L’Évangile de la guérison ·Les principes de la guérison divine

Chapitre 4 · 21 min de lecture

Les principes de la guérison divine

Il existe certains principes qui sous-tendent tout l’enseignement des saintes Écritures touchant la guérison ; il importe de les comprendre et de les classer, et, lorsqu’on les saisit justement, ils sont d’un grand secours pour une foi intelligente.

1. LES CAUSES DE LA MALADIE et de la souffrance se rattachent distinctement à la Chute et à l’état de péché de l’homme. Si la maladie faisait partie de la constitution naturelle des choses, alors nous pourrions l’affronter tout entière sur un terrain naturel, et par des moyens naturels. Mais si elle fait partie de la malédiction du péché, elle doit trouver son vrai remède dans la grande Rédemption. Que la maladie soit le résultat de la Chute, et l’un des fruits du péché, nul assurément ne saurait le mettre en doute. La mort, nous dit-on, s’est étendue sur tous les hommes, parce que tous ont péché, et le plus grand contient le moindre. Elle est nommée parmi les malédictions du Deutéronome, que Dieu devait envoyer à cause du péché d’Israël. De plus, elle est distinctement liée à l’action personnelle de Satan. Il fut l’instrument direct de la souffrance de Job, et notre Seigneur attribua nettement les maladies de son temps à sa puissance directe. C’est Satan qui avait lié cette femme paralysée depuis dix-huit ans ; et c’était une influence démoniaque qui tenait et écrasait le corps et l’âme de ceux qu’il délivra. Si la maladie est le résultat d’une action spirituelle mauvaise, il est très évident qu’elle doit être affrontée et contrecarrée par une force spirituelle supérieure, et non par un simple traitement naturel.

Et encore, à supposer que la maladie soit une discipline et un châtiment divins, il est plus évident encore que sa suppression doit venir, non par des moyens mécaniques, mais par des causes spirituelles. Il serait à la fois ridicule et vain que le bras de l’homme prétendît arracher la verge du châtiment de la main du Père par la force ou l’habileté physiques. Le seul moyen de détourner son coup, c’est de soumettre l’esprit, dans la pénitence, à sa volonté, et de chercher, dans l’humilité et la foi, son pardon et son soulagement ; de sorte que, de quelque côté que nous considérions la maladie, il devient de plus en plus évident que son remède ne se trouve qu’en Dieu et dans l’Évangile de sa Rédemption.

2. Si la maladie est le résultat de la chute, nous pouvons nous attendre à ce qu’elle soit comprise dans les dispositions de la Rédemption, et nous chercherions naturellement quelque indice d’un remède dans LA DISPENSATION PRÉPARATOIRE qui précéda l’Évangile. Et nous ne sommes pas déçus. Le grand principe selon lequel le soin et la providence de Dieu embrassent les besoins temporels et physiques de son peuple aussi bien que les besoins spirituels court tout au long de l’Ancien Testament. Une disposition précise pour la guérison divine est établie dans toutes les ordonnances de Moïse. Et le tableau prophétique du Libérateur à venir est celui d’un grand Médecin en même temps que d’un Roi glorieux et d’un gracieux Sauveur. La guérison d’Abimélec, de Marie, de Job, de Naaman et d’Ézéchias ; le cas du lépreux et du serpent d’airain, le statut de Mara, et les bénédictions et malédictions d’Ébal et de Garizim, la terrible réprimande d’Asa, le cent troisième Psaume, et le cinquante-troisième chapitre d’Ésaïe, laissent le témoignage de l’Ancien Testament clair et net : la rédemption du corps était la prérogative et le dessein divins.

3. LE MINISTÈRE PERSONNEL DE JÉSUS-CHRIST est l’étape suivante et capitale dans le développement de ces principes. Sa vie même fut un résumé complet du christianisme ; et de ses paroles et de ses œuvres nous pouvons assurément recueillir le grand dessein de la rédemption. Et quel fut le témoignage de sa vie touchant la guérison physique ? Il parcourait leurs villes, guérissant toute maladie et toute infirmité parmi le peuple. Il guérissait tous ceux qui avaient besoin de guérison, afin que s’accomplît ce qui avait été annoncé par Ésaïe, le prophète : « Il a pris nos infirmités, et il s’est chargé de nos maladies. » Or, quand nous nous rappelons que ce n’était pas un incident occasionnel, mais une part essentielle de son ministère ; qu’il commença son œuvre par là, qu’il la continua jusqu’à la fin de sa vie ; qu’il le fit en toute occasion possible et dans toute variété de cas ; qu’il le fit de bon cœur, volontiers, et sans laisser aucun doute ni aucune question sur sa volonté ; qu’il dit distinctement au lépreux qui doutait : « Je le veux », et qu’il ne s’attristait que lorsque les hommes hésitaient à se fier pleinement à lui ; et quand nous comprenons qu’en tout cela il ne faisait que déployer le véritable dessein de sa grande rédemption, et révéler son propre caractère et son amour immuables, et qu’il nous a distinctement assuré qu’il est toujours « le même hier, aujourd’hui, et éternellement » — assurément nous avons un grand principe sur lequel appuyer notre foi, aussi sûr que le Rocher des siècles.

4. Mais la rédemption trouve son centre DANS LA CROIX de Jésus-Christ, et c’est là que nous devons chercher le principe fondamental de la guérison divine. Elle repose sur le sacrifice expiatoire du Seigneur Jésus-Christ. Cela découle nécessairement du premier principe que nous avons énoncé. Si la maladie est le résultat de la Chute, elle doit être comprise dans l’expiation de Christ, qui s’étend « aussi loin que s’étend la malédiction ».

Mais encore, il est très distinctement déclaré au 53e chapitre d’Ésaïe, comme nous l’avons vu : on dit de lui qu’il a porté nos souffrances et s’est chargé de nos douleurs, le mot « porter » étant précisément le même que celui employé pour l’expiation du péché ; le même qui est employé ailleurs pour décrire l’acte du bouc émissaire emportant la faute du peuple, et le même qui est employé dans ce même chapitre à propos de ce qu’il « a porté les péchés de beaucoup d’hommes ». Dans le même sens, donc, où il a emporté nos péchés, il a aussi porté nos maladies. Et Pierre déclare également qu’« il a porté lui-même nos péchés en son corps sur le bois . . . . lui par les meurtrissures duquel vous avez été guéris ». En son propre corps, il a porté toutes nos dettes corporelles pour le péché, et nos corps sont mis en liberté. Cette unique « meurtrissure » cruelle qui fut la sienne — car le mot est au singulier — résumait en elle toutes les douleurs et souffrances d’un monde en peine ; et il n’est plus besoin que nous souffrions ce qu’il a suffisamment porté. Ainsi notre guérison devient un grand droit de rédemption, que nous n’avons qu’à réclamer comme notre héritage acquis par le sang de sa Croix.

5. Mais il y a quelque chose de plus haut encore que la Croix. C’est LA RÉSURRECTION de notre Seigneur. C’est là que l’Évangile de la guérison trouve la source de la vie la plus profonde. La mort de Christ détruit la racine de la maladie : le péché. Mais c’est la vie de Jésus qui fournit la source de la santé et de la vie à nos corps rachetés. Le corps de Christ est la source vivante de toute notre force vitale. Celui qui est sorti du tombeau de Joseph, avec la vie physique nouvelle de la résurrection, est le Chef de son peuple pour la vie et l’immortalité. Ce n’est pas pour lui seul qu’il a reçu la puissance d’une vie sans fin, mais comme notre vie. Dieu l’a donné pour chef suprême à l’Église, qui est son corps. Nous sommes membres de son corps, de sa chair et de ses os. La guérison que Christ nous donne n’est rien de moins que sa propre vie physique nouvelle, infusée dans notre corps depuis son cœur même, et nous introduisant en communion avec son être le plus intime. Ce Ressuscité et cet Ascensionné est la source et la mesure de notre force et de notre vie. Nous mangeons sa chair et buvons son sang, et il demeure en nous, et nous en lui. Comme il vivait dans le Père, ainsi celui qui le mange vivra par lui. Tel est le grand principe, le principe vital, le plus précieux, de la guérison physique au nom de Jésus. C’est la vie même de Jésus manifestée dans notre chair mortelle.

6. Il s’ensuit que ce doit être tout entière UNE VIE NOUVELLE. La Mort et la Résurrection de Jésus-Christ ont creusé un abîme redoutable entre le présent et le passé de toute vie rachetée. Désormais, si quelqu’un est en Christ, il est UNE NOUVELLE CRÉATION. Les choses anciennes sont passées, TOUTES CHOSES SONT DEVENUES NOUVELLES. La mort de Jésus a mis à mort tout notre vieil homme. La vie de Jésus est la source de toute vie nouvelle. Cela est vrai de notre vie physique. Ce n’est pas la restauration de l’ancienne force naturelle à la vie. Ce n’est pas la reconstruction de notre ancienne constitution. C’est le renoncement à toutes les anciennes dépendances. C’est souvent la défaillance et le dépérissement de toute notre force naturelle. C’est une force qui « du sein de la faiblesse est rendue forte », qui n’a au départ aucune ressource ; qui, à la manière de la création, est faite de rien ; qui, à la manière de la résurrection, sort du sombre tombeau, et de l’extinction de tout secours et de toute espérance antérieurs. Ce principe est d’une immense importance dans l’expérience pratique de la guérison. Tant que nous la cherchons dans l’ancienne vie naturelle, nous serons déçus. Mais lorsque nous cessons de mettre notre confiance dans la chair, et que nous regardons uniquement à Christ et à sa vie surnaturelle en nous pour la force de notre corps aussi bien que de notre esprit, nous découvrirons que nous pouvons tout par Christ qui nous fortifie.

7. Il s’ensuit que la rédemption physique que Christ apporte n’est PAS SEULEMENT UNE GUÉRISON, MAIS AUSSI UNE VIE. Ce n’est pas le réajustement de notre vie sur l’ancienne base, la laissant désormais aller comme une machine sur le plan naturel, mais c’est l’infusion d’un genre de vie et de force nouveau. C’est pourquoi elle est aussi pleinement à la portée des personnes en santé que de celles qui sont malades. C’est simplement un genre de vie plus élevé, le changement de l’eau de la vie en son vin céleste. C’est pourquoi elle doit aussi être entretenue en demeurant constamment en lui, et en recevant de lui. Ce n’est pas un dépôt permanent, mais une dépendance quotidienne, un renouvellement de l’homme intérieur de jour en jour, une force qui ne vient qu’à mesure que nous en avons besoin, et qui ne dure qu’aussi longtemps que nous demeurons en lui. Une telle VIE est une chose très sacrée. Elle donne une sainteté particulière à chaque regard, à chaque ton, à chaque acte, à chaque organe et à chaque mouvement du corps. Nous vivons de la vie de Dieu, et nous devons vivre comme lui et pour lui. Un corps ainsi divinement vivifié ajoute une puissance décuplée à l’âme, et à tout le service de la vie chrétienne. Les paroles prononcées dans cette énergie divine, les œuvres accomplies par la vie même de Dieu, seront revêtues d’une efficacité positive qui fera sentir aux hommes que le corps aussi bien que l’esprit est vraiment le Temple même du Saint-Esprit.

8. Le grand agent qui introduit cette vie nouvelle dans notre vie est LE SAINT-ESPRIT. L’œuvre de rédemption de Jésus ne peut s’achever sans son bienheureux ministère. Ce n’est pas comme une présence physique visible que ce Jésus de Nazareth rencontre aujourd’hui les malades, les boiteux et les aveugles, mais par une manifestation spirituelle. Elle a toute l’ancienne puissance physique, et produit tous les anciens effets sur le corps souffrant, mais l’approche est spirituelle, non physique. La présence doit être amenée à notre conscience ; le contact de notre besoin avec sa vie doit venir par le Saint-Esprit. Ainsi Marie dut l’apprendre au tout premier instant de la résurrection : « Ne me touche pas… je monte vers mon Père. » Ainsi, désormais, devait-elle le connaître comme l’Ascensionné. Ainsi Paul avait cessé de connaître Jésus-Christ selon la chair. Ainsi dut-il mettre en garde les disciples à Capernaüm où, parlant du Pain vivant — la Source de la guérison — il ajoute : « Et si vous voyez le Fils de l’homme monter où il était auparavant ?… C’est l’esprit qui vivifie ; la chair ne sert de rien. » Voilà pourquoi beaucoup trouvent difficile de rencontrer le Guérisseur. Ils ne connaissent pas le Saint-Esprit. Ils ne connaissent pas Dieu spirituellement. Le soleil dans les cieux ne serait qu’une boule de glace froide et aveuglante, n’était l’atmosphère qui nous apporte sa chaleur et sa lumière et les répand à travers notre monde. Et la vie et l’amour de Christ ne peuvent nous atteindre sans l’Esprit intermédiaire, la Lumière, l’Atmosphère, le divin Médium qui apporte et répand au loin sa vie et sa lumière, son amour et sa Présence dans notre être ; qui prend les choses de Jésus et nous les montre, extrayant l’essence même de sa vie et de son être, et la diffusant suavement à travers chaque vaisseau, chaque nerf, chaque organe et chaque fonction de notre être. Oui, il est le grand Vivificateur. C’est par le Saint-Esprit que Jésus chassait les démons sur la terre — et maintenant, si l’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite en vous, celui qui a ressuscité Christ d’entre les morts rendra aussi la vie à vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous.

9. Cette vie nouvelle doit venir, comme toutes les bénédictions de la rédemption de Christ, comme la GRÂCE GRATUITE DE DIEU, SANS ŒUVRES, ET SANS DISTINCTION DE MÉRITE NI ACCEPTION DE PERSONNES.

Tout ce qui vient par Christ doit venir comme grâce. Il ne peut y avoir aucune œuvre mêlée à la foi qui justifie, sinon celles qui viennent après la justification, et comme ses fruits. Toutes les autres sont des œuvres mortes, et fatales à notre salut. De même, notre guérison doit être tout entière de Dieu, ou elle n’est pas du tout de la grâce. Si Christ guérit, il doit le faire seul. Ce principe devrait régler à jamais la question de l’emploi des moyens en liaison avec la foi pour la guérison. Le naturel et le spirituel, le terrestre et le céleste, les œuvres de l’homme et la grâce de Dieu, ne peuvent se mêler, pas plus que vous ne pourriez atteler une tortue à une locomotive, ou faire un grand câble sous-marin moitié de fer et moitié de chanvre. Ils ne peuvent œuvrer ensemble. Les dons de l’Évangile sont des dons souverains. Dieu peut faire lui-même pour nous les choses les plus difficiles. Mais il ne peut seconder notre suffisance à faire les plus faciles. Un cas désespéré est donc bien plus plein d’espérance qu’un cas où nous pensons pouvoir faire quelque chose nous-mêmes. Nous devons « nous aventurer sur lui, nous aventurer tout entiers, et ne laisser aucune autre confiance s’immiscer ».

Si la guérison doit être recherchée par des moyens naturels, obtenons-en tous les meilleurs résultats de l’habileté et de l’expérience. Mais si elle doit venir par le nom de Jésus, ce doit être par la grâce seule.

Il s’ensuit aussi, dans le même ordre d’idées, que si elle fait partie de l’Évangile et est un don de Christ, elle doit être impartiale, limitée seulement par le grand « quiconque » de l’Évangile. Ce n’est pas un don spécial d’une faveur qui fait acception, mais un grand et commun héritage de la foi et de l’obéissance. C’est : « que celui qui veut, prenne de l’eau de la vie, gratuitement ». Il est vrai que tous ceux qui viennent doivent se conformer aux simples conditions d’une foi obéissante ; mais celles-ci sont impartiales, sans acception de personnes, et à la portée de tous.

10. La simple condition de cette grande Bénédiction — condition également de toutes les bénédictions de l’Évangile — est LA FOI SANS LA VUE. La grâce sans les œuvres et la foi sans la vue doivent toujours aller ensemble, comme les principes jumeaux du glorieux Évangile. La seule chose que Dieu demande à tous ceux qui doivent recevoir sa grâce, c’est qu’ils se fient à sa simple parole là où ils n’ont rien d’autre que sa parole à quoi se fier. Mais ce doit être une confiance réelle. Elle doit croire et ne point douter. Si la parole de Dieu est vraie le moins du monde, elle est absolument et entièrement vraie. Un tout petit grain de sénevé suffira, et il fendra de ses racines vivantes les grands rochers et les montagnes, mais ce doit être un grain entier. Le grain doit être dans son intégrité. Une seule déchirure tuera sa vie. Et un seul doute détruira l’efficacité de la foi ; c’est pourquoi elle doit commencer dans l’âme, prenant Dieu simplement et nûment à sa parole. Une foi qui attendra des signes et des preuves ne sera jamais forte. Les plantes qui commencent par s’appuyer seront toujours fragiles et auront besoin d’un treillis. En vérité, la foi qui repose sur la vue n’est pas la foi. Heureux ceux qui n’ont pas vu, et qui ont cru. Abraham dut croire Dieu et prendre le nom nouveau de la foi et de la paternité avant qu’il y eût le moindre indice de probabilité, et alors même que tout signe naturel le contredisait et le démentait. Il est beau de remarquer la forme de l’expression en Genèse xvii. D’abord il lui est dit : « Je ferai de toi le père d’une multitude de nations. » Puis vient le changement du nom d’Abraham, qui fut la profession de sa foi, et la reconnaissance devant un monde railleur qu’il croyait Dieu. Alors suit la parole suivante de Dieu. Mais chose merveilleuse ! Le temps est complètement changé. Ce n’est plus une promesse, mais un fait accompli : « J’AI FAIT DE TOI le père d’une multitude de nations. » C’est fait. La foi a changé l’avenir en passé, et maintenant Dieu appelle les choses qui ne sont point comme si elles étaient. Ainsi devons-nous croire, et recevoir la vie de guérison de Jésus et toutes les bénédictions de l’Évangile.

11. Y a-t-il quelque principe touchant L’OBLIGATION de la foi à l’égard de la guérison physique ? Est-ce pour nous une affaire facultative que la manière dont nous serons guéris, et de savoir si nous nous confierons en Dieu ou regarderons à l’homme ? Est-ce pour nous « une ordonnance et un statut », et une affaire de simple obéissance ? Est-ce sa grande prérogative de disposer des corps qu’il a rachetés, et une impertinence pour l’homme — l’homme non sanctifié — d’y toucher, et une égale impertinence de notre part de choisir quelque autre voie que la sienne ? L’Évangile du salut est-il un commandement aussi bien qu’une promesse, et l’Évangile de la guérison est-il d’une égale autorité ? A-t-il choisi de légiférer sur la manière dont le fléau entré dans son monde doit être traité, et avons-nous le droit d’intervenir dans ses grandes Lois de santé ? A-t-il, à un coût énorme, pourvu à un remède pour ses enfants comme part de sa rédemption, et est-il jaloux de l’honneur et des droits du Nom de son Fils bien-aimé en cette matière ? Revendique-t-il d’être le propriétaire du corps de ses enfants, et revendique-t-il le droit d’en prendre soin ? Nous a-t-il laissé une grande prescription contre la maladie, et toute autre voie est-elle sans autorisation, désobéissante, et à nos propres risques ? Assurément ces questions répondent d’elles-mêmes, et ne laissent qu’une seule voie ouverte à tout enfant de Dieu simple et obéissant.

12. L’ordre selon lequel Dieu agit envers nos âmes et nos corps est réglé par certains principes fixes.

A. Il travaille du dedans vers le dehors, commençant par notre nature spirituelle, puis diffusant sa vie et sa puissance à travers notre être physique. Beaucoup de personnes viennent à Dieu pour la guérison alors que leur vie spirituelle est tout entière défectueuse et faussée. Dieu ne refuse pas la guérison, mais il commence dans les profondeurs de l’âme, et lorsqu’elle est préparée à recevoir sa vie, il peut se mettre à guérir le corps.

B. Il y a un constant parallèle entre l’état de l’âme et celui du corps. Jean forme pour Gaïus ce vœu : « je souhaite que tu prospères à tous égards et sois en bonne santé, comme prospère l’état de ton âme ». Un petit nuage de péché sur le cœur laissera une ombre sur le cerveau et les nerfs, et une pression sur tout l’organisme. Un souffle malveillant de mal spirituel empoisonnera le sang et abattra tout le système. Et un esprit clair, calme et confiant apportera de la vigueur à toute la vie physique, et ouvrira la voie à toutes les fortes et pleines pulsations de la vie même du Seigneur en nous.

C. De là aussi, la guérison sera souvent graduelle dans son développement, à mesure que la vie spirituelle grandit et que la foi saisit Christ plus fermement. Le principe de la vie divine, comme celui de la vie naturelle, est : « d’abord l’herbe, puis l’épi, puis le grain tout formé dans l’épi. Il doit toujours y avoir beaucoup de travail préliminaire. La semence doit être plantée et mourir. » « La tige doit s’élever et devenir assez forte pour porter son lourd fruit. Beaucoup de personnes veulent l’épi de blé alors que l’herbe est encore tendre. Or il ne ferait que nous accabler par son poids. Il nous faut une force profonde et paisible pour soutenir notre plus haute bénédiction. Parfois cette préparation est tout entière accomplie d’avance. Alors Dieu peut œuvrer très rapidement. Mais dans chaque cas il connaît l’ordre et le processus les mieux adaptés au développement de l’homme tout entier, qui est toujours sa grande fin en toutes ses opérations en nous. »

13. Les Limites de la guérison sont aussi fixées par certains principes.

A. Ce n’est pas la vie immortelle. Pourquoi les hommes devraient-ils jamais mourir, si Christ guérit toujours ? Parce que la foi ne peut aller que jusqu’où va la promesse de Dieu, et Dieu n’a nulle part promis que nous ne mourrions jamais durant cette Dispensation. La promesse, c’est la plénitude de vie, de santé et de force jusqu’à la mesure de notre vie naturelle, et jusqu’à ce que l’œuvre de notre vie soit accomplie. Il est vrai, c’est la vie de la résurrection que nous possédons ; mais ce n’en est pas la totalité, seulement les prémices. Parlant de notre vie immortelle en II Corinthiens v, l’Apôtre dit : « Et celui qui nous a formés pour cela, c’est Dieu, qui nous a donné les arrhes de l’Esprit. » C’est-à-dire que, de même que nos arrhes étaient une poignée du sol même du champ acquis, mais seulement une poignée, ainsi Dieu nous a maintenant donné, par son Esprit, dans notre vie physique nouvelle, une poignée de la vie même de la résurrection. Mais ce n’est qu’une poignée, et la plénitude ne viendra qu’à son avènement. Or cette poignée vaut cent fois tout le sol de la terre et la vie naturelle.

B. La limite suivante a rapport à la mesure et au degré dans lesquels nous pouvons attendre cette vie dans notre état présent. Aurons-nous de la force pour toutes sortes d’exploits surnaturels et d’efforts extraordinaires ? Nous avons la promesse d’une force suffisante pour toute la volonté de Dieu et tout le service de Christ. Mais nous n’aurons aucune force pour le simple étalage, et certainement aucune à gaspiller dans la témérité, ou à dépenser dans l’égoïsme et le péché. Dans les limites de l’œuvre que Dieu nous a assignée — et ces limites peuvent être très larges, bien plus larges qu’aucune force purement naturelle — nous pouvons tout par Christ qui nous fortifie, et nous pouvons entreprendre sans crainte tous les labeurs, tous les renoncements et toutes les difficultés, face à l’exposition, à la faiblesse, aux conditions malsaines du climat, et aux exigences les plus accaparantes sur nos forces et notre temps, là où Christ nous conduit et nous appelle clairement ; et nous aurons sa puissance protectrice, et nous trouverons que « Dieu peut vous combler de toutes sortes de grâces, afin que, possédant toujours en toutes choses de quoi satisfaire à tous vos besoins, vous ayez encore en abondance pour toute bonne œuvre ». Mais que nous touchions à la terre défendue, que nous sortions de ce cercle sacré de sa volonté, ou que nous dépensions nos forces pour nous-mêmes ou pour le péché, et notre vie se flétrira — comme le ricin de Jonas et le bras de Samson. Oui, cela doit être vrai dans notre vie ; tout entièrement vrai — pas une seule part ne manquant : « C’est de lui, par lui, et pour lui que sont toutes choses. A lui la gloire dans tous les siècles ! Amen ! »

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L’Évangile de la guérison A. B. Simpson

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