Chapitre 12 · 13 min de lecture
La source de la puissance dans la prière
Romains 8:26-27. — De même aussi l’Esprit nous aide dans notre faiblesse, car nous ne savons pas ce qu’il nous convient de demander dans nos prières. Mais l’Esprit lui-même intercède par des soupirs inexprimables; et celui qui sonde les cœurs connaît quelle est la pensée de l’Esprit, parce que c’est selon Dieu qu’il intercède en faveur des saints.
Nous avons ici l’enseignement de Dieu touchant le secours du Saint-Esprit dans la prière. La première moitié de ce chapitre revêt une grande importance en lien avec l’enseignement de la parole de Dieu au sujet de l’Esprit. Dans Romains 6, nous lisons ce qu’il en est de mourir au péché et de vivre pour Dieu ; dans Romains 7, ce qu’il en est de mourir à la loi et d’être uni à Christ, ainsi que l’impuissance de l’homme non régénéré à faire la volonté de Dieu. Ce n’est là qu’une préparation destinée à nous montrer combien nous sommes démunis ; puis, au huitième chapitre, vient l’œuvre bénie de l’Esprit, exprimée surtout dans ces paroles : « En effet, la loi de l’esprit de vie en Jésus-Christ m’a affranchi de la loi du péché et de la mort. » Romains 8:2. L’Esprit nous rend libres de la puissance du péché ; il nous enseigne et nous conduit, de sorte que nous marchions selon l’Esprit.
Dans notre disposition intérieure, nous pouvons devenir spirituels et être rendus capables de faire mourir les œuvres du corps. Le Saint-Esprit vient au secours de nos faiblesses. La prière est la chose la plus nécessaire de la vie spirituelle. Pourtant, nous ne savons ni comment prier ni ce qu’il nous convient de demander. L’Esprit, nous dit Paul, prie par des soupirs inexprimables. Et il nous dit encore que souvent nous ne savons pas nous-mêmes ce que l’Esprit opère au-dedans de nous ; mais il en est un, Dieu, qui sonde les cœurs. Les mots révèlent souvent mes pensées et mes désirs, mais non ce qui est au plus profond de mon cœur ; et Dieu vient sonder mon cœur, et tout au fond, caché, ce que je ne puis voir et qui était pour moi une aspiration inexprimable, Dieu le trouve.
Prière puissante ! L’aveu de l’ignorance ! Ah, mes amis, je crains souvent pour moi-même, en tant que pasteur, de prier avec trop de facilité. Voilà quarante ou cinquante ans que je prie, et cela devient, du point de vue humain, une chose aisée que de prier. On nous a tous appris à prier, et lorsqu’on nous y invite, nous savons prier ; mais cela devient bien trop facile, et je crains que nous ne pensions souvent prier alors qu’il y a peu de véritable prière. Or, si nous voulons avoir en nous la prière du Saint-Esprit, une seule chose est nécessaire : nous devons commencer par sentir : « Je ne puis prier. » Quand un homme s’effondre et ne peut prier, qu’un feu brûle dans son cœur et qu’un fardeau pèse sur lui, quelque chose l’attire vers Dieu. « Je ne sais que demander. » Nous ne sommes pas assez ignorants. Abraham partit sans savoir où il allait ; c’était là un élément d’ignorance, et aussi un élément de foi (voir Hébreux 11:8).
Jésus dit à ses disciples, lorsqu’ils vinrent avec leur requête au sujet du trône : « Vous ne savez ce que vous demandez. » Matthieu 20:22. Paul dit : « personne ne connaît les choses de Dieu, si ce n’est l’Esprit de Dieu. » 1 Corinthiens 2:11. Vous dites : « Si je ne dois pas prier les vieilles prières apprises de ma mère, de mon professeur au collège, ou de mon expérience d’hier et d’avant-hier, que dois-je donc prier ? » Je réponds : priez des prières nouvelles, et élevez-vous plus haut dans les richesses de Dieu.
Vous savez ce que nous pensons de l’étudiant qui entre au collège en s’imaginant tout savoir. Il n’apprendra pas grand-chose. Sir Isaac Newton disait : « J’ignore ce que je puis paraître au monde ; mais à moi-même, il me semble n’avoir été qu’un enfant jouant sur le rivage de la mer et s’amusant à trouver de temps à autre un galet plus lisse ou un coquillage plus joli que d’ordinaire, tandis que le grand océan de la vérité s’étendait, tout inexploré, devant moi. » Il en va de même à l’égard de l’Église : nous voulons prendre notre place comme membres de l’Église de Christ en ce pays ; et, comme appartenant à ce grand corps, dire : « Seigneur Dieu, n’y a-t-il rien qui puisse être fait pour bénir l’Église de ce pays, la ranimer et la tirer de sa mondanité et de sa faiblesse ? »
Nous pouvons délibérer ensemble et conclure sans foi : « Non, nous ne savons que faire ; nous n’avons ni influence ni pouvoir sur tous ces pasteurs et leurs Églises. » Mais, d’un autre côté, quelle bénédiction de venir à Dieu et de dire : « Seigneur, nous ne savons que demander. Toi, tu sais ce qu’il faut accorder. » Le Saint-Esprit pourrait prier cent fois plus en nous si seulement nous avions conscience de notre ignorance, car nous sentirions alors notre dépendance à son égard.
Voilà la première pensée : notre ignorance. « car nous ne savons pas ce qu’il nous convient de demander dans nos prières » ; mais « l’Esprit lui-même intercède par des soupirs inexprimables ». Romains 8:26. Nous entendons souvent parler de l’œuvre de Dieu le Père, du Fils et du Saint-Esprit accomplissant et achevant la grande rédemption ; et nous savons que, lorsque Dieu œuvra à la création du monde, il ne se lassa point ; et pourtant nous lisons cette expression admirable, dans le livre de l’Exode, au sujet du jour du sabbat : « il se reposa ». Genèse 2:2. Il fut restauré ; le jour du sabbat fut pour lui un rafraîchissement. Dieu dut œuvrer, et Christ dut œuvrer, et maintenant le Saint-Esprit œuvre ; et son lieu de travail secret, le lieu où toute œuvre doit commencer, c’est le cœur, où il vient enseigner à l’homme comment prier.
Quand un homme commence à discerner ce qui est nécessaire, ce qui est promis et ce que Dieu attend d’accomplir, il sent que cela dépasse toute conception ; c’est alors qu’il sera prêt à dire : « Je ne puis limiter le Saint d’Israël par mes pensées ; je m’abandonne dans la foi que le Saint-Esprit peut prier pour moi par des soupirs, par des aspirations, qui ne peuvent s’exprimer. » Appliquez cela à vos prières.
Il y a différentes phases de la prière. Il y a l’adoration, lorsque l’homme se prosterne simplement pour adorer le grand Dieu. Nous ne prenons pas le temps d’adorer. Il nous faut adorer dans le secret, afin de nous tenir face à face avec le Dieu éternel, pour qu’il nous couvre de son ombre, qu’il nous enveloppe et qu’il nous remplisse de son amour et de sa gloire. C’est le Saint-Esprit qui peut produire en nous une telle aspiration que nous renoncerons à nos plaisirs, et même à une part de nos affaires, afin de rencontrer souvent notre Dieu.
La phase suivante de la prière est la communion. Dans la prière, il n’y a pas seulement l’adoration d’un roi, mais la communion d’un enfant avec Dieu. Les chrétiens consacrent bien trop peu de temps à la communion. Ils pensent que la prière consiste seulement à venir présenter leurs requêtes. Si Christ doit me rendre ce que je dois être, il faut que je demeure dans la communion avec Dieu. Si Dieu doit laisser son amour entrer, briller et brûler à travers mon cœur, il faut que je prenne le temps d’être avec lui.
Le forgeron met sa barre de fer dans le feu. S’il ne l’y laisse qu’un court instant, elle ne devient pas rouge. Il peut la retirer pour en faire quelque chose, puis, après un temps, la remettre pour quelques minutes ; mais, cette fois encore, elle ne devient pas rougeoyante. Au cours de la journée, il peut plonger la barre dans le feu un grand nombre de fois et l’y laisser deux ou trois minutes chaque fois, sans qu’elle ne soit jamais parfaitement chauffée. Mais s’il prend le temps de laisser la barre dix ou quinze minutes dans le feu, tout le fer deviendra rouge de la chaleur qui est dans le feu. De même, si nous voulons recevoir le feu de la sainteté, de l’amour et de la puissance de Dieu, il nous faut passer plus de temps avec Dieu dans la communion. C’est là ce qui donna leur force à des hommes comme Abraham et Moïse. C’étaient des hommes mis à part pour une communion avec Dieu, et le Dieu vivant les rendit forts. Oh, si seulement nous réalisions ce que la prière peut accomplir !
Une autre phase de la prière, la plus importante, est l’intercession. Quelle œuvre Dieu a ouverte à ceux qui sont ses sacrificateurs — des intercesseurs ! Nous trouvons une expression admirable dans la prophétie d’Ésaïe ; Dieu dit : « qu’on ne me prenne pour refuge » Ésaïe 27:5, et encore : « Il n’y a personne qui invoque ton nom, Qui se réveille pour s’attacher à toi. » Ésaïe 64:7. Dans d’autres passages, Dieu fait allusion aux intercesseurs pour Israël. Avez-vous jamais saisi Dieu ? Grâce à Dieu, certains d’entre nous l’ont fait ; mais, ô mes amis, représentants de l’Église de Christ aux États-Unis, si Dieu nous montrait combien il y a de prière intense pour un réveil dans l’Église, combien de sincère confession des péchés de l’Église, combien de supplications adressées à Dieu, ne lui laissant aucun repos jusqu’à ce qu’il fasse de Jérusalem une gloire sur la terre, je pense que nous en serions tous couverts de honte. Il nous faut livrer nos cœurs au Saint-Esprit, afin qu’il prie pour nous et en nous par des soupirs qui ne peuvent s’exprimer.
Que dois-je faire si je veux avoir en moi ce Saint-Esprit ? L’Esprit réclame du temps et de la place dans le cœur ; il veut l’être tout entier. Il veut que tout mon intérêt et toute mon influence tendent vers l’honneur et la gloire de Dieu ; il veut que je me livre à lui. Ami bien-aimé, vous ne savez pas ce que vous pourriez faire si vous vous livriez à l’intercession. L’intercession est une œuvre qu’un malade, alité année après année, peut accomplir avec puissance. C’est une œuvre qu’un pauvre, qui a à peine un sou à donner à une société missionnaire, peut accomplir jour après jour. C’est une œuvre qu’une jeune fille, qui vit dans la maison de son père et doit aider aux tâches du ménage, peut accomplir par le Saint-Esprit. On demande souvent : que fait l’Église de notre temps pour atteindre les foules ? On le demande, mais on le demande en tremblant, car on se sent si impuissant : que pouvons-nous faire contre le matérialisme et l’incrédulité dans des villes comme Londres, Berlin, New York et Paris ? Nous y avons renoncé comme à une chose sans espoir. Ah, si des hommes et des femmes pouvaient être appelés à se liguer ensemble pour saisir Dieu ! Je ne parle d’aucune union de prière ni d’aucun temps de prière fixé d’avance ; mais si l’Esprit pouvait trouver des hommes et des femmes qui donneraient leur vie pour crier à Dieu, l’Esprit viendrait très certainement.
Ce n’est pas de l’égoïsme, et ce n’est pas un simple bonheur que nous cherchons lorsque nous parlons de la paix, du repos et de la bénédiction que Christ peut donner. Dieu nous veut, Christ nous veut, parce qu’il a une œuvre à accomplir ; l’œuvre du Calvaire doit s’accomplir dans nos cœurs, et nous devons sacrifier notre vie pour intercéder auprès de Dieu en faveur des hommes. Oh, livrons-nous jour après jour, et demandons à Dieu qu’il lui plaise de laisser son Saint-Esprit œuvrer en nous.
Vient alors la dernière pensée : Dieu lui-même vient contempler avec complaisance l’attitude de son enfant.
Peut-être ce pauvre homme ne sait-il pas qu’il prie ; peut-être a-t-il honte de ses prières. Tant mieux. Peut-être se sent-il chargé et inquiet ; mais Dieu entend, Dieu découvre quelle est la pensée de l’Esprit, et il répondra. Oh, songez à ce mystère admirable : Dieu le Père sur le trône, prêt à nous accorder ses bénédictions selon les richesses de sa gloire ; Christ, le tout-puissant souverain sacrificateur, intercédant jour et nuit. Ouvrons et élargissons nos cœurs, et disons à Dieu : « Oh, que je puisse être un sacrificateur, me tenant continuellement dans la présence de Dieu, saisissant Dieu et faisant descendre une bénédiction sur mes semblables qui périssent ! »
Dieu aspire à trouver l’intercession de Jésus reflétée dans le cœur de ses enfants, et là où il la trouve, elle fait ses délices. Et celui qui sonde les cœurs connaît quelle est la pensée de l’Esprit, parce que c’est selon Dieu qu’il intercède en faveur des saints. La parole de Dieu vient sans cesse nous presser de prier pour tous, de ne pas nous contenter de nous-mêmes. Songez aux centaines de membres d’Église dans ce pays : des multitudes non converties, des multitudes à peine converties, et pourtant mondaines et insouciantes. Songez aux milliers de chrétiens de nom — chrétiens de nom seulement, mais qui dérobent Dieu ! Et pouvons-nous être heureux ? Si nous portons le fardeau des âmes, pouvons-nous jouir de cette paix et de cette joie ? Dieu vous donne la paix et la joie dans ce seul but : que vous soyez forts pour porter le fardeau des âmes dans la joie du salut de Christ.
Nous ne voulons pas dire : « J’essaie d’être aussi saint que possible ; qu’ai-je à faire avec ces gens du monde qui m’entourent ? » S’il y a une maladie terrible dans ma main, mon corps ne peut pas dire : « Je n’ai rien à faire avec elle. » Lorsque le peuple eut péché, Esdras déchira ses vêtements, se prosterna dans la poussière et fit une confession. Il se repentit à la place du peuple.
Néhémie, lorsque la nation pécha, fit une confession et se jeta devant Dieu, déplorant leur désobéissance envers le Dieu de leurs pères. Daniel fit exactement de même. Et vous pensez que nous, croyants, n’avons pas une grande œuvre à accomplir ?
Supposons que nous soyons sans un seul péché ; supposons-le seulement ; pourrions-nous alors faire une confession ? Regardez Christ, sans péché ! Il descendit dans les eaux du baptême avec les pécheurs ; il se fit un avec eux. Dieu nous a parlé pour nous demander si nous réalisons ce que nous sommes. Il nous demande maintenant si nous appartenons à l’Église de ce pays, et si nous avons porté le fardeau du péché autour de nous. Allons à Dieu, et qu’il remplisse nos cœurs, par le Saint-Esprit, d’un fardeau inexprimable pour l’Église ; et que Dieu nous fasse la grâce de nous lamenter devant lui. Et lorsque nous commencerons à confesser les péchés de l’Église, nous commencerons à sentir nos propres péchés comme jamais auparavant. Dans cinq des épîtres aux sept Églises d’Asie, le maître mot était : « Repens-toi ». Il ne pouvait être question de vaincre et d’obtenir une bénédiction sans qu’elles se repentent. Repentons-nous au nom de l’Église de Christ, et Dieu nous donnera le courage de sentir qu’il fera revivre son œuvre.
Chapitre 12 terminé
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