Chapitre 6 · 20 min de lecture
Christ, notre vie
Colossiens 3:4. — « Christ, votre vie ».
Une question surgit dans tout esprit : « Comment puis-je vivre cette vie de parfaite confiance en Dieu ? » Beaucoup ignorent la juste réponse, ou la réponse pleine et entière. La voici : « Christ doit la vivre en moi. » C’est pour cela qu’il s’est fait homme : pour vivre, en tant qu’homme, une vie de confiance en Dieu, et nous montrer ainsi comment nous devons vivre. Lorsqu’il eut accompli cela sur la terre, il monta au ciel, afin de faire plus que nous la montrer : afin de nous la donner et de vivre en nous cette vie de confiance. C’est à mesure que nous comprenons ce qu’est la vie de Christ et comment elle devient nôtre, que nous serons préparés à désirer et à lui demander qu’il la vive lui-même en nous. Quand nous aurons d’abord vu ce qu’est cette vie, alors nous comprendrons comment il peut réellement en prendre possession et nous rendre semblables à lui. Je désire tout particulièrement attirer l’attention sur cette première question. Je veux placer devant vous la vie de Christ telle qu’il l’a vécue, afin que nous comprenions ce qu’il a pour nous et ce que nous pouvons attendre de lui.
Christ Jésus a vécu sur la terre une vie qu’il attend de nous que nous imitions. Nous disons souvent que nous aspirons à être semblables à Christ. Nous étudions les traits de son caractère, nous observons ses pas, et nous prions pour recevoir la grâce de lui ressembler ; et pourtant, d’une manière ou d’une autre, nous n’y réussissons que fort peu. Et pourquoi ? Parce que nous voulons cueillir le fruit alors que la racine est absente. Si nous voulons vraiment comprendre ce que signifie l’imitation de Christ, il nous faut aller à ce qui constituait la racine même de sa vie devant Dieu. C’était une vie de dépendance absolue, de confiance absolue et d’abandon absolu ; et tant que nous ne sommes pas un avec lui dans ce qui est le principe de sa vie, il est vain de chercher ici ou là à copier les grâces de cette vie.
Dans le récit de l’Évangile, nous trouvons cinq grands points d’une importance particulière : la naissance, la vie sur la terre, la mort, la résurrection et l’ascension. Nous y avons ce qu’un ancien écrivain a appelé « le procès de Jésus-Christ » : le processus par lequel il est devenu ce qu’il est aujourd’hui — notre Roi glorifié et notre vie. Dans tout ce processus de vie, nous devons être rendus semblables à lui. Considérons le premier. Que disons-nous de sa naissance ? Ceci : il a reçu sa vie de Dieu. Et de sa vie sur la terre ? Il a vécu cette vie dans la dépendance de Dieu. De sa mort ? Il a remis sa vie à Dieu. De sa résurrection ? Il a été ressuscité des morts par Dieu. Et de son ascension ? Il vit sa vie dans la gloire avec Dieu.
Premièrement, il a reçu sa vie de Dieu. Et pourquoi importe-t-il que nous nous arrêtions à cela ? Parce que Christ Jésus avait là le point de départ de toute sa vie. Il a dit : « Le Père m’a envoyé » ; « Le Père aime le Fils, et il a remis toutes choses entre ses mains » ; « Car, comme le Père a la vie en lui-même, ainsi il a donné au Fils d’avoir la vie en lui-même ». Jean 5:26. Christ l’a reçue comme sa propre vie, tout comme Dieu a sa vie en lui-même. Et pourtant, tout ce temps, ce fut une vie donnée et reçue. « Parce que le Père tout-puissant m’a donné cette vie, à moi, le Fils de l’homme sur la terre, je puis compter sur Dieu pour la maintenir et me faire traverser tout. » Et c’est là la première leçon dont nous avons besoin. Nous avons besoin de méditer souvent là-dessus, de prier, de réfléchir et d’attendre devant Dieu jusqu’à ce que nos cœurs s’ouvrent à la merveilleuse conscience que le Dieu éternel a une vie divine au-dedans de nous, qui ne peut exister que par lui. Je crois que Dieu a donné sa vie, laquelle est enracinée en lui. Je sens qu’elle doit être maintenue par lui.
Nous pensons souvent que Dieu nous a donné une vie qui est désormais nôtre, une vie spirituelle dont nous aurions à prendre la charge ; et ensuite nous nous plaignons de ne pouvoir la garder droite. Rien d’étonnant. Il nous faut apprendre à vivre, apprendre à vivre comme Jésus a vécu. J’ai un trésor donné de Dieu dans ce vase de terre. J’ai la lumière de la connaissance de la gloire de Dieu sur la face de Christ. J’ai en moi la vie du Fils de Dieu, la vie que Dieu lui-même m’a donnée, et elle ne peut être maintenue que par Dieu lui-même, à mesure que je vis en communion avec lui.
Que nous enseigne l’apôtre Paul dans Romains 6, où il vient de nous dire que nous devons nous regarder comme morts au péché, et comme vivants pour Dieu en Jésus-Christ ? Il ajoute aussitôt : « donnez-vous vous-mêmes à Dieu, comme étant vivants de morts que vous étiez » Romains 6:13. Combien de fois un chrétien entend-il de solennelles paroles sur ce qu’il est, vivant pour Dieu, et sur ce qu’il doit se regarder comme véritablement mort au péché et vivant pour Dieu en Christ ! Il ne sait que faire ; aussitôt il s’interroge : « Comment puis-je la garder, cette mort et cette vie ? » Écoutez ce que dit Paul. Au moment même où tu te regardes comme mort au péché et vivant pour Dieu, va avec cette vie à Dieu lui-même, présente-toi comme vivant d’entre les morts, et dis à Dieu : « Seigneur, tu m’as donné cette vie. Toi seul peux la garder. Je te l’apporte. Je ne puis tout comprendre. C’est à peine si je sais ce que j’ai reçu, mais je viens à Dieu pour qu’il achève ce qu’il a commencé. » Pour vivre comme Christ, je dois être conscient à chaque instant que ma vie est venue de Dieu, et que lui seul peut la maintenir.
Ensuite, deuxièmement, comment Christ a-t-il vécu sa vie durant les trente-trois années où il a marché ici-bas sur la terre ? Il l’a vécue dans la dépendance de Dieu. Vous savez combien il dit continuellement : « En vérité, en vérité, je vous le dis, le Fils ne peut rien faire de lui-même, il ne fait que ce qu’il voit faire au Père. » Jean 5:19. Il attendait sans cesse l’enseignement, les commandements et la conduite du Père. Il priait pour recevoir la puissance du Père. Quoi qu’il fît, il le faisait au nom du Père. Lui, le Fils de Dieu, ressentait le besoin de beaucoup de prière, d’une prière persévérante, pour faire descendre du ciel et entretenir la vie de communion avec Dieu dans la prière.
Nous entendons beaucoup parler de la confiance en Dieu. Chose bénie entre toutes ! Et nous pouvons dire : « Ah, voilà ce que je veux », et oublier ce qui est le secret même de tout : que Dieu, en Christ, doit tout opérer en nous. Non seulement j’ai besoin de Dieu comme objet de ma confiance, mais il me faut avoir en moi, par Christ, la puissance de me confier ; il doit vivre en moi sa propre vie de confiance.
Souvenez-vous de cette histoire de l’écharde dans la chair, en 2 Corinthiens 12, et pensez à ce qu’elle signifie. Il était en danger de s’enorgueillir, et le Maître béni vint l’humilier et l’instruire. Si nous voulons entrer dans le repos de la foi et y demeurer ; si nous voulons vivre la vie de victoire au pays de Canaan, cela doit commencer ici.
Il faut que nous soyons brisés de toute confiance en nous-mêmes et que nous apprenions, comme Christ, à dépendre absolument et sans cesse de Dieu. Il y a là une œuvre plus grande à accomplir que nous ne le savons peut-être. Il faut que nous soyons brisés, et que la disposition habituelle de nos âmes soit incessante : « Je ne suis rien ; Dieu est tout. Je ne puis marcher devant Dieu comme je le devrais une seule heure, à moins que Dieu ne garde la vie qu’il m’a donnée. »
Quelle solution bénie Dieu donne à toutes nos questions et à toutes nos difficultés lorsqu’il dit : « Mon enfant, Christ a traversé tout cela pour toi. Christ a formé une nature nouvelle qui peut se confier en Dieu, et Christ, le Vivant, dans le ciel, vivra en toi et te rendra capable de vivre cette vie de confiance. » Voilà pourquoi Paul a dit : « Cette assurance-là, nous l’avons par Christ auprès de Dieu », 2 Corinthiens 3:4. Qu’est-ce à dire ? Cela signifie-t-il seulement par Christ comme médiateur ou intercesseur ? En vérité, non. Cela signifie bien davantage : par Christ vivant en nous et nous rendant capables de nous confier en Dieu comme lui-même s’est confié en lui.
Vient ensuite, troisièmement, la mort de Christ. Que nous enseigne-t-elle sur la relation de Christ avec le Père ? Elle nous ouvre l’une des leçons les plus profondes et les plus solennelles de la vie de Christ, une leçon que l’Église de Christ comprend bien trop peu. Nous savons ce que signifie la mort de Christ en tant qu’expiation, et nous ne saurions jamais trop insister sur cette bienheureuse substitution et cette effusion de sang par lesquelles la rédemption nous fut acquise. Mais souvenons-nous que là n’est que la moitié du sens de sa mort.
L’autre moitié, la voici : autant Christ a été mon substitut, qui est mort pour moi, autant il est ma tête, en qui, et avec qui, je meurs ; et de même qu’il vit pour moi, afin d’intercéder, il vit en moi, afin d’accomplir et de parfaire sa vie. Et si je veux savoir quelle est cette vie qu’il vivra en moi, je dois regarder à sa mort.
Par sa mort, il a prouvé qu’il ne possédait la vie que pour la tenir, et la dépenser, pour Dieu. Jusqu’à l’extrême limite ; sans l’ombre d’une seule exception d’un instant, il a vécu pour Dieu : à chaque instant, en tout lieu, il ne tenait la vie que pour son Dieu. Ainsi, si l’on veut vivre une vie de parfaite confiance, il faut le parfait abandon de sa vie et de sa volonté, jusqu’à la mort même. Il faut être disposé à aller jusqu’au bout avec Jésus, jusqu’au Calvaire.
À l’âge de douze ans, Jésus dit (voir Luc 2:49) : « Ne saviez-vous pas qu’il faut que je m’occupe des affaires de mon Père? »
et de nouveau lorsqu’il vint au Jourdain pour être baptisé : « il est convenable que nous accomplissions ainsi tout ce qui est juste ». Matthieu 3:15.
Tout au long de sa vie, il a dit : « Ma nourriture est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé, et d’accomplir son œuvre. » Jean 4:34 « Voici, je viens pour faire ta volonté. » Et dans l’agonie de Gethsémané, ses paroles furent : « que ma volonté ne se fasse pas, mais la tienne ». Luc 22:42. Quelqu’un dira : « Je désire assurément vivre la vie de parfaite confiance ; je désire laisser Christ la vivre en moi ; j’aspire à parvenir à une telle intelligence de Christ qu’elle me donne la certitude que Christ demeurera à jamais en moi ; je veux parvenir à la pleine assurance que Christ, mon Josué, me gardera au pays de la victoire. » Que faut-il pour cela ? Ma réponse est : « Prends garde de ne pas prendre un faux Christ, un Christ imaginaire, un demi-Christ. » Et qu’est-ce que le Christ tout entier ? Le Christ tout entier est celui qui a dit : « Je livre tout jusqu’à la mort, afin que Dieu soit glorifié. Je n’ai pas une pensée ; je n’ai pas un désir ; je ne voudrais pas vivre un seul instant si ce n’est pour la gloire de Dieu. » Vous dites aussitôt : « Quel chrétien pourra jamais atteindre cela ? » Ne posez pas cette question, mais demandez : « Christ l’a-t-il atteint, et Christ promet-il de vivre en moi ? » Accueillez-le dans sa plénitude et laissez-le vous enseigner jusqu’où il peut vous mener et ce qu’il peut opérer en vous.
Ne posez ni conditions ni réserves au sujet de l’échec, mais jetez-vous sur ce Christ, abandonnez-vous à ce Christ qui a vécu cette vie de complet abandon à Dieu, afin de préparer une nature nouvelle qu’il pût vous communiquer et dans laquelle il pût vous rendre semblable à lui. Alors vous serez sur le chemin par lequel il peut vous conduire à la bienheureuse expérience et possession de ce qu’il peut faire pour vous. Christ Jésus est venu dans le monde avec un commandement du Père : celui de donner sa vie ; et il a vécu toute sa vie avec cette unique pensée dans le cœur. L’unique pensée qui devrait habiter le cœur de tout croyant est celle-ci : « Je suis dans la mort avec Christ ; absolument, immuablement livré à attendre Dieu, afin que Dieu accomplisse en moi son dessein et sa gloire d’instant en instant. »
Peu parviennent d’un seul coup à la victoire, à la jouissance et à la pleine expérience. Mais voici ce que vous pouvez faire : prenez la juste attitude et, tandis que vous regardez à Jésus et à ce qu’il fut, dites : « Père, tu m’as rendu participant de la nature divine, participant de Christ. C’est dans la vie de Christ livrée à toi jusqu’à la mort, dans sa puissance et sa présence intérieure, à sa ressemblance, que je désire vivre ma vie devant toi. »
La mort est chose solennelle, chose redoutable. Au jardin, il en coûta à Christ une grande agonie de mourir de cette mort, et il n’est pas étonnant qu’elle ne nous soit pas facile. Mais nous y consentons volontiers lorsque nous avons appris le secret : dans la mort seule viendra la vie de Dieu ; dans la mort, il y a une félicité indicible. C’est cela qui rendait Paul si disposé à porter en lui-même la sentence de mort ; il connaissait le Dieu qui fait vivre les morts. La sentence de mort pèse sur tout ce qui est de la nature. Mais sommes-nous disposés à l’accepter, la chérissons-nous ? et ne cherchons-nous pas plutôt à échapper à la sentence, ou à l’oublier ? Nous ne croyons pas pleinement que la sentence de mort pèse sur nous. Tout ce qui est de la nature doit mourir. Demandez à Dieu de vous rendre disposé à croire de votre cœur que mourir avec Christ est le seul moyen de vivre en lui. Vous demandez : « Mais faut-il donc mourir chaque jour ? » Oui, bien-aimés ; Jésus a vécu chaque jour dans la perspective de la croix, et nous, dans la puissance de sa vie victorieuse, rendus conformes à sa mort, nous devons nous réjouir chaque jour de descendre avec lui dans la mort.
Prenons une image. Prenons un chêne d’une croissance de quelque cent ans. Comment ce chêne est-il né ? Dans une tombe. Le gland fut planté en terre, et on lui fit une tombe afin qu’il pût mourir. Il mourut et disparut ; il jeta des racines vers le bas et des pousses vers le haut, et voilà que cet arbre se tient debout depuis cent ans. Où se tient-il ? Dans sa tombe ; tout ce temps dans la tombe même où le gland est mort ; il s’y est tenu, étendant ses racines toujours plus profondément dans cette terre où sa tombe avait été faite ; et pourtant, tout ce temps, quoiqu’il se tînt dans la tombe même où il était mort, il n’a cessé de croître, plus haut, plus fort, plus large et plus beau. Et tout le fruit qu’il a jamais porté, et tout le feuillage qui le parait d’année en année, il le devait à cette tombe où ses racines sont jetées et gardées. De même, Christ doit tout à sa mort et à sa tombe. Et nous aussi, nous devons tout à cette tombe de Jésus. Oh ! vivons chaque jour enracinés dans la mort de Jésus. Ne craignez point, mais dites : « À ma propre volonté je mourrai ; à la sagesse humaine, à la force humaine et au monde, je mourrai ; car c’est dans la tombe de mon Seigneur que sa vie a son commencement, sa force et sa gloire. »
Cela nous amène à notre pensée suivante. Premièrement, Christ a reçu la vie du Père ; deuxièmement, Christ l’a vécue dans la dépendance du Père ; troisièmement, Christ l’a remise dans la mort au Père ; et maintenant, quatrièmement, Christ l’a reçue de nouveau, ressuscité par le Père, par la puissance de la gloire du Père. Oh, le sens profond de la résurrection de Christ ! Que fit Christ lorsqu’il mourut ? Il descendit dans les ténèbres et l’absolue impuissance de la mort.
Il abandonna une vie qui était sans péché ; une vie qui était donnée de Dieu ; une vie qui était belle et précieuse ; et il dit : « Je la remettrai entre les mains de mon Père s’il la demande » ; il le fit, et il était là dans la tombe, attendant que Dieu accomplît sa volonté ; et parce qu’il honora Dieu jusqu’à l’extrême dans son impuissance, Dieu l’éleva jusqu’à l’extrême de la gloire et de la puissance. Christ ne perdit rien à remettre sa vie dans la mort au Père. Ainsi, si vous voulez que la gloire et la vie de Dieu viennent sur vous, c’est dans la tombe de la complète impuissance que cette vie de gloire naîtra. Jésus a été ressuscité des morts, et cette puissance de résurrection, par la grâce de Dieu, peut opérer et opérera en nous. Que nul ne s’attende à vivre une vie droite avant de vivre une pleine vie de résurrection dans la puissance de Jésus.
Laissez-moi dire d’une autre manière ce que signifie cette résurrection. Christ avait une vie parfaite, donnée par Dieu. Le Père dit : « Veux-tu me remettre cette vie ? Veux-tu t’en dessaisir à mon commandement ? » Et il s’en dessaisit, mais Dieu la lui rendit en une seconde vie dix mille fois plus glorieuse que cette vie terrestre. Ainsi Dieu fera-t-il pour chacun de nous qui consent volontairement à se dessaisir de sa vie. L’avez-vous jamais compris ? Jésus est né deux fois.
La première fois, il naquit à Bethléhem. Ce fut une naissance à une vie de faiblesse. Mais la seconde fois, il naquit de la tombe ; il est « le premier-né d’entre les morts ». Colossiens 1:18. Parce qu’il abandonna la vie qu’il tenait de sa première naissance, Dieu lui donna la vie de la seconde naissance, dans la gloire du ciel et le trône de Dieu.
Chrétiens, c’est exactement ce que nous avons à faire.
Un homme peut être un chrétien fervent ; un homme peut être un ouvrier fructueux ; il peut être un chrétien qui a connu une certaine mesure de croissance et de progrès ; mais s’il n’est pas entré dans cette plénitude de la bénédiction, alors il lui faut parvenir à une seconde et plus profonde expérience de la puissance salvatrice de Dieu ; il lui faut, tout comme Dieu l’a fait sortir d’Égypte, à travers la mer Rouge, parvenir à un point où Dieu le fait passer à travers le Jourdain jusqu’en Canaan. Bien-aimés, nous avons été baptisés en la mort de Christ. C’est comme lorsque nous disons : « J’ai eu une vie très bénie, et j’ai eu bien des expériences bénies, et Dieu a fait pour moi bien des choses. » Avant que Christ n’obtînt sa vie de repos et de victoire sur le trône, il lui fallut mourir et tout abandonner. Fais-le, toi aussi, et tu partageras sa victoire et sa gloire. C’est à mesure que nous suivons Jésus dans sa mort que sa résurrection, sa puissance et sa joie seront nôtres.
Vient enfin notre dernier point. Le cinquième pas de son chemin merveilleux fut celui-ci : il fut élevé pour être à jamais avec le Père. Parce qu’il s’est humilié lui-même, c’est pourquoi Dieu l’a souverainement élevé (Philippiens 2:9). En quoi consistent la beauté et la félicité de cette exaltation de Jésus ? Pour lui-même, une parfaite communion avec le Père ; pour les autres, la participation à la puissance de la toute-puissance de Dieu. Oui, tel fut le fruit de sa mort. L’Écriture promet non seulement que Dieu, dans la vie de résurrection, nous donnera la joie et la paix qui surpasse toute intelligence, la victoire sur le péché et le repos en Dieu, mais qu’il nous baptisera du Saint-Esprit ; ou, en d’autres termes, qu’il nous remplira du Saint-Esprit.
Jésus fut élevé au trône du ciel, afin d’y recevoir du Père l’Esprit dans sa nouvelle et divine manifestation, pour être répandu dans sa plénitude. Et à mesure que nous parvenons à la vie de résurrection, la vie dans la foi en celui qui est un avec nous et qui siège sur le trône — à mesure que nous y parvenons, nous pouvons, nous aussi, être participants de la communion avec Christ Jésus, tandis qu’il demeure sans cesse dans la présence de Dieu ; et le Saint-Esprit nous remplira, pour opérer en nous, et hors de nous, d’une manière que nous n’avons encore jamais connue.
Jésus a obtenu cette vie divine en dépendant absolument du Père tout au long de sa vie, en dépendant de lui jusque dans la mort. Jésus a obtenu cette vie dans la pleine gloire de l’Esprit qui allait être répandu, en se livrant lui-même dans l’obéissance et l’abandon à Dieu seul, et en laissant Dieu, jusque dans la tombe, déployer sa puissance formidable ; et ce Christ même vivra sa vie en vous et en moi. Oh, le mystère ! Oh, la gloire ! Et oh, la divine certitude ! Jésus-Christ veut vivre cette vie en vous et en moi. Qu’en pensez-vous, ne devrions-nous pas nous humilier devant Dieu ? Sommes-nous chrétiens depuis tant d’années, et avons-nous si peu réalisé ce que nous sommes ? Je suis un vase mis à part, purifié, vidé, consacré ; me tenant simplement là, attendant à chaque instant que Dieu, en Christ, par le Saint-Esprit, opère en moi autant de la sainteté et de la vie de son Fils qu’il lui plaît.
Tant que l’Église de Christ ne consentira pas à descendre dans la tombe de l’humiliation, de la confession et de la honte ; tant que l’Église de Christ ne consentira pas à se coucher dans la poussière même devant Dieu, et à attendre que Dieu fasse quelque chose de nouveau, quelque chose de merveilleux, quelque chose de surnaturel, en la relevant, elle demeurera faible dans tous ses efforts pour vaincre le monde. Au sein de l’Église, quelle tiédeur, quelle mondanité, quelle désobéissance, quel péché !
Comment pourrons-nous jamais livrer ce combat, ou affronter ces difficultés ? La réponse est celle-ci : Christ, le Ressuscité, le Couronné, le Tout-Puissant, doit venir et vivre dans chacun des membres. Mais nous ne pouvons l’espérer qu’à mesure que nous mourons avec lui. J’ai parlé de l’arbre devenu si haut et si beau, avec ses racines chaque jour, pendant cent ans, dans la tombe où le gland est mort. Que Dieu nous enseigne à l’attendre, afin qu’il opère en nous tout ce qu’il a opéré en son Fils, jusqu’à ce que Christ Jésus soit formé en nous ! Amen !
Chapitre 6 terminé
Christ, notre vie