Chapitre 9 · 18 min de lecture
L’onction
Au chapitre deux, j’ai défini l’onction comme le fait que Dieu appose son sceau, son approbation, sur une personne ou un ministère, de sorte qu’un impact éternel se produise dans la vie de ceux à qui ce ministère s’adresse.
Il ne fait aucun doute qu’il oint certains ministères et que l’on voit des résultats étonnants qu’aucun homme n’aurait pu orchestrer. En ce moment (en 1999), par exemple, se déroule une Marche de Réconciliation au cours de laquelle un petit nombre de croyants refont le chemin qu’empruntèrent les Croisés il y a neuf cents ans. Ces premiers chrétiens ont laissé le souvenir des meurtres, des viols et des vols qu’ils commirent lors de leur marche à travers l’Europe, en route vers Jérusalem pour délivrer la Ville sainte des mains des musulmans.
Presque tous les musulmans ou les juifs qu’ils pouvaient capturer étaient mis à mort. Ils semèrent les graines de la haine et de l’incompréhension que le musulman d’aujourd’hui nourrit envers le chrétien. Les pèlerins d’aujourd’hui ont un tout autre dessein. Partout où ils passent, ils abordent les responsables musulmans avec des excuses écrites, lues en arabe, en anglais et dans la langue locale. Aucune condition n’y est attachée, seulement une humble reconnaissance et un aveu des torts commis il y a si longtemps sous la bannière de la croix. À la fin de 1999, ils comptent arriver à Jérusalem avec leur message de repentance et de réconciliation.
La réaction des imams et des responsables des mosquées a été faite d’étonnement et d’accueil ; certains ont même comparé la venue de ces chrétiens à une épiphanie — une visitation publique de Dieu à son peuple. Les journaux nationaux, la télévision et la radio ont diffusé de nombreux comptes rendus favorables à toute la population de leurs pays.
Certains hommes et femmes voient leur nom associé à ce merveilleux événement, mais tous tiennent à demeurer dans l’ombre tandis que Dieu agit sur le cœur des peuples musulmans d’Europe. Vraiment, son onction repose sur ce ministère.
Je suis certain que vous pouvez, vous aussi, penser à des ministères où le bon plaisir de Dieu est manifeste et où un grand impact éternel s’accomplit. Il existe cependant tant d’autres programmes, nés non pas dans le cœur de Dieu mais dans l’esprit de l’homme. Celui qui les lance peut être sincère et sérieux dans son engagement pour cette œuvre — et Dieu peut lui accorder une certaine mesure de réussite pour honorer sa fidélité —, mais l’onction y est faible ou absente. J’ai même fait partie de grands ministères où j’ai vu tant d’exemples de conduite contraire à l’éthique et de pensée humaniste, le tout au nom de la propagation de l’Évangile.
On exerçait des pressions politiques sur les gens, on menaçait des emplois, on manipulait les circonstances, on disait des demi-vérités (qui ne valent pas mieux que des mensonges !), simplement pour que nous puissions poursuivre notre programme sans trop d’accrocs. Des âmes étaient sauvées — la grâce de Dieu n’est-elle pas merveilleuse ? —, mais ensuite les hommes se persuadaient que la fin justifiait les moyens et continuaient de préparer leur programme suivant sur le même fondement chancelant. Combien plus de la grâce de Dieu aurions-nous pu voir si nous avions gardé l’intégrité et l’humilité devant lui ?
Bien des gens ont aujourd’hui de vastes « ministères » qui auraient tout aussi bien réussi s’ils avaient lancé une entreprise séculière. Le ministère repose sur leur charisme ou leur sens des affaires, plutôt que sur les charismes et l’onction de Dieu. C’est là, sans doute, l’une des raisons majeures pour lesquelles tant de gens dans nos Églises sont superficiels dans leur foi et ne parviennent pas à être les vainqueurs que Jésus nous appelle, et attend de nous, à être ; pour lesquelles tant d’Églises et de pasteurs sont en peine et pour lesquelles les portes de l’enfer l’emportent sur une grande partie de ce que nous appelons l’Église ; pour lesquelles si peu d’effet est produit sur la pensée séculière et humaniste de nos gouvernements.
Nous avons désespérément besoin d’hommes, de femmes et de programmes portant l’onction de Dieu. Pourquoi oindrait-il des programmes qu’il n’a pas suscités, et des gens qu’il n’a ni équipés ni envoyés dans le ministère où ils s’engagent ? Il a mis un fardeau sur le cœur de certains, il les a équipés et il attend qu’ils soient envoyés dans son ministère, afin de manifester sa gloire à travers eux dans une grande onction.
Parfois, ce ne sont pas les laïcs qui ont besoin d’être envoyés, mais le clergé !
J’ai été reçu chez Jim et Cathy, un jeune couple du Queensland, en Australie. Jim était consultant auprès de petites entreprises qui envisageaient de se développer et qui avaient besoin d’un regard d’expert sur les dangers potentiels d’une telle démarche. Il me raconta comment, pendant quelques années, ils avaient connu des difficultés financières, car certaines sociétés refusaient de faire appel à lui à cause de son refus de « graisser la patte » des dirigeants d’entreprise. Jim et Cathy fréquentaient une Église où l’assistance dépassait rarement quarante personnes.
Une année, lui et son pasteur firent un voyage missionnaire en Papouasie-Nouvelle-Guinée, la nation la moins développée la plus proche, au large de la côte nord-est de l’Australie. À leur retour, Jim raconta avec exubérance comment le Seigneur avait oint leur ministère, en particulier celui de leur pasteur.
« Cathy, dit-il, notre pasteur avait sur lui une grande onction lorsqu’il servait les habitants de la Papouasie-Nouvelle-Guinée. L’Esprit du Seigneur s’est merveilleusement servi de lui, et beaucoup de gens sont venus à la foi en Christ. Nous devons l’y envoyer plus souvent, mais je sais qu’il n’en a pas les moyens, et l’Église non plus pour l’instant. Pourrions-nous puiser dans nos revenus pour mettre chaque mois un peu d’argent de côté, afin de constituer un fonds qui permettrait d’envoyer plus souvent notre pasteur en voyage missionnaire ? »
C’est ce qu’ils décidèrent de faire. Ils enverraient leur pasteur dans le ministère qui lui était assigné. Lorsque Jim me raconta cette histoire un an plus tard, il y ajouta un post-scriptum étonnant. En cette seule année, son entreprise avait reçu des revenus dix fois supérieurs à ceux de n’importe quelle année précédente, et non seulement ils avaient pu envoyer leur pasteur à plusieurs reprises en Papouasie-Nouvelle-Guinée, mais ils avaient aussi pu financer plusieurs autres membres de l’Église pour l’accompagner dans son ministère !
La charge de travail de Jim était exactement la même, mais les sociétés qui l’employaient désormais lui versaient des commissions bien plus élevées que tout ce qu’il avait reçu auparavant. Non seulement Dieu oignait le ministère de leur pasteur, mais il oignait aussi le ministère de Jim et Cathy, celui du « don fait avec libéralité ». Jim ne sera peut-être jamais prédicateur ni évangéliste, mais il a trouvé son ministère et s’y épanouit pleinement, planant comme l’aigle.
L’histoire fut plus étonnante encore la fois suivante où je rendis visite à Jim et Cathy. Il me raconta comment ses revenus avaient doublé chaque année depuis mon passage, si bien qu’il recevait désormais huit fois ce qu’il gagnait alors. « Pourtant, ajouta-t-il, vous constaterez que j’habite toujours la même maison et que j’ai toujours la même (petite) voiture dans mon allée. C’est parce que, ces quatre dernières années, nous avons envoyé sur le champ missionnaire chaque membre de notre Église, certains à plusieurs reprises. Pourquoi désirerions-nous une plus grande maison ou une meilleure voiture, alors que nous prenons tant de plaisir à servir le Seigneur ? »
Jésus fut « né du Saint-Esprit », à la différence de chacun d’entre nous qui devons « naître de nouveau » de ce même Esprit, afin que nous soyons, comme lui, appelés fils de Dieu. L’Esprit de Dieu habitait dans l’homme Jésus.
Vraiment, il était le Fils de Dieu incarné. La Parole (la révélation que Dieu fait de lui-même) avait été faite chair et avait habité parmi nous. Un jour, Jésus vint auprès de son cousin Jean, qui baptisait les gens dans le Jourdain. Son baptême n’était ni un baptême de régénération ni une confession publique de foi, mais un baptême de repentance et de retour à l’orthodoxie de la Loi.
« Baptise-moi, Jean », dit Jésus.
« Je ne puis te baptiser, Jésus. C’est toi qui dois me baptiser ! », dit Jean.
« Baptise-moi, Jean, reprit Jésus, afin que toute justice soit accomplie. »
Alors Jean le baptisa.
« Et le Saint-Esprit descendit sur lui sous la forme d’une colombe, et une voix se fit entendre du ciel : “Tu es mon Fils bien-aimé; en toi j’ai mis toute mon affection.” »
Aussitôt, il fut conduit par l’Esprit dans le désert, où il devait passer quarante jours de silence. Ces jours ne sont silencieux que parce que nous n’avons aucun récit de ce qui s’y passa, jusqu’à ce qu’il soit tenté par Satan à la fin de ce temps. La spéculation ne fait pas de mal, à moins que nous n’en fassions une doctrine, mais je me suis souvent demandé pourquoi le Saint-Esprit le conduisit ainsi.
J’en suis venu à croire que ces quarante jours furent passés en communion avec son Père, où il apprit le chemin qui était placé devant lui, le parcours passant par Gethsémané et le Calvaire, qui seul pouvait acquérir notre rédemption. Son ministère lui fut donné.
De retour dans sa ville natale de Nazareth, Jésus entra dans la synagogue, prit les Écritures et lut : « L’Esprit du Seigneur est sur moi, Parce qu’il m’a oint pour annoncer une bonne nouvelle aux pauvres; Il m’a envoyé pour guérir ceux qui ont le cœur brisé, Pour proclamer aux captifs la délivrance, Et aux aveugles le recouvrement de la vue, Pour renvoyer libres les opprimés, Pour publier une année de grâce du Seigneur. »
… et c’est cela qu’il se mit à faire. Il ne se laissa pas détourner par les exigences et les désirs des autres.
Lorsque Jean fut jeté dans les cachots sous le palais d’Hérode, il s’attendait à ce que son cousin Jésus intervienne. Après tout, n’allait-il pas établir son royaume sur la terre ?
N’allait-il pas renverser l’Empire romain avec ses Hérodes ? N’allait-il pas rendre la liberté aux captifs ? Au bout de peu de temps, il devint évident pour le Baptiste que Jésus n’allait pas venir — de fait, il n’envoya même pas à son parent emprisonné une carte lui souhaitant une prompte libération ! Jean appela quelques-uns de ses propres disciples et leur demanda de chercher Jésus, et, lorsqu’ils l’auraient trouvé, de lui poser cette question : « Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? »
Jean dut être vraiment contrarié par l’apparente indifférence de Jésus, car nul n’aurait pu être plus assuré que Jean lui-même que Jésus est le Messie. Il l’avait prophétisé, il avait vu la colombe et entendu la voix le déclarer tel. Remarquez la réponse que Jésus fit parvenir à Jean.
« Allez rapporter à Jean ce que vous entendez et ce que vous voyez: les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, et la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres.
« … et Heureux celui pour qui je ne serai pas une occasion de chute! »
Autrement dit : « Je fais exactement ce que j’ai été appelé, équipé et oint pour faire ! »
Si Jésus eut besoin d’être oint pour accomplir son ministère, combien plus nous ?
Il était rempli du Saint-Esprit dès sa naissance, mais il eut besoin de l’onction de l’Esprit avant de commencer son ministère !
Il existe une différence majeure entre ces deux expériences du Saint-Esprit, et notre incapacité à la comprendre affaiblit le ministère du Corps de Christ.
Lors de la Nouvelle Naissance, nous avons été « baptisés par l’Esprit dans le Corps de Christ ». Cela arriva d’abord aux disciples trois jours après le Calvaire, lorsque Jésus vint à eux dans une pièce fermée à clé et souffla sur eux en disant : « Recevez le Saint-Esprit ! » (à l’aoriste impératif grec, exigeant un effet immédiat). Ils furent « nés de nouveau », comme je le fus près de deux millénaires plus tard, à l’âge de dix-sept ans, lorsque le même Saint-Esprit entra dans ma vie. C’est ce que nous appelons la justification.
Jean annonça au peuple la venue de quelqu’un après lui, qui les baptiserait du Saint-Esprit et de feu. Telle était la promesse du Père à laquelle Jésus se référa lorsqu’il ordonna à ses disciples : « restez dans la ville jusqu’à ce que vous soyez revêtus de la puissance d’en haut ». Cela arriva d’abord le jour de la Pentecôte, sept semaines après le Calvaire, lorsque les cent vingt réunis dans la chambre haute furent puissamment revêtus de force, quand Jésus glorifié les baptisa du Saint-Esprit. Ce baptême est administré par Jésus dans le Saint-Esprit. De toute évidence, les Écritures parlent de deux expériences différentes.
La volonté de Dieu est que chaque croyant soit rempli de l’Esprit. C’est à la fois une expérience décisive et continue, postérieure à la conversion.
L’apôtre Paul nous exhorte, en Éphésiens 5:18, à « continuer d’être remplis de l’Esprit ». À l’évidence, bien que le baptême (le premier remplissage) du Saint-Esprit soit un acte souverain du Seigneur, nous sommes responsables du remplissage continu. Il y a quelque chose que nous pouvons faire.
Paul poursuit en donnant ce qui constitue trois preuves de la vie remplie de l’Esprit : v. 19, une attitude d’adoration ; v. 20, une attitude de reconnaissance ; v. 21, une attitude de serviteur.
Le reste du chapitre 5, et la plus grande partie du chapitre 6, donnent des exemples de la manière de vivre cette vie remplie de l’Esprit dans nos relations avec nos conjoints, nos enfants et nos compagnons de travail.
Hélas, nous avons confondu ce remplissage (ou baptême) du Saint-Esprit avec l’onction de l’Esprit. Le premier est un remplissage — au-dedans de vous ; le second est une habilitation — sur vous. Le premier est l’équipement en préparation au service ; le second vient après l’envoi au service. Le premier dépend désormais de nos attitudes et de notre ouverture ; le second demeure souverain.
Il existe aujourd’hui, dans l’Église, un mouvement qui vise à reconnaître de nouveau les dons de ministère des temps du Nouveau Testament, tels que l’apôtre et le prophète. Nous n’avons eu aucune difficulté à appeler des hommes évangélistes, pasteurs ou docteurs, mais ces deux autres, mentionnés en Éphésiens 4, nous ont causé davantage d’embarras. Je crois que ces ministères devraient être présents dans l’Église et se manifester par leur onction.
Hélas, j’ai pourtant trop souvent assisté à des scènes où un orateur terminait son temps de prédication en s’adressant publiquement à des personnes de l’assemblée pour leur annoncer des prophéties d’avenir. Beaucoup ne se sont jamais réalisées, et personne n’a demandé au prophète de rendre compte de ses déclarations erronées. Comme pasteur, j’ai eu à gérer plusieurs situations douloureuses survenues dans la vie de certains, parce qu’ils avaient agi selon le conseil prophétique d’un autre. Au temps de l’Ancien Testament, si la parole du prophète ne se révélait pas vraie, il était mis à mort ! Il ne parlait que lorsqu’il savait avoir l’onction de Dieu !
Entre parenthèses, je dois rendre hommage à ce frère qui, ayant visité une ville pour y exercer son ministère, la quitta en laissant une parole forte : une puissante effusion de l’Esprit de Dieu allait tomber sur les Églises. « Si j’étais pasteur ici, je renoncerais à mes vacances, dit-il, afin d’être disponible pour les nombreuses personnes qui viendront dans mon Église dans les mois à venir. »
Certains pasteurs firent précisément cela, laissant leur femme et leurs enfants partir seuls en vacances.
Cependant, comme l’année touchait à sa fin, il devint évident que rien de particulier ne s’était produit ; aussi les représentants des pasteurs locaux envoyèrent-ils une lettre courtoise au prophète, demandant s’ils avaient fait quelque chose qui aurait détourné la bénédiction de Dieu de leur ville. Sa réponse fut source d’humilité : il reconnut qu’il « s’était trompé » et avait, en conséquence, annulé d’autres réunions prophétiques pendant plusieurs mois, se plaçant sous la discipline des responsables de son Église locale. Il demanda leur pardon.
Le meilleur conseil que j’aie jamais entendu au sujet de la prophétie m’est venu de Floyd McClung, de Jeunesse en Mission.
Il dit : « Si jamais quelqu’un vous donne une parole prophétique, mettez-la dans le tiroir du bas de votre armoire et fermez le tiroir à clé. Elle ne vous a pas été donnée pour vous diriger aujourd’hui, mais comme un encouragement pour l’avenir. » Il poursuivit en expliquant que, si la prophétie vient de Dieu, il viendra un moment où vous vous trouverez peut-être dans une situation où vous aurez besoin d’assurance. Alors vous vous souviendrez de la prophétie qui vous avait annoncé que cela arriverait, de sorte que vous aurez une confiance accrue que Dieu vous a conduit là.
L’accomplissement de la prophétie est la seule preuve de son onction.
Les gens sont prompts à revendiquer l’onction sans considérer le prix de l’absence d’onction. Si les faux prophètes de l’Ancien Testament étaient mis à mort, on peut se demander comment le Seigneur considère les faux prophètes du Nouveau Testament. Combien perdent-ils de sa meilleure bénédiction ?
On peut exprimer une préoccupation semblable au sujet des docteurs. Paul mit constamment en garde l’Église primitive contre les « faux » docteurs, et contre le fait que les hommes « ne supporteront pas la saine doctrine; mais, ayant la démangeaison d’entendre des choses agréables, ils se donneront une foule de docteurs selon leurs propres désirs ».
J’ai passé quelque temps en Amérique latine, où certains docteurs nord-américains sont très populaires, beaucoup de leurs livres et de leurs vidéos étant traduits en espagnol et en portugais. J’ai regardé des vidéos avec mes amis latino-américains, dans lesquelles le docteur affirmait des choses avec autorité, sans appui biblique. Il énonce cinq affirmations : les trois premières sont bibliquement solides, mais les deux dernières sont le fruit de son imagination.
Son auditoire, pourtant, reçoit les cinq comme étant bibliques, et bien des pasteurs, peu rompus à l’étude personnelle et à l’érudition biblique, reçoivent cet enseignement comme leur fondement doctrinal. Influencez un pasteur, et vous influencez une Église — en bien ou en mal.
J’ai écrit plus haut que la caractéristique d’un ancien qui le distingue d’un diacre, c’est qu’il est « propre à l’enseignement » (capable et prompt à appliquer la Parole). Un ancien qui enseigne bien doit être jugé digne d’un « double honneur ». Son ministère est jugé si précieux que l’Église le place au-dessus de tous les autres, avec un « double honneur ». Pourquoi ?
Ajoutons encore, avant de répondre à la question, que les anciens (pasteurs et docteurs) qui faillissent dans leur ministère doivent être repris devant toute l’Église ! Double honneur, double péril. Cela ne s’applique à aucune autre fonction dans l’Église !
Revenons à la question. Pourquoi un docteur devrait-il recevoir un double honneur, et non le prophète, ni l’évangéliste, ni aucun autre ?
Permettez-moi de suggérer que la raison peut s’expliquer par les exemples suivants.
Si un évangéliste fait bien son travail, il amènera beaucoup de nouveaux croyants dans l’Église. S’il le fait mal, il n’ajoutera aucun nouveau croyant à l’Église. Le résultat est nul ou nombreux, et il est additif.
Si un docteur fait bien son travail, il produira beaucoup de disciples qui se multiplieront. S’il le fait mal, il produira aussi beaucoup de disciples, de mauvais disciples qui se multiplieront. Le résultat est nombreux en bien ou nombreux en mal, l’un et l’autre pouvant se multiplier.
« Dieu a établi… des docteurs », écrivit Paul. Il poursuivit en demandant : « Tous sont-ils docteurs ? » Nous avons besoin de docteurs qui soient oints par l’Esprit pour enseigner les richesses cachées de Christ. Ne revendiquez pour vous-même aucun des appels au ministère de l’Église, tels que pasteur, docteur ou prophète, à moins d’avoir été envoyé dans un tel ministère par d’autres, qui reconnaissent le fardeau et le don manifestes que vous avez reçus du Seigneur. C’est une chose dangereuse que de revendiquer une onction là où il n’y en a pas. Ce n’est pas la foi — c’est de la présomption, un péché.
Il existe aujourd’hui, parmi des croyants désabusés, un mouvement qui consiste à fonder des Églises de maison. Ils sont excédés par la structure hiérarchique de leur Église confessionnelle, qu’ils jugent non biblique et dominatrice. Hélas, trop de ces Églises finissent par retomber dans le même moule que l’Église d’où elles viennent, à mesure que des « responsables » autoritaires et dominateurs parviennent au sommet. Il est dans la nature humaine de vouloir dominer ceux que nous considérons comme plus faibles ou moins compétents que nous.
Lorsque l’apôtre Paul fonda des Églises de maison en Asie Mineure, il établit des anciens pour veiller sur ces jeunes assemblées. C’est là un ministère donné par Dieu. L’autorité du responsable ne réside pas dans son titre, mais dans son onction en tant qu’ancien.
Lorsqu’il répond véritablement aux exigences bibliques d’un ancien, telles qu’on les trouve dans Tite et dans 1 Timothée, cette Église de maison a un grand potentiel de croissance sous l’onction du Seigneur.