d’entre nous ont parfois senti quelle chose incompréhensible c’est que le Dieu éternel daigne agir à travers nous ; et nous avons dit : « Seigneur, qu’est-ce que cela, que toi, le Tout-Puissant, tu agisses en moi et à travers moi, vil ver de terre par nature ? » C’est un mystère qui passe toute connaissance, et pourtant c’est si vrai.
La joie du Saint-Esprit vient lorsqu’un homme se livre à l’œuvre, semblable à celle de Christ, de porter l’amour de Dieu aux hommes. Cherchons ceux qui périssent, vivons et mourons pour les âmes, vivons et mourons afin que nos semblables soient regagnés et ramenés à leur Dieu. Il n’est pas de joie comparable à celle d’entendre le chant de joie d’une âme nouveau-née.
Mais oui, il est une autre joie qui peut être tout aussi profonde. Même si Dieu ne me donne pas la bénédiction d’entendre l’âme nouveau-née chanter son cantique, je puis avoir la joie, la communion avec Jésus dans sa vie rejetée, et l’assurance que le Père me regarde avec bienveillance. Quand je pense aux milliers de croyants dans le monde chrétien, puis que je pense au monde païen, ce cri monte dans mon cœur : « Que faisons-nous ? »
Il nous faut crier à Dieu jour et nuit : « Seigneur Dieu, réveille-nous. Seigneur Dieu, que le Saint-Esprit brûle en nous. » Sommes-nous les vrais successeurs de Jésus-Christ ? Sommes-nous vraiment les disciples et les successeurs de Christ qui alla jusqu’au bout, jusqu’au Calvaire, pour donner son sang pour les hommes ? Souvenons-nous bien que la joie du Saint-Esprit est la joie de travailler pour Dieu en Christ.
Je crois que Dieu a des voies nouvelles, des conduites nouvelles et une puissance nouvelle pour son peuple, pourvu seulement qu’il s’attende à lui.
Mais voici ce que la plupart d’entre nous font : nous remercions Dieu de tout ce qu’il a donné, nous considérons toutes les manières de travailler que nous avons, et nous disons que nous essaierons de mieux faire notre travail. Mais oh, si nous avions le sentiment du besoin, si nous avions quelque idée, par la vision du Saint-Esprit, de l’état des millions d’êtres qui nous entourent, je suis certain que nous tomberions la face contre terre devant Dieu et dirions : « Dieu, aide-moi à faire quelque chose de nouveau. Oh, que chaque fibre de mon être soit prise en possession pour cette grande œuvre avec Dieu ! » Le grand besoin, c’est que tous les chrétiens se consacrent entièrement à Dieu pour son œuvre. Que Dieu nous aide à connaître ce qu’est la joie du Saint-Esprit.
Pour conclure, je demande encore : « Croyez-vous qu’il soit possible au Seigneur Jésus, notre Silo, dont Jacob a prophétisé, notre Josué, notre glorieux Roi et souverain Sacrificateur — croyez-vous qu’il soit possible au Christ Jésus de vous introduire aujourd’hui dans le repos de Dieu ? » Souvenez-vous de cette parole d’Hébreux 3:7 : « selon ce que dit le Saint-Esprit: Aujourd’hui. » Aujourd’hui, prenez courage et prenez votre ministère, prenez vos affaires, prenez votre entourage, prenez votre tempérament naturel, prenez votre foyer, et prenez votre vie pour les jours à venir sur la terre, et dites : « Je ne le comprends pas, je ne sais pas ce qui viendra, mais une chose que je sais, c’est que je remets absolument tout entre les mains de l’Agneau de Dieu crucifié ; il m’aura tout entier. » Et oh, souvenez-vous, bien-aimés, que Christ sera pour vous plus que vous ne pouvez penser ou comprendre, plus que vous ne pouvez demander ou désirer.
Venez, jetons-nous dans ces bras bénis et pleins d’amour, et croyons dès maintenant que notre Josué nous conduit dans le repos de Dieu, le repos dans lequel nous sommes délivrés du souci de nous-mêmes, de la recherche de nous-mêmes, de la confiance en nous-mêmes et de l’amour de nous-mêmes ; le repos dans lequel nous ne pensons plus à nous-mêmes, mais où Celui qui est tout-puissant et omniprésent sera toujours avec nous et agira toujours au dedans de nous. Et lorsque nous aurons fait cela, revendiquons la promesse que, ayant cherché premièrement le royaume et la justice de Dieu, toutes ces choses nous seront données par-dessus. Bien-aimés, le royaume de Dieu est au dedans de vous, et il est justice, paix et joie par le Saint-Esprit. Venez, revendiquons-le dès maintenant dans une foi simple, enfantine et humble.
Chapitre 10 terminé
La joie dans le Saint-Esprit