Chapitre 8 · 11 min de lecture
Un bagage superflu
« Nous donc aussi, puisque nous sommes environnés d’une si grande nuée de témoins, rejetons tout fardeau, et le péché qui nous enveloppe si facilement, et courons avec persévérance dans la carrière qui nous est ouverte » (Hébreux 12:1).
Beaucoup sont entravés dans le combat, non à cause du lion rugissant ou des flèches du mensonge, mais parce qu’ils se sont chargés d’un fardeau qu’ils ne devraient pas porter ; ils ont été offensés par quelqu’un et s’en sont formalisés.
Je me trouvais à un belvédère, dominant Gibraltar. De nombreux panneaux avertissaient les visiteurs de ne pas nourrir les petits singes qui vivaient dans les arbres alentour. Bien sûr, certaines personnes choisissaient d’ignorer les panneaux, si bien que, bientôt, un singe venait se poser sur les épaules de quelqu’un. Pendant que les appareils photo crépitaient, le singe se mettait à emmêler ses doigts dans les cheveux, de sorte que, lorsque cela devenait douloureux, la victime avait du mal à s’en défaire.
Satan dispose d’une armée de « singes » dressés, prêts à sauter sur l’épaule de quelqu’un pour emmêler leurs doigts dans les cheveux de leur victime.
Nous devons reconnaître le singe de l’offense et l’ôter promptement avant qu’il ne nous dérobe notre paix.
Beaucoup sont entravés dans le combat, non parce qu’ils ont été « blessés » par d’autres, mais parce qu’ils se sont chargés d’un fardeau qu’ils ne devraient pas porter. Ils ont été offensés par quelqu’un et s’en sont « formalisés ».
Nous devons comprendre que l’offense et le péché sont très différents.
Bien que la première puisse être un « fruit » de la vie de péché, elle n’est pas un acte de péché délibéré de la part de celui qui offense. De fait, on nous dit que Jésus fut une « offense » pour les chefs religieux de son temps, et il était sans péché. Je crois pour ma part qu’il causa délibérément l’offense en plus d’une occasion, comme je vais bientôt vous le montrer.
Les causes d’offense peuvent être nombreuses, mais voici les plus courantes : ● Les conflits de personnalités : les gens emploient souvent cette expression comme une « excuse » pour ne pas s’entendre les uns avec les autres !
● Les attentes déçues : sans doute la première raison pour laquelle pasteurs et Églises se séparent. Nous ne sommes pas très doués pour faire connaître nos attentes avant que l’offense ne survienne.
● Les malentendus : une mauvaise communication.
● Les dons et les talents : je vois souvent des gens envier la notoriété des autres, au lieu de se sentir assurés dans leur propre ministère ou « appel ».
● L’orgueil : une atteinte à l’« ego ». (Par exemple : un père irrité (offensé) par les notes moyennes de son fils à l’école, estimant que cela lui fait mauvaise réputation.)
● La rébellion : le « vieil homme » refuse de mourir !
Un bel exemple de ces offenses à l’œuvre eut lieu lorsqu’une Église était en pleine rénovation — elle reconstruisait son sanctuaire. Cela avait représenté deux longues années de dur labeur pour l’assemblée qui bâtissait cette église, mais Dieu s’était montré fidèle.
On racontait de nombreuses histoires de « miracles » de provision de la part de Jéhovah-Jiré. Le moment était venu de décider des coloris de l’intérieur du sanctuaire ; un petit comité fut donc formé de membres de l’Église, et l’on demanda à John, professeur de dessin à l’école locale, de diriger le groupe. Lors de leur première réunion, John arriva avec un dossier exposant ses suggestions (certains disent ses « décisions ») pour le choix des couleurs. Il ne fallut pas longtemps avant que d’autres personnes présentes expriment leur désaccord avec ses propositions, ayant leurs propres opinions.
Finalement, on procéda à un vote et une décision consensuelle fut prise — qui ne reflétait pas les vues du professeur de dessin. John fut offensé, et les répercussions de son offense se firent sentir dans cette Église pendant quelque temps encore. Certains dirent même que ce fut alors que les « miracles » cessèrent.
John n’est en rien différent de nous tous ! Il est si facile d’être offensé sans mesurer le terrible impact négatif que cela peut avoir sur nous-mêmes et sur l’œuvre de Christ. C’est une arme majeure dont Satan se sert pour nous vaincre dans le combat. Soyez-en sûr — des occasions de chute surviendront (Luc 17:1). Jésus nous a dit qu’elles étaient certaines et nous a avertis de la manière dont nous pouvons être gardés de trébucher devant l’offense : en répondant à ses exigences pour être ses disciples, formulées dans la chambre haute. Considérons quelques exemples bibliques de personnes qui furent offensées. Nous en chercherons la cause et en noterons les résultats. Espérons que nous discernerons aussi les desseins du Seigneur en permettant que les offenses surviennent. Il a promis de nous délivrer du « malin », mais il n’a jamais promis de nous délivrer des offenses ! Il veut cependant nous apprendre à reconnaître l’offense et à recevoir sa grâce en de tels temps d’épreuve.
Les diverses traductions du Nouveau Testament peuvent nous embrouiller sur ce sujet ; comprenons donc que le mot grec « skandalon » est traduit de diverses manières : « une pierre d’achoppement », autrement dit « une offense » ou « une chute ».
Le semeur et la semence → Matthieu 13:18-21
Dans les versets ci-dessus, Jésus enseigne à une foule cette parabole bien connue et la leur interprète, comparant les quatre types de sol à quatre types d’auditeurs de la Parole de Dieu.
Les « endroits pierreux » décrivent la personne qui « entend la parole et la reçoit aussitôt avec joie ; mais il n’a pas de racines en lui-même, il manque de persistance, et, dès que survient une tribulation ou une persécution à cause de la parole, il y trouve une occasion de chute » (Matthieu 13:20-21).
C’est un croyant qui n’aime pas ce que la Bible lui enseigne. Il s’était imaginé qu’être chrétien serait facile !
Il voulait la joie et la paix, mais il n’était pas prêt à se charger de sa croix (Matthieu 16:24), à payer le prix du service. Peu à peu, il est offensé et tombe, avec pour résultat aucun fruit !
Un prophète sans honneur → Matthieu 13:54-57
Jésus vint dans sa propre ville de Nazareth, où il enseigna dans la synagogue. Ses concitoyens étaient étonnés de son enseignement et se demandaient d’où lui venait une telle sagesse. « N’est-ce pas le fils du charpentier ? » disaient-ils. « Nous le connaissons depuis l’enfance ! Pour qui se prend-il ? » Il existe une expression courante : « la familiarité engendre souvent le mépris » ; et, comme nous le lisons au verset 57, aux yeux des gens de la ville natale de Jésus, « il était pour eux une occasion de chute ».
Combien de jeunes hommes et de jeunes femmes, répondant à l’appel de Dieu sur leur vie, ont tenté de répondre à cet appel, mais ont été entravés par la « sagesse » supérieure de leur entourage : famille, amis et responsables d’Église ! Je pense au vieux prophète de 1 Rois 13 qui fut offensé parce que Dieu se servait d’un autre jeune homme pour proclamer sa parole. À cause de son offense, le vieux prophète trompa le jeune homme, avec pour résultat de faire taire son témoignage, par la mort !
En conséquence de leur offense à Nazareth, « il ne fit pas beaucoup de miracles dans ce lieu, à cause de leur incrédulité » (Matthieu 13:58). Un moyen sûr d’empêcher le Seigneur d’agir de façon miraculeuse dans votre vie, c’est de vous offenser. Le résultat de leur offense fut aucun miracle !
Le traître → Matthieu 26:6-14
Jésus était dans la maison de Simon, un lépreux, lorsqu’une femme entra avec un vase précieux de parfum. Elle le brisa sur les pieds du Seigneur et se mit à les essuyer avec ses cheveux, si bien que le parfum remplit la maison. Matthieu nous dit que les disciples furent offensés en voyant ce « gaspillage », déclarant que le parfum aurait pu être vendu à bon prix et l’argent donné aux pauvres (Matthieu 26:8).
Juste après cela, Judas Iscariot alla trouver les principaux sacrificateurs afin de trahir son maître (Matthieu 26:14-16). Dans le récit qu’en fait Jean, on nous dit que ce fut Judas lui-même qui formula la plainte, étant offensé, « non qu’il se mît en peine des pauvres, mais parce qu’il était voleur, et que, tenant la bourse, il prenait ce qu’on y mettait » (Jean 12:6).
Je me souviens d’une œuvre caritative internationale bien connue qui dépensa plus d’un million de dollars pour réaliser un film documentaire sur son travail. Beaucoup de ses soutiens exprimèrent leur indignation devant un tel « gaspillage » et retinrent leurs contributions mensuelles. Ils s’estimaient justement indignés ; pourtant, en moins d’un an, les recettes des projections de ce film dépassèrent cinq fois le coût de sa réalisation ! Je crois que nous devrions plutôt pécher par prudence lorsqu’il s’agit de dépenser l’argent du Seigneur, mais s’offenser pourrait être une source d’embarras plus grande encore !
Judas fut offensé, aussi sortit-il pour trahir son maître. Le potentiel de trahison était déjà présent, mais l’offense fit passer ce potentiel à l’acte. Le résultat de son offense fut qu’il ne fit plus confiance au Seigneur pour accomplir ce qu’il avait dit. Judas voulait l’aiguillonner à agir. S’il était le Messie promis qui établirait son royaume à la place de l’empire romain, c’était le moment de le prouver ! Mais une seule chose fut prouvée — que lui, Judas, était un piètre politicien et un ami plus piètre encore !
Judas avait perdu confiance dans le Seigneur ! Où votre confiance est-elle placée ? En quoi placez-vous votre foi et votre espérance ? L’« espérance » chrétienne est l’attente ardente que ce qu’il a promis, il l’accomplira ! L’auteur du cantique déclare : « Mon espérance n’est fondée sur rien de moins que le sang et la justice de Jésus ! » (My Hope is Built On Nothing Less, Robert Critchley).
L’auteur de l’épître aux Hébreux nous encourage à « ne pas abandonner [notre] assurance, à laquelle est attachée une grande rémunération » (Hébreux 10:35).
Lorsque nous sommes offensés, il en résultera un manque d’espérance, et par conséquent, nous n’aurons aucune assurance !
Le reniement de Pierre → Matthieu 26:31-35, 69-75
Jésus venait d’arriver au mont des Oliviers, après avoir institué l’alliance de la communion avec ses disciples. Il leur enseigne maintenant qu’il est sur le point de leur être enlevé.
Jésus dit à ses disciples : « Je serai pour vous tous, cette nuit, une occasion de chute. » Mais Pierre, brave et insensé, répond : « Quand tu serais pour tous une occasion de chute, tu ne le seras jamais pour moi ! » (Matthieu 26:31-33). Comme il a dû regretter ces paroles quelques heures plus tard à peine ! J’éprouve de la compassion pour Pierre, car il me ressemble tant ! Quel merveilleux Sauveur nous avons, lui qui, ressentant sa douleur, apparaîtrait d’abord à Pierre après sa résurrection, avant que les autres ne le voient (Luc 24:34) ! Je ne peux qu’imaginer cette scène où tous deux furent réconciliés par l’amour du Sauveur.
Jean et Pierre entrèrent dans la maison du souverain sacrificateur où Jésus était jugé. Comme Pierre franchissait la porte, une servante lui dit : « N’es-tu pas l’un de ses disciples ? » Il répondit : « Je n’en suis pas ! » Puis, deux fois encore, il renie son Seigneur, ajoutant quelques serments bien sentis avant que les coqs ne chantent.
J’aime imaginer cette jeune servante et sa question. Se pourrait-il qu’elle se fût intéressée au Seigneur et eût voulu en savoir davantage sur lui ? Si Pierre avait reconnu qu’il était son disciple, lui aurait-elle demandé de lui parler de son ami, parce qu’elle aussi voulait l’aimer ? Mais Pierre fut offensé, et le résultat de son offense fut aucun témoignage !
Beaucoup se détournent → Jean 6:53-61
Dans ce passage, Jésus dit des choses difficiles à ceux qui le suivent. Il les appelle à « manger la chair du Fils de l’homme » et à « boire son sang » (Jean 6:53). Aujourd’hui, avec le recul, nous comprenons cela en termes de coupe de la communion et de la nouvelle alliance à laquelle il nous a appelés, mais pour eux, c’était une parole dure et difficile à comprendre.
Jésus leur demanda : « Cela vous scandalise-t-il ? »
Êtes-vous offensé par son appel à la vie de disciple qu’exige l’alliance de la communion ? Cette vie de disciple qui est le défi central de ce livre ? Le résultat de leur offense fut que plusieurs de ses disciples se retirèrent et n’allèrent plus avec lui (Jean 6:66). Le résultat de leur offense fut aucune communauté.
Nous avons donc cinq exemples bibliques de personnes qui furent offensées, avec pour résultat qu’elles perdirent leur fruit, leur assurance et leur témoignage. Parmi elles régnait la désunion, et Dieu ne fit aucun miracle au milieu d’elles ! Nous pouvons donc être certains que Satan a dû jubiler.