Chapitre 2 · 21 min de lecture
Christ notre Sanctificateur
« Et je me sanctifie moi-même pour eux, afin qu’eux aussi soient sanctifiés par la vérité. » Jean XVII. 19.
La leçon marginale de la dernière proposition est : « afin qu’eux aussi soient véritablement sanctifiés. » Cela semble impliquer qu’il existe quelque chose qui passe dans le monde pour de la sainteté, mais qui n’est pas la véritable sanctification. Il y a des formes contrefaites de la vie chrétienne, et aussi des formes défectueuses, qui ne représentent pas tout ce que la plénitude de Christ est capable de faire pour nous. La sanctification est la seconde étape de l’Évangile quadruple.
1. CE QU’ELLE N’EST PAS.
Nous considérerons d’abord ce qu’elle n’est pas. Il y a dans le caractère chrétien des éléments bons, et même des éléments saints, qui ne sont pas la sanctification.
- Elle n’est pas la régénération. La sanctification n’est pas la conversion. C’est une grande et bienheureuse chose que de devenir chrétien. Ce n’est jamais un événement de peu d’importance. Être sauvé éternellement est une source de joie éternelle ; mais l’âme doit aussi entrer dans la sanctification. Ce ne sont pas la même chose. La régénération est le commencement. Elle est le germe de la semence, mais non la plénitude estivale de la plante. Le cœur n’a pas encore remporté une victoire entière sur les anciens éléments du péché. Il en est parfois vaincu. La régénération est comme la construction d’une maison dont l’ouvrage est bien fait. La sanctification, c’est que le propriétaire vienne y demeurer, la remplisse d’allégresse, de vie et de beauté. Beaucoup de chrétiens sont convertis et s’arrêtent là. Ils ne s’avancent pas jusqu’à la plénitude de leur vie en Christ, et courent ainsi le danger de perdre ce qu’ils possèdent déjà. L’Allemagne a fait connaître la grande vérité de la justification par la foi grâce à l’enseignement de Martin Luther ; mais celui-ci ne sut pas s’avancer jusqu’aux enseignements plus profonds de la vie chrétienne. Quel en fut le résultat ? L’Allemagne d’aujourd’hui est froide et sans vie, et le foyer même du rationalisme avec tous les maux qui l’accompagnent. Combien il en a été autrement en Angleterre ! Les travaux d’hommes tels que Wesley, Baxter et Whitfield, qui comprenaient la mission du Saint-Esprit, ont conduit la vie chrétienne de l’Angleterre, et de l’Amérique, sa fille, dans des canaux plus profonds et plus durables. Vous constaterez que les hommes et les femmes qui ne poursuivent pas dans leur expérience chrétienne jusqu’à obtenir la plénitude de leur héritage en Lui deviennent souvent froids et formalistes. Le mal qui est dans leur propre cœur s’affirmera de nouveau et les vaincra très probablement, et leur œuvre apportera la confusion et le désastre à la cause de Christ. S’ils échappent au résultat, ce sera comme au travers du feu. Vous avez sans doute remarqué de jeunes chrétiens qui semblaient merveilleusement convertis et remplis de l’amour de Dieu, mais qui n’étaient pas entrés dans la vie plus profonde de Christ, et qui, à une heure mauvaise, ont failli. Ils avaient reçu un cœur nouveau, mais ils avaient négligé d’acquérir l’enseignement et la vie plus profonds que Christ réserve à tous ses enfants.
- La sanctification n’est pas la moralité, ni aucune acquisition du caractère. Il y a beaucoup de choses aimables dans la vie humaine qui ne sont pas la sanctification. Un homme ne peut édifier lui-même un bon caractère humain et l’appeler ensuite l’œuvre de Dieu. Il ne résistera pas à l’épreuve qui ne manquera pas de fondre sur lui. Seule la maison fondée sur le Rocher des siècles demeurera en sécurité dans la fureur des éléments.
- La sanctification n’est pas votre propre ouvrage ; ce n’est pas une acquisition graduelle dans laquelle vous pourriez croître par vos propres efforts. Si vous pouviez bâtir vous-même un tel édifice, y ajoutant année après année jusqu’à son achèvement, ne vous tiendriez-vous pas à distance, avec un orgueil bien pardonnable, pour le contempler comme votre propre ouvrage ? Non, chers amis, vous ne pouvez pas croître dans la sanctification. Vous croîtrez, une fois que vous y serez entrés, vers un développement plus plein, plus mûr et plus achevé de la vie en Christ ; mais vous devez la recevoir, à son commencement, comme un don et non comme une croissance. C’est une chose reçue, et non une chose acquise. Vous ne pouvez pas vous sanctifier vous-mêmes. La seule chose à faire est de vous donner tout entier à Dieu, en sacrifice volontaire. Cela est d’une extrême importance. C’est bien peu de chose à faire pour Lui. Mais c’est à Lui d’accomplir l’œuvre de purification et de plénitude.
- La sanctification n’est pas l’œuvre de la mort. Il est étrange que quiconque puisse penser qu’il y ait une influence sanctifiante dans l’agonie. Pourtant, bien des gens ont vécu des années dans cette illusion. Ils s’attendent à ce que la sueur froide de cette dernière heure et les battements convulsifs du cœur défaillant les déposent en quelque sorte dans les bras de leur Sanctificateur. Cela vient en partie de la vieille idée que le péché a son siège dans le corps — l’antique doctrine manichéenne selon laquelle la chair est impure, et que, une fois débarrassés du corps, l’occupant dépouillé de chair serait affranchi du péché et s’élancerait aussitôt dans une pureté sans bornes. Il n’y a pas de péché dans ces os, cette chair et ces ligaments. Si vous retranchez votre main, vous n’avez perdu aucun péché. Si vos deux mains sont ôtées, vous êtes aussi pécheur qu’auparavant. Si vous tranchiez votre tête et rendiez votre vie, le péché demeurerait encore dans l’âme. Le péché n’est pas dans le corps, il est dans le cœur, dans l’âme et dans la volonté. Dépouillez-vous de ce corps d’argile, et l’esprit subsistera encore, chose dure, rebelle et pécheresse. La mort ne le sanctifiera pas. C’est un mauvais moment pour se convertir. Ce sera un moment plus mauvais encore pour être sanctifié. Je ne conseillerais à personne de remettre son salut à l’heure de la mort, lorsque le cœur est oppressé et le cerveau obscurci, et que l’esprit a besoin d’assurance, de repos et d’un sentiment de victoire pour pouvoir entrer dans Sa présence avec plénitude de joie. Ce n’est pas non plus un meilleur moment pour l’œuvre plus profonde du Saint-Esprit. On doit entrer dans la sanctification avec intelligence, lorsque l’esprit est clair. C’est un acte délibéré qui réclame le calme exercice de toutes les facultés agissant sous l’influence dirigeante de l’Esprit divin.
- La sanctification n’est pas la perfection de soi. Nous ne deviendrons jamais si foncièrement bons qu’il n’y ait plus de possibilité ni de tentation de pécher. Nous n’atteindrons jamais un point où nous n’aurons plus besoin, à chaque instant, de demeurer en Lui. À l’instant où nous nous sentons capables de vivre sans Lui, il surgit en nous une vie séparée qui n’est pas une vie sanctifiée. Si les esprits élevés du ciel tombèrent de leur haut état, ce fut peut-être parce qu’ils prirent conscience de leur propre beauté, et que l’orgueil s’éleva dans leur cœur. Ils se regardèrent eux-mêmes et devinrent comme des dieux à leurs propres yeux. À l’instant où vous ou moi prenons conscience que nous sommes forts ou purs, à cet instant même commence l’œuvre de désintégration. Elle nous a rendus indépendants de Lui, et nous nous sommes séparés de la vie de Christ. Nous devons être de simples vases vides, des canaux ouverts par où Sa vie s’écoule. Alors la perfection de Christ nous sera communiquée. Et nous décroîtrons toujours davantage en nous-mêmes, à mesure qu’Il grandira toujours plus au-dedans de nous.
- La sanctification n’est pas un état d’émotion. Ce n’est ni une extase ni une sensation. Elle réside dans la volonté et le dessein de la vie. Elle est une conformité pratique de la vie et de la conduite à la volonté et au caractère de Dieu. La volonté doit choisir Dieu. Le dessein du cœur doit être de se livrer à Lui, de Lui plaire et de Lui obéir. Voilà ce qui importe : aimer, choisir et accomplir Sa sainte volonté. Vous ne pouvez pas avoir cet esprit en vous sans être heureux. L’esprit qui ne convoite qu’une joie sensationnelle garde encore une vie propre impie. Il doit sortir de cette forme du moi et entrer en Dieu avant de pouvoir recevoir beaucoup de Lui.
II. CE QU’EST LA SANCTIFICATION.
Considérons maintenant le côté positif.
- Elle est la séparation d’avec le péché. Telle est l’idée première du mot. Le chrétien sanctifié est séparé du péché, d’un monde mauvais, et même de son propre moi, et de tout ce qui pourrait devenir une cause de séparation entre lui et Christ dans la vie nouvelle. Cela ne signifie pas que le péché et Satan doivent être détruits. Dieu n’amène pas encore le millénium, mais Il met une ligne de démarcation entre l’âme sanctifiée et tout ce qui est impur. Le grand malheur des chrétiens, c’est qu’ils essaient de détruire le mal. Ils pensent que si le péché pouvait être réellement décapité et Satan mis à mort, ils seraient souverainement heureux. C’est une surprise pour beaucoup d’entre eux, après leur conversion, que Dieu laisse encore vivre le diable. Il n’a nulle part promis qu’Il tuerait Satan, mais Il a promis de placer un large et profond Jourdain entre le chrétien et le péché. La seule chose à faire avec lui, c’est de le répudier et de le laisser à l’écart. Il y a dans le monde assez de péché pour nous détruire tous, si nous le laissons entrer. L’air en est rempli, comme l’air de certains de nos États de l’Ouest est rempli de la suie du charbon gras qu’on y brûle. Il en sera ainsi jusqu’à la fin des temps, mais Dieu veut, bien-aimés, que vous et moi en soyons séparés dans notre esprit.
- La sanctification signifie aussi la consécration à Dieu. C’est là également l’idée première du mot. Elle est séparation d’avec le péché et consécration à Dieu. Un chrétien sanctifié est tout entier livré à Dieu pour Lui plaire en tout point ; sa première pensée est toujours : « Que ta volonté soit faite » ; son unique désir, de plaire à Dieu et d’accomplir Sa sainte volonté. C’est là la pensée qu’exprime le mot consécration. Dans l’Ancien Testament, toutes les choses qui étaient mises à part pour Dieu étaient appelées sanctifiées, même s’il n’y avait eu en elles aucun péché auparavant. Le Tabernacle était sanctifié ; il n’avait jamais péché, mais il était consacré à Dieu. Dans le même sens, tous les ustensiles du Tabernacle étaient sanctifiés. Ils étaient mis à part pour un saint usage. Chers amis, Dieu attend de nous quelque chose de plus que d’être simplement séparés du péché. Ce n’est là qu’une bonté négative. Il attend que nous Lui soyons entièrement consacrés, faisant du désir suprême de notre cœur de L’aimer, de L’honorer et de Lui plaire. Remplissons-nous Son attente à cet égard ?
- La sanctification comprend la conformité à la ressemblance de Dieu. Nous devons être à Son image, et marqués de l’empreinte de Jésus-Christ.
- La sanctification signifie aussi la conformité à la volonté de Dieu autant qu’à Sa ressemblance. Un chrétien sanctifié est soumis et obéissant. Il désire la volonté divine par-dessus tout dans la vie, la sachant plus bienveillante et plus sage pour lui que rien d’autre ne saurait l’être. Il a conscience qu’il perd quelque chose s’il la manque. Il sait qu’elle promouvra son bien suprême bien plus que sa propre volonté, s’écriant instinctivement : « Que ta volonté soit faite. »
« Ô douce et bien-aimée volonté de Dieu,
« Sur toi je me couche et me repose,
« Comme un enfant sur le sein de sa mère. »
- La sanctification signifie l’amour, l’amour suprême envers Dieu et envers tous les hommes. C’est là l’accomplissement de la loi. Elle est la source de toute obéissance, la fontaine d’où découle tout ce qui est juste. Nous ne pouvons être conformés à l’image de Dieu sans l’amour, car Dieu est Amour. C’est là, peut-être, le trait le plus fort d’une vie véritablement sanctifiée. Il revêt toutes les autres vertus de douceur et de chaleur. Il prend les cimes glacées d’une consécration froide et nue et les couvre de mousses et de verdure. Il envoie une claire lumière de soleil dans le cœur, rendant chaud et plein de vie tout ce qui, sans cela, serait froid et désolé. Le sauvage pouvait se tenir devant ses ennemis et se laisser mettre en pièces avec une fermeté stoïque qui dédaignait de crier, mais son indifférence ressemblait à quelque falaise de pierre. Ce n’était pas le chaud et tendre amour du cœur de Jésus, qui Le fit s’incliner avec douceur devant Sa mort douloureuse parce que telle était la volonté de Son Père. C’était l’épanchement spontané et joyeux de Son cœur aimant. Chers amis, si nous sommes ainsi remplis d’amour pour Dieu, il se répandra vers les autres, et nous aimerons notre prochain comme nous-mêmes.
III. LA SOURCE DE LA SANCTIFICATION.
Le cœur et l’âme de toute la question, c’est de voir que Jésus est Lui-même notre sanctification. Nous ne devons pas la regarder seulement comme quelque haute cime de montagne où Il se tiendrait et qu’il nous faudrait gravir, avec, entre elle et nous, des falaises presque inaccessibles à escalader avant de pouvoir nous tenir à Son côté. Mais Jésus Lui-même devient notre sanctification. « Et je me sanctifie moi-même pour eux, afin qu’eux aussi soient véritablement sanctifiés. » Il semble qu’Il craignait un peu que Ses disciples n’en vinssent à chercher la sanctification en dehors de Lui-même, et, sachant qu’elle ne pouvait jamais les atteindre que par Lui, Il dit : « Je me sanctifie moi-même. »
- Il l’a acquise pour nous. Elle est une part du fruit du Calvaire. Par une seule offrande, il a amené à la perfection pour toujours ceux qui sont sanctifiés. « C’est en vertu de cette volonté que nous sommes sanctifiés, par l’offrande du corps de Jésus-Christ, une fois pour toutes. »
- Elle ne nous vient pas par nos efforts, mais elle nous est acquise comme le prix de Sa mort sur la croix. Elle est nôtre par l’acquisition de Jésus tout autant que l’est le pardon. Vous avez autant de droit d’être saints et sanctifiés que d’être sauvés. Vous pouvez aller à Dieu et la réclamer comme votre héritage, tout comme vous réclamez le pardon de vos péchés. Si vous ne la possédez pas, vous restez en deçà des privilèges de votre rédemption.
- La sanctification doit être reçue comme l’un des dons gratuits que Dieu désire nous accorder. Si elle n’est pas un don, alors elle ne fait pas partie de la rédemption. Si elle fait partie de la rédemption, alors elle est aussi gratuite que le sang de Jésus.
- Elle vient par l’habitation personnelle de Jésus. Il ne met pas simplement la justice dans le cœur, mais Il vient Lui-même y demeurer en personne. Les mots sont faibles ; ils sont même tout à fait incapables d’exprimer cette pensée. Lorsque nous parvenons au complet désespoir de toutes les autres voies, nous apprenons cette vérité. Et Jésus-Christ Lui-même entre dans le cœur et y vit Sa propre vie, et devient ainsi la sanctification de l’âme. Tel est le sens du texte. C’est pour Son peuple que Jésus se sanctifie Lui-même, et quiconque essaie de vivre une vie sanctifiée en dehors de Lui n’est pas véritablement sanctifié. Il leur faut recevoir Jésus comme leur vie pour être véritablement sanctifiés. Voilà le sens personnel de la sainteté divine. « Or, c’est par lui que vous êtes en Jésus-Christ, lequel, de par Dieu, a été fait pour nous sagesse, justice et sanctification et rédemption. » Jésus nous a été fait de par Dieu sagesse. Il est la vraie philosophie, l’éternelle Sophia, bien au-dessus de la plus profonde philosophie, justice, sanctification et rédemption. Ainsi Jésus, dans notre cœur, devient notre sagesse. Il ne nous améliore pas pour faire de nous quelque objet d’émerveillement. Mais Il vient simplement en nous et y vit comme Il le fit jadis dans Son ministère galiléen.
Lorsque le tabernacle fut achevé, le Saint-Esprit descendit et le remplit, et Il demeura dans un feu ardent au-dessus de l’arche de l’alliance, entre les chérubins. Dieu habita là après que le tabernacle Lui eut été consacré. De même, lorsque nous sommes consacrés à Dieu, Il vient vivre en nous et transfuse Sa vie à travers tout notre être. Celui qui vint dans le sein de Marie, Celui qui descendit avec puissance sur les disciples à la Pentecôte, vient à vous et à moi lorsque nous Lui sommes pleinement consacrés, aussi réellement que si nous Le voyions descendre en voltigeant sous une forme visible pour se poser là sur notre épaule. Il vient de ce monde d’en haut pour habiter en nous aussi véritablement que si nous demeurions visiblement sous Son ombre. Dieu vient réellement habiter dans le cœur et y vivre Sa sainte vie. Au chapitre 36 d’Ézéchiel, nous avons cette promesse : « Je répandrai sur vous une eau pure. » C’est là le pardon ; les péchés d’autrefois sont tous effacés. « Je vous donnerai un cœur nouveau » ; c’est là la régénération. « Je mettrai mon esprit en vous, et je ferai en sorte que vous suiviez mes ordonnances, et que vous observiez et pratiquiez mes lois » ; ah ! voilà quelque chose de plus que la régénération et le pardon. C’est le Dieu vivant venu habiter dans le cœur nouveau. C’est le Saint-Esprit demeurant dans le cœur de chair que Dieu a donné, de sorte que chaque mouvement, chaque pensée, chaque intention, chaque désir de tout notre être sera suscité par la vie jaillissante de Dieu au-dedans. C’est Dieu de nouveau manifesté en chair. Telle est la seule véritable consommation de la sanctification. Ainsi seulement l’homme peut-il entrer complètement dans la vie de sainteté. À mesure que nous sommes ainsi possédés par le Saint-Esprit, nous sommes rendus participants de la nature divine. C’est une chose sacrée, pour tout homme ou toute femme, que d’entrer dans cette relation avec Dieu. Elle place la créature la plus humble et la moins attrayante sur le trône avec Lui. Si nous savons que Dieu habite ainsi au-dedans de nous, nous nous inclinerons devant la majesté de cette sainte présence. Nous n’oserons pas la profaner par le péché. Il y aura un silence sur nos cœurs, et nous marcherons la tête inclinée, conscients du joyau que nous portons dans nos cœurs. Savez-vous ce que c’est que d’avoir Christ ainsi sanctifié pour vous, bien-aimés ? Savez-vous personnellement ce que c’est que d’être tout entier consacré à Lui, et de L’entendre vous dire : « Je me sanctifie moi-même pour vous, afin que vous soyez véritablement sanctifié » ?
IV. COMMENT ELLE EST REÇUE.
- Il nous faut une révélation divine de notre propre besoin de sanctification avant que nous cherchions à l’obtenir. Il nous faut voir par nous-mêmes que nous ne sommes pas sanctifiés, et que nous devons l’être si nous voulons être heureux. La première chose que Dieu fait souvent pour nous amener à le voir, c’est de nous rendre profondément honteux de nous-mêmes en nous laissant tomber dans des fautes et en portant nos faiblesses à notre attention. Dans ces humiliantes révélations de nous-mêmes, nous parvenons à voir en quoi nous ne sommes pas justes, et l’on nous fait apprendre que nous ne pouvons tenir les résolutions d’amendement que nous prenons dans notre propre force. Dieu a laissé Ses chers enfants apprendre cette leçon à travers tous les âges, et l’apprendre par des échecs répétés ; et chacun de nous doit toujours l’apprendre pour lui-même.
- Il nous faut en venir à voir Jésus comme notre Sanctificateur. Si d’un même souffle nous nous écrions : « Misérable que je suis! Qui me délivrera du corps de cette mort?… », du souffle suivant nous devons ajouter : « Grâces soient rendues à Dieu par Jésus-Christ notre Seigneur! » Nous devons voir en Lui ce grand Libérateur, et savoir qu’Il est capable de pourvoir à chacun de nos besoins.
- Il nous faut faire un abandon entier à Lui en toutes choses. Nous devons nous donner à Lui pleinement, résolument et sans condition, et le graver dans le cœur comme s’il était écrit sur le roc ou peint sur le ciel. Gravez-le profondément dans les annales de votre souvenir. Souvenez-vous toujours que tel jour et à telle heure je me suis donné pleinement à Christ, et qu’Il est devenu entièrement mien.
- Nous devons croire qu’Il reçoit la consécration que nous faisons. Il y met autant de sérieux, de bonne volonté et de réalité que vous-mêmes. Au milieu du silence du ciel, Il se penche pour entendre vos vœux, et Il murmure, quand vous avez achevé : « C’est fait! Je donnerai de la source de l’eau de la vie, gratuitement. Celui qui vaincra héritera ces choses. »
Bien des gens se trompent au sujet de quelques-uns de ces degrés. Certains s’attachent encore à un peu de leur ancienne bonté et se heurtent par là à des échecs. D’autres achoppent au second degré. Ils ne voient pas que Jésus est leur complet Sanctificateur. Et beaucoup ne peuvent franchir le troisième degré ni faire un abandon complet de tout à Lui. Des multitudes échouent, même après avoir franchi ces degrés, faute de pouvoir croire que Jésus les reçoit. Gardez clairs ces quatre degrés. « Je suis mort ; ma propre vie est abandonnée et ensevelie hors de vue. Jésus est mon Sanctificateur et mon tout en tous. Je remets tout entre Ses mains, pour qu’Il en fasse ce qu’Il juge le meilleur. Je crois qu’Il reçoit la consécration que je Lui fais. Je crois qu’Il sera en moi tout ce dont j’ai besoin dans cette vie et dans le monde à venir. » J’en suis certain, chers amis : lorsque vous aurez franchi ces quatre degrés, vous ne pourrez plus jamais être ce que vous étiez auparavant. Quelque chose a été accompli qui ne pourra jamais être défait. Vous êtes devenus au Seigneur. Sa présence est entrée dans votre cœur ; elle peut ressembler à une petite source qui coule goutte à goutte sur le flanc de la montagne, mais elle deviendra de grands fleuves de profondeur et de puissance.
V. DÉMARCHES PRATIQUES
par lesquelles cette vie de sanctification se vit jour après jour.
- Nous devons vivre une vie d’obéissance absolue à Dieu, faisant toujours ce qu’Il ordonne et demeurant désormais tout entiers sous Sa direction.
- Nous devons prêter sans cesse une oreille attentive à Sa voix. Il nous faudra écouter de près, car Jésus parle doucement.
- En tout temps de conflit, de tentation ou d’épreuve, nous devons nous approcher de Dieu et Lui remettre l’affaire. Au lieu des expériences douces et heureuses que vous attendriez naturellement après une telle consécration, le diable vient et tente d’ébranler votre confiance par quelque épreuve ou tentation. Tenez ferme en Lui et réjouissez-vous de ce qu’Il vous juge dignes de recevoir de telles épreuves. Si vous tombez, ne dites pas qu’il est inutile d’essayer davantage. Le principe est juste. Peut-être avez-vous essayé de faire l’œuvre vous-même, et c’est pourquoi vous avez échoué. Arrêtez-vous, déposez tout à Ses pieds et recommencez, et apprenez, de votre échec même, à demeurer en Lui. Israël, après sa défaite à Aï, fut plus fort pour le combat suivant. Efforcez-vous de vivre le secret que vous avez appris. Dans les arts humains, il y a toujours des faux pas au commencement. Vous pouvez apprendre les principes de la sténographie en très peu de temps, quelques heures peut-être, mais il faut des mois de patient exercice pour y devenir expert. À l’une de nos récentes réunions de l’Ouest, une dame prenait un compte rendu mot pour mot des discours. Elle était assise à une petite table avec un instrument qu’on appelle un sténographe. En touchant les touches de cet instrument, une petite aiguille imprimait des marques sur un ruban de papier, représentant avec une parfaite exactitude les paroles prononcées. Elle put en apprendre le principe en quelques heures, mais il lui fallut bien des heures encore de tranquille exercice avant d’y être assez habituée pour le faire aisément. Dès l’instant où nous sommes consacrés à Jésus-Christ, nous apprenons le secret qu’Il doit être notre tout en tous. Mais lorsque nous essayons de mettre cette vérité en pratique, nous trouvons qu’il faut du temps et de la patience pour l’apprendre à fond. Nous devons apprendre à nous appuyer sur Lui. Nous devons apprendre peu à peu comment Le prendre pour chaque besoin. Le principe est parfait. Il deviendra absolument infaillible dans la pratique. Souvenez-vous que le secret est celui-ci : « Sans moi vous ne pouvez rien faire. » « Je puis tout par celui qui me fortifie. »