Chapitre 14 · 4 min de lecture
Les pensées de Dieu et nos pensées
« Car autant les cieux sont élevés au-dessus de la terre, autant mes voies sont élevées au-dessus de vos voies, et mes pensées au-dessus de vos pensées. » Ésaïe 55:9 Sur la terre, les paroles d’un homme sage signifient souvent tout autre chose que ce que celui qui les entend en comprend. Combien il est donc naturel que les paroles de Dieu, telles qu’il les comprend, signifient quelque chose d’infiniment plus élevé que ce que nous en saisissons d’emblée.
Il est très nécessaire de nous en souvenir. Le faire nous conduira sans cesse à ne pas nous contenter de notre connaissance et de nos pensées de la Parole, mais à nous émerveiller et à attendre ce que peut être sa pleine bénédiction, telle que Dieu l’a voulue. Cela donnera à notre prière pour l’enseignement du Saint-Esprit une force et une urgence nouvelles, afin qu’il nous montre ce qui n’est pas encore monté dans notre cœur pour le concevoir. Cela affermira l’espérance qu’il y a pour nous, même dans cette vie, un accomplissement qui dépasse nos plus hautes pensées.
La Parole de Dieu a ainsi deux sens. L’un est celui qu’elle a dans la pensée de Dieu, faisant des paroles humaines les véritables porteuses de toute la gloire de la sagesse, de la puissance et de l’amour divins. L’autre est notre faible, partielle et défectueuse compréhension de celle-ci. Même après que la grâce et l’expérience ont rendu très vraies et très réelles pour nous des paroles comme l’amour de Dieu, la grâce de Dieu, la puissance de Dieu, ou l’une des nombreuses promesses qui s’y rattachent, il demeure encore dans la Parole une plénitude infinie que nous n’avons pas encore connue. Combien cela est frappant dans notre texte d’Ésaïe.
« Autant les cieux sont élevés au-dessus de la terre. » Notre foi en ce fait est si simple et si claire que personne ne songerait à tenter d’atteindre le soleil ou les étoiles de son petit bras. Gravir la plus haute montagne n’y servirait de rien. Nous le croyons de tout notre cœur. Et voici que Dieu dit, de même : « mes pensées sont plus élevées que vos pensées. » Même lorsque la Parole a exprimé les pensées de Dieu, et que nos pensées ont cherché à les recevoir, elles demeurent encore aussi haut au-dessus de nos pensées que les cieux sont élevés au-dessus de la terre. Toutes les infinités de Dieu et du monde éternel habitent dans la Parole comme la semence de la vie éternelle. Et de même que le chêne parvenu à sa croissance est si mystérieusement plus grand que le gland d’où il a jailli, ainsi les paroles de Dieu ne sont que des semences d’où peuvent croître les puissantes merveilles de sa grâce et de sa puissance.
La foi en cette parole devrait nous enseigner deux leçons : l’une, l’ignorance ; l’autre, l’attente. Nous devrions apprendre à venir à la Parole comme de petits enfants.
Jésus a dit : « Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, de ce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents, et de ce que tu les as révélées aux enfants. » Les prudents et les sages ne sont pas nécessairement des hypocrites ni des ennemis. Il y a beaucoup d’enfants bien-aimés de Dieu qui, faute de cultiver sans cesse un esprit d’enfant, et se reposant inconsciemment sur la conformité scripturaire de leur credo ou sur l’honnêteté de leur étude spirituelle, se voient cacher la vérité, et ne deviennent jamais des hommes spirituels. « Car qui d’entre les hommes connaît les choses de l’homme, si ce n’est l’esprit de l’homme qui est en lui ? De même, personne ne connaît les choses de Dieu, si ce n’est l’Esprit de Dieu. Or nous, nous n’avons pas reçu l’esprit du monde, mais l’Esprit qui vient de Dieu, afin que nous connaissions les choses que Dieu nous a données par sa grâce. » Qu’un profond sentiment de notre ignorance, une profonde défiance de notre propre pouvoir de comprendre même les choses de Dieu, marque notre étude de la Bible.
Plus notre désespoir d’entrer véritablement dans les pensées de Dieu est profond, plus grande peut être la confiance de l’attente. Dieu veut rendre sa Parole vraie en nous. « Tous tes fils seront disciples de l’Éternel. » Le Saint-Esprit est déjà en nous pour révéler les choses de Dieu. En réponse à notre humble et croyante prière, Dieu, par lui, nous donnera une intelligence toujours croissante du mystère de Dieu — notre merveilleuse union et ressemblance avec Christ, sa vie en nous, et notre être tel qu’il fut, lui, dans ce monde.
Oui, plus encore : si nos cœurs ont soif et attendent, un temps peut venir où, par une communication spéciale de son Esprit, tous nos ardents désirs seront comblés, et où Christ prendra si bien possession du cœur que ce qui fut longtemps une foi deviendra une expérience — que, autant les cieux sont élevés au-dessus de la terre, autant ses pensées sont plus élevées que nos pensées.