Entretiens avec le fermier ·Le Gel et le dégel

Chapitre 3 · 25 min de lecture

Le Gel et le dégel

« Il donne la neige comme de la laine, Il répand la gelée blanche comme de la cendre; Il lance sa glace par morceaux; Qui peut résister devant son froid? Il envoie sa parole, et il les fond; Il fait souffler son vent, et les eaux coulent. » — Psaume 147:16-18 Regardant un matin par notre fenêtre, nous vîmes la terre revêtue d’un manteau blanc ; car, en quelques heures seulement, le sol avait été couvert de neige sur une épaisseur considérable. Nous regardâmes de nouveau quelques heures plus tard, et nous vîmes les champs aussi verts qu’auparavant, et la terre labourée aussi nue que si pas un seul flocon n’était tombé.

Il n’est pas rare qu’une forte chute de neige soit suivie d’un dégel rapide. Ces changements curieux sont produits par Dieu, non seulement dans un dessein envers le monde extérieur, mais avec quelque intention envers le domaine spirituel. Dieu est toujours un enseignant. Dans chaque action qu’il accomplit, il instruit ses propres enfants et leur ouvre l’accès à de plus profonds mystères.

Heureux ceux qui trouvent une nourriture pour leur esprit né du ciel, aussi bien que pour leur intelligence, dans les œuvres des mains du Seigneur.

Je solliciterai votre attention, premièrement, sur les opérations de la nature dont parle le texte ; et deuxièmement, sur ces opérations de la grâce dont elles sont les symboles les plus appropriés.

I. Considérons d’abord les opérations de la nature Nous ne penserons pas perdre quelques minutes en attirant votre attention sur la main de Dieu dans le gel et le dégel, même sur le plan naturel.

1. Remarquez la manière directe de l’œuvre du Seigneur Remarquez la manière directe de l’œuvre du Seigneur. Je me réjouis, en lisant ces paroles, de découvrir combien notre Dieu est présent dans le monde.

Il n’est pas écrit : « les lois de la nature produisent la neige », mais : « Il donne la neige », comme si chaque flocon venait directement de la paume de sa main.

On ne nous dit pas que certains processus naturels transforment l’humidité en gelée ; non — mais, de même que Moïse prit de la cendre de la fournaise et la répandit sur l’Égypte, il est dit du Seigneur : « Il répand la gelée blanche comme de la cendre. » On ne dit pas que l’Éternel a mis le monde en mouvement et que la glace se produit par le simple jeu d’une machinerie. Oh non — chaque parcelle de glace qui descend dans la grêle vient de Dieu ; « Il lance sa glace par morceaux. » De même qu’un frondeur envoie distinctement une pierre de sa fronde, ainsi la trajectoire de chaque grêlon est marquée par la puissance divine.

La glace est appelée, vous le remarquez, sa glace ; et dans la phrase suivante nous lisons son froid. Ces mots rendent la nature merveilleusement majestueuse. Quand nous voyons dans chaque grêlon la grêle de Dieu, et dans chaque fragment de glace sa glace, combien deviennent précieux ces diamants d’eau. Quand nous sentons le froid mordre nos membres et pénétrer à travers chaque vêtement, il nous console de nous souvenir que c’est son froid.

Quand vient le dégel, voyez comment le texte en parle : « Il envoie sa parole. » Il ne le laisse pas à certaines forces de la nature, mais, tel un roi — « Il envoie sa parole, et il les fond; Il fait souffler son vent. » Il a une propriété spéciale sur chaque vent ; qu’il vienne du nord pour geler ou du sud pour fondre, c’est son vent.

Voyez comment, dans le temple de Dieu, tout parle de sa gloire. Apprenez à voir le Seigneur dans toutes les scènes de l’univers visible, car en vérité il opère toutes choses. Cette pensée du caractère direct des opérations divines doit être portée dans la providence. Elle te consolera grandement si tu peux voir la main de Dieu dans tes pertes et tes épreuves ; assurément tu ne te plaindras pas de l’action directe de ton Dieu.

Cela mettra une douceur extraordinaire dans les grâces quotidiennes et rendra les consolations de la vie plus douces encore, parce qu’elles viennent d’une main de Père. Si ta table est peu garnie, elle suffira à ton cœur content lorsque tu sauras que ton Père l’a dressée pour toi avec sagesse et amour.

Cela bénira ton pain et ton eau. Cela rendra les murs nus d’une chambre sans meubles aussi splendides qu’un palais, et changera un lit dur en une couche de duvet — mon Père fait tout cela. Nous voyons son sourire d’amour même quand d’autres ne voient que la main sombre de la mort frappant ceux que nous aimons le plus. Nous voyons la main d’un Père quand la maladie couche notre bétail mort dans le champ. Nous voyons Dieu à l’œuvre dans sa miséricorde quand nous sommes nous-mêmes étendus sur un lit de maladie.

C’est toujours l’acte et l’œuvre de notre Père. N’allons pas au-delà de cela. Élargissons plutôt notre intelligence de cette vérité, et souvenons-nous qu’elle est vraie du petit comme du grand.

Que les vers d’un vrai poète te frappent : « Si la peste parcourt le pays, tu dis que le Seigneur l’a fait — Ne l’a-t-il pas fait aussi quand un puceron rampe sur le bouton de rose ? Si une avalanche tombe des Alpes, tu trembles devant la volonté de la Providence — Cette volonté n’est-elle pas tout autant à l’œuvre quand les feuilles sèches tombent du peuplier ? »

Que vos cœurs chantent sur toute chose : Jéhovah-Shammah — l’Éternel est là.

2. Remarquez l’aisance de l’œuvre divine Ensuite, je vous prie de remarquer, avec action de grâces, l’aisance de l’œuvre divine. Ces versets se lisent comme si la fabrication du gel et de la neige était la chose la plus simple du monde. Un homme met la main dans un sac de laine et en jette une poignée — Dieu donne la neige aussi facilement que cela : « Il donne la neige comme de la laine. » Un homme prend une poignée de cendres et les lance dans l’air, de sorte qu’elles retombent tout autour — « Il répand la gelée blanche comme de la cendre. » Le givre et la neige sont des merveilles de la nature. Ceux qui ont observé l’extraordinaire beauté des cristaux de glace en ont été ravis, et pourtant ils sont aisément formés par le Seigneur. « Il lance sa glace par morceaux » — aussi aisément que nous jetons des miettes de pain hors de la fenêtre pour les rouges-gorges durant les jours d’hiver.

Quand les rivières sont gelées jusqu’au fond et que la terre est tenue dans des chaînes de fer, comment se fait alors la fonte de tout cela ? Non pas en allumant d’innombrables feux, ni en envoyant des décharges électriques dans l’intérieur de la terre. Non — « Il envoie sa parole, et il les fond; Il fait souffler son vent, et les eaux coulent. »

Tout cela s’accomplit par une parole et un souffle. Si toi et moi avions quelque grande chose à faire, que d’efforts et de peine ! Même les grands ingénieurs, qui accomplissent des merveilles au moyen de machines, y mettent beaucoup de bruit et d’agitation. Il n’en est pas ainsi du Tout-Puissant. Notre globe tourne sur lui-même en vingt-quatre heures, et pourtant il ne fait pas autant de bruit qu’une toupie d’enfant.

Ces mondes immenses qui roulent dans l’espace tracent leur course en silence. Si j’entre dans une fabrique, j’entends un vacarme assourdissant. Si je me tiens près du moulin du village mû par l’eau, il y a un cliquetis incessant. Mais les grandes roues de Dieu tournent sans bruit ni friction. La machinerie divine fonctionne sans heurt. Cette aisance se voit dans la providence comme dans la nature. Ton Père céleste est aussi capable de te délivrer qu’il l’est de fondre la neige, et il te délivrera d’une manière aussi simple si tu te reposes sur lui. Il ouvre sa main et pourvoit aux besoins de tout être vivant aussi aisément qu’il opère dans la nature. Remarque l’aisance de l’œuvre de Dieu — il ouvre simplement sa main.

3. Remarquez la variété des opérations divines Remarquez, en second lieu, la variété des opérations divines dans la nature. Quand le Seigneur travaille avec le gel pour outil, il crée la neige — une production merveilleuse, chaque cristal une merveille de dessin.

Mais il ne se contente pas de la neige. De la même eau, il fait une autre forme de beauté que nous appelons le givre, et encore une troisième substance brillante — la glace scintillante — le tout par le seul agent qu’est le froid. Quelle merveilleuse variété l’œil exercé peut détecter dans les diverses formes de l’eau gelée.

Le même Dieu qui solidifia les flots par le froid les fond bientôt par la chaleur. Mais, même dans le dégel, il n’y a pas de monotonie. Tantôt les ruisseaux s’élancent de leur prison avec une telle force que les rivières se gonflent et que les inondations couvrent la plaine. Tantôt, par lents degrés et en minces filets, les gouttes recouvrent leur liberté. La même variété se voit dans tous les domaines de la nature.

Ainsi, dans la providence, le Seigneur a mille formes d’épreuves glaciales pour éprouver son peuple, et dix mille rayons de miséricorde pour l’égayer et le consoler. Il peut t’affliger de l’épreuve de la neige, ou de l’épreuve du givre, ou de l’épreuve de la glace, s’il le veut. Puis, aussitôt, il peut par sa parole dénouer les liens de l’adversité — et cela d’innombrables manières. Tandis que les hommes sont limités à quelques méthodes pour accomplir leurs desseins, Dieu est infini en intelligence et agit comme il veut par des voies qui passent l’imagination des mortels.

4. Considérez la promptitude de l’œuvre de Dieu Je vous demanderai aussi de considérer les œuvres de Dieu dans la nature quant à leur promptitude. On tenait pour merveilleux, aux jours d’Assuérus, que des lettres fussent envoyées par la poste sur des bêtes rapides. Dans notre propre pays, nous avons cru avoir atteint l’âge des merveilles quand les essieux des chemins de fer s’échauffaient de vitesse ; et maintenant, avec le télégraphe, il nous semble étendre les mains jusque dans l’infini. Mais qu’est notre vitesse comparée à celle des opérations de Dieu ?

L’Écriture dit fort bien : « Il envoie ses ordres sur la terre: Sa parole court avec vitesse. » — Psaume 147:15 La parole sortit : « Ouvrez les magasins de neige », et les flocons descendirent en foules innombrables. Puis il fut dit : « Qu’ils soient fermés », et pas un flocon de plus ne parut. Puis le Maître parla : « Que le vent du sud souffle et que la neige soit fondue », et elle disparut à la voix de sa parole. Croyant, tu ne saurais dire combien tôt Dieu peut venir à ton aide.

« Il était monté sur un chérubin, et il volait, Il planait sur les ailes du vent. » — Psaume 18:11 Il viendra d’en haut pour secourir sa bien-aimée. Il déchirera les cieux et descendra. Il descendra avec une telle promptitude qu’il ne s’arrêtera pas pour écarter les rideaux du ciel, mais les déchirera dans sa hâte, et fera fondre les montagnes à ses pieds, afin de délivrer ceux qui crient à lui à l’heure de la détresse. Ce Dieu puissant qui peut fondre la glace si promptement peut prendre pour lui ces mêmes ailes d’aigle et se hâter vers ta délivrance.

Lève-toi, ô Dieu, et que tes enfants soient secourus — et cela promptement. 5. Une dernière pensée : considérez la bonté de Dieu Une dernière pensée : considérez la bonté de Dieu dans toutes les opérations de la nature et de la providence.

Pense à cette bonté sous son aspect négatif. « Qui peut résister devant son froid? » Tu ne peux t’empêcher de penser aux pauvres pendant un rude hiver — seul un cœur dur pourrait les oublier quand on voit la neige épaisse. Mais suppose que cette neige continuât de tomber. Qu’est-ce qui l’en empêcherait ? Le même Dieu qui nous envoie la neige pour un jour pourrait l’envoyer cinquante jours s’il lui plaisait. Pourquoi pas ? Et quand le gel nous étreint si rudement, pourquoi ne durerait-il pas mois après mois ? Nous ne pouvons que remercier cette bonté qui n’envoie pas « son froid » à un tel degré que notre esprit défaille. Les voyageurs qui s’avancent vers le pôle Nord tremblent en considérant cette question : « Qui peut résister devant son froid? »

Car le froid a une sorte de puissance accablante quand il plaît à Dieu de le lâcher. Remercions Dieu de la miséricorde retenante par laquelle il tient le froid en bride.

Non seulement sous son aspect négatif, mais positivement il y a de la miséricorde dans la neige. N’est-ce pas là une métaphore suggestive ?

« Il donne la neige comme de la laine. » On dit que la neige réchauffe la terre. Elle protège les petites plantes qui viennent de percer le sol et qui, autrement, seraient brûlées par le gel. Tel un vêtement de duvet, la neige les abrite du froid extrême. C’est pourquoi Watts chante, dans sa version du cent quarante-septième Psaume : « Ses flocons de neige, comme la laine, il envoie, Et défend ainsi le blé qui germe. »

C’était une idée chez les anciens que la neige réchauffait le cœur du sol et lui donnait la fécondité, et c’est pourquoi ils louaient Dieu pour elle. Assurément, il y a beaucoup de miséricorde dans le gel. La peste suivrait un cours bien plus long si le gel ne lui criait : « Tu viendras jusqu’ici, et tu n’iras pas plus loin. » Les insectes nuisibles se multiplieraient jusqu’à dévorer les précieux fruits de la terre si les nuits froides n’en détruisaient des millions, de sorte que ces ravageurs sont balayés. Bien que l’homme puisse se croire perdant à cause du froid, il est en fin de compte grandement gagnant par le décret de la Providence qui institue l’hiver. Le mot pittoresque d’un ancien auteur, selon lequel « la neige est laine, et le gel est feu, et la glace est pain, et la pluie est breuvage », est vrai, quoiqu’il sonne comme un paradoxe. Il ne fait aucun doute que le gel, en ameublissant le sol, favorise la fécondité, et qu’ainsi la glace devient pain.

Ainsi ces agents qui, pour un moment, privent les travailleurs de leurs moyens de subsistance sont les moyens mêmes par lesquels Dieu pourvoit à tout être vivant. Remarque donc la bonté de Dieu aussi clairement dans la neige et le gel que dans le dégel qui balaie l’ouvrage de l’hiver. Chrétien, souviens-toi de la bonté de Dieu dans le gel de l’adversité. Sois assuré que, lorsqu’il plaît à Dieu d’envoyer les vents mordants de l’affliction, il est en eux, et il est toujours amour — autant d’amour dans la douleur que lorsqu’il souffle sur toi le doux vent du midi de la joie.

Vois la bonté de Dieu dans chaque œuvre de sa main. Loue-le — il fait l’été et l’hiver — que ton chant parcoure l’année tout entière. Loue-le — il donne le jour et envoie la nuit — remercie-le à toute heure. Ne rejette pas ton assurance ; elle a une grande rémunération.

Comme David tissa la neige, la pluie et le vent de tempête en un cantique, ainsi tisse tes épreuves, tes tourments, tes difficultés et tes adversités en un doux psaume de louange, et dis continuellement : « Louons, d’un cœur joyeux, Le Seigneur, car il est bon. »

En voilà assez sur les opérations de la nature. C’est un sujet fort attrayant, mais d’autres champs m’appellent. II. Les opérations de la grâce Je voudrais maintenant vous entretenir très sérieusement et solennellement de ces opérations de la grâce dont le gel et le dégel sont les symboles extérieurs. Il y a pour le peuple de Dieu une saison où il vient traiter avec eux par le gel de la loi. La loi est à l’âme comme le vent tranchant du nord. La foi peut y voir de l’amour, mais l’œil naturel ne le peut. C’est un souffle froid, terrible, sans consolation. Être exposé à toute la force de la loi de Dieu, ce serait être gelé jusqu’à la destruction éternelle. La sentir même pour une saison glacerait tout notre être et rendrait la personne entière rigide de crainte. « Qui peut résister devant son froid? » Quand la loi sort en grondant de ses trésors, qui peut la supporter ?

L’effet de la loi sur l’âme est de lier les fleuves du plaisir humain. Nul ne peut se réjouir quand les terreurs de la conscience sont sur lui. Quand la loi de Dieu balaie l’âme, la musique et la danse perdent leur joie, la coupe perd son pouvoir d’égayer, et les enchantements de la terre sont rompus. Les fleuves du plaisir se figent en un glacial découragement. Les bourgeons de l’espérance sont soudain flétris, et l’âme ne trouve aucune consolation. Elle trouvait jadis de la satisfaction à s’enrichir, mais maintenant la rouille et la corruption semblent sur tout l’or et l’argent. Toute espérance prometteuse est gelée, et l’esprit est enchaîné dans un désespoir d’hiver. Ce froid fait sentir au pécheur combien ses vêtements sont en lambeaux. Par temps d’été, il pouvait se pavaner et croire ses haillons des habits royaux, mais maintenant le gel trouve chaque déchirure de ses habits, et entre les mains de la terrible loi il tremble comme les feuilles du tremble.

Le vent du nord du jugement sonde l’homme de part en part. Il ignorait ce qu’il y avait au-dedans de lui, mais maintenant il voit ses parties intérieures remplies de corruption et de pourriture. Telles sont quelques-unes des terreurs du souffle hivernal de la loi. Ce gel de la loi et de la terreur, à lui seul, ne tend qu’à endurcir.

Rien ne fend le roc ni ne fait tomber la falaise comme le gel suivi du dégel ; mais le gel seul rend la terre dure comme le fer, brisant le soc de la charrue qui essaie de la percer.

Un pécheur sous l’influence de la loi de Dieu, en dehors de l’Évangile, s’endurcit par le désespoir et dit : « Il n’y a pas d’espoir ; c’est pourquoi je suivrai mes propres désirs. Puisqu’il n’y a pas de ciel pour moi après cette vie, je me ferai un ciel de cette terre ; et puisque l’enfer m’attend, je jouirai au moins de toute la douceur que le péché peut me donner ici. »

Ce n’est pas la faute de la loi. Le blâme en revient au cœur corrompu qui s’endurcit par elle. Tel est pourtant son effet. Quand le Seigneur a travaillé par le gel de la loi, il envoie le dégel de l’Évangile. Quand le vent du midi souffle du pays de la promesse, apportant de précieux rappels de la pitié paternelle de Dieu et de sa tendre miséricorde, aussitôt le cœur commence à s’attendrir. Le sentiment d’un pardon acquis par le sang le dissout promptement. Les yeux se remplissent de larmes, le cœur se fond en tendresse, des fleuves de joie coulent librement, et les bourgeons de l’espérance s’ouvrent dans l’air riant.

Un printemps céleste chuchote aux fleurs qui dormaient dans la terre froide. Elles entendent sa voix et relèvent la tête, car : « Car voici, l’hiver est passé; La pluie a cessé, elle s’en est allée. Les fleurs paraissent sur la terre, Le temps de chanter est arrivé, Et la voix de la tourterelle se fait entendre dans nos campagnes. » — Cantique des cantiques 2:11-12 Dieu envoie sa parole, disant : « Que sa servitude est finie, Que son iniquité est expiée. » — Ésaïe 40:2 Quand cette parole bénie et réconfortante vient avec puissance à l’âme, et que le doux souffle du Saint-Esprit agit comme le chaud vent du midi sur le cœur, alors les eaux coulent, et l’esprit se remplit d’une sainte joie, de lumière et de liberté.

« L’état d’hiver légal est passé, Les gelées ont fui, le printemps s’avance, La sainte tourterelle, nous l’entendons Proclamer l’année nouvelle et joyeuse. » Vous ayant montré qu’il existe un parallèle entre le gel et le dégel dans la nature et la loi et l’Évangile dans la grâce, je voudrais maintenant reprendre, au sujet de la grâce, les mêmes pensées que je vous ai données au sujet de la nature.

1. Remarquez le caractère direct de l’œuvre de Dieu dans la grâce Nous avons commencé par le caractère direct des œuvres de Dieu dans la nature. Maintenant, bien-aimés, remarquez le caractère direct des œuvres de Dieu dans la grâce. Quand le cœur est vraiment touché par la loi de Dieu, quand le péché est rendu excessivement pécheur, quand les espérances terrestres sont gelées par la loi, quand l’âme sent sa stérilité et sa ruine totale — c’est là le doigt de Dieu.

Ne parle pas seulement du prédicateur. Il était juste qu’il prêchât avec ferveur. Dieu l’a employé comme un instrument, mais c’est Dieu qui opère tout. Quand vient le dégel de la grâce, je te prie de discerner la main distincte de Dieu dans chaque rayon de consolation qui réjouit la conscience troublée, car c’est le Seigneur seul qui « guérit ceux qui ont le cœur brisé, Et il panse leurs blessures. » — Psaume 147:3 Nous sommes bien trop prompts à nous arrêter aux instruments. La folie porte les hommes à se tourner vers les sacrements pour briser ou guérir le cœur, mais les sacrements disent : « Cela n’est pas en nous. » Certains se tournent vers la prédication de la Parole et ne regardent pas plus haut, mais de fidèles prédicateurs te diront : « Cela n’est pas en nous. » L’éloquence et la ferveur, même à leur comble, ne peuvent ni briser ni guérir un cœur. C’est là l’œuvre de Dieu — non pas seconde, comme si Dieu se tenait simplement derrière la loi naturelle — mais son œuvre personnelle et immédiate. Il étend sa propre main quand la conscience est humiliée, et par sa propre droite la conscience est soulagée et purifiée.

Je désire que cette pensée demeure en vous, car autrement vous ne louerez pas Dieu comme il faut, et vous ne resterez pas non plus sains dans la doctrine. Tous les écarts de la saine doctrine sur la conversion viennent de ce qu’on oublie qu’elle est une œuvre divine du commencement à la fin. Le plus faible désir de Christ est tout autant l’œuvre de Dieu que le don de son Fils bien-aimé. De l’Alpha à l’Oméga, le Saint-Esprit produit en nous le vouloir et le faire, selon son bon plaisir. — Philippiens 2:13 Comme tu as clairement vu le doigt de Dieu dans le lancer de sa glace et dans l’envoi du dégel, je te prie de reconnaître l’œuvre de la main de Dieu dans le sentiment du péché qu’il te donne et dans ce qu’il t’amène aux pieds du Sauveur. Joignez-vous en une louange du fond du cœur au Dieu qui opère des merveilles, qui fait toutes choses selon le conseil de sa volonté.

« Notre recherche de ta face Était tout entière de ta grâce ; Ta miséricorde réclame et aura toute la louange.

Nul pécheur ne peut Te devancer ; Ta grâce est prévenante, toute-puissante et libre. » 2. La seconde pensée touchant la nature est l’aisance avec laquelle le Seigneur opère. Il n’y a ni lutte ni trouble. Applique cela à l’œuvre de la grâce. Combien il est aisé à Dieu de faire entrer la conviction dans le cœur d’une personne ! Toi, pécheur obstiné, tu ne peux le toucher, et même les circonstances de la vie n’ont pu te réveiller. Tu es mort — entièrement mort dans tes péchés. Mais si le glorieux Seigneur envoie le vent de son Esprit, il te fera fondre. La personne qui blasphème et vit dans le péché, dont les paroles sont pleines d’impiété — si le Seigneur pose son regard sur elle et lui révèle sa grâce irrésistible, elle louera pourtant Dieu, bénira son nom et vivra pour sa gloire.

Ne limite pas Dieu. Saul, le persécuteur, devint Paul, l’apôtre. Pourquoi celui dont tu désespères presque ne serait-il pas sauvé lui aussi ? Ton mari peut sembler hors d’atteinte, ton fils peut avoir offensé le ciel et toi-même — mais nul n’est au-delà de la portée de Dieu. Même le péché le plus dur, le plus obstiné, doit céder à la chaleur de sa grâce. Même le plus grand iceberg de méfait peut fondre dans l’océan de l’amour de Dieu.

Cher pécheur, peut-être Dieu a-t-il envoyé un long et froid hiver dans ton âme, et il te semble qu’il ne finira jamais. Laisse-moi t’encourager à espérer et à prier pour sa visitation pleine de grâce. Le poème de Miss Steele exprime ce sentiment à merveille : « Le rude hiver jette ses chaînes de glace, Enserrant tout autour la nature ; Comme elles sont mornes, comme elles sont désolées, les plaines, Naguère si richement couronnées de verdure !

Le soleil retire ses rayons vivifiants, Et la lumière et la chaleur s’en vont ; Et, languissante et sans vie, la nature semble Un emblème de mon cœur — Mon cœur, où règne un hiver de l’âme, Vêtu du sombre manteau de la nuit, Enfermé dans des chaînes froides et inertes ; Qu’il est désolé et triste !

Reviens, ô soleil bienheureux, et apporte Ton rayon qui ranime l’âme ; Cet hiver de l’âme deviendra printemps, Ces ténèbres, un jour riant. »

Il est aisé à Dieu de te sauver. Il dit : « J’efface tes transgressions comme un nuage » (Ésaïe 44:22). Je me souviens d’avoir regardé un soir une noire nuée, certain qu’il pleuvrait ; je rentrai, et quand je ressortis, le ciel était clair — le vent avait emporté la nuée.

Il en est de même de ton âme. Dieu peut ôter tous tes péchés en un instant. Tous les obstacles furent ôtés par Jésus sur la croix, et si tu crois en lui, il a jeté tes péchés dans les profondeurs de la mer. « Si tu peux!… Tout est possible à celui qui croit » (Marc 9:23).

3. La pensée suivante touchant l’œuvre de Dieu dans la nature est sa variété. Le gel produit une trinité d’effets — neige, givre et glace — et le dégel vient sous bien des formes. Il en est de même de Dieu dans le cœur.

La conviction est différente pour chacun. Les uns l’éprouvent doucement, comme une chute de neige — c’est à peine s’ils la remarquent d’abord. La vraie repentance peut commencer paisiblement et doucement. D’autres l’éprouvent comme des grêlons, durs et bruyants, frappant le cœur d’un sentiment de terreur. Dieu opère de différentes manières, mais chaque méthode accomplit son dessein. Sois reconnaissant de sa visitation, mais n’essaie pas de dicter comment il opère.

Quant au dégel de l’Évangile, n’exige pas une manière particulière pour la grâce de Dieu. Le dégel est graduel et universel. La glace de surface fond d’abord, et lentement la chaleur pénètre toute la masse jusqu’à ce que chaque roc gelé cède. De même, l’Esprit opère graduellement dans le cœur — éclairant l’intelligence, libérant la volonté, ôtant la crainte, inspirant l’espérance, réveillant l’esprit, et produisant la paix et la joie. Tu ne peux le voir à l’œuvre, pas plus que tu ne peux voir le vent, mais tu peux en sentir les effets. Ne t’étonne pas si ton expérience diffère de celle des autres. Il y a un modèle dans l’œuvre de Dieu, comme la ressemblance entre la neige, le givre et la glace, mais les détails varient.

4. Remarquez la promptitude de l’œuvre de Dieu : « Sa parole court avec vitesse » (Psaume 147:15). Il ne fallut pas longtemps à Dieu pour ôter la dernière neige. Un homme aurait eu besoin de plusieurs jours pour achever une telle tâche, mais la Parole de Dieu agit à l’instant. Il en est de même de l’âme. Le Seigneur peut agir promptement quand il bénit un cœur. Même si tu as longtemps porté le poids du péché et de la loi, Dieu peut te libérer en un instant. Il peut te faire passer de la mort à la vie, de la condamnation à la justification. « Je te le dis en vérité, aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis » (Luc 23:43), dit Jésus au brigand mourant.

Crois seulement au sacrifice de Christ, et tu seras sauvé.

5. Enfin, considérez la bonté de Dieu. Quelle miséricorde qu’il ne nous ait pas chargés de plus de loi que nous n’en pouvions porter ! « Qui peut résister devant son froid? » (Psaume 147:17). Quand Dieu révèle sa colère à une âme, cela est terrifiant. Le péché peut accabler une personne comme un fardeau écrasant, mais Jésus l’a porté pour nous. Même sur le Rocher des siècles, nous ne nous réjouissons pas parce que nous le portons nous-mêmes, mais parce que lui l’a porté. Le gel de la conviction humilie l’orgueil, détruit la propre justice et nous préserve de la folie. Mais qu’il est merveilleux, le dégel de la bonté de Dieu ! Dès que sa miséricorde touche l’âme, la dureté disparaît, le froid s’efface, la chaleur et l’amour coulent, et la vie revient.

Nous nous relevons du désespoir comme les semences se lèvent de la terre. La foi s’ouvre comme le crocus pour recevoir le soleil ; l’espérance lève les yeux comme la primevère, se réjouissant des promesses de Dieu. Rends grâces à Dieu de ce que le printemps est venu dans nos cœurs, et que l’hiver s’en est allé pour toujours.

« Là où demeure un éternel printemps, Et des fleurs qui jamais ne se fanent.

Un ruisseau mince comme un fil sépare seul Cette terre céleste de la nôtre. » Crois au Seigneur, toi qui frissonnes dans le gel de la loi, et son amour t’apportera de chauds jours de joie et de paix. Amen.

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Entretiens avec le fermier Charles H. Spurgeon

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