Chapitre 2 · 17 min de lecture
La vie du moi
« Alors Jésus dit à ses disciples: Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge de sa croix, et qu’il me suive. » Matthieu 16:24.
Au verset 13, nous lisons que Jésus, à Césarée de Philippe, demanda à ses disciples : « Qui dit-on que je suis, moi, le Fils de l’homme? » Quand ils eurent répondu, il leur demanda : « Et vous, qui dites-vous que je suis? » Et au verset 16, Pierre répondit et dit : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. » Jésus lui répondit et dit dans les versets suivants : « Tu es heureux, Simon, fils de Jonas; car ce ne sont pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais c’est mon Père qui est dans les cieux. Et moi, je te dis que tu es Pierre, et que sur cette pierre je bâtirai mon Église, et que les portes du séjour des morts ne prévaudront point contre elle. » Puis, au verset 21, nous lisons comment Jésus commença à annoncer à ses disciples sa mort prochaine ; et au verset 22, comment Pierre se mit à le reprendre, disant : « A Dieu ne plaise, Seigneur! Cela ne t’arrivera pas. » Mais il se retourna et dit à Pierre, au verset suivant : « Arrière de moi, Satan! tu m’es en scandale; car tes pensées ne sont pas les pensées de Dieu, mais celles des hommes. »
Alors Jésus dit à ses disciples : « Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge de sa croix, et qu’il me suive. » Nous entendons souvent parler de la vie de compromis, et la question se pose : qu’est-ce qui en est la racine ?
Quelle est la raison pour laquelle tant de chrétiens gaspillent leur vie dans le terrible esclavage du monde, au lieu de vivre dans la manifestation, le privilège et la gloire de Dieu ? Et une autre question nous vient peut-être : quelle peut être la raison pour laquelle, lorsque nous voyons qu’une chose est mauvaise et que nous luttons contre elle, nous ne pouvons la vaincre ? Quelle peut être la raison pour laquelle nous avons prié cent fois et fait des vœux, et pourtant nous voici encore à vivre une vie mêlée, divisée, partagée ? À ces deux questions, il n’y a qu’une seule réponse : c’est le moi qui est la racine de tout le problème.
C’est pourquoi, si quelqu’un me demande : « Comment puis-je me débarrasser de cette vie de compromis ? » la réponse ne serait pas : « Tu dois faire ceci, ou cela, ou telle autre chose », mais la réponse serait : « Une vie nouvelle d’en haut, la vie de Christ, doit prendre la place de la vie du moi ; alors nous pourrons être vainqueurs. »
Nous allons toujours de l’extérieur vers l’intérieur ; faisons-le ici ; considérons, à partir de ces paroles du texte, ce seul mot : « le moi ». Jésus dit à Pierre : « Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge de sa croix, et qu’il me suive. » Matthieu 16:24. C’est là une marque du disciple ; c’est le secret de la vie chrétienne : renoncer au moi, et tout ira bien. Remarquez que Pierre était un croyant, et un croyant qui avait été enseigné par le Saint-Esprit. Il avait donné une réponse qui plut merveilleusement à Christ : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. » Ne pensez pas que ce fût là quelque chose d’extraordinaire. Nous l’apprenons dans nos catéchismes ; Pierre, non ; et Christ vit que le Saint-Esprit du Père l’avait enseigné, et il dit : « Tu es heureux, Simon, fils de Jonas ! »
Mais remarquez combien l’homme charnel est encore fort en Pierre.
Christ parle de sa croix ; il pouvait comprendre ce qui touchait à la gloire : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. »
Matthieu 16:16. Cependant, il y a dans la croix et dans la mort quelque chose qu’il ne pouvait comprendre, et il osa, dans sa confiance en soi, dire : « Seigneur! Cela ne t’arrivera pas. » Matthieu 16:22. Et Christ dut le reprendre : « Arrière de moi, Satan! tu m’es en scandale; car tes pensées ne sont pas les pensées de Dieu, mais celles des hommes. » Matthieu 16:23.
Christ poursuivit : « Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge de sa croix, et qu’il me suive. » Matthieu 16:24. Arrêtons-nous sur ce seul mot : « le moi ». Ce n’est que lorsque nous apprenons à connaître ce qu’est le moi que nous savons vraiment ce qui est à la racine de tout notre échec, et que nous sommes prêts à aller à Christ pour en être délivrés.
Considérons d’abord la nature de cette vie du moi, puis relevons quelques-unes de ses œuvres, et posons ensuite la question : « Comment pouvons-nous en être délivrés ? » Le moi est la puissance dont Dieu a créé et doté toute créature intelligente. Le moi est le centre même d’un être créé. Et pourquoi Dieu a-t-il donné aux anges, ou à l’homme, un moi ?
Le but de ce moi, c’était que nous le présentions à Dieu comme un vase vide, afin qu’il y déposât sa vie.
Dieu m’a donné le pouvoir de me déterminer moi-même, afin que je puisse présenter ce moi chaque jour et dire : « Ô Dieu, agis en lui ; je te l’offre. » Dieu voulait un vase dans lequel il pût répandre sa divine plénitude de beauté, de sagesse et de puissance. Il créa le monde, le soleil, la lune, les étoiles, les arbres, les fleurs et l’herbe, qui tous manifestent les richesses de sa sagesse, de sa beauté et de sa bonté. Mais ils le font sans savoir ce qu’ils font.
Puis Dieu créa les anges avec un moi et une volonté, pour voir s’ils viendraient se livrer volontairement à lui comme des vases qu’il pourrait remplir. Mais hélas ! ils ne le firent pas tous. Il y en avait un à la tête d’une grande armée, et il se mit à se considérer lui-même, à penser aux puissances merveilleuses dont Dieu l’avait doté, et à se complaire en lui-même. Il commença à penser : « Un être tel que moi doit-il toujours demeurer dépendant de Dieu ? » Il s’exalta lui-même, l’orgueil s’affirma dans la séparation d’avec Dieu, et à ce moment même il devint, au lieu d’un ange dans le ciel, un démon dans l’enfer. Le moi tourné vers Dieu est la gloire de laisser le Créateur se révéler en nous. Le moi détourné de Dieu est les ténèbres mêmes et le feu de l’enfer.
Nous connaissons tous la terrible histoire de ce qui arriva ensuite : Dieu créa l’homme, et Satan vint sous la forme d’un serpent et tenta Ève par la pensée de devenir semblable à Dieu, d’avoir un moi indépendant, connaissant le bien et le mal. Et tandis qu’il lui parlait, il souffla en elle, par ces paroles, le poison même et l’orgueil même de l’enfer. Son propre esprit mauvais, le poison même de l’enfer, entra dans l’humanité, et c’est ce moi maudit que nous avons hérité de nos premiers parents. C’est ce moi qui ruina et amena la destruction sur ce monde ; et tout ce qu’il y a eu de péché, de ténèbres, de misère et de détresse, et tout ce qu’il y aura, à travers les âges innombrables de l’éternité dans l’enfer, ne sera rien d’autre que le règne du moi, la malédiction du moi, séparant l’homme et le détournant de son Dieu. Et si nous voulons comprendre pleinement ce que Christ doit faire pour nous, et devenir participants du plein salut, nous devons apprendre à connaître, à haïr et à abandonner entièrement ce moi maudit.
Or, quelles sont les œuvres du moi ? Je pourrais en mentionner beaucoup, mais prenons les mots les plus simples que nous employons continuellement : la volonté propre, la confiance en soi et l’exaltation de soi. La volonté propre, se plaire à soi-même, est le grand péché de l’homme, et elle est à la racine de tout ce compromis avec le monde qui est la ruine de tant de gens. Les hommes ne peuvent comprendre pourquoi ils ne devraient pas se plaire à eux-mêmes et faire leur propre volonté. Bien des chrétiens n’ont jamais saisi l’idée qu’un chrétien est un homme qui ne doit jamais chercher sa propre volonté, mais toujours chercher la volonté de Dieu, comme un homme en qui vit l’esprit même de Christ. « Seigneur, je viens pour faire ta volonté, ô mon Dieu ! » Nous voyons des chrétiens se plaire à eux-mêmes de mille manières, tout en essayant d’être heureux, bons et utiles, et ils ne savent pas qu’à la racine de tout cela se trouve la volonté propre qui les prive de la bénédiction.
Chrétiens, regardez vos propres vies à la lumière des paroles de Jésus. Y trouvez-vous la volonté propre, la complaisance en soi ?
Retenez ceci : chaque fois que vous vous plaisez à vous-même, vous reniez Jésus. C’est l’un ou l’autre. Vous devez lui plaire à lui seul et renoncer au moi, ou bien vous plaire à vous-même et le renier. Vient ensuite la confiance en soi, l’assurance en soi, l’effort propre et la dépendance de soi. Qu’est-ce qui poussa Pierre à renier Jésus ? Christ l’avait averti ; pourquoi n’a-t-il pas tenu compte de l’avertissement ? La confiance en soi. Il était si sûr de lui : « Seigneur, je t’aime. Depuis trois ans je t’ai suivi. Seigneur, je le nie, cela ne peut jamais arriver. Je suis prêt à aller en prison et à la mort. » Ce n’était que de la confiance en soi.
Des gens m’ont souvent demandé : « Quelle est la raison de mon échec ? Je désire si ardemment, et je prie si fervemment, de vivre dans la volonté de Dieu. » Et ma réponse est généralement : « Simplement parce que tu te confies en toi-même. » Ils me répondent : « Non, pas du tout ; je sais que je ne suis pas bon, et je sais que Dieu est disposé à me garder, et je place ma confiance en Jésus. » Mais je réplique : « Non, mon frère ; non ; si tu te confiais en Dieu et en Jésus, tu ne pourrais tomber ; mais tu te confies en toi-même. » Croyons que la cause de tout échec dans la vie chrétienne n’est rien d’autre que ceci. Je me confie en ce moi maudit, au lieu de me confier en Jésus. Je me confie en ma propre force, au lieu de la force toute-puissante de Dieu. Et c’est pourquoi Christ dit : « Ce moi doit être renié. »
Il y a l’exaltation de soi, une autre forme des œuvres du moi. Ah, que d’orgueil et de jalousie il y a dans le monde chrétien ; que de sensibilité à ce que les hommes disent de nous ou pensent de nous ; que de désir de la louange humaine et de plaire aux hommes, au lieu de vivre toujours en présence de Dieu, avec cette seule pensée : « Suis-je agréable à ses yeux ? » Christ a dit : « Comment pouvez-vous croire, vous qui tirez votre gloire les uns des autres, et qui ne cherchez point la gloire qui vient de Dieu seul? » Jean 5:44. Recevoir l’honneur les uns des autres rend une vie de foi absolument impossible. Ce moi est parti de l’enfer, il nous a séparés de Dieu, c’est un séducteur maudit qui nous égare loin de Jésus. Vient maintenant le troisième point. Que devons-nous faire pour nous en débarrasser ?
Jésus nous répond par les paroles de notre texte : « Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge de sa croix, et qu’il me suive. » Matthieu 16:24. Remarquez-le bien. Je dois renoncer à moi-même et prendre Jésus lui-même pour ma vie ; je dois choisir. Il y a deux vies, la vie du moi et la vie de Christ ; je dois choisir l’une des deux. « Suis-moi, dit notre Seigneur, fais de moi la loi de ton existence, la règle de ta conduite ; donne-moi ton cœur tout entier ; suis-moi, et je prendrai soin de tout. » Ô amis, c’est un solennel échange qui nous est proposé : venir et, voyant le danger de ce moi, avec son orgueil et sa méchanceté, nous jeter devant le Fils de Dieu et dire : « Je renie ma propre vie, je prends ta vie pour qu’elle soit la mienne. »
La raison pour laquelle les chrétiens prient et prient encore pour que la vie de Christ vienne en eux, sans résultat, c’est que la vie du moi n’est pas reniée. Vous demandez : « Comment puis-je me débarrasser de cette vie du moi ? » Vous connaissez la parabole : l’homme resta dans la maison jusqu’à ce qu’un homme fort entrât et le chassât. Alors la place fut ornée et balayée, mais vide, et il revint avec sept autres esprits pires que lui. Matthieu 12:43-45. Il n’y a que Christ lui-même, entrant en nous, qui puisse chasser le moi et l’empêcher de revenir. Ce moi demeurera avec nous jusqu’à la fin même. Souvenez-vous de l’apôtre Paul ; il avait vu la vision céleste, et de peur qu’il ne s’exaltât, l’écharde dans la chair lui fut envoyée pour l’humilier. Il y avait en lui une tendance à s’exalter, qui était naturelle, et elle l’aurait vaincu, mais Christ l’en délivra par son fidèle soin pour son serviteur bien-aimé.
Jésus-Christ est capable, par sa divine grâce, d’empêcher que la puissance du moi ne s’affirme jamais ou ne prenne le dessus ; Jésus-Christ veut bien devenir la vie de l’âme ; Jésus-Christ veut bien nous enseigner à le suivre ainsi, et à avoir un cœur et une vie fixés sur lui seul, afin qu’il soit toujours et à jamais la lumière de nos âmes.
Nous en venons alors à ce que dit l’apôtre Paul : « ce n’est plus moi qui vis, c’est Christ qui vit en moi. » Les deux vérités vont ensemble. D’abord « Ce n’est plus moi », puis « mais Christ qui vit en moi ». Galates 2:20. Regardez encore Pierre.
Christ lui dit : « qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge de sa croix, et qu’il me suive. » Matthieu 16:24.
Jésus le conduisit jusqu’à Gethsémané, et là Pierre faillit, car il dormit alors qu’il aurait dû veiller et prier ; il le conduisit vers le Calvaire, jusqu’au lieu où Pierre le renia. Était-ce là la conduite de Christ ? Loué soit Dieu, oui, ce l’était. Le Saint-Esprit n’était pas encore venu dans sa puissance ; Pierre était encore un homme charnel ; l’esprit était bien disposé, mais incapable de vaincre ; la chair était faible. Que fit Christ ? Il conduisit Pierre jusqu’à ce qu’il fût brisé dans un total abaissement de lui-même, et humilié dans les profondeurs de la douleur. Jésus le conduisit, au-delà du tombeau, à travers la résurrection, jusqu’à la Pentecôte ; et le Saint-Esprit vint, et dans le Saint-Esprit vint Christ avec sa vie divine, et alors ce fut : « Christ qui vit en moi. »
Il n’y a qu’une seule manière d’être délivré de cette vie du moi. Nous devons suivre Christ, fixer nos cœurs sur lui, écouter ses enseignements, et nous livrer chaque jour afin qu’il soit tout pour nous ; et par la puissance de Christ, le renoncement au moi sera une réalité bénie et incessante. Jamais, pas même pour une heure, je n’attends que le chrétien parvienne à un stade où il puisse dire : « Je n’ai plus de moi à renier » ; et jamais un seul instant où il puisse dire : « Je n’ai pas besoin de renier le moi. » Non, cette communion avec la croix de Christ sera un renoncement incessant au moi, à chaque heure et à chaque instant, par la grâce de Dieu. Il n’y a pas de lieu où existe une pleine délivrance du pouvoir de ce moi pécheur.
Nous devons être crucifiés avec le Christ Jésus. Nous devons vivre avec lui comme ceux qui n’ont jamais été baptisés en sa mort. Pensez-y ! Christ n’avait pas de moi pécheur, mais il avait un moi, et ce moi, il le livra effectivement à la mort. À Gethsémané, il dit : « que ma volonté ne se fasse pas ». Luc 22:42. Ce moi sans péché, il le livra à la mort afin de le recevoir de nouveau hors du tombeau, de la main de Dieu, ressuscité et glorifié. Pouvons-nous espérer aller au ciel d’une autre manière que celle par laquelle il y alla ? Prenez garde ! souvenez-vous que Christ descendit dans la mort et le tombeau, et c’est dans la mort du moi, en suivant Jésus jusqu’au bout, que viendront la délivrance et la vie.
Et maintenant, quel usage devons-nous faire de cette leçon du Maître ? La première leçon sera que nous devrions prendre du temps et nous humilier devant Dieu, à la pensée de ce qu’est ce moi en nous ; mettre au compte du moi tout péché, tout manquement, tout échec, et tout ce qui a déshonoré Dieu, puis dire : « Seigneur, voilà ce que je suis » ; et laissons alors le bienheureux Jésus-Christ prendre l’entière maîtrise de notre vie, dans la foi que sa vie peut être la nôtre.
Ne pensez pas que ce soit chose facile de se débarrasser du moi. Dans une réunion de consécration, il est facile de faire un vœu, d’offrir une prière et d’accomplir un acte d’abandon ; mais aussi solennelle que fut la mort de Christ au Calvaire, la remise à Dieu de sa vie de moi sans péché, tout aussi solennelle doit être, entre nous et notre Dieu, la remise du moi à la mort.
La puissance de la mort de Christ doit venir agir en nous chaque jour. Oh, pensez à quel contraste entre ce Pierre plein de volonté propre, et Jésus remettant sa volonté à Dieu ! Quel contraste entre cette exaltation de soi de Pierre, et la profonde humilité de l’Agneau de Dieu, doux et humble de cœur devant Dieu et devant les hommes ! Quel contraste entre cette confiance en soi de Pierre, et la profonde dépendance de Jésus envers le Père, quand il dit : « Je ne puis rien faire de moi-même. »
Nous sommes appelés à vivre la vie de Christ, et Christ vient vivre sa vie en nous ; mais une chose doit d’abord avoir lieu : nous devons apprendre à haïr ce moi et à le renier. Comme Pierre renia Christ, nous devons dire nous aussi : renie le moi, afin que le Christ Jésus soit tout en tous. Humilions-nous à la pensée de ce que ce moi nous a fait et de la manière dont il a déshonoré Jésus ; et prions très fervemment : « Seigneur, par ta lumière, découvre ce moi ; nous t’en supplions, découvre-le-nous. Ouvre nos yeux, afin que nous voyions ce qu’il a fait, et qu’il est le seul obstacle qui nous a retenus en arrière. »
Prions ainsi fervemment, puis attendons-nous à Dieu jusqu’à ce que nous nous éloignions de tous nos exercices religieux, de toute notre expérience religieuse et de toutes nos bénédictions, jusqu’à ce que nous nous approchions tout près de Dieu, avec cette seule prière : « Seigneur Dieu, le moi a changé un archange en démon, et le moi a ruiné mes premiers parents et les a fait sortir du paradis dans les ténèbres et la misère, et le moi a été la ruine de ma vie et la cause de tout échec ; oh, découvre-le-moi. » Et alors vient le bienheureux échange, où l’homme est rendu disposé et capable de dire : « Un autre vivra la vie pour moi, un autre vivra avec moi, un autre fera tout pour moi. » Rien d’autre ne suffira. Renie le moi ; prends la croix, pour mourir avec Jésus ; suis-le, lui seul.
Puisse-t-il nous donner la grâce de comprendre, de recevoir et de vivre la vie de Christ.
Chapitre 2 terminé
La vie du moi