La chambre intérieure ·Moïse, l’homme de prière

Chapitre 5 · 5 min de lecture

Moïse, l’homme de prière

Avant Moïse, il y avait l’économie patriarcale, avec la vie de famille et l’autorité que possédaient les pères ; et, s’en distinguant, Moïse est le premier homme désigné pour être un docteur et un conducteur des hommes. En lui, nous trouvons de merveilleuses illustrations de la place et de la puissance de l’intercession chez le serviteur de Dieu.

Les prières de Moïse. Dès son premier appel en Égypte, Moïse pria. Il demanda à Dieu ce qu’il devait dire au peuple (Exode 3:11-13). Il lui exposa toutes ses faiblesses et le supplia d’être déchargé de sa mission (4:1-13). Lorsque le peuple lui reprocha d’avoir alourdi ses fardeaux, il alla le dire à Dieu (v. 22), et il lui fit connaître toutes ses craintes (6:12). Ce fut sa première formation. C’est de là que naquit sa puissance dans la prière lorsque, l’une après l’autre, Pharaon lui demanda d’implorer pour lui le Seigneur, et que la délivrance vint à la requête de Moïse (8:8, 9, 12, 28, 29, 30, 31 ; 9:28-29, 9:33 ; 10:17-18). Étudiez ces passages jusqu’à recevoir la pleine impression de combien la prière fut un facteur réel dans l’œuvre de Moïse et dans la rédemption de Dieu.

À la mer Rouge, Moïse cria à Dieu avec le peuple, et la réponse vint (14:15).

Lorsque le peuple eut soif au désert, et lorsque Amalek l’attaqua, ce fut aussi la prière qui apporta la délivrance (17.4:11).

Au Sinaï, quand Israël eut fait le veau d’or, ce fut la prière qui détourna aussitôt la destruction menaçante (32:11, 32:14). Ce fut une prière renouvelée qui leur obtint le rétablissement (32:31). Ce fut plus de prière encore qui assura que la présence de Dieu les accompagnerait (33:17), et de nouveau ce fut la prière qui amena la révélation de la gloire de Dieu (33:19). Et quand celle-ci eut été donnée, ce fut une nouvelle prière qui reçut le renouvellement de l’alliance (34:9-10). Dans le Deutéronome, nous avons un merveilleux résumé de tout cela (9:18-20, 19:26) ; nous voyons avec quelle intensité il pria, et comment, dans un cas, ce fut durant quarante jours et quarante nuits qu’il tomba sur sa face devant le Seigneur (9:25, 10:10).

Dans les Nombres, nous lisons que la prière de Moïse éteignit le feu du Seigneur (11:2) et obtint l’approvisionnement de viande (10:2, 11) ; que la prière guérit Marie (12:13), et sauva la nation lorsqu’elle eut refusé de monter au pays (14:17-20). La prière fit tomber le jugement sur Koré (16:15), et lorsque Dieu allait consumer toute l’assemblée, la prière fit l’expiation (46). La prière fit sortir l’eau du rocher (20:6), et, en réponse à la prière, le serpent d’airain fut donné (21:7). Par la prière, la volonté de Dieu fut manifestée dans un cas difficile (27:5), et Josué fut donné pour successeur à Moïse (16).

Étudiez tout cela jusqu’à ce que votre cœur tout entier soit rempli de la pensée du rôle que la prière doit jouer, peut jouer, dans la vie d’un homme qui voudrait être le serviteur de Dieu auprès de ses semblables.

À mesure que nous étudions, les parties s’uniront en un tout vivant, et Moïse sera pour nous un modèle vivant pour notre vie de prière. Nous apprendrons ce qu’il faut pour être un intercesseur. Les leçons qui nous viendront seront celles-ci : je vois que Moïse était un homme livré à Dieu, zélé, oui, jaloux pour Dieu, pour son honneur et sa volonté.

Un homme, aussi, absolument livré à son peuple, prêt à se sacrifier lui-même pour qu’il pût être sauvé.

Un homme conscient d’un appel divin à agir comme médiateur, à être le lien, le canal de communication et de bénédiction, entre un Dieu dans le ciel et les hommes sur la terre. Une vie si entièrement possédée par cette conscience médiatrice que rien ne pouvait être plus simple et plus naturel que de s’attendre à ce que Dieu exauce.

Je vois ici Dieu, en réponse aux prières d’un seul homme, sauver et bénir ceux qu’il lui a confiés, et faire ce qu’il ne ferait pas sans cela. Je vois comment tout le gouvernement de Dieu a intégré la prière dans son plan comme l’une de ses parties constitutives.

Je vois comment le ciel est rempli de la vie, de la puissance et de la bénédiction dont la terre a besoin, et comment la prière de la terre est la puissance qui fait descendre cette bénédiction.

Je vois surtout comment la prière est un indice de la vie spirituelle, et comment sa puissance dépend de ma relation avec Dieu et de la conscience d’être son représentant. Il me confie son œuvre, et plus mon dévouement à ses intérêts est simple et entier, plus l’assurance qu’il m’exauce devient naturelle et certaine.

Pensez à la place que Dieu tenait dans la vie de Moïse : le Dieu qui l’avait envoyé, le Dieu à qui il était entièrement dévoué, le Dieu qui avait promis d’être avec lui, qui voulait et voudrait toujours l’aider quand et comme il priait.

Venons-en maintenant à l’application pratique : comment pouvons-nous apprendre à prier comme Moïse ? Nous ne pouvons pas nous assurer cette grâce par un acte de la volonté. Notre première leçon doit être le sentiment de notre impuissance. Alors la grâce l’opérera en nous, lentement et sûrement, si nous nous livrons à sa formation. Mais bien que cette formation soit graduelle, il y a une chose qui peut être faite aussitôt : nous pouvons dès maintenant décider de nous donner à cette vie et de prendre la juste position. Faites-le maintenant, prenez la décision de vivre entièrement pour être un canal par lequel la bénédiction de Dieu s’écoulera à travers vous vers le monde. Faites le pas.

S’il le faut, prenez dix minutes de réflexion délibérée. Acceptez la charge divine, et prenez quelque objet d’intercession. Prenez du temps, disons une semaine, et saisissez fermement les vérités élémentaires que l’exemple de Moïse enseigne. De même qu’un professeur de musique insiste pour que l’on pratique les gammes — seule la pratique rend parfait —, appliquez-vous à apprendre à fond et à mettre en œuvre les premières leçons nécessaires.

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La chambre intérieure Andrew Murray

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