Chapitre 6 · 9 min de lecture
La tragique vérité
Le désir de Dieu, et la priorité qui repose sur le cœur de Jésus, c’est qu’il ait un peuple dont l’amour mutuel et l’esprit de service soient un tel témoignage pour ce monde que les hommes et les femmes en viennent à réclamer à grands cris de connaître notre Seigneur. Ils voudront connaître le secret de notre paix, de notre joie et de notre harmonie. Ils observeront nos mariages, nos foyers, nos enfants et nos lieux de travail, non pour critiquer, mais pour découvrir nos secrets.
Après avoir exhorté ses lecteurs à être « remplis de l’Esprit », et après en avoir exprimé l’une des preuves — le fait d’être « vous soumettant les uns aux autres dans la crainte de Christ » (Éphésiens 5:21) —, Paul donne des exemples de ce que cela devrait être dans nos relations.
Le mariage chrétien → Éphésiens 5:22-33
Si les mariages chrétiens étaient ce qu’ils sont censés être, les deux conjoints remplis de l’Esprit et soumis l’un à l’autre, s’honorant et se préférant l’un l’autre, ils seraient le mystère révélé à un monde qui observe. Les hommes verraient la relation que Jésus entretient avec son épouse, l’Église, et seraient attirés à le connaître comme le fondement de leur propre mariage. Il y aurait un flot constant de personnes en quête frappant à la porte de notre maison ou de notre église, au lieu de se précipiter, comme elles le font aujourd’hui, vers les tribunaux du divorce !
Les femmes voudraient honorer leur propre mari plus que tout autre homme, à cause de l’amour qu’elles reçoivent, et les hommes voudraient aimer leur femme à cause de l’honneur qu’ils reçoivent.
Au lieu du cercle vicieux de mauvais traitements et de représailles si répandu dans le monde, il y aurait un cercle délicieux où l’on se bénit les uns les autres en Christ.
Il est si tragique que le divorce soit si courant parmi les croyants chrétiens. Quel témoignage est-ce là ?
Le foyer chrétien → Éphésiens 6:1-4
Là où les parents entretiennent de justes relations avec le Seigneur et l’un avec l’autre, leurs enfants grandissent dans un foyer sûr et aimant. La plus grande part de l’accompagnement que j’exerce comme pasteur concerne des blessures reçues par des enfants ayant grandi dans une situation bien différente ; souvent, en effet, des pères « chrétiens » ne parviennent pas à former (ou à discipliner) leurs enfants et, au lieu de cela, les irritent (Colossiens 3:21).
Les conseillers chrétiens d’aujourd’hui parlent de familles dysfonctionnelles où le « réservoir d’amour » de l’enfant n’est pas rempli de l’amour qu’il a été créé pour recevoir, parce que les parents dysfonctionnels sont incapables de donner cet amour. L’enfant ne fait pas l’expérience de l’amour dont le fruit est la sécurité, l’identité, l’estime de soi, l’acceptation et l’encouragement. L’enfant ne fait pas l’expérience de l’amour dont le fruit est la sécurité, l’identité, l’estime de soi, l’acceptation et l’encouragement.
Au lieu de grandir en bonne santé émotionnelle et spirituelle, ils deviennent exactement comme leurs parents : dysfonctionnels. Ils n’apprennent jamais à marcher la tête haute dans un monde aux épaules courbées et aux cœurs brisés. L’espace vide de leur réservoir d’amour se remplit d’une seule chose : la colère, qui produit une vie de rébellion contre les desseins de Dieu. De tels enfants n’apprennent jamais à obéir à leurs parents dans le Seigneur.
« Pères, n’irritez pas vos enfants » (Colossiens 3:21).
Il est si tragique que tant d’enfants rebelles soient le produit de foyers « chrétiens ». Quel témoignage est-ce là ?
Le lieu de travail → Éphésiens 6:5-9
Le croyant rempli de l’Esprit est appelé à être un témoin sur son lieu de travail en manifestant l’attitude d’un serviteur devant ses collègues et ses employeurs, et il doit être digne de confiance pour bien accomplir son travail.
Je connais bien un enseignant dont l’école devait être fusionnée avec deux autres dans le cadre d’une grande réorganisation. Tous les enseignants des trois écoles se réunirent pour former une association du personnel chargée de parler en leur nom devant le conseil d’administration de l’école, afin d’exprimer leurs souhaits quant à la conception des nouveaux bâtiments scolaires et à leurs conditions d’emploi.
Un homme fut proposé et appuyé pour le poste de président de cette nouvelle association. Un autre fut proposé et appuyé. Puis, à sa grande surprise, mon ami fut proposé. Aussitôt, les deux autres qui avaient été proposés retirèrent leur nom afin d’appuyer la candidature de mon ami. Aucun autre nom ne fut présenté, et il fut élu à l’unanimité pour représenter tout le personnel. En quittant la salle, il exprima son étonnement à un collègue. « Attendez que je le raconte à ma femme, dit-il. Elle ne me croira jamais ! » « Pourquoi donc ? » répondit le collègue. « Nous savons tous que vous êtes le seul en qui nous puissions avoir confiance pour toujours dire la vérité ! »
Mon ami était le seul chrétien parmi les cadres de ces écoles.
Il est triste que des hommes d’affaires (dont des chrétiens) me disent souvent que les pires personnes avec qui faire des affaires sont les chrétiens.
Ils veulent tirer de vous le maximum pour le paiement le plus faible. Ce sont les plus avares en pourboires, et souvent les derniers à régler leurs dettes ! Bien sûr, il se peut fort bien que nous soyons jugés plus sévèrement par le monde que ne le sont les non-croyants, mais il faut s’y attendre !
Nous sommes appelés à avoir l’attitude de serviteurs. Nous devrions vivre à un niveau d’engagement et de savoir-faire plus élevé que le monde ! Hélas, nous connaissons tous des employeurs et des travailleurs chrétiens qui ne manifestent ni une éthique de travail remplie de l’Esprit ni une telle relation avec leurs collègues. Quel témoignage est-ce là ?
L’attrition des ouvriers
La plupart des études pertinentes révèlent que la première raison pour laquelle les missionnaires quittent le champ, ce sont de mauvaises relations interpersonnelles ! Ils ont étudié pendant de longues années dans des écoles bibliques et des séminaires de langues, effectué des stages dans des Églises d’envoi, investi une grande part de leur vie dans la préparation, puis, après un seul mandat outre-mer, sont rentrés chez eux amers, désillusionnés, honteux et blessés. Cela ne devrait pas être !
En Amérique du Nord, la durée moyenne du ministère d’un pasteur dans une Église locale est de moins de cinq ans. La première année est une lune de miel ; la deuxième, la familiarité. La troisième année, la désillusion s’installe, avec des grondements de mécontentement ; le pasteur comme les membres de l’Église ont les uns envers les autres des attentes déçues.
La quatrième année voit le mécontentement remonter à la surface, souvent avec acrimonie et accusations. Les gens prennent parti, la tension monte, et le pasteur s’en va, en disant généralement : « Je n’ai pas à supporter cela ! » Quel témoignage est-ce là ?
Les querelles d’Église
Avez-vous déjà été mêlé à une querelle d’Église ? Ce n’est pas une chose agréable ! Je connais une Église qui comptait autrefois plus de trois cents personnes et qui, aujourd’hui, n’existe plus. Tout le monde, dans cette ville, semble connaître un aspect de l’histoire, et bien des gens, jadis fidèles à la fréquenter, disent qu’ils n’assisteront plus jamais à un culte !
Les blessures sont réelles, car les combats furent amers. Les croyants tiraient des « coups de feu » les uns sur les autres, s’assassinant mutuellement, et cela retentissait dans toute la ville. Satan jubilait, et le Seigneur pleurait !
Bien sûr, la plupart de nos querelles restent à huis clos, ou sont plus subtiles. J’ai lu un article de journal intéressant qui parlait d’un groupe de ministres du culte mettant sur pied des groupes de soutien pour les pasteurs ayant des griefs contre leur Église ou leur organisation ecclésiale. Il évoquait des ministres d’une dénomination qui « réclamaient de grosses sommes en justice », puis ajoutait que les Églises sont bien plus brutales envers leurs pasteurs que les entreprises envers leurs employés, et que les plus féroces se trouvent dans la tradition évangélique (Christian Week (Canada), 21 juin 94).
Regardez, le samedi soir, les annonces d’Églises dans votre journal local pour voir comment nous nous faisons concurrence dans l’arène du gain de nouvelles personnes pour notre Église — le plus souvent au détriment d’une autre Église ! Il est bien établi que la plus grande partie de la croissance des Églises est une croissance par transfert, et non par conversion. Les anecdotes personnelles ne sont pas à recommander, mais j’ai vécu un jour une expérience intéressante qui mérite d’être racontée.
C’était au début de l’année universitaire, et tous les pasteurs de la région étaient invités à rencontrer les étudiants pour leur parler de nos Églises. On nous accordait deux minutes chacun pour faire notre présentation.
J’écoutais, l’un après l’autre, les pasteurs vanter les mérites de leur Église. « Nous avons un merveilleux “groupe d’étudiants et de jeunes actifs”, et nous pouvons envoyer notre bus vous chercher. » « Vous apprécierez vraiment notre musique — elle est entraînante, tout comme les jeunes l’aiment ! »
« La plupart de vos camarades étudiants fréquentent notre Église, car nous sommes situés près du campus. » J’étais à peu près le trentième pasteur dans la file, et je dirigeais une petite œuvre en difficulté. Quand je me levai, je dis aux étudiants que nous étions une petite Église sans programmes particuliers. Nous n’avions rien à leur offrir, sinon du travail, s’ils voulaient nous aider à gagner notre quartier pour Christ.
Je me rassis — et les étudiants éclatèrent en applaudissements !
À mesure que l’Église grandissait, une part importante de notre assemblée était composée d’étudiants universitaires. Pourquoi nous disputons-nous les brebis les uns aux autres alors que nous servons tous le même grand Berger ? Quel témoignage est-ce là ?
Pourquoi nous est-il si difficile de nous honorer les uns les autres, de nous aimer et de nous servir les uns les autres ? Est-ce simplement notre orgueil qui fait obstacle, alors même que nous parlons d’être remplis de l’Esprit ? Ou bien ignorons-nous tout simplement que nous sommes engagés dans un combat, et que l’ennemi est très rusé ?
Soyez-en bien certains ! Si la priorité du Seigneur est d’avoir un peuple vivant de justes relations les uns avec les autres, dans l’obéissance à sa Parole, la priorité de Satan est assurément d’abîmer de telles relations ! « Diviser pour régner » pourrait tout aussi bien être sa devise.